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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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— Tire-toi, fiston ! Cache-toi ! Tu es devenu fou ?

— Auntie… Où le gardent-ils ?

— Rentre dans un trou et bouche-le derrière toi. Il y a une récompense pour ta capture !

— Pour moi ? Ne dis pas de bêtises, Auntie. Personne ne paierait quoi que ce soit pour moi. Dis-moi seulement où ils le tiennent. Le sais-tu ?

— Ils ne l’ont pas.

— Comment cela ?

— Tu n’es pas au courant ? Oh, mon pauvre garçon ! Ils l’ont raccourci.

Le choc fut tel que Thorby resta sans voix. Malgré ce que Baslim avait dit sur le moment de sa mort, il n’y avait jamais vraiment cru. Il était incapable d’imaginer que Pop ne serait plus là.

Il ne saisit pas le reste de sa phrase ; elle dut la répéter :

— Les flics ! Tire-toi !

Thorby lorgna par-dessus son épaule. Une patrouille de deux hommes s’avançait vers eux. C’était le moment de déguerpir ! Mais il était acculé entre la rue et un mur. La seule échappatoire possible était l’entrée du cabaret… S’il y entrait dans cette tenue et avec son statut social, la direction appellerait sûrement les policiers.

Mais il n’y avait pas d’autre solution. Le garçon tourna le dos aux agents et entra dans l’étroit foyer. Personne en vue. On en était au dernier acte, même le préposé aux rafraîchissements n’était pas là. Il vit un escabeau, et une boîte avec des lettres transparentes qui servaient à changer l’enseigne où on affichait le nom des artistes. Une idée, qui aurait rendu Baslim fier de son élève, lui traversa l’esprit. Il prit les deux objets et sortit à nouveau.

Il ne prêta aucune attention aux deux agents qui approchaient, plaça l’escabeau sous la petite enseigne luminueuse qui surmontait l’entrée et sauta dessus, en leur tournant le dos. La plus grande partie de son corps se trouvait en pleine lumière, mais sa tête et ses épaules restaient dans l’ombre au-dessus de la rangée de spots. Il commença méthodiquement à enlever les lettres du nom de la vedette.

Les hommes arrivèrent juste derrière lui. Thorby s’efforça de ne pas trembler et de travailler avec l’indifférence nonchalante d’un ouvrier employé à une tâche sans intérêt. Il entendit Auntie Singham crier :

— Bonsoir sergent.

— ’Soir Auntie. Quels mensonges racontes-tu aujourd’hui ?

— Pas des mensonges ! Je vois une douce jeune fille dans ton avenir, avec des mains fines comme des ailes d’oiseau. Laisse-moi voir ta paume, je pourrais peut-être y lire son nom.

— Qu’en dirait ma femme ? Nous n’avons pas le temps de causer ce soir, Auntie.

Le sergent jeta un coup d’œil à l’employé qui changeait l’enseigne, se frotta le menton et dit :

— Nous devons donner la chasse au moutard du vieux Baslim. Tu ne l’as pas vu par hasard ?

Il regarda de nouveau au-dessus de lui le garçon en train de travailler et écarquilla légèrement les yeux.

— Et je resterais ici à échanger des racontars ?

— Hum… – Il se tourna vers son collègue. – Roj, va contrôler la boîte d’Ace. N’oublie pas les toilettes. Je vais surveiller cette rue.

— O.K. Sergent.

Le supérieur se tourna vers la diseuse de bonne aventure.

— C’est bien triste, Auntie. Qui aurait cru que le vieux Baslim espionnait contre le Sargon, lui, un infirme ?

— Qui vraiment ? – Elle se pencha en avant. – Est-ce vrai qu’il est mort de peur avant d’être raccourci ?

— Il devait savoir ce qui allait arriver, parce qu’il avait du poison tout prêt. Il était mort avant qu’on le sorte de son trou. Le capitaine était furieux.

— S’il était déjà mort, pourquoi l’ont-ils raccourci ?

— Allons, allons, Auntie. La loi doit être appliquée, quoique je n’aimerais pas être chargé de le faire. – Le sergent soupira. – Le monde est bien triste. Pense à ce pauvre garçon débauché par cette vieille canaille. Maintenant le capitaine et le commandant veulent lui poser les questions qu’ils n’ont pas pu poser au vieux.

— A quoi cela va-t-il les avancer ?

— A rien, probablement. – Il remua la saleté du caniveau avec le bout de son bâton. – Moi, à la place du gamin si je savais qu’il était mort et qu’on allait me poser des questions difficiles auxquelles je ne saurais répondre, je serais loin, bien loin d’ici déjà : je trouverais un fermier en quête de main-d’œuvre bon marché, et qui ne se préoccupe pas des troubles dans la cité. Mais comme je n’y suis pas, sitôt que je pose mes yeux sur lui, je l’arrête et je l’emmène devant le capitaine.

— Il est peut-être en cet instant même caché dans un champ, tremblant de peur ?

— Probablement. Mais cela vaut mieux que, de se retrouver sans tête sur les épaules. – Le policier appela dans la rue. – O.K. Roj, j’arrive. – Avant de s’éloigner, il jeta de nouveau un regard sur Thorby. – ’Nuit, Auntie. Si tu le voies, appelle-nous.

— Sûr. Vive le Sargon.

— Vive le Sargon.

Le garçon continua à faire semblant de travailler en essayant de ne pas trembler, pendant que la police descendait lentement la rue. Les clients surgirent du cabaret ; et Auntie commença sa litanie qui promettait gloire, fortune et une vision agréable du futur, le tout pour une pièce. Thorby était sur le point de descendre, de remettre le matériel à sa place et de décamper, lorsqu’il sentit une main agripper sa cheville.

— Que fais-tu là ?

Il se figea, puis réalisa que ce n’était que le patron de l’établissement, furieux de voir son enseigne modifiée. Sans le regarder, Thorby reprit :

— Que se passe-t-il ? Vous m’avez payé pour changer les lettres.

— Moi ?

— Oui, vous. Vous m’avez dit… – Thorby se retourna, eut l’air étonné et lança : Mais ce n’est pas vous.

— Non, ce n’est sûrement pas moi. Descends de là.

— Je ne peux pas. Vous tenez ma cheville.

L’homme lâcha prise et recula pour le laisser poser pied à terre.

— Je ne sais pas quel est l’imbécile qui t’a dit… – Il s’interrompit en voyant le visage de Thorby dans la lumière. – Hé, mais c’est le fils du mendiant !

Il voulut l’attraper, mais le garçon se mit à courir. Il plongea dans la foule des piétons à mesure que les cris de « patrouille ! Patrouille ! Police ! » s’élevaient derrière lui.

Il se retrouva dans une ruelle obscure, et gonflé à l’adrénaline, il grimpa tout en haut d’un conduit, comme s’il marchait sur un trottoir. Il ne s’arrêta qu’une douzaine de toits plus loin.

Une fois assis contre un pot de cheminée, il reprit son souffle et essaya de réfléchir.

Pop était mort. Il ne pouvait y croire mais c’était vrai. Poddy ne l’aurait pas dit s’il ne le savait pas. Mais… Mais sa tête devait être au bout d’une pique du côté du pylône, à l’heure qu’il était, avec les autres perdants. Il visualisa la scène macabre, enfin s’effondra et pleura sans plus se retenir.

Après un long moment, il leva la tête, essuya son visage et se redressa.

Pop était mort. C’est entendu. Et maintenant que faire ?

De toute façon, Pop leur avait coupé l’herbe sous le pied en les empêchant de l’interroger. Thorby ressentit une pointe de fierté teintée d’amertume. Pop a toujours été le plus malin. Ils l’avaient bien attrapé, mais lui, il avait eu le dernier mot !

Mais que faire maintenant ?

Auntie Singham l’avait avisé de se cacher, et Poddy de sortir de la ville. C’était un bon conseil, s’il voulait ne pas rapetisser soudain. Il vaudrait mieux s’éloigner de la cité avant le jour. Pop attendait de lui qu’il lutte, pas qu’il reste là pour se faire prendre par les flics. Il ne pouvait plus rien faire pour Pop, c’était fini. Stop !

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