Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Le sorcier de Terremer [A wizard of Earthsea - fr]
Le sorcier de Terremer [A wizard of Earthsea - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le sorcier de Terremer [A wizard of Earthsea - fr]

Электронная книга - «Le sorcier de Terremer [A wizard of Earthsea - fr]». Краткое содержание книги:

Le passé ou le futur ?Un monde : Terremer.Une planète harmonieuse d’îles et d’océans, de golfes, d’archipels et de récifs, où les sociétés de l’homme se sont éparpillées, diversifiées. Sous le signe de la magie. Une magie expliquée, construite par les forces mêmes de ce monde. Une magie dépendante des éléments et des animaux.C’est au nord de Terremer, dans l’île de Gont, que naît Ged, très tôt surnommé l’Epervier. Il parle aux oiseaux, au bétail. Elevé dans la connaissance des invocations élémentaires, il part, très jeune encore, pour l’île de Roke. Là, guidé par l’Archimage, il découvre l’étendue de ses pouvoirs. Il devient maître en l’art des illusions et, surestimant ses talents, libère dans la réalité une entité de cauchemar, une émanation du royaume des morts. Magicien hanté, il affronte le monde en même temps qu’un ennemi indicible devant lequel la sorcellerie reste sans moyens.
1 ... 12 13 14 15 16 17 18 19 20 ... 51
Перейти на страницу:

— « Peut-être Jaspe est-il une pierre précieuse ? » répliqua Ged, souriant. « O Joyau parmi les sorciers, ô Gemme d’Havnor, fais miroiter tes feux pour nous ! »

Au même instant, le garçon qui avait empli les airs de lueurs-de-feu en mena une danser et briller au-dessus de la tête de Jaspe. Celui-ci perdit un peu de son sang-froid habituel ; il se renfrogna, écarta d’un geste la lueur et la moucha comme une chandelle. Puis il dit : « J’en ai assez, de cette puérilité, de ce bruit, de toutes ces sottises. »

— « Tu te fais vieux, l’ami », lui fit remarquer Vesce, toujours suspendu dans les airs.

— « Si ce que tu veux, c’est le silence et l’obscurité », observa l’un des garçons les plus jeunes, « tu peux toujours essayer la Tour ».

Ged demanda : « Mais que veux-tu donc, Jaspe ? »

— « Je veux être en compagnie de mes pairs », lui répondit Jaspe. « Viens, Vesce, laisse ces apprentis à leurs jouets. »

Ged fit alors face à Jaspe. « Que possèdent les sorciers, que n’aient les apprentis ? » Il posa cette question avec calme, mais tout le monde s’arrêta et se tut, car dans son ton comme dans celui de Jaspe apparaissait maintenant toute la rancune qui les séparait, aussi nette et vive qu’une lame jaillissant de son fourreau. »

— « Le pouvoir », répondit Jaspe.

— « Je suis capable d’égaler ton pouvoir acte pour acte. »

— « Me mets-tu au défi ? »

— « Je te mets au défi. »

Vesce, qui venait de se poser sur le sol, s’avança entre eux, le visage sombre. « Les duels de sorcellerie nous sont interdits, et vous le savez tous deux fort bien. Que cela cesse immédiatement ! »

Ged et Jaspe demeurèrent silencieux, car ils connaissaient en effet la loi de Roke, et savaient également que la conduite de Vesce était guidée par l’amour, la leur par la haine. Mais cette intervention contraria leur élan de colère sans l’apaiser. Presque aussitôt. Jaspe s’écarta légèrement comme s’il voulait être entendu de Vesce seul, et lui dit en souriant : « Je crois que tu ferais bien de rappeler encore une fois à ton ami chevrier qu’une loi est là pour le protéger. D’ailleurs, il fait une mine bien sombre. Mais, je me le demande, s’imaginait-il vraiment que j’accepterais de sa part un défi ? De la part d’un gringalet qui pue le bouc, d’un apprenti qui ne connaît pas le Premier Changement ? »

— « Comment peux-tu savoir, Jaspe, ce que je sais ? » demanda Ged.

Subitement, sans que nul ne l’eût entendu prononcer un mot, Ged disparut à la vue de tous ; à sa place apparut un immense faucon aux ailes déployées, ouvrant son bec crochu pour pousser ses cris. Cela ne dura qu’un instant ; quelques secondes plus tard, Ged se tenait de nouveau devant Jaspe, entre les torches aux flammes vacillantes, le regard farouche.

Jaspe, dans sa surprise, avait reculé d’un pas, mais, haussant simplement les épaules, il dit : « Illusion. »

Les autres murmurèrent. Vesce dit : « Ce n’était pas de l’illusion. C’était un vrai changement. Et maintenant, Jaspe, cela suffit ! Écoute… »

— « Cela suffit pour prouver qu’il a entrouvert le Livre des Formes dans le dos du Maître, mais ensuite ? Continue, Chevrier. Tu es en train de creuser ton propre piège, ce qui n’est pas pour me déplaire. Plus tu essaies de prouver que tu es mon égal, plus tu te dévoiles. »

À ces mots, Vesce se détourna de Jaspe et s’adressa à Ged d’une voix très douce : « Épervier, sois un homme, cesse ce jeu. Viens avec moi… »

Ged regarda son ami en souriant, mais il se contenta de lui dire : « Garde Hoeg un instant pour moi, veux-tu ? Il déposa le petit otak dans les bras de Vesce. L’animal, qui d’ordinaire ne laissait nul autre que Ged le toucher, grimpa docilement le long du bras de Vesce pour aller se blottir sur son épaule, ses grands yeux luisants toujours fixés sur son maître.

« À présent », dit Ged, aussi calme qu’auparavant, « que vas-tu faire pour montrer que tu m’es supérieur, Jaspe » ?

— « Aucun geste n’est nécessaire, Chevrier. Mais je vais cependant faire quelque chose, je vais tout de même te laisser une chance. La jalousie te dévore comme un ver dans une pomme. Eh bien, faisons sortir le ver. Un jour, au Tertre de Roke, tu nous as dit fièrement que les sorciers gontois ne s’intéressaient pas aux jeux. Viens donc maintenant au Tertre nous montrer ce qu’ils font à la place. Et peut-être qu’ensuite je ferai devant toi un peu de sorcellerie. »

— « Oui, j’en serais fort aise », répondit Ged. Les jeunes apprentis ; habitués à voir sa fureur éclater à la moindre insulte ou allusion déplaisante, l’observèrent attentivement, surpris par son sang-froid et admiratifs. Vesce, quant à lui, le regarda sans admiration, mais avec un sentiment de crainte grandissant. Il voulut s’interposer une nouvelle fois, mais Jaspe lui dit : « Reste donc en dehors de ceci, Vesce… Que vas-tu faire de la chance que je te laisse, Chevrier ? Vas-tu nous montrer une illusion, une boule de feu, un charme pour guérir les chèvres de la gale ? »

— « Qu’aimerais-tu me voir faire, Jaspe ? »

L’aîné des deux garçons haussa les épaules. « Appeler un esprit d’entre les morts, par exemple, peu m’importe ! »

— « Je le ferai. »

— « Tu ne le feras pas. » Jaspe le regarda droit dans les yeux, le feu de la colère submergeant soudain son mépris. « Tu ne le feras pas. Tu ne peux pas. Tu te vantes toujours… »

— « Par mon nom, je le ferai ! »

Ils demeurèrent tous figés.

Alors Ged s’écarta de Vesce prêt à le retenir par la force, et sortit de la cour sans jeter un seul regard en arrière. Les lueurs-de-feu qui dansaient en l’air tombèrent et moururent. Jaspe hésita un instant, puis prit le chemin de Ged. Et les autres suivirent, traînant le pas, silencieux, curieux et remplis de crainte.

La lune n’était pas encore levée. Les flancs noirs du Tertre de Roke s’élevaient dans les ténèbres de cette nuit d’été, et la présence de cette butte, où maintes merveilles avaient été accomplies, semblait peser autour d’eux. En parvenant au pied du Tertre, ils songèrent à ses racines qui, plus profondes que la mer, s’enfonçaient jusqu’aux feux anciens, aveugles et secrets, couvant au centre du monde. Ils firent halte sur le versant est. Les étoiles apparaissaient au-dessus de l’herbe noire qui coiffait la butte. Il n’y avait pas un souffle de vent.

Ged gravit encore un bout de pente seul avant de s’arrêter. Il se retourna et, d’une voix claire, lança : « Jaspe ! Quel esprit dois-je appeler ? »

— « Appelle celui que tu veux. Aucun ne t’écoutera. » La voix de Jaspe frémissait légèrement, peut-être à cause de la colère. Sur un ton doux et moqueur, Ged répliqua : « Aurais-tu peur ? »

Mais il ne prêta pas la moindre attention à la réponse de Jaspe, si réponse il y eut. À présent, celui-ci n’avait plus d’importance à ses yeux. Ils se tenaient maintenant tous deux sur le Tertre de Roke, et la haine et la colère avaient cédé la place à la certitude, une certitude absolue. De qui pouvait-il être jaloux ? Il savait qu’en cette nuit, en ce lieu obscur et enchanté, son pouvoir était plus grand que jamais, si grand qu’il en tremblait et éprouvait de la peine à contenir le sentiment de force répandu en lui. Il savait maintenant que Jaspe était bien loin au-dessous de lui, qu’on ne l’avait peut-être envoyé qu’afin de le conduire ici cette nuit, et qu’en fait de rival, ce n’était qu’un serviteur de la destinée de Ged. Sous ses pieds, il sentait les racines s’enfoncer toujours plus profond dans les ténèbres, et au-dessus de sa tête il distinguait les astres au feu stérile. Toutes les choses qui se trouvaient placées entre ces deux éléments étaient à ses ordres. Il se dressait au cœur du monde.

1 ... 12 13 14 15 16 17 18 19 20 ... 51
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)