Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Le sorcier de Terremer [A wizard of Earthsea - fr]
Le sorcier de Terremer [A wizard of Earthsea - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le sorcier de Terremer [A wizard of Earthsea - fr]

Электронная книга - «Le sorcier de Terremer [A wizard of Earthsea - fr]». Краткое содержание книги:

Le passé ou le futur ?Un monde : Terremer.Une planète harmonieuse d’îles et d’océans, de golfes, d’archipels et de récifs, où les sociétés de l’homme se sont éparpillées, diversifiées. Sous le signe de la magie. Une magie expliquée, construite par les forces mêmes de ce monde. Une magie dépendante des éléments et des animaux.C’est au nord de Terremer, dans l’île de Gont, que naît Ged, très tôt surnommé l’Epervier. Il parle aux oiseaux, au bétail. Elevé dans la connaissance des invocations élémentaires, il part, très jeune encore, pour l’île de Roke. Là, guidé par l’Archimage, il découvre l’étendue de ses pouvoirs. Il devient maître en l’art des illusions et, surestimant ses talents, libère dans la réalité une entité de cauchemar, une émanation du royaume des morts. Magicien hanté, il affronte le monde en même temps qu’un ennemi indicible devant lequel la sorcellerie reste sans moyens.
1 ... 11 12 13 14 15 16 17 18 19 ... 51
Перейти на страницу:

À quinze ans, il était encore bien jeune pour apprendre le moindre des Hauts Arts que pratiquent mages et sorciers, ceux qui portent le bâton ; mais il apprenait si vite les arts d’illusion que le Maître Changeur, lui-même homme très jeune, décida au bout de peu de temps de l’instruire à l’écart des autres et de lui parler des véritables Sorts de Forme. Il lui expliqua pourquoi, si l’on veut vraiment changer une chose en une autre, il faut la renommer pendant toute la durée du sort, et il lui dit de quelle manière cela affecte les noms et la nature des choses qui se trouvent autour de celle, qui est transformée. Il lui conta les périls de la transformation, avant tout lorsque le sorcier change lui-même de forme, et s’expose donc ainsi à être victime de son propre sort. Puis, petit à petit, entraîné par l’excellente compréhension du garçon, le jeune Maître fit plus que simplement lui parler de ces mystères. Il commença par lui apprendre un grand sort de Changement puis un autre, et finit par lui donner à étudier le Livre des Formes. Il fit cela sans en aviser l’Archimage, fort imprudemment mais sans mauvaise intention.

Ged travailla également avec le Maître Appeleur, mais celui-ci était un homme sombre, âgé et, endurci par la sorcellerie profonde et ténébreuse qu’il enseignait. Il délaissait les illusions et ne se consacrait qu’à la véritable magie : l’appel aux énergies telles que la lumière et la chaleur, la force qui anime l’aimant, celles que les hommes perçoivent comme poids, forme, couleur et son, les puissances vraies tirées des gigantesques et insondables énergies de l’univers, les forces que nul, par ses sorts ou ses gestes, ne peut épuiser ni déséquilibrer. L’appel au vent du changeur du temps, l’appel aux eaux du maître des mers, étaient déjà connus de ses élèves, mais ce fut lui qui leur apprit pourquoi un authentique sorcier n’use de ces sorts qu’en cas de besoin, puisqu’en appelant ces forces de la terre, on change la terre dont elles sont une partie. « Pluie sur Roke peut être sécheresse à Osskil », disait-il, « et le calme au Lointain Est peut être tempête et ravages à l’Ouest pour qui ne sait bien ce qu’il fait ».

Quant à l’appel des choses réelles et des personnes vivantes, quant aux invocations des esprits des morts et de l’Invisible, quant à tous ces sortilèges qui sont l’art et le pouvoir suprêmes de l’Appeleur et du mage, il n’en dit que peu de chose. Une fois ou deux, Ged tenta de l’inciter à parler des mystères de ce genre, mais le Maître demeura muet et le regarda longuement, d’un air sombre.

Parfois, il devenait mal à l’aise en œuvrant des sorts, même mineurs que lui enseignait l’Appeleur. Il y avait à certaines pages du Livre de Savoir des runes qui lui semblaient familières, bien qu’il ne pût se rappeler dans quel livre il les avait déjà lues. Il y avait dans les sorts d’Appel certaine phrase qu’il lui déplaisait de prononcer. Elle évoquait pour lui, l’espace d’un instant, des ombres dans une pièce obscure, une porte fermée et ces ombres se glissant vers lui de l’encoignure de la porte. Alors, il s’empressait d’écarter ces pensées ou souvenirs pour reprendre son travail. Il se disait que ces moments de terreur et de ténèbres étaient les ombres de sa seule ignorance. Plus il apprendrait, moins il aurait à redouter, jusqu’au jour où, devenu Sorcier et possesseur de sa pleine puissance, il n’aurait plus rien à craindre au monde, plus la moindre chose.

Dans le courant du second mois de cet été-là, toute l’école se rassembla une fois de plus dans la Grande Maison afin de fêter la Nuit de la Lune et le Long Bal, qui, cette année, tombaient ensemble, formant deux nuits de réjouissances, ce qui n’arrive qu’une fois tous les cinquante-deux ans. Durant la première nuit tout entière, la plus courte nuit de pleine lune de l’année, on joua de la flûte dans les champs, les ruelles de Suif s’emplirent de torches et de tambours et d’innombrables chants s’élevèrent au-dessus des eaux de la baie de Roke, brillant sous les cieux clairs. Le lendemain, au lever du soleil, les Chantres de Roke se mirent à chanter la longue Geste d’Erreth-Akbe, qui conte la construction des tours blanches d’Havnor et les voyages d’Erreth-Akbe depuis l’Ancienne Ile, Ea, à travers tout l’Archipel et les Lointains jusqu’à ce qu’enfin, à l’extrême Lointain Ouest, au seuil de la Mer Ouverte, il eût rencontré le dragon Orm. Ses ossements dans son armure brisée gisent parmi ceux du dragon sur le rivage de Selidor la solitaire, mais son épée dressée au sommet de la plus haute tour d’Havnor rougeoie encore dans le soleil couchant au-dessus de la Mer du Centre. Le chant achevé, le Long Bal commença. Gens du bourg, Maîtres, élèves et fermiers tous ensemble, hommes et femmes, tout le monde dansa dans la chaude poussière du crépuscule en descendant toutes les routes de Roke jusqu’aux plages, au rythme du tambour, au son des pipeaux et des flûtes. Sous la lune, qui la veille était pleine, ils dansèrent jusque dans la mer, et la musique se perdit dans le fracas des grosses vagues. Puis, quand l’orient s’éclaircit, ils quittèrent les plages et remontèrent les routes, sans battre le tambour ; seules jouaient maintenant les flûtes douces et frêles. Cette nuit-là, ainsi fit-on dans toutes les îles de l’Archipel : une seule danse, une seule musique, pour lier ensemble les terres divisées par les flots.

Lorsque le Long Bal fut terminé, la plupart d’entre eux dormirent tout au long de la journée et se réunirent de nouveau au soir pour manger et boire. Un groupe de jeunes apprentis et sorciers avaient emporté leur souper du réfectoire pour festoyer à leur manière dans la cour de la Grande Maison. Vesce, Jaspe et Ged s’y trouvaient, ainsi que six ou sept autres, et quelques garçons déjà libérés de la Tour Isolée, car la fête avait même réussi à faire sortir Kurremkarmerruk. Ils se donnèrent entièrement à leur repas et à leurs rires, ne cessant de jouer des tours, par pure fantaisie ; il y avait tant de merveilles qu’on eût pu se croire à la cour d’un roi. Un jeune garçon avait illuminé les lieux de cent étoiles de lueur-de-feu, chatoyantes comme des pierres précieuses, qui flottaient lentement entre eux et les véritables astres comme une procession ordonnée. Pendant ce temps, une paire d’élèves jouaient avec des boules de flamme verte et des quilles, qui bondissaient et s’éclipsaient juste avant l’arrivée de la boule. Quant à Vesce, il était assis en tailleur et mangeait du poulet rôti, suspendu au milieu des airs. L’un des plus jeunes garçons voulut le tirer au sol, mais Vesce se contenta de monter un tout petit peu plus haut, hors de sa portée, et il resta calmement assis, souriant. De temps à autre, il jetait un os de poulet, qui se transformait aussitôt en hibou et s’en allait voletant et hululant parmi le rideau d’étoiles. Ged tira sur les hiboux des flèches en croûte de pain et les abattit ; mais, en touchant le sol, hiboux et flèches redevinrent os et croûtes, toute illusion enfuie. Ged tenta également de rejoindre Vesce au milieu de l’espace, mais ne possédant pas la clé du sort, il lui fallut battre des bras pour ne pas retomber à terre, et chacun éclata de rire en voyant ses tentatives malheureuses et ses gestes éperdus. Il poursuivit toutefois sa pitoyable prestation puisqu’elle avait le mérite de faire rire ses compagnons, et il rit tout autant qu’eux ; car, après ces deux longues nuits de danse, de lune, de musique et de magerie, il se sentait grisé, ardent, prêt à affronter tout ce qui pouvait se présenter.

Au bout d’un moment, il posa doucement les pieds à terre, juste à côté de Jaspe, et celui-ci, qui ne riait jamais ouvertement, s’éloigna en disant : « L’Épervier qui n’est pas capable de voler… »

1 ... 11 12 13 14 15 16 17 18 19 ... 51
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)