Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «La valse lente des tortues». Краткое содержание книги:

Qu'un crocodile aux yeux jaunes ait ou non dévoré son mari Antoine, disparu au Kenya, Joséphine s'en moque désormais. Elle a quitté Courbevoie pour un immeuble huppé de Passy, grâce à l'argent de son best seller, celui que sa sœur Iris avait tenté de s'attribuer, payant cruellement son imposture dans une clinique pour dépressifs. Libre, toujours timide et insatisfaite, attentive cependant à la comédie cocasse, étrange et parfois hostile que lui offrent ses nouveaux voisins, Joséphine semble à la recherche de ce grand amour qui ne vient pas. Elle veille sur sa fille Zoé, adolescente attachante et tourmentée et observe les succès de son ambitieuse aînée Hortense, qui se lance à Londres dans une carrière de styliste à la mode. Joséphine ignore tout de la violence du monde, jusqu'au jour où une série de meurtres vient détruire la sérénité bourgeoise de son quartier. Elle-même, prise pour une autre sans doute, échappe de peu à une agression. La présence de Philippe, son beau-frère, qui l'aime et la désire, peut lui faire oublier ces horreurs. Impossible d'oublier ce baiser, le soir du réveillon de Noël, qui l'a chavirée. Le bonheur est en vue, à condition d'éliminer l'inquiétant Lefloc-Pinel, son voisin d'immeuble, un élégant banquier dont le charme cache bien trop de turpitudes.
1 ... 153 154 155 156 157 158 159 160 161 ... 165
Перейти на страницу:

Hortense poussa un cri, donna un coup de coude à Nicholas qui manqua s’étouffer avec son croissant et appela aussitôt sa mère.

— Ouaou ! M’man ! T’as lu le journal ?

— Je sais, chérie.

— C’est vrai ce qui est écrit ?

— Oui.

— Mais c’est horrible ! Et moi qui voulais te précipiter dans ses bras ! Lui, il est pas mal sur la photo, mais Iris, ils l’ont pas gâtée… Et Alexandre ?

— Il arrive demain, avec Zoé.

— Tu ferais mieux de les laisser en Angleterre ! Il va voir sa mère partout dans les journaux. Il va flipper grave !

— Oui, mais Philippe est là. Il y a plein de démarches à faire, de papiers à remplir. Et on ne peut pas lui cacher la vérité…

— Comment ils ont réagi, Alexandre et Zoé ?

— Alexandre est resté très sérieux. Il a dit « Ah ! bon… elle est morte en dansant » et c’est tout. Zoé a pleuré, pleuré. Alexandre a repris le téléphone et a dit « Je m’occupe d’elle ». Il est étonnant, ce gamin !

— C’est louche.

— Je pense aussi…

— Tu veux que je vienne et que je m’occupe des petits ? Moi, je saurai y faire, toi, j’imagine que t’es transformée en fontaine à larmes…

— J’arrive pas à pleurer… J’ai des pierres de larmes sèches au fond de la gorge. J’arrive plus à respirer…

— T’en fais pas ! Ça va venir d’un coup et tu pourras plus t’arrêter !

Hortense réfléchit un instant puis dit :

— Je vais les emmener à Deauville… Je couperai la télé, la radio et pas de journaux !

— La maison est en travaux. Le toit a été arraché par la tempête.

— Shit !

— Et puis Alexandre va sûrement vouloir venir à l’enterrement. Et Zoé aussi…

— Bon, je remonte et je m’en occupe à Paris…

— L’appartement est sous scellés. Ils cherchent des traces des derniers jours d’Iris.

— Ben… chez Philippe, alors ! On va tous chez lui.

— Avec toutes les affaires d’Iris ? Je ne sais pas si c’est une bonne idée.

— On va pas aller à l’hôtel tout de même !

— Ben si… en ce moment, Philippe et moi, on est à l’hôtel.

— Ça, c’est une bonne nouvelle. Enfin, une !

— Tu trouves ? demanda Joséphine, timidement.

— Si, si… – Elle marqua une pause. – Remarque, pour Iris, c’est génial de mourir comme ça. En valsant au bras de son prince charmant. Elle est morte dans un rêve. Iris aura toujours vécu dans un rêve, jamais dans la réalité. Je trouve que ça lui va bien comme mort. Et puis, tu sais, je la voyais mal vieillir. Ç’aurait été terrible pour elle !

Joséphine pensa que c’était un éloge funèbre un peu radical.

— Et Lefloc-Pignel, ils l’ont arrêté ?

— Hier, quand j’étais avec l’inspecteur, les policiers étaient partis chez lui pour l’arrêter, mais depuis je n’ai pas de nouvelles. Il y a tant de choses à faire ! Philippe est allé reconnaître le corps, moi, je n’ai pas eu le courage.

— Ils parlent dans le journal d’un autre homme… C’est qui ?

— Van den Brock. Il habitait au deuxième étage.

— C’était un pote de Lefloc-Pignel ?

— En quelque sorte…

Joséphine l’entendit dire quelque chose en anglais à Nicholas, mais ne comprit pas.

— Tu disais, ma chérie ? demanda-t-elle, attentive au moindre soubresaut de chagrin chez Hortense.

— Je demandais à Nicholas de me filer un autre croissant… Je meurs de faim ! Je vais prendre le sien !

Il y eut un bruit de dispute à l’autre bout de la ligne. Nicholas refusait de donner son croissant et Hortense en arrachait un bout. Hortense reprit, la bouche pleine :

— Bon, m’man ! Dis à Philippe de retenir une grande chambre à l’hôtel pour Zoé, Alexandre et moi. T’en fais pas. Je sais que c’est dur… mais tu vas t’en sortir. Tu t’en sors toujours. T’es costaud, m’man. Tu le sais pas, mais t’es costaud !

— Tu es mignonne. Tu es vraiment mignonne. Si tu savais ce que je…

— Ça va aller, tu vas voir…

— Tu sais la dernière fois qu’on a été ensemble, on était dans la cuisine et elle m’a lu mon horoscope et après, elle a lu le sien et elle a pas voulu lire la rubrique « Santé »… et je lui ai demandé pourquoi et…

Joséphine éclata en sanglots, des sanglots qui se précipitaient et jaillissaient comme lâchés au lance-pierre.

— Tu vois…, soupira Hortense. Je t’avais dit que ça viendrait. Et maintenant tu vas plus pouvoir t’arrêter !

Joséphine se dit qu’il faudrait qu’elle appelle sa mère. Elle composa le numéro d’Henriette. De grosses larmes roulaient sur ses joues. Elle revoyait Iris dans sa chambre en train de choisir sa tenue pour aller à l’école et lui demander si elle était belle, la plus belle de l’immeuble, la plus belle de l’école, la plus belle du quartier. « La plus belle du monde », murmurait Joséphine. « Merci, Jo, disait Iris, tu seras désormais ma première dame de compagnie. » Et elle lui donnait un coup de brosse sur l’épaule pour l’adouber.

Henriette décrocha et rugit : Allô ?

— Maman, c’est moi. C’est Joséphine…

— Tiens… Joséphine. Une revenante !

— Maman, tu as lu les journaux ?

— Sache, Joséphine, que je lis les journaux chaque matin.

— Et tu n’as rien lu qui…

— Je lis toute la presse économique et après, je fais mes opérations. J’ai des valeurs qui marchent très bien, d’autres qui me donnent des soucis, mais c’est la Bourse et j’apprends.

— Iris est morte, lâcha Joséphine.

— Iris est morte ? Qu’est-ce que tu me chantes ?

— Elle a été assassinée, dans la forêt…

— Mais, tu dis n’importe quoi, ma pauvre fille !

— Non, elle est morte…

— Ma fille ! Assassinée ! C’est pas possible. Mais comment c’est arrivé ?

— Maman, je n’ai pas la force de te raconter, maintenant. Appelle Philippe, il te dira mieux que moi.

— Tu m’as dit que c’était dans les journaux. Quelle honte ! Il faut les empêcher de…

Joséphine avait raccroché. Elle ne pouvait plus endiguer ses larmes.

Philippe sortit de la salle de bains. Elle se réfugia contre lui et se moucha dans la manche de son peignoir blanc. Il l’installa sur ses genoux et la serra contre lui.

— Ça va aller, ça va aller…, murmura-t-il en embrassant ses cheveux. On ne pouvait plus rien faire pour elle. Elle s’est perdue toute seule…

— Si ! J’aurais dû rester, ne pas la laisser…

— Personne ne pouvait imaginer un tel scénario. Elle a toujours eu besoin de quelque chose de plus grand qu’elle et elle a cru l’avoir enfin trouvé. Mais ni mon amour ni ton amour n’aurait pu la combler ou la guérir. Tu n’as rien à te reprocher, Jo.

— Je ne peux pas m’en empêcher…

— C’est normal. Mais réfléchis et tu comprendras. J’ai vécu longtemps avec elle, je lui ai tout donné. Elle était comme un puits sans fond. Elle n’en avait jamais assez. Elle a cru trouver son ciel avec lui…

Il parlait comme s’il se raisonnait lui-même pour répondre aux mêmes remords que Joséphine.

— Hortense vient d’appeler, elle va s’occuper d’Alexandre et Zoé. J’ai joint ma chère mère, je lui ai dit que si elle voulait des détails, il fallait qu’elle t’appelle. Je ne me sentais pas la force de lui parler…

— J’ai parlé à Carmen. Elle veut venir aux obsèques.

Il fit une liste des gens qu’il fallait prévenir. Joséphine se dit qu’elle devait parler à Shirley. Et à Marcel et Josiane.

1 ... 153 154 155 156 157 158 159 160 161 ... 165
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)