Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Ужасы » Magie et Cristal
Magie et Cristal - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Magie et Cristal

Электронная книга - «Magie et Cristal». Краткое содержание книги:

Prisonniers de Blaine, le monorail fou lancé à pleine vitesse, Roland et ses compagnons filent vers leur destin et, espèrent-ils, la Tour Sombre, leur but ultime. Les épreuves ne font pourtant que commencer pour eux, puisqu’ils devront déjouer les pièges du train infernal pour affronter le Mal aux multiples visages — jusque dans leurs souvenirs et dans leurs rêves, peuplés de signes et de messages qu’ils sont bien en peine de déchiffrer. Ils savent qu’ils doivent protéger la Rose, réceptacle de tout ce que le monde compte encore de magique et de pur, et combattre l’odieux Roi Cramoisi. Les pistoleros ne sont pas au bout de leur quête…
1 ... 153 154 155 156 157 158 159 160 161 ... 233
Перейти на страницу:

Et comme il serait ravi que ces trois enfançons de chevaliers ne soient plus que cendres au vent et cet endroit, plus qu’un souvenir !

Il mit pied à terre dans le parking de la raffinerie en ruine, attacha son cheval au pare-chocs d’une vieille carcasse rouillée avec un mot mystère CHEVROLET à peine lisible sur le rabat arrière puis se dirigea vers le pétroléum. Le vent soufflait en rafales, le transperçant jusqu’aux os malgré le manteau en peau de mouton style ranchero qu’il portait. Et il dut à deux reprises enfoncer son chapeau sur ses oreilles pour l’empêcher d’être emporté. À tout prendre, il était ravi de ne pas pouvoir se voir, il devait être le portrait tout craché d’un de ces fermiers de merde.

L’endroit semblait paisible, cependant… désert, autrement dit. Le vent susurrait en solitaire, s’infiltrant au travers des rangées de sapins de chaque côté du pipeline. Impossible de soupçonner que douze paires d’yeux suivaient votre tranquille déambulation.

— Aïle ! cria-t-il. Montrez-vous et ramenez-vous par ici, les poteaux, qu’on palabre un peu.

Son injonction resta un instant sans écho ; puis Hiram Quint du Piano Ranch et Barkie Callahan du Repos des Voyageurs apparurent, se frayant un passage entre les arbres. Bordel de merde, songea Reynolds, partagé entre crainte respectueuse et amusement, des veaux pareils, on en trouve même pas à l’étal d’un boucher.

Une minable vieillerie de mousqueton était passée à la ceinture de Quint, Reynolds n’en avait plus vu depuis des années et songea qu’avec un peu de chance, il ferait long feu quand Quint presserait la détente. Avec un peu de malchance, il lui exploserait à la figure et le rendrait aveugle.

— Rien à signaler ? leur demanda-t-il.

Quint lui répondit en charabia de Mejis. Barkie l’écouta puis traduisit :

— Tout est calme, sai. Il dit que lui et ses hommes s’impatientent.

Puis, avec un sourire joyeux, son visage ne trahissant en rien le contenu de ses paroles, Barkie ajouta :

— Même s’il avait inventé la poudre, c’con-là serait infoutu de sauter de joie.

— Idiot, d’accord, mais sur lequel on peut compter ?

Barkie haussa les épaules. Ce qui pouvait passer pour un acquiescement.

Ils s’engagèrent entre les arbres. Là où Roland et Susan avaient découvert une trentaine de citernes, il n’en restait plus qu’une demi-douzaine. Et sur ces six-là, deux seulement contenaient du pétrole. Des hommes étaient assis par terre ou bien piquaient un roupillon, leurs sombreros sur le visage. La plupart étaient armés, mais leurs flingues avaient l’air à peu près aussi fiables que le mousqueton de Quint. Quelques-uns des plus pauvres vaqueros n’avaient que des bolas. À tout prendre, Reynolds jugea qu’elles seraient plus efficaces.

— Dis à Lord Perth ici présent que si jamais les gamins se pointent, il faudra leur tendre une embuscade, et qu’ils n’auront qu’une chance de bien faire leur boulot, dit Reynolds à Barkie.

Barkie transmit la chose à Quint. Ce dernier eut un rictus, qui révéla une implantation terrifiante de chicots noirs et de crocs jaunâtres. Il émit quelques brefs vocables, puis tendant des bras terminés par d’énormes poings couturés, il fit mine de tordre le cou sous leurs yeux à un ennemi invisible. Quand Barkie voulut traduire, Clay Reynolds l’en dispensa du geste. Il n’avait saisi qu’un seul mot, mais c’était amplement suffisant : muerto.

5

Tout au long de cette semaine d’avant-Fête, Rhéa resta à sonder les profondeurs du cristal. Elle avait pris le temps de recoudre la tête d’Ermot sur son corps à l’aide de gros points maladroits de fil noir et elle demeurait assise, son serpent pourrissant autour du cou, à regarder et à rêvasser, sans prendre garde à la puanteur qui se dégageait du reptile au gré du temps. À deux reprises, Moisi vint près d’elle, miaulant pour qu’on le nourrisse et, chaque fois, Rhéa repoussa l’énervant animal sans même lui faire l’aumône d’un regard. Elle de son côté maigrissait à vue d’œil, ses orbites devenues creuses ressemblaient à celles des crânes stockés dans le filet, près de la porte de sa chambre. Elle s’assoupissait de temps en temps dans son fauteuil, la boule de cristal dans son giron, la peau de serpent puante autour du cou, la tête penchée de sorte que la pointe aiguë du menton creusait sa poitrine, des filets de bave dégouttant de ses lèvres fripées et molles, mais sans jamais dormir tout à fait. Il y avait trop de choses à voir, beaucoup trop.

Et elle avait le cristal tout à elle pour y regarder. Ces jours, elle n’avait même plus besoin de faire des passes au-dessus de la boule pour que s’entrouvrent ses brumes rosâtres. Toute la bassesse de la Baronnie, toutes ses cruautés mesquines (et pas si mesquines), tous ses mensonges et autres truandages étaient exposés sous ses yeux. La majorité de ce qu’elle voyait n’était qu’écarts de conduite insignifiants — jeunes garçons, l’œil collé au trou de serrure, qui se masturbaient en épiant leurs sœurs se dévêtir, épouses faisant les poches à leurs maris, en quête de quelques sous ou de tabac, Sheb le pianiste léchant l’assise de la chaise de sa putain préférée, l’une des bonnes de Front de Mer crachant dans la taie d’oreiller de Kimba Rimer après que le Chancelier l’eut gratifiée d’un coup de pied pour ne point avoir débarrassé le plancher assez vite.

Toutes ces choses ne faisaient que confirmer son opinion sur la société dont elle s’était retirée. Parfois elle piquait des fous rires, parfois elle parlait aux gens qu’elle voyait dans le cristal, comme s’ils pouvaient l’entendre. Le troisième jour de la semaine d’avant la Moisson, elle avait cessé de se rendre aux cabinets, même si elle pouvait y emmener le cristal avec elle, et une forte odeur d’urine surie émanait d’elle.

Dès le quatrième jour de ce régime, Moisi avait cessé de l’approcher.

Rhéa, comme d’autres avant elle, se perdit dans la contemplation du cristal et dans les rêves qu’il engendrait ; captive des menus plaisirs de la clairvoyance, elle ne prenait point garde que le cristal rose lui dérobait les vestiges ratatinés de son anima. Mais si elle en avait eu conscience, cela lui aurait probablement paru un marché équitable. Elle voyait tout ce que les individus faisaient dans l’ombre et c’étaient les seules choses qui lui tenaient à cœur et, rien que pour cela, elle aurait à coup sûr jugé que le payer de ses forces vitales était équitable.

6

— Attends que je l’allume, aux noms des dieux, fit le gamin.

Jonas aurait reconnu cette voix, c’était celle du garçon qui avait agité dans sa direction une queue de chien sectionnée de l’autre côté de la rue en criant : On est des Grands Chasseurs du Cercueil, pareil que vous !

Le gamin à qui s’adressait ce charmant garçon s’efforçait de ne pas lâcher le morceau de foie qu’ils avaient fauché chez l’équarrisseur derrière le Marché d’En Bas. Le premier gamin saisit le second par l’oreille et la lui tordit. L’autre poussa des hurlements, tout en tenant hors de portée le morceau de foie dont le sang noir dégoulinait sur ses phalanges crasseuses.

— Ah, quand même, fit le premier gamin finissant par s’emparer de sa proie. J’vas t’apprendre qui est le capataz par ici.

Ils se trouvaient derrière une échoppe de boulanger du Marché d’En Bas. Tout près, alléché par l’odeur chaude du pain frais, un corniaud galeux les fixait de son œil borgne, plein d’un espoir affamé.

1 ... 153 154 155 156 157 158 159 160 161 ... 233
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)