Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Dominium Mundi. Livre II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dominium Mundi. Livre II

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre II». Краткое содержание книги:

« Cette guerre pour laquelle il s’était engagé n’était pas une guerre de religion, ni même une simple guerre de conquête ou de colonisation, mais bel et bien une guerre d’extermination. »
1 ... 149 150 151 152 153 154 155 156 157 ... 194
Перейти на страницу:

« Nous ne pouvons pas faire cela ! » Cette fois, le nouvel intervenant n’était pas un inconnu. C’était le commandant Feinberg, chef des forces aériennes. « Si les H6 décollent à nouveau, ils seront tous détruits ! »

Avant même que Robert puisse répondre, le marquis de Villeneuve-Cassaignes s’exclama : « Et alors ? Ils périront en accomplissant leur devoir au nom du Tout-Puissant ! De quelle fin plus glorieuse un soldat de Dieu peut-il rêver ? »

Le cynisme de la remarque n’avait échappé à personne. Villeneuve-Cassaignes enchaîna sans laisser au commandant le loisir de répliquer.

« Par ailleurs, même s’ils sont abattus, ils auront au moins eu le temps de faire des ravages dans les rangs adverses ! »

À en juger par le tumulte confus qui monta sous le dôme, l’assemblée ne semblait pas partager ce point de vue. Quelqu’un s’écria : « Ce n’est même pas sûr ! »

Impuissant, Robert voyait avec effarement la situation échapper à son contrôle. Ce conseil, où il était censé être le seul à s’exprimer, menaçait de tourner au débat public. Même son principal allié, Raymond de St. Gilles, affichait un air désemparé.

« Je ne suis en effet qu’un homme de Dieu, intervint à nouveau Philippe de Pont-du-Roy, mais ce titre m’incite justement à tenter de sauvegarder autant que possible la vie de Ses créatures. Je pense que nous devons proposer une trêve à Tancrède de Tarente. »

C’en était trop. Le duc de Normandie explosa.

« Comment osez-vous, frocard ! Vous voulez la reddition, c’est cela ? Vous n’attendez qu’une chose, que nous courbions l’échine devant ces cafards, que nous nous soumettions à votre maître, le renégat Tancrède de Tarente ?

— Mais… balbutia le prieur, interloqué par ce soudain accès de fureur. C’est ridicule, je…

— Je ne vous laisserai pas faire, vous et vos complices ! » Robert était hors de lui. « Vous allez rejoindre votre inspirateur, Pierre l’Ermite, au cachot ! Là vous pourrez discuter stratégie militaire à votre aise. Qu’on arrête cet homme sur-le-champ ! »

Une véritable clameur s’éleva aussitôt de la foule. Robert continuait à hurler ses ordres sans y prêter attention.

« Gardes, saisissez-vous de ce traître et jetez-le en prison ! » Insensibles à l’agitation générale, quatre policiers militaires fendirent la foule et empoignèrent Philippe du Pont-du-Roy qui se laissa emmener sans opposer de résistance.

« Robert de Montgomery, vous commettez une tragique erreur ! lança-t-il. Des milliers d’innocents vont payer votre aveuglement ! »

Des exclamations scandalisées fusaient de toutes parts. Arrêter un évêque était extrêmement choquant.

Sous l’effet de la fureur, le visage de Robert était devenu cramoisi. Tandis que les PM sortaient le prieur de la salle, son regard croisa celui de Bohémond de Tarente. Celui-ci, en apparence indifférent à ce qui venait de se passer, soutint son regard sans même chercher à dissimuler sa haine. Robert en perdit ses moyens un bref instant. Cela n’eut beau durer qu’une seconde, durant ce court laps de temps, il se sentit brusquement vulnérable face à un tel adversaire. Reprenant aussitôt le contrôle de lui-même, il enragea de cette faiblesse momentanée. Il eut – littéralement – un sursaut. Il fallait reprendre la main tout de suite, se montrer implacable. Décidant de tenter le tout pour le tout, il pointa un doigt accusateur sur le Normand de Sicile.

« Que fomentez-vous, comte de Tarente ? vociféra-t-il. Êtes-vous l’instigateur de cette pitoyable tentative de déstabilisation de l’état-major ? »

Le silence tomba sur l’assemblée avec la brutalité d’un coup de marteau. Que le chef suprême de la croisade mette aux arrêts un dignitaire religieux juste avant une bataille décisive était déjà inquiétant, qu’il mette en cause l’un des cinq principaux barons de la croisade était proprement effrayant. D’autant que nul n’ignorait la haine terrible que se vouaient les deux Normands. Comment un guerrier tel que Bohémond de Tarente, chef des Soldats de fer, allait-il réagir ?

Celui-ci se leva avec lenteur. En dépit des soubresauts qui venaient de secouer l’assemblée, il était resté assis jusqu’à ce moment. Plus un son ne se faisait entendre dans la grande salle. Lorsqu’il fut debout, Bohémond continua de fixer le Prætor peregrini. Les deux hommes ne se lâchaient pas du regard, ne cillaient même plus. Puis, le Normand de Sicile parla, en détachant lentement toutes les syllabes :

« M’accusez-vous officiellement de trahison, seigneur Préteur ? Dois-je considérer que je suis aux arrêts moi aussi ? »

La froideur avec laquelle il s’était exprimé était si lourde de menaces que sa question sonnait comme une sommation. Cela ne fit qu’amplifier la fureur de Robert de Montgomery.

« Si vous n’avez aucun crime sur la conscience, cria-t-il, alors jurez-moi fidélité immédiatement ! Jurez maintenant ! »

À proximité du comte de Tarente, les officiers reculèrent instinctivement d’un pas, comme s’ils se tenaient près d’une bombe sur le point d’exploser. Autour d’eux, la foule était pétrifiée.

Les yeux noirs de Bohémond étincelèrent puis le Normand inclina la tête et cracha par terre.

« Je suis fidèle à mon Dieu ! tonna-t-il. Je suis fidèle à ma patrie et à mes idéaux ! Vous ne représentez aucun des trois, Robert le Diable ! »

Puis, il tourna le dos au Prætor peregrini et se dirigea vers la sortie.

« Qu’on l’arrête ! hurla Robert. Gardes, saisissez-vous de lui ! Obéissez-moi et arrêtez le comte de Tarente, tout de suite ! »

Mais, de tous les policiers militaires qui assuraient la sécurité du conseil, aucun n’osa lever la main sur Bohémond qui franchit sans encombre les portes de la salle, sa demi-cape claquant derrière lui.

Le cœur battant, presque à bout de souffle, Robert jeta un coup d’œil rapide à Godefroy de Bouillon. Le duc de Basse-Lorraine n’était pas intervenu durant l’esclandre. Le visage couleur cendre, il semblait en proie à une grande émotion. Il livrait manifestement une bataille intérieure, son amitié pour Bohémond le poussant à se joindre lui tandis que son sens du devoir l’en empêchait.

Robert comprit qu’il ne fallait pas attendre que la balance penche du mauvais côté, d’autant que la foule était suspendue à sa réaction. Après tout, même si Bohémond venait de lui porter un coup rude, rien n’était perdu. La clé de la pérennité du pouvoir avait toujours été, et serait toujours, l’autorité. Il dégrafa de son col le disque d’or de la délégation papale et le leva bien haut afin que tous le voient. Les trois couronnes superposées qui l’ornaient scintillèrent dans la lumière de l’hologramme tactique.

« Je rappelle à tous que le pape, le représentant de Dieu sur Terre, m’a nommé chef suprême de cette croisade, déclara-t-il en tentant de donner à sa voix l’assurance qui lui faisait défaut intérieurement. En s’opposant à moi, le comte de Tarente vient de commettre un crime grave et il devra en répondre le moment venu. Toutefois, dans l’intérêt de la Sainte Armée, qui s’apprête à mener un âpre combat contre les légions infernales, je décide de différer les sanctions qui devront être prises à son égard. »

L’assemblée se remit à murmurer. Robert de Montgomery se montrant magnanime après un tel affront, c’était incompréhensible.

« Cependant, je ne tolérerai plus la moindre désobéissance. Tout refus d’exécuter mes ordres, y compris au plus haut niveau, sera puni de mort ! Que tous entendent bien ce message et soient convaincus de ma détermination à le faire appliquer ! Aujourd’hui est un grand jour, car nous allons mener un combat capital. Et, ce combat, nous sommes condamnés à la gagner ! »

1 ... 149 150 151 152 153 154 155 156 157 ... 194
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)