La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
- Автор: Нивен Ларриё, Пурнель Джерри
- Год: 1981
- Язык: французский
- Год: Albin Michel
- ISBN: 2-226-01315-6
- Переводчик: Eric Cowen
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
« Voilà le vice-roi et les commissaires, dit Hardy. Les musiques commencent. Vous allez savoir ce qu’est une parade. »
Il semblait à Rod que la pierre même du palais tremblait sous le bruit. Cent tambours défilaient en un roulement de tonnerre et, derrière eux, les cuivres jouaient quelque ancienne marche datant du Condominium. Le tambour-major leva sa canne et les hommes contre-marchèrent devant la tribune, sous les applaudissements polis. Les majorettes firent tournoyer leurs baguettes.
« L’ambassadeur demande si ce sont des guerriers », cria Charlie.
Rod faillit rire mais réussit à maîtriser sa voix. « Non. C’est l’orchestre du lycée John Muir – un groupe de jeunes. Certains d’entre eux deviendront peut-être des guerriers quand ils seront plus vieux, mais d’autres seront agriculteurs, ouvriers…
— Merci. » Les Granéens gazouillèrent.
Non qu’il n’y ait pas eu de guerriers auparavant, pensa Rod. Sachant que cette cérémonie obtiendrait à coup sûr la plus grande audience de l’histoire de l’Empire, Merrill n’allait pas négliger l’occasion d’offrir un aperçu de la main de fer dans le gant de velours. Cela ferait peut-être réfléchir les rebelles en puissance. Évidemment, on n’avait pas fait défiler beaucoup d’équipements militaires. Il y avait eu plus de jeunes filles portant des fleurs que de Marines ou de soldats.
La procession était interminable. Tous les barons provinciaux voulaient se montrer. Toutes les guildes, toutes les corporations , toutes les villes, toutes les écoles – tout le monde voulait apparaître et Fowler avait dit : « Qu’ils viennent tous ! »
La musique du lycée John Muir était suivie d’un demi-bataillon de troupes des Highlanders de Covenant en kilt, accompagné de tambours et de cornemuses au son perçant. Cette musique sauvage faisait grincer les nerfs de Rod mais il s’appliquait à se contrôler. Bien que Covenant se soit trouvé de l’autre côté du Sac à Charbon, les Highlanders étaient évidemment très populaires en Néo-Écosse et les Néo-Écossais adoraient, ou affirmaient adorer, la cornemuse.
Ces soldats portaient des épées, des piques et des bonnets à poil en peau d’ours hauts de près d’un mètre. Des flots de plaids aux couleurs vives tombaient de leurs épaules. Rien de menaçant dans tout cela : la réputation de ces hommes de Covenant suffisait. Nulle armée des mondes connus n’aurait apprécié de les affronter, s’ils avaient laissé tomber leur raffinement cérémonial et endossé leur armure et leur tenue de combat. Et Covenant était loyaliste jusqu’à la moelle des os.
« Ceux-ci sont des guerriers ? demanda Charlie.
— Oui. Ils font partie de la garde d’honneur du vice-roi Merrill », cria Rod. Il se mit au garde-à-vous au passage des couleurs et dut lutter pour empêcher sa main de se lever en un salut. Il se contenta d’ôter son chapeau.
La parade continua : un char couvert de fleurs appartenant à quelque baron néo-irlandais ; les représentants des guildes d’artisans ; d’autres soldats, venus de Friedland cette fois, marchant plutôt gauchement parce que c’était des artilleurs et des tankistes, et qu’ils n’avaient pas leurs véhicules. Un autre rappel aux provinces de ce que Sa Majesté pouvait très exactement leur envoyer.
« Qu’en pensent les Granéens ? » demanda Merrill du bout des lèvres. Il salua les couleurs d’un char baronnial.
« Difficile à dire, répondit le sénateur Fowler.
— Il est plus intéressant de savoir ce que vont en dire les provinces, dit Armstrong. Cette manifestation vaudra bien le passage d’un croiseur de bataille pour nombre d’endroits. Et elle est moins chère.
— Pour le gouvernement, oui, dit Merrill. J’aurais peur de savoir combien tout cela a coûté. Heureusement, ce n’est pas moi qui ai eu à le payer.
— Rod, vous pouvez partir maintenant, dit le sénateur Fowler. Hardy vous excusera auprès des Granéens.
— Bien. Merci. » Rod s’esquiva. Il entendait derrière lui les bruits de la parade et la conversation assourdie de ses amis.
« Je n’avais jamais entendu autant de tambours, dit Sally.
— Penses-tu ! C’est la même chose à tous les anniversaires, lui rappela le sénateur.
— Oui, mais en ces occasions-là, je ne suis pas obligée de tout regarder.
— Anniversaire ? » demanda Jock.
Rod partit tandis que Sally tentait d’expliquer ce qu’étaient les fêtes patriotiques et qu’une centaine de joueurs de cornemuse passaient, enveloppés de leur splendeur gaélique.
50. L’art de la négociation
Le petit groupe avançait en un silence plein de colère. L’hostilité d’Horowitz était presque palpable. Il les amenait toujours plus profondément sous terre et pensait : Je suis le xénobiologiste le plus compétent du secteur trans-Sac à Charbon. Pour trouver mieux, il leur faudrait aller à Sparta. Et ce salopard de petit Sire et cette « Dame » à demi éduquée mettent en doute ma qualité professionnelle.
Et je suis obligé de le supporter.
Cela, en tout cas, n’était pas discutable, se disait Horowitz. Le président de l’université l’avait personnellement fait comprendre.
« Pour l’amour du ciel, Ziggy, faites ce qu’ils veulent. Cette commission est une grosse affaire. Tout notre budget, sans parler de votre service, sera affecté par leur rapport. Que se passera-t-il s’ils disent que nous ne coopérons pas et s’ils demandent une équipe à Sparta ? »
Et voilà. Du moins ces deux jeunes aristocrates savaient-ils que son temps était précieux. En allant vers les labos, il le leur avait répété une douzaine de fois.
Ils s’étaient profondément enfoncés sous l’Ancienne Université, marchant sur des sols de pierre usée, mis en place en des temps fort reculés. Avant que la terraformation de la Néo-Écosse ne soit achevée, Murcheson lui-même avait parcouru ces boyaux et la légende voulait que son fantôme hantât encore les couloirs aux murs de pierre : une silhouette encagoulée, avec un œil rouge et terne.
Et pourquoi, au juste, est-ce si important ? Par Balaam, pourquoi cette fille en fait-elle tout un plat ?
Le laboratoire n’était qu’une pièce de plus, creusée dans la roche vive. Horowitz fit un geste impérieux et les deux assistants ouvrirent le conteneur réfrigéré. Une longue table en sortit.
Le pilote de la sonde d’Eddie le Fou était là, démembré sur la surface lisse de plastique blanc. Ses organes étaient redisposés en un semblant des positions qu’ils occupaient avant la dissection. Des lignes noires tracées sur la peau écorchée les joignaient à des points d’attache sur le corps et le squelette éclatés. Les composants de la médiatrice granéenne avaient la couleur et la texture de ceux d’un homme tué par une grenade : du rouge clair ou plus sombre, du vert grisâtre, des formes impensables. Rod sentit son estomac se nouer et se souvint des combats d’infanterie qu’il avait connus.
Quand Sally se pencha impatiemment sur le cadavre pour mieux le voir, Rod eut la nausée. Le visage de Sally était fermé et sinistre – mais il en était déjà ainsi dans le bureau d’Horowitz.
« Alors ! » explosa triomphalement le savant. Son doigt osseux se pointa vers deux nodules verdâtres de la taille d’une cacahuète, à l’intérieur de l’abdomen. « Là. Et là. Voici ce qui devait être les testicules. Les autres races granéennes ont aussi des gonades internes.
— Oui…, acquiesça Sally.
— Aussi petites que cela ? demanda Horvath d’un ton méprisant.