Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Ужасы » Magie et Cristal
Magie et Cristal - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Magie et Cristal

Электронная книга - «Magie et Cristal». Краткое содержание книги:

Prisonniers de Blaine, le monorail fou lancé à pleine vitesse, Roland et ses compagnons filent vers leur destin et, espèrent-ils, la Tour Sombre, leur but ultime. Les épreuves ne font pourtant que commencer pour eux, puisqu’ils devront déjouer les pièges du train infernal pour affronter le Mal aux multiples visages — jusque dans leurs souvenirs et dans leurs rêves, peuplés de signes et de messages qu’ils sont bien en peine de déchiffrer. Ils savent qu’ils doivent protéger la Rose, réceptacle de tout ce que le monde compte encore de magique et de pur, et combattre l’odieux Roi Cramoisi. Les pistoleros ne sont pas au bout de leur quête…
1 ... 139 140 141 142 143 144 145 146 147 ... 233
Перейти на страницу:

J’ai tout risqué. La vie de Susan, comme la nôtre à tous les trois.

Raconte-lui ce que je t’ai dit sur la porte de l’enfer.

Et la voix de Susan d’enchaîner : Le ka est comme le vent… si tu m’aimes, alors aime-moi jusqu’au bout.

Et il lui avait obéi, persuadé avec l’arrogance de sa jeunesse que tout tournerait bien sans autre raison, oui, il avait cru cela dans son for intérieur — que lui, c’était lui et que le ka devait être au service de son amour.

— J’ai fait l’idiot, dit-il.

Et sa voix tremblait comme ses mains.

— Oh oui, dit Cuthbert. Pour sûr.

Il tomba à genoux dans la poussière, en face de Roland.

— Si tu veux me frapper maintenant, ne te gêne pas. Cogne aussi fort que tu veux et autant que tu peux. Je ne te rendrai pas tes coups. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour te réveiller et te remettre face à tes responsabilités. Si tu dors encore, qu’il en soit ainsi. Quel que soit le cas de figure, je t’aime toujours.

Bert saisit Roland aux épaules et planta un baiser rapide sur la joue de son ami.

Roland se mit à pleurer. Ses larmes étaient des larmes de gratitude, mais aussi de honte et de confusion mêlées ; au plus obscur de son être, une infime partie de lui-même détestait Cuthbert et le détesterait à tout jamais. Cette haine était davantage due à son baiser qu’au coup de poing à la mâchoire qu’il n’avait pas vu venir ; plus à son pardon qu’à sa remise des pendules à l’heure.

Il se leva ; tenant toujours la lettre dans l’une de ses mains salie de poussière, il essuya du revers de l’autre, sans grande efficacité, ses joues humides. Il chancela, mais quand Cuthbert avança la main pour lui éviter de perdre l’équilibre, Roland le repoussa si violemment que Cuthbert serait tombé à son tour si Alain ne l’avait pas rattrapé par les épaules.

Puis, très lentement, Roland se laissa retomber — mais cette fois devant Cuthbert, mains levées et tête basse.

— Roland, non ! s’écria Cuthbert.

— Si, dit Roland. J’ai oublié le visage de mon père, j’implore ton pardon !

— Oui, d’accord, oui, aux noms des dieux !

C’était au tour de Cuthbert de donner l’impression qu’il pleurait.

— Mais… relève-toi, je t’en prie ! Ça me brise le cœur de te voir comme ça !

Et à moi de m’humilier comme ça, songea Roland. Mais j’ai tout fait pour en arriver là, n’est-ce pas ? À cette cour obscure, avec ma tête en feu et mon cœur qui déborde de honte et de peur. C’est mon lot, acheté et payé.

Ils l’aidèrent à se relever et Roland les laissa faire.

— T’as une sacrée gauche, Bert, dit-il d’un ton qui aurait pu passer pour normal.

— Seulement quand on ne la voit pas venir, tempéra Bert.

— Cette lettre — comment est-elle tombée entre tes mains ?

Cuthbert lui narra sa rencontre avec Sheemie, paniqué et en détresse, comme s’il attendait une intervention du ka… et en la personne d’« Arthur Heath », le ka avait fait son office.

— Elle est de la sorcière, donc, fit Roland d’un ton rêveur. Oui, mais comment est-elle au courant ? Elle ne quitte jamais le Cöos, du moins à ce que m’a dit Susan.

— Je n’en sais rien. Et je m’en moque. Pour l’instant, ce qui m’intéresse, c’est de m’assurer que Sheemie ne pâtisse pas de m’avoir parlé et donné ce billet. Ce qui m’intéresse ensuite, c’est que la vieille Rhéa ne tente pas une nouvelle fois de communiquer ce qu’elle a découvert.

— Si j’ai commis une terrible erreur, dit Roland, ce n’est pas d’avoir aimé Susan. Ni moi ni elle n’y pouvions rien changer. Vous me croyez ?

— Oui, dit Alain aussitôt.

Au bout d’un instant, et presque à contrecœur, Cuthbert dit :

— Si fait, Roland.

— Je me suis montré arrogant et stupide. Si ce billet avait été remis à sa tante, elle risquait d’être envoyée en exil.

— Et nous au diable, par le truchement d’une corde de pendu, ajouta sèchement Cuthbert. Même si je sais que cela te semble peu de chose en comparaison.

— Et la sorcière ? demanda Alain. Qu’est-ce qu’on va faire à son sujet ?

Roland se tourna avec un petit sourire vers le nord-ouest.

— Rhéa, dit-il. Avant toute autre chose, c’est une faiseuse d’embrouilles de première, pas vrai ? Et les faiseuses d’embrouilles, il faut les mettre au pas.

Il repartit vers le baraquement, la démarche lourde, l’oreille basse. Cuthbert, regardant Alain, vit que ce dernier avait lui aussi la larme à l’œil. Bert lui tendit la main. Alain la fixa un instant sans la prendre. Puis il opina — son mouvement de tête semblait plus à sa propre adresse qu’à celle de Cuthbert — et la serra.

— Tu as fait ce que tu devais faire, dit Alain. J’en ai douté au début, mais plus maintenant.

Cuthbert exhala un soupir de soulagement.

— Et j’ai agi comme je devais le faire. Si je ne l’avais pas pris par surprise…

— … il t’aurait roué de coups. Et tu en aurais vu des vertes et des pas mûres.

— Toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, convint Cuthbert.

— Je dirais même plus, toutes celles de l’Arc-en-Ciel du Magicien, dit Alain. Plein d’autres couleurs pour pas un rond.

Là-dessus, Cuthbert éclata de rire. Tous deux revinrent vers le baraquement, où Roland dessellait le cheval de Bert.

Ce dernier s’apprêtait à aller lui prêter main-forte, mais Alain le retint.

— Laisse-le tranquille un petit moment, fit-il. Ça vaut mieux.

Ils entrèrent et quand Roland les rejoignit à son tour dix minutes plus tard, il trouva Cuthbert en train de jouer la manche à sa place. Et il la gagna.

— Bert, fit-il.

Cuthbert leva les yeux.

— Toi et moi, on a une petite affaire à régler demain. Là-haut sur le Cöos.

— On va la tuer ?

Roland accorda à la chose un long moment de réflexion. Il releva enfin les yeux et dit en se mordant les lèvres :

— On devrait.

— Si fait, on devrait. Mais est-ce qu’on va le faire ?

— Non, à moins d’y être obligés, je suppose.

Plus tard, il regretterait amèrement cette décision — si c’en était bien une — tout en comprenant pourquoi il l’avait prise. Il n’était guère plus âgé que Jake Chambers, cet automne-là à Mejis, et décider de tuer ne vient ni facilement ni naturellement à l’esprit de la plupart des garçons de cet âge.

— Pas à moins qu’elle ne nous y force.

— Vaudrait peut-être mieux qu’elle fasse en sorte, dit Cuthbert.

C’était le langage rude d’un pistolero, mais il ne parut pas troublé de le tenir.

— Oui, peut-être. Mais ce n’est guère probable. Elle est bien trop rusée pour ça. Prépare-toi à te lever tôt.

— Très bien. Tu veux que je te redonne la main ?

— Alors que tu vas lui mettre la pâtée ? Pas question.

1 ... 139 140 141 142 143 144 145 146 147 ... 233
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)