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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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Tous les habitants s’étant donc convertis, Dieu fut touché de leur repentir; de sorte que la prédiction de Jonas ne se réalisa pas. Ce n’est que fort longtemps après que Ninive fut saccagée et ruinée.

Vexé à la pensée qu’on pouvait le prendre pour un blagueur, Jonas s’éloigna de Ninive et se réfugia dans un désert. Il faisait une chaleur atroce, et il n’y avait pas le moindre arbuste à l’horizon.

«Et Jéhovah fit pousser tout à coup un kikajon, qui monta au-dessus de Jonas et ombragea sa tête; et Jonas se réjouit d’une grande joie, à cause de ce kikajon. Mais le lendemain, dès l’aube, Jéhovah mit un ver dans le kikajon, ce ver mangea toute la sève, et le kikajon sécha. Alors, en se réveillant, Jonas, n’étant plus protégé contre le vent brûlant du désert, se désespéra et se plaignit amèrement, priant Dieu de le faire mourir et disant: La mort m’est meilleure que la vie.

Et Jéhovah parut et dit à Jonas: Comment peux-tu bien t’affliger ainsi pour ce kikajon? Jonas répondit: Oui, Seigneur, j’ai raison de m’affliger ainsi, même jusqu’à la mort. Et Jéhovah lui dit encore: Tu voudrais que le ver eût épargné le kikajon, et pourtant ce n’est pas toi qui l’as planté ni qui l’as fait croître; car il est venu en une nuit, et en une nuit il a péri. Et moi, pourquoi n’épargnerais-je pas Ninive, cette grande ville, dans laquelle il y a plus de cent vingt mille créatures humaines, qui ne savent pas discerner leur main droite de leur main gauche, et outre cela plusieurs bêtes?»

C’est sur ce spirituel mot divin que se termine le livre de Jonas (en quatre chapitres). C’est une pauvre fin, le miracle du kikajon étant bien peu de chose auprès du miracle de la baleine.

Nous voici arrivés aux derniers temps de l’histoire du peuple hébreu, avant Jésus-Christ. L’Ancien Testament a, comme conclusion, les quatre livres des Macchabées.

Les huit premiers versets sont consacrés à noter la victoire d’Alexandre-le-Grand sur Darius III Codoman et à dire que le monarque macédonien, ayant régné sur plusieurs pays, mourut de maladie et partagea son immense royaume entre ses généraux. D’autre part, on sait que, d’après une légende juive (11 Josèphe, ch. 8), le grand-prètre des Juifs, nommé Jaddus, vint au-devant du conquérant, quand il s’approcha de Jérusalem, et lui montra de prétendues prédictions, d’après lesquelles le monde entier devait appartenir à Alexandre. Sensible à cette flatterie, Alexandre aurait épargné Jérusalem.

La Judée fut alors soumise au gouvernement théocratique: la nation vivait dans une sorte d’indépendance, n’étant pas inquiétée par les royaumes voisins et n’ayant pas de roi elle-même. Les prêtres gouvernaient le peuple et l’administraient; l’autel était en même temps le trône. Au fond, c’était absolument comme si les Juifs avaient eu un roi, puisqu’ils payaient au grand-prêtre à la fois la dîme et l’impôt.

On ne sait guère combien de temps dura cet état d’indépendance relative; mais, des livres des Macchabées, dont l’auteur est ignoré, il résulte que les Juifs n’eurent pas à se féliciter de leurs rapports avec les successeurs d’Alexandre. Voici en quels termes amers la Bible mentionne ce changement de situation:

«Alexandre étant mort, ses généraux gardèrent leur royaume, chacun en sa contrée; et ils se couronnèrent après sa mort, et leurs fils après eux, pendant plusieurs années, et les maux furent multipliés sur la terre. D’eux sortit une race très méchante, celle d’Antiochus l’Illustre.» (1 Macchabées 1:9-11)

Avec les Séleucides, dynastie grecque qui régna en Syrie, il est certain, en effet, que les Israélites virent reluire les jours néfastes, quoique l’écrivain sacré s’efforce de relever, par le récit de quelques miracles, le prestige du peuple de Dieu, de nouveau traité en vassal et durement traité.

Comme tout le reste de l’Ancien Testament, les livres des Macchabées fourmillent de contradictions et de grossières erreurs historiques. Au surplus, les événements y sont relatés avec un tel désordre qu’il est impossible de démêler le vrai du faux, surtout si l’on entreprend de suivre ces récits, chapitre par chapitre. Voltaire a eu la patience de réunir les arguments que les critiques apportent contre l’authenticité et la véracité de ces derniers livres de la Bible; aussi, pour terminer, nous ne pouvons mieux faire que de reproduire le résumé de ses observations:

«1. — On nie d’abord, écrit Voltaire, le supplice des sept frères Macchabées et de leur mère (morts dans les tortures pour avoir refusé de manger de la viande de cochon), parce qu’il n’en est pas fait mention dans le premier livre, qui va bien loin par-delà le règne d’Antiochus Epiphane ou l’Illustre.

Mathathias, père des Macchabées, n’avait que cinq fils qui tous se signalèrent pour la défense de la patrie. L’auteur du second livre, qui raconte le supplice des Macchabées (ch. 7), ne dit point en quelle ville Antiochus ordonna cette exécution barbare; et il l’aurait dit, si elle avait été vraie. D’ailleurs, Antiochus paraît tout-à-fait incapable d’une action si cruelle, si lâche et si inutile. C’était un très grand prince, qui avait été élevé à Rome. Il fut digne de son éducation, valeureux et poli, clément dans la victoire et le plus affable: on ne lui reproche qu’une familiarité outrée, qu’il tenait de la plupart des grands de Rome, dont la coutume était de gagner les suffrages du peuple en s’abaissant jusqu’à lui. Le titre d’Illustre que l’Asie lui donna, et que la postérité lui conserve, est une assez bonne réponse aux injures que les Juifs ont prodiguées à sa mémoire.

Jérusalem était enclavée dans ses vastes états de Syrie.

Les Juifs se révoltèrent contre lui. Ce prince, vainqueur de l’Égypte, revint les punir; et, comme la religion était l’éternel prétexte de toutes les séditions et des cruautés de ce peuple, Antiochus, lassé de sa tolérance, qui les enhardissait, ordonna enfin qu’il n’y aurait plus qu’un seul culte dans ses états, celui des dieux de Syrie. Il priva les rebelles de leur religion et de leur argent, deux choses qui leur étaient également chères. Antiochus n’en avait pas usé ainsi en Egypte, conquise par ses armes; au contraire, il avait rendu ce royaume à son roi avec une générosité qui n’avait d’exemple que dans la grandeur d’âme avec laquelle on dit que Porus fut traité par Alexandre. Si donc il eut plus de sévérité pour les Juifs, c’est qu’ils l’y forcèrent. Les Samaritains lui obéirent; mais Jérusalem le brava, et de là naquit cette guerre sanglante, dans laquelle Juda Macchabée et ses quatre frères firent (au dire de la Bible) de si belles choses avec de très petites armées. Donc, l’histoire du supplice des prétendus sept Macchabées et de leur père n’est qu’un roman.

2. — Le romanesque auteur commence ses mensonges en disant qu’Alexandre partagea ses États à ses généraux de son vivant. Cette erreur, qui n’a pas besoin d’être réfutée, fait juger de la science de l’écrivain.

3. — Presque toutes les particularités rapportées dans le premier livre des Macchabées sont aussi chimériques. Il dit que Juda Macchabéè, lorsqu’il faisait la guerre de caverne en caverne dans un coin de la Judée, voulut être l’allié des Romains (ch. 8): «ayant appris qu’il y avait bien loin un peuple romain, lequel avait subjugué les Galates». Or, cette nation des Galates n’était pas encore asservie; elle ne le fut que par Cornélius Scipion.

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