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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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4. — Il continue, et dit qu’Antiochus-le-Grand, dont Antiochus Épiphane était fils, «avait été captif des Romains». C’est une erreur évidente: il fut vaincu par Lucius Scipion surnommé l’Asiatique; mais il ne fut point prisonnier; il fit la paix, se retira dans ses états de Perse, et paya les frais de la guerre. On voit ici un auteur juif mal instruit de ce qui se passe dans le reste du monde et qui parle au hasard de ce qu’il ne sait point.

5. — L’écrivain des Macchabées ajoute que cet Antiochus-le-Grand «céda aux Romains les Indes, la Médie et la Lydie». Ceci devient trop fort. Une telle impertinence est inconcevable. C’est dommage que l’auteur juif n’y ait pas ajouté la Chine et le Japon!

6. — Ensuite, voulant paraître informé du gouvernement de Rome, il dit «qu’on y élit tous les ans un souverain magistrat, auquel seul on obéit» L’ignorant ne savait pas même que Rome eût deux consuls.

7. — Juda Macchabée et ses frères, si on en croit l’auteur envoient une ambassade au sénat romain; et les ambassadeurs, pour toute harangue, parlent ainsi: «Juda Macchabée, et ses frères, et les Juifs, nous ont envoyé à vous pour faire avec vous société et paix.» C’est à peu près comme si un chef de parti de la république de Saint-Marin envoyait des ambassadeurs au Grand Turc pour faire alliance avec lui. La réponse des Romains, selon la Bible, n’est pas moins extraordinaire. S’il y avait eu, en effet, une ambassade à Rome d’une république palestine bien reconnue, si Rome avait fait un traité solennel avec Jérusalem, Tite-Live et les autres historiens en auraient parlé. L’orgueil juif a toujours exagéré; mais il n’a jamais été plus ridicule.

8. — On voit bientôt après une autre fanfaronnade; c’est la prétendue parenté des Juifs et des Lacédémoniens. L’auteur suppose qu’un roi de Lacédémone, nommé Arius, avait écrit au grand-prètre juif Onias troisième, en ces termes (ch. 12): «Il a été trouvé dans les Ecritures, touchant les Spartiates et les Juifs, qu’ifs sont frères, étant les uns et les autres de la race d’Abraham; et, à présent que nous le connaissons, vous faites bien de nous écrire que vous êtes en paix; et voici ce que nous avons répondu: Nos vaches et nos moutons, ainsi que nos champs, sont à vous; nous avons ordonné qu’on vous apprît cela.» On ne peut traiter sérieusement des inepties si hors du sens commun. Cela ressemble à Arlequin qui se dit curé de Domfront; et quand le juge lui prouve qu’il a menti: «Monsieur, réplique Arlequin, je croyais l’être.» Ce n’est pas la peine de montrer qu’il n’y eut jamais de roi de Sparte nommé Arius, et qu’au temps du grand-prètre Onias troisième, Lacédémone n’avait plus de rois. Ce serait trop perdre son temps de montrer qu’Abraham fut aussi inconnu dans Sparte et dans Athènes que dans Rome.

9. — Nous osons ajouter à ces puérilités si méprisables l’aventure merveilleuse d’Héliodore, racontée dans le second livre, au chapitre 3. Séleucus Philopator, frère aîné et prédécesseur d’Antiochus Épiphane, roi de Syrie, de Perse, de la Phénicie et de la Palestine, est averti par un juif, intendant du temple, qu’il y a dans cette forteresse un trésor immense. Séleucus, qui avait besoin d’argent pour ses guerres, envoie Héliodore, un de ses officiers, demander cet argent, comme le roi de France François 1er demanda plus tard la grille d’argent de Saint-Martin. Héliodore vient exécuter sa commission, et s’arrange avec le grand-prêtre Onias.

Comme ils parlaient ensemble dans le temple, on voit descendre du ciel un grand cheval portant un cavalier brillant d’or. Le cheval donne d’abord des ruades «avec les pieds de devant» à Héliodore; et deux anges qui servaient de palefreniers au cheval, armés chacun d’une poignée de verges, fouettent Héliodore à tour de bras.

Onias, le grand-prêtre, eut la charité de prier Dieu pour lui. Les deux anges palefreniers cessèrent de fouetter. Ils dirent à l’officier: Rends grâces à Onias; sans ses prières, nous t’aurions fessé jusqu’à la mort. Après quoi, ils disparurent.

On ne dit pas si, après cette flagellation, le grand-prêtre Onias s’accommoda avec son roi Séleucus et lui prêta quelques deniers.

Ce miracle a paru d’autant plus impertinent aux critiques, que ni le roi d’Egypte Sésac, ni le roi de l’Asie Nabuchodonosor, ni Antiocbus Epiphane, ni Ptolémée Soter, ni le grand Pompée, ni Crassus, ni la reine Cléopâtre, ni l’empereur Titus, qui tous emportèrent quelque argent du temple juif, ne furent pas cependant fouettés par les anges. Il est vrai qu’un saint moine a vu l’âme de Charles Martel, que des diables conduisaient en enfer dans un bateau, et qu’ils fouettaient pour punir le vainqueur des Sarrasins de s’être approprié quelque chose du trésor de Saint-Denis; mais ces cas-là arrivent rarement.

10. — Nous passons une multitude d’anachronismes, de méprises, de transpositions, d’ignorances, et de fables, qui pullulent dans les livres des Macchabées, pour venir à la mort d’Antiochus l’Illustre, décrite au chapitre 11 du livre second. C’est un entassement de faussetés, d’absurdités et d’injures, qui font pitié. Selon l’auteur, Antiochus entre dans Persépolis pour piller la ville et le temple. On sait assez que cette capitale, nommée Persépolis par les Grecs, avait été détruite par Alexandre. Les Juifs, toujours isolés parmi les nations, toujours occupés de leurs seuls intérêts et de leur seul pays, pouvaient bien ignorer les révolutions de la Chine et des Indes; mais pouvaient-ils ne pas savoir que cette ville, appelée Persépolis par les seuls Grecs, n’existait plus depuis cent soixante ans? Son nom véritable était Sestekar. Si c’était un juif de Jérusalem, c’est-à-dire un asiatique, qui eût écrit les Macchabées, il n’eût pas donné au séjour des rois de Perse un nom qui figure uniquement dans les livres grecs. De là, on conclut que ces derniers livres de l’Ancien Testament n’ont pu être écrits que par un de ces juifs hellénistes d’Alexandrie, qui commençait à vouloir devenir orateur.

Mais voici une autre raison de douter. Au premier livre, il est dit qu’Antiochus Epiphane voulut s’emparer des boucliers d’or laissés par Alexandre-le-Grand dans la ville d’Élimaïs sur le chemin d’Ecbatane, qui est la même que Ragès, et qu’il mourut de chagrin dans cette contrée en apprenant que les Macchabées avaient résisté à ses troupes en Judée. Au second livre, il est dit, au contraire, que ce roi tomba de son char; qu’il fut tellement meurtri dans sa chute que la gangrène se mit à son corps; que ses chairs fourmillaient de vers; et qu’alors il demanda pardon au dieu des Juifs. C’est là qu’est ce verset si connu, et dont on a fait tant d’usage: «Le scélérat implorait la miséricorde du Seigneur, qu’il ne devait pas obtenir». L’auteur ajoute qu’Antiochus promit à Jéhovah de se faire juif. Ce dernier trait suffit: c’est comme si Charles-Quint avait promis de se faire turc.

Nous ne dirons qu’un mot du troisième livre des Macchabées, et rien du quatrième, unanimement tenus pour apocryphes.

Voici une historiette du troisième; la scène est en Egypte. Le roi Ptolémée Philopator est fâché contre les Juifs, qui commerçaient en grand nombre dans ses états; il en ordonne le dénombrement, et, selon Philon, ils composaient un million de tètes. On parque ce million d’hommes dans l’hippodrome d’Alexandrie. Le roi promulgue un édit, par lequel ils seront tous livrés à ses éléphants pour être écrasés sous leurs pieds. L’heure prise pour donner ce spectacle, Dieu, qui veille sur son peuple, endort le roi profondément. Ptolémée, à son réveil remet la partie au lendemain; mais Dieu lui ôte alors la mémoire: Ptolémée ne se souvient plus de rien. Enfin, le troisième jour, Ptolémée, bien éveillé, fait préparer ses juifs et ses éléphants. La pièce allait être jouée, lorsque soudain les portes du ciel s’ouvrent: deux anges en descendent; ils dirigent les éléphants contre les soldats qui devaient les conduire; les soldats sont écrasés, les Juifs sauvés, le roi converti… On écrivait plaisamment l’histoire dans ce pays-là!»

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