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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]
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Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]

Электронная книга - «Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]». Краткое содержание книги:

Dans la Galaxie, l’étoile MarcheArrêt représente une énigme : elle observe un cycle de deux cent cinquante ans, s’éteint pendant deux cent quinze puis se rallume pour trente-cinq ans. Son unique planète est habitée par des araignées intelligentes qui viennent d’inventer la radio.
Le système de MarcheArrêt n’a jamais été exploré. Et voilà que deux expéditions, attirées par les signaux radio, s’y installent. L’une a été montée par les Qeng Ho, un peuple marchand qui parcourt l’espace en achetant et vendant des informations technologiques. L’autre par une civilisation violente et sadique, dite des Émergents, qui a fait de la lutte pour le pouvoir son mode de vie. Son chef, Tomas Nau, cherche à se rendre maître de la planète des Araignées pour exploiter ses ressources. Il lui faut d’abord détruire la flotte Qeng Ho ou s’en emparer.
Mais parmi les Qeng Ho se cache une figure mythique, Pham Nuwen, né mille ans plus tôt, qui connaît tous les tours...
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On n’entendait pas le ronronnement de pales de ventilateur, juste le sifflement continu du vent en haut. Viki se concentra sur la vue juste au-dessus de sa tête. Elle apercevait une fenêtre grillagée au sommet, à une cinquantaine de pieds, peut-être. La lumière du jour, entrant par l’ouverture, éclaboussait çà et là les parois métalliques du cylindre. Ici, au fond, ils étaient dans la pénombre, mais il faisait plus qu’assez clair pour voir les paillasses, le W.-C. chimique, le sol de métal. Leur prison se réchauffa progressivement au fil des heures. Gokna avait raison. Ils avaient fait assez d’explorations à la maison pour savoir à quoi ressemblait une vraie colonne sèche. Mais c’était quoi, alors ?

— Regardez tous ces morceaux rapportés.

Elle montra les rondelles soudées sans soin çà et là sur les parois.

— Peut-être que cet endroit était abandonné… non, peut-être qu’il est encore en construction.

— Ouais, dit Djirlib. Ces travaux, c’est tout frais. Ils ont juste soudé en vitesse des plaques pour couvrir les trous d’accès, ça leur a peut-être pris une heure.

Gokna acquiesça sans même essayer d’avoir le dernier mot. Tant de choses avaient changé depuis ce matin. Djirlib n’était plus l’arbitre distant et irascible de leurs querelles. Il était plus sous pression que jamais, et elle savait à quel point il devait regretter amèrement de les avoir emmenés dans ce piège, alors que, comme Brent, il était l’aîné. Mais sa douleur n’était pas directement visible ; Djirlib était plus patient que jamais.

Et lorsqu’il parla, ses sœurs l’écoutèrent. Même en négligeant le fait qu’il était presque adulte, il était de loin le plus intelligent de tous.

— En fait, je crois savoir exactement où nous sommes.

Il fut interrompu par les bébés qui remuaient, perchés sur son dos. La fourrure de Djirlib n’était pas encore assez profonde pour être confortable, et il commençait déjà à puer. Alequere et Birbop tantôt réclamaient leurs parents à cor et à cri, tantôt se muraient dans un silence angoissant en pinçant rudement le dos du malheureux Djirlib. Ils semblaient vouloir repasser en mode audio. Viki tendit le bras et persuada Alequere de se laisser dorloter.

— Et c’est où ? demanda Gokna, mais sans la moindre trace de contestation dans la voix.

— Tu vois les toiles des octopèdes ? dit Djirlib en montrant le haut du conduit.

Fraîchement tissées, c’étaient de minuscules bouts de soie qui flottaient dans la brise à côté de la grille.

— Chaque variété a son propre motif. Celles-là, tout en haut, sont particulières à la région de Princeton, mais elles nichent dans les endroits les plus élevés. Le sommet de notre Colline est tout juste assez haut pour elles. Donc… j’imagine que nous sommes encore en ville, et que nous sommes tellement haut que nous devons être visibles à des milles à la ronde. Nous sommes soit dans le quartier des collines, soit dans ce nouveau gratte-ciel au Centre-Ville.

Alequere se remit à pleurer. Viki la berça doucement. C’était le genre de méthode qui réussissait toujours à calmer Petit-Hrunk, mais… Ah, un miracle ! Alequere cessa de gémir. Peut-être était-elle tellement épuisée qu’elle n’arrivait plus à parler normalement. Mais non : quelques secondes plus tard, la petite fille lui adressa un pâle petit sourire et se contorsionna pour pouvoir tout observer. Brave petite faucheuse ! Viki la berça encore quelques secondes puis dit :

— D’accord. Peut-être qu’ils nous ont fait tourner en rond dans leur camion… Le Centre-Ville, que tu dis ? On a entendu deux ou trois aéronefs, mais où sont les bruits de la rue ?

— Tout autour.

C’était presque les premières paroles que Brent prononçait depuis l’enlèvement. Brent était lent et lourd. N’empêche qu’il avait été le seul à deviner ce qui se passait ce matin. C’était lui qui s’était détaché des autres et s’était tapi dans le noir. Brent était de taille adulte : quand il était tombé sur l’ennemi en chevauchant ce mortel présentoir, il aurait pu s’estropier. Lorsque les autres l’avaient traîné dehors par l’entrée de service du Musée, Brent était inerte et muet. Il n’avait rien dit pendant tout le trajet, s’était contenté de répondre d’un signe de la main lorsque Djirlib et Gokna lui avait demandé s’il n’avait rien de cassé.

En fait, il semblait qu’il se soit fracturé un antérieur et blessé au moins un autre, mais il ne voulut pas leur laisser voir les dégâts. Viki le comprenait. Brent aurait tout autant honte que Djirlib – et se sentirait encore plus inutile. Il s’était recroquevillé, morose, puis – après leur première heure de captivité – il avait commencé à faire les cent pas en claudiquant. Il tapotait les parois, trépignait sur le sol métallique, et, souvent, se laissait choir à plat ventre, comme s’il faisait le mort – ou qu’il était complètement désespéré. C’est dans cette posture qu’il se trouvait maintenant.

— Vous ne les entendez pas ? insista-t-il. Écoutez avec le ventre.

Il y avait des années que Viki n’avait pas joué à ça. Mais elle et les autres imitèrent Brent et s’aplatirent sur le sol sans s’appuyer sur aucun membre. Ce n’était pas très confortable, et on ne pouvait pas s’accrocher à quoi que ce soit. Alequere quitta d’un bond les bras de Viki. Birbop rejoignit sa sœur. Ils allèrent d’un enfant à l’autre et les chatouillèrent. Au bout d’un moment, ils se mirent tous les deux à glousser.

— Chut ! dit tout bas Viki.

Et ils gloussèrent de plus belle. Combien de fois Viki avait-elle prié pour que ces deux-là retrouvent le moral ? Et maintenant, elle voulait précisément qu’ils se taisent un peu. Elle les évacua de son esprit et se concentra. Hum. Ce n’était pas exactement du son, pas pour les oreilles de la tête, en tout cas. Mais elle le percevait partout sur son ventre. Il y avait un bourdonnement continu en arrière-plan… et d’autres vibrations, plus irrégulières. Ah ! C’était le fantôme de la vie trépidante qu’on percevait au bout de ses pieds quand on se promenait dans le Centre-Ville ! Et puis : le grincement à nul autre pareil de freins de camion brusquement sollicités.

Djirlib riait sous cape.

— Avec ça, la cause est entendue ! Ils se croyaient malins avec ce container hermétique. Mais maintenant, nous savons.

Viki quitta sa position inconfortable et consulta Gokna du regard. Djirlib était plus intelligent, mais, en matière de sournoiserie, il n’était jamais arrivé à la cheville de ses sœurs. Gokna répondit aimablement, d’abord pour être polie, ensuite parce que le ton approprié aurait fait fuir les bébés.

— Djirl, je ne crois pas qu’ils essayaient de nous cacher des trucs.

Djirlib releva la tête en arrière – c’était presque le geste qui signifiait chez lui « ton frangin en sait plus » – puis il comprit le message.

— Gokna, ils auraient pu nous amener ici en cinq minutes. Au lieu de quoi, on a passé plus d’une heure à rouler. Qu’est-ce que…

— Je crois, dit Viki, qu’ils ont peut-être essayé d’échapper aux services de sécurité de maman. Ces faucheux avaient plusieurs véhicules à leur disposition ; ils nous ont transférés deux fois, si tu te rappelles bien. Peut-être qu’en réalité ils essayaient de sortir de la ville, et qu’ils ont compris qu’ils n’y arriveraient pas.

Viki désigna d’un geste leur prison.

— S’ils ne sont pas trop bêtes, ils savent qu’on en a vu un peu trop.

Elle essaya de conserver un ton décontracté. Birbop et Alequere s’étaient propulsés jusqu’à Brent, toujours aplati, et lui faisaient les poches.

— On pourrait les identifier, Djirlib. On a aussi vu le chauffeur, et la femme à côté de la rampe de chargement du musée.

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