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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
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La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]

Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:

D’un trou noir dans les profondeurs de l’espace a jailli un rayon de lumière rubis cent fois plus brillant que la Lune.
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
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« Tout va bien ? demanda celui-ci d’un air fatigué.

— Vous auriez pu nous prévenir », dit Jock. Sa voix ne reprochait rien, elle énonçait un fait. « Est-ce que la propulsion d’Eddie le Fou affecte les humains comme cela ?

— Comment ? demanda innocemment Hardy.

— Désorientation. Vertige. Impossibilité de se concentrer. Crispation musculaire incontrôlable. Nausée. Désir de mort. »

Hardy eut l’air surpris. Il l’était probablement, pensa Rod. L’aumônier n’aurait pas espionné les Granéens sans le leur dire, même si une demi-douzaine d’yeux restaient en permanence braqués sur les écrans à chaque quart. « Il existe bien un effet sur les humains, oui, dit Hardy. Pas aussi violent que ce que vous décrivez. La propulsion crée une désorientation et une incapacité à se concentrer, mais cet effet s’évanouit rapidement. Nous ne savions pas comment cela vous affecterait, mais, de toute notre histoire, nous n’avons eu que quelques cas de séquelles irréversibles, qui étaient tous… euh… psychologiques.

— Je vois, dit Charlie. Docteur Hardy, si vous voulez bien nous excuser, nous ne nous sentons pas encore capables de tenir une conversation. Dans quelques heures, peut-être. Et, la prochaine fois, nous suivrons vos conseils et serons sanglés dans nos couchettes et endormis, quand vous brancherez votre machine d’Eddie le Fou.

— Bien. Alors je vais vous quitter, dit Hardy. Pourrions-nous… Avez-vous besoin de quoi que ce soit ? L’ambassadeur se sent-il bien ?

— Il va bien. Nous vous remercions de votre sollicitude. »

Hardy partit et les Granéennes regagnèrent leurs couchettes.

Elles gazouillèrent et sifflèrent.

« Et voilà, dit Rod, qui termine la séance. J’ai en tête un tas de choses plus intéressantes à faire que de regarder des Granéens babiller dans une langue que je ne comprends pas. »

Et nous aurons bien le temps d’étudier les Granéens, pensa Sally. C’est extraordinaire, mais nous n’avons ni l’un ni l’autre de tâches urgentes – en revanche, nous avons l’intimité. « Moi aussi », dit-elle d’un air faussement réservé.

Malgré les kilomètres cubes de flammes jaunes qui l’entouraient, le Lénine était heureux. Kutuzov relâcha sa vigilance et permit à ses hommes de revenir au système normal des tours de veille, pour la première fois depuis la destruction du Mac-Arthur. Bien que le vaisseau fût enfoui dans un soleil, il avait du propergol et tous ses problèmes actuels étaient décrits dans le Manuel. La routine de la Flotte les résoudrait. Même les scientifiques oublièrent leur déception de quitter le système stellaire extra-terrestre sans avoir de réponse à toutes leurs questions : ils rentraient chez eux.

La seule femme à dix parsecs à la ronde aurait dû être un sujet de convoitise. Des bagarres auraient pu se déclencher à propos de deux questions : Quelles sont mes/vos/tes chances auprès d’elle ? et N’est-elle là qu’en pure perte ? Mais Sally avait clairement choisi son homme. Cela rendait la vie plus simple à ceux que de tels problèmes tracassent et à ceux dont le rôle est de mettre fin aux combats de boxe.

Le premier soir après le saut, Kutuzov donna un dîner. Il était officiel et la plupart des invités ne s’amusèrent pas beaucoup. À la table de l’amiral, on parla surtout boutique. Pourtant, Kutuzov partit tôt et alors une soirée beaucoup plus échevelée commença.

Rod et Sally restèrent trois heures. Tout le monde voulait parler des Granéens et Rod se surprit à en discuter avec seulement un soupçon de la douleur sourde qui naguère l’étreignait quand il pensait aux extra-terrestres. L’enthousiasme de Sally y suffisait à lui tout seul. Et d’ailleurs, elle avait l’air aussi préoccupée par lui que par les Granéens. Elle avait passé des heures à retailler l’uniforme de gala de Mikhailov qui allait maintenant presque bien à Rod.

Quand ils quittèrent la soirée, ils ne parlèrent ni des Granéens ni du Grain, durant les heures qu’ils passèrent ensemble avant de regagner leurs cabines respectives.

Le vaisseau sortait du soleil. Finalement la couleur jaune du bouclier Langston vira à l’orange, puis au rouge brique et les capteurs externes du Lénine indiquèrent que le champ était plus chaud que la photosphère qui l’entourait. Les scientifiques, comme l’équipage, observaient avec plaisir les écrans et, quand les étoiles apparurent sur fond de noir rougeâtre, tout le monde prit un verre pour célébrer l’événement. Même l’amiral se joignit à eux, le visage traversé d’un grand sourire.

Peu de temps après, l’officier des communications établit le contact avec un astronef-ravitailleur qui les attendait. Il y avait aussi un petit aviso rapide, monté par un jeune équipage en parfaite condition physique. Kutuzov dicta son rapport et l’envoya, avec deux de ses enseignes. L’aviso accéléra sous trois g, fonçant vers le point Alderson d’où il sauterait vers le système néo-calédonien et apporterait le récit de la première rencontre de l’humanité avec une civilisation extra-terrestre.

Le vaisseau-citerne portait du courrier et presque une année de nouvelles. D’autres rébellions avaient eu lieu dans le Secteur. Une ancienne colonie s’était alliée à un système rebelle bien armé et défiait l’Empire. Néo-Chicago était occupée par l’armée de terre et, bien que l’économie fût rétablie, une bonne partie de la population en voulait au paternalisme impérial. On maîtrisait l’inflation de la couronne. Sa Majesté Impériale avait donné le jour à un garçon, Alexandre. Ainsi le prince héritier Lysander n’était plus l’unique assurance de la continuation de l’actuelle dynastie. Cette nouvelle valait bien une autre célébration à bord du Lénine. Celle-ci prit une telle importance que Kutuzov dut emprunter des hommes du Mac-Arthur pour assurer le service de son vaisseau.

Le petit aviso revint porteur d’autres messages qui furent transmis par laser avant même que le vaisseau courrier n’eût rejoint le Lénine. La capitale du Secteur délirait d’enthousiasme et le vice-roi préparait aux ambassadeurs granéens une réception grandiose. Le ministre de la Guerre, Armstrong, envoyait un petit « bravo » et mille questions.

Il y avait aussi un message pour Blaine. Rod l’apprit quand le planton de l’amiral le convoqua à la cabine de Kutuzov.

« Et voilà, dit Rod à Sally. Mettez Blaine aux arrêts en attendant qu’il passe en cour martiale.

— Ne sois pas bête. » Elle lui fit un sourire d’encouragement. « Je serais ici quand tu reviendras.

— Si jamais ils me libèrent. » Il se tourna vers le Marine. « Allons-y, Ivanov. »

Quand on l’introduisit dans la cabine de l’amiral, Rod eut un choc. Il s’attendait à une pièce nue, fonctionnelle et froide. Mais il découvrit une incroyable variété de couleurs, de tapis orientaux, de tapisseries murales et l’inévitable icône ainsi que le portrait de l’empereur. Mais bien plus encore. Il y avait même des livres aux reliures de cuir, disposés sur une étagère au-dessus du bureau de l’amiral. Kutuzov indiqua un fauteuil en teck rose de Sparta. « Voulez-vous du thé ? demanda-t-il.

— Heu… Oui, merci, amiral.

— Deux verres de thé, Keemun. » Le steward versa le contenu d’une bouteille thermos en forme de samovar russe, dans deux tasses de cristal.

« Vous pouvez partir. Capitaine Blaine, j’ai reçu des ordres vous concernant.

— Oui, amiral », dit Rod. Il aurait quand même pu attendre que j’aie savouré mon thé.

« Vous allez quitter mon vaisseau. Dès que l’aviso arrivera, vous le prendrez pour retourner en Néo-Calédonie sous l’accélération maximale qu’autorisera le médecin de bord.

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