Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Серия: Le Seigneur des Anneaux #1
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois
- ISBN: 9782267027419
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
« Les quatre hobbits monteront ici et logeront avec nous : ils ne nous font pas peur ! Il y a un autre talan dans l’arbre voisin. Les autres devront s’abriter là. Vous, Legolas, devrez répondre d’eux. Appelez-nous si quelque chose ne va pas ! Et ayez ce nain à l’œil ! »
Legolas descendit aussitôt porter le message d’Haldir ; peu de temps après, Merry et Pippin se hissaient péniblement sur le haut flet. Hors d’haleine, ils semblaient plutôt effrayés.
« Voilà ! dit Merry, pantelant. Nous avons monté vos couvertures en même temps que les nôtres. L’Arpenteur a caché le reste de nos bagages dans un grand tas de feuilles. »
« Vous vous êtes fatigués inutilement, dit Haldir. Il fait froid dans les arbres en hiver, même si le vent est au sud ce soir ; mais nous vous donnerons de quoi manger et boire qui vous garantira de la fraîcheur nocturne, et nous avons ample provision de peaux et de pèlerines. »
Les hobbits acceptèrent très volontiers ce deuxième (et bien meilleur) souper. Puis ils s’enveloppèrent chaudement, non seulement dans les fourrures des Elfes, mais aussi dans leurs propres couvertures ; et ils essayèrent de dormir. Seul Sam y parvint sans peine, tout fatigués qu’ils étaient. Les hobbits n’aiment pas les hauteurs et ne dorment jamais à l’étage, si tant est qu’ils en aient un ; et comme chambre à coucher, le flet n’était pas du tout à leur goût. Il n’avait aucun mur, pas même de parapet ; seulement d’un côté y avait-il un léger paravent tressé qui pouvait être fixé à différents endroits selon la direction du vent.
Pippin continua à parler encore un peu. « En tout cas, si j’arrive à m’endormir dans ce pigeonnier, j’espère ne pas débouler », dit-il.
« Quand je réussirai à dormir, dit Sam, je continuerai, que je déboule ou pas. Et moins ça va jacasser, plus vite je vais en écraser, si vous me suivez. »
Frodo resta quelque temps étendu sans dormir. Il regardait les étoiles briller à travers la pâle voûte de feuilles, lesquelles frémissaient au vent. Sam ronflait à ses côtés bien avant que lui-même se décide à fermer les yeux. Il distinguait vaguement les formes grises de deux elfes assis immobiles, les bras autour des genoux, chuchotant entre eux. L’autre était descendu à son poste de garde sur l’une des branches inférieures. Enfin, bercé par le vent qui jouait dans les branches au-dessus de lui, et par le doux murmure des chutes de Nimrodel au-dessous, Frodo s’endormit avec la chanson de Legolas en tête.
Il se réveilla tard dans la nuit. Les autres hobbits dormaient. Les Elfes étaient partis. La pâle faucille de la Lune luisait entre les feuilles. Le vent était tombé. À quelque distance, il entendit un rire éraillé et le bruit de nombreux pas au sol. Il y eut un tintement de métal. Puis les sons moururent lentement et parurent s’éloigner au sud, vers le cœur de la forêt.
Une tête apparut soudain à travers l’ouverture du flet. Frodo se redressa, pris de peur, et vit qu’il s’agissait d’un Elfe au capuchon gris. Il regardait vers les hobbits.
« Qu’est-ce que c’est ? » dit Frodo.
« Yrch ! » dit l’Elfe en un sifflement étouffé, et il jeta sur le flet l’échelle de corde qu’il avait enroulée.
« Des Orques ! dit Frodo. Que font-ils ? » Mais l’Elfe était parti.
Il n’y eut alors plus aucun bruit. Même les feuilles étaient silencieuses, et les chutes elles-mêmes semblaient s’être tues. Frodo s’assit, frissonnant dans ses vêtements chauds. Heureusement qu’ils n’avaient pas été surpris à camper au sol ; mais si les arbres constituaient une bonne cachette, Frodo ne s’y sentait pas vraiment à l’abri. Les Orques avaient un flair de chien de chasse, disait-on, mais ils pouvaient aussi grimper. Il dégaina Dard : sa lame étincelait et brillait comme une flamme bleue ; mais elle s’éteignit peu à peu et perdit tout éclat. Malgré son épée éteinte, le sentiment d’un danger immédiat ne le quitta pas, mais grandit plutôt. Se levant, il se glissa subrepticement jusqu’à l’ouverture et regarda à travers. Il aurait juré entendre des mouvements furtifs au pied de l’arbre, loin en bas.
Pas des Elfes ; car ceux du peuple forestier étaient tout à fait silencieux dans leurs mouvements. Alors, faiblement, il perçut un son semblable à un reniflement. Quelque chose paraissait gratter l’écorce du tronc. Il scruta les ténèbres, retenant son souffle.
Quelque chose grimpait lentement, à présent : le son de sa respiration montait comme un doux sifflement entre des mâchoires serrées. C’est alors que Frodo vit s’approcher, tout près de la tige, deux yeux pâles. Ils s’arrêtèrent et regardèrent vers le haut sans ciller. Soudain ils se détournèrent, et une forme sombre se laissa glisser le long du tronc et disparut.
Haldir arriva tout de suite après, grimpant vivement de branche en branche. « Quelque chose est monté à cet arbre que je n’avais jamais vu avant, dit-il. Ce n’était pas un orque. Il s’est enfui aussitôt que j’ai touché le tronc. Il semblait sur ses gardes et savait bien grimper ; autrement j’aurais pu croire que c’était l’un de vous autres hobbits.
« Je n’ai pas tiré, car je ne voulais susciter aucun cri : il faut à tout prix éviter le combat. Une grande compagnie d’Orques vient de passer. Ils ont traversé la Nimrodel – maudits soient leurs pieds putrides dans ses eaux pures ! – et ils ont suivi la vieille route qui longe la rivière. Ils ont semblé flairer une piste quelconque, et ils ont examiné le sol pendant quelque temps, non loin de l’endroit où vous vous êtes arrêtés. Nous ne pouvions en défier une centaine à nous trois, alors nous sommes allés devant eux en feignant de parler entre nous, les attirant ainsi dans la forêt.
« Orophin s’est empressé de regagner nos habitations afin d’avertir nos gens. Aucun des Orques ne ressortira jamais de la Lórien. Et de nombreux Elfes seront embusqués à la lisière septentrionale avant la tombée de la nuit. Mais vous devrez vous diriger au sud aussitôt qu’il fera clair. »
Un jour pâle surgit à l’est. La lumière croissante filtra bientôt à travers les feuilles jaunes du mallorn, et les hobbits eurent l’impression de voir les premières lueurs d’une fraîche matinée d’été. Un ciel bleu clair leur souriait à travers les branches agitées. Regardant par une trouée du côté sud du flet, Frodo vit s’étendre toute la vallée de l’Argentine, comme une mer d’or fauve ondoyant doucement dans la brise.
Le matin était encore jeune et frais quand la Compagnie se remit en route, maintenant guidée par Haldir et son frère Rúmil. « Adieu, douce Nimrodel ! » s’écria Legolas. Frodo, regardant en arrière, entrevit un reflet d’écume blanche entre les troncs gris des arbres. « Adieu », dit-il. Il avait le sentiment qu’il n’entendrait jamais plus une eau si belle, perlant ses notes innombrables en une musique éternelle et infiniment changeante.
Ils regagnèrent le chemin qui longeait la rive ouest de l’Argentine et le suivirent quelque temps vers le sud. La terre était couverte d’empreintes de pieds d’orques. Mais bientôt, Haldir s’enfonça parmi les arbres et s’arrêta dans l’ombre de ceux-ci, au bord de la rivière.
« L’un des miens se trouve là-bas, sur l’autre rive du cours d’eau, bien que vous puissiez ne pas le voir. » Il émit un sifflement bas rappelant un cri d’oiseau ; alors, d’un groupe de jeunes arbres serrés, sortit un Elfe vêtu de gris : son capuchon était rejeté en arrière, et ses cheveux brillaient comme de l’or à la lumière du matin. Haldir lança habilement un rouleau de corde grise par-dessus la rivière. Son vis-à-vis l’attrapa et en noua l’extrémité à un arbre près de la berge.