Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Серия: Le Seigneur des Anneaux #1
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois
- ISBN: 9782267027419
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
Lorsqu’il s’avança enfin sur la haute plateforme, Haldir lui prit la main et l’amena face au Sud. « Regardez d’abord de ce côté ! », dit-il.
Frodo regarda et vit, encore à quelque distance, une colline d’arbres majestueux, ou une cité de tours vertes : il n’aurait su dire lequel des deux. Tout le pouvoir et la lumière qui régnaient sur le pays semblaient en irradier. Il se sentit l’envie soudaine de voler comme un oiseau pour aller se reposer dans la cité verte. Puis il regarda vers l’est et vit tout le pays de Lórien descendre doucement jusqu’au pâle miroitement de l’Anduin, le Grand Fleuve. Il porta le regard au-delà du fleuve et toute lumière s’évanouit : il retrouva alors le monde qu’il connaissait. Par-delà le fleuve, le pays semblait plat et vide, informe et vague, mais au loin il se relevait tel un mur, sombre et sinistre. Sur l’ombre de cette hauteur lointaine, le soleil de la Lothlórien n’avait aucun pouvoir d’illumination.
« Là se trouve la forteresse du sud de Grand’Peur, dit Haldir. Elle est recouverte d’une forêt de sapins sombres, où les arbres luttent les uns contre les autres et où les branches pourrissent et se meurent. Au milieu, sur une hauteur rocheuse se dresse Dol Guldur, où l’Ennemi a déjà eu sa résidence et s’est longtemps tenu caché. Nous craignons qu’elle ne soit de nouveau habitée, et sa puissance septuplée. Un nuage noir plane souvent au-dessus d’elle depuis quelque temps. Ici, en ce haut lieu, il est possible de voir les deux pouvoirs qui s’opposent ; et leurs pensées sont désormais en lutte constante, mais tandis que la lumière perçoit le cœur même des ténèbres, son secret à elle n’a pas été découvert. Pas encore. » Il se détourna et redescendit prestement l’échelle, et ils le suivirent.
Au pied de la colline, Frodo trouva Aragorn droit et silencieux comme un arbre ; mais dans sa main était une petite fleur dorée d’elanor, et une lueur paraissait dans ses yeux. Il était enveloppé d’un doux souvenir ; et Frodo sut, en le regardant, qu’il voyait les choses comme elles avaient été il fut un temps en ce même lieu. Car la sévérité des années avait quitté le visage d’Aragorn, et il paraissait vêtu de blanc, tel un jeune seigneur grand et beau ; et en des mots de la langue elfique il parlait à quelqu’un que Frodo ne pouvait voir. Arwen vanimelda, namárië ! dit-il, puis il respira profondément, et, se détournant de ses pensées, il regarda Frodo et sourit.
« C’est ici le cœur de l’Elfinesse sur terre, dit-il, et mon cœur y demeure à jamais, à moins qu’une lumière n’attende au-delà des sombres chemins qu’il nous reste encore à parcourir, vous et moi. Venez ! » Et, prenant la main de Frodo dans la sienne, il quitta la colline de Cerin Amroth pour ne plus jamais y revenir de son vivant.
7Le Miroir de Galadriel
Le soleil sombrait derrière les montagnes et les ombres s’épaississaient dans les bois quand ils se remirent en route. Leurs chemins passaient à présent dans des bosquets où l’obscurité était déjà installée. La nuit tomba sous les arbres tandis qu’ils marchaient, et les Elfes découvrirent leurs lanternes argentées.
Ils ressortirent soudain en terrain découvert, sous un ciel crépusculaire où perçaient les premières étoiles. Devant eux se trouvait un vaste espace dénué d’arbres qui, décrivant un grand cercle, partait de chaque côté en s’incurvant. Au-delà s’ouvrait un profond fossé, enveloppé d’ombres douces, mais l’herbe sur ses bords était verte, comme si elle luisait encore en mémoire du soleil disparu. Une muraille verte s’élevait, très haute, de l’autre côté, ceignant une colline verdoyante où des mellyrn s’entassaient, plus grands qu’aucun de ceux qu’ils avaient vus jusque-là dans le pays. Leur hauteur ne se devinait pas, mais ils se dressaient comme de vivantes tours au crépuscule. Dans leurs ramures étagées et parmi leurs feuilles toujours animées, scintillaient des lumières en nombre incalculable, vertes et or et argent. Haldir se tourna vers la Compagnie.
« Bienvenue à Caras Galadhon ! dit-il. C’est ici la cité des Galadhrim où vivent le seigneur Celeborn et Galadriel la dame de Lórien. Mais nous ne pouvons entrer par ici, car les portes ne donnent pas sur le nord. Nous devons faire le tour pour arriver du côté sud, et c’est une longue marche, car la cité est grande. »
Une route pavée de pierres blanches courait le long du fossé. Ils la suivirent du côté ouest, tandis que la cité s’élevait comme un nuage vert sur leur gauche ; et à mesure que la nuit avançait, d’autres lumières s’allumaient, si bien qu’à un moment donné, la colline parut tout enflammée d’étoiles. Ils arrivèrent enfin à un pont blanc, et, le traversant, ils trouvèrent les grandes portes de la cité : elles faisaient face au sud-ouest, érigées entre les deux extrémités de la muraille circulaire qui se chevauchaient à cet endroit. Elles étaient hautes et robustes, et de nombreuses lampes y étaient suspendues.
Haldir frappa et parla, et elles s’ouvrirent sans un seul son ; mais Frodo ne vit pas le moindre garde. Les voyageurs passèrent à l’intérieur et les portes se refermèrent derrière eux. Ils s’avancèrent dans une allée enserrée par les deux hauts murs et débouchèrent bientôt dans la Cité des Arbres. On ne voyait personne, et aucun bruit de pas ne s’entendait dans les chemins ; mais il y avait de nombreuses voix, autour d’eux, et dans le ciel au-dessus. Loin en haut de la colline, le son d’un chant descendait des airs comme une pluie douce sur un lit de feuilles.
Ils suivirent de nombreux chemins et grimpèrent bien des escaliers avant d’arriver sur les hauteurs, où une fontaine chatoyait au milieu d’une vaste pelouse. Elle était éclairée de lampes argentées suspendues aux branches des arbres, et elle retombait dans une vasque d’argent d’où un ruisseau blanc s’échappait. Du côté sud de la pelouse se dressait l’arbre le plus majestueux de tous : son grand fût lisse reluisait comme de la soie grise, et s’élevait à une hauteur impressionnante avant de projeter ses premières branches, tels d’immenses bras sous de sombres nuages de feuilles. À côté se trouvait une large échelle blanche, au pied de laquelle trois Elfes étaient assis. À l’arrivée des voyageurs, ils se levèrent d’un bond, et Frodo vit qu’ils étaient grands et vêtus de cottes de mailles grises, et que de longues capes blanches retombaient derrière leurs épaules.
« C’est ici la demeure de Celeborn et Galadriel, dit Haldir. Ils souhaitent vous voir monter afin de s’entretenir avec vous. »
L’un des gardiens elfes sonna alors une note claire sur un cornet, à laquelle on répondit trois fois, loin en haut. « Je vais monter en premier, dit Haldir. Que vienne ensuite Frodo, suivi de Legolas. Les autres pourront monter comme ils l’entendent. C’est une longue ascension pour qui n’a pas l’habitude de tels escaliers, mais vous pourrez vous reposer en chemin. »
Au cours de sa lente montée, Frodo passa de nombreux flets, bâtis tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, parfois même autour du tronc, de sorte que l’échelle passait au travers. Loin au-dessus du sol, il parvint à un vaste talan, tel le pont d’un grand navire. Dessus était construite une demeure si grande qu’on aurait presque pu la comparer aux grand-salles des Hommes sur la terre ferme. Il entra derrière Haldir et vit qu’il se trouvait dans une pièce de forme ovale au milieu de laquelle poussait le tronc du grand mallorn, qui allait en s’effilant vers sa cime mais n’en demeurait pas moins un pilier de vaste circonférence.