Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Dominium Mundi. Livre II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dominium Mundi. Livre II

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre II». Краткое содержание книги:

« Cette guerre pour laquelle il s’était engagé n’était pas une guerre de religion, ni même une simple guerre de conquête ou de colonisation, mais bel et bien une guerre d’extermination. »
1 ... 123 124 125 126 127 128 129 130 131 ... 194
Перейти на страницу:

Abel se leva en renversant sa chaise. Il était livide. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose puis se ravisa. D’un pas incertain, il gagna la sortie du Chaudron. La dizaine de partisans qu’il comptait le suivit sans demander son reste. Puis, comme mû par un besoin impérieux, Abel se retourna sur le seuil de la salle. Il paraissait minuscule en comparaison des lourdes arches de pierre taillées par l’érosion qui l’encadraient.

« Je suis désolé… », dit-il simplement. Puis il partit, et ses amis avec lui.

Ainsi prit fin la pathétique mutinerie des évadés inermes.

J’aurais pu me montrer beau joueur et les rappeler afin qu’ils entendent la fin de notre récit (qui de plus se trouvait être la partie la plus importante), toutefois je confesse que je voulais savourer un peu leur retour brutal à la réalité. C’était assez mesquin, je l’admets, mais ça ne leur ferait pas de mal de broyer du noir quelque temps dans leur coin.

Lorsque nous entrons dans les cavernes, je propose à Tan’hem de lui laisser la tâche de mener Pak’aruna à la salle où les sages se sont regroupés tandis que je me chargerai de montrer ses quartiers au Yaze’er. Il acquiesce puis adresse un signe du menton à son fidèle Ouz’ka afin qu’il m’accompagne. Ma maîtrise de la langue atamide n’est pas encore suffisante pour je sois en mesure de me débrouiller seul avec le Yaze’er. Je précède celui-ci dans les cavernes, le guidant dans les couloirs et les salles, tandis qu’Ouz’ka ferme la marche.

Les Yaze’ers sont logés dans un espace particulier. Étant donné leurs mensurations hors-normes, même avec les ailes repliées, certains boyaux leur sont impraticables. Il a donc fallu leur réserver une salle à part dont le chemin d’accès depuis l’entrée évite les goulets d’étranglement de notre réseau troglodyte. Toutefois, même ainsi, il est préférable que deux Yaze’ers n’aient pas à se croiser dans les couloirs.

Pour l’instant, nous ne rencontrons que des humains. Même si mes camarades commencent à s’habituer à la fréquentation des Atamides, cela reste si intimidant de croiser un Ata volant dans un boyau rocheux qu’ils se plaquent à la paroi afin d’éviter d’être frôlés par les longues ailes membraneuses dont les filaments pelucheux produisent une sensation râpeuse sur la peau.

Quant à Okur’at, malgré la bonne humeur dont il avait fait preuve après m’avoir entendu m’exprimer dans sa langue, je sens que ces espaces réduits où les humains s’agitent suscitent en lui une grande nervosité. Heureusement, nous atteignons rapidement à la grande salle dédiée à ceux de son ethnie. Il parait soulagé d’arriver dans un si vaste espace, d’autant qu’une longue faille au plafond laisse entrer de l’air et de la lumière.

Une douzaine d’Atamides tournent la tête vers nous à notre arrivée. Je les salue puis, sans attendre de réponse de leur part, me tourne vers le nouveau venu.

« Bienvenue ici, lui dis-je dans sa langue, j’espère que vous vous sentirez bien dans cet endroit. Si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à m’appeler. »

Inutile de préciser que cette phrase ne sort pas d’une traite et qu’Ouz’ka doit me reprendre plusieurs fois. Toutefois, à force de pratiquer, je commence à me sentir plus à l’aise avec ce nouveau système linguistique et je ne doute pas de finir par le maîtriser si on m’en laisse le temps.

Finalement, ce ne sont pas les structures grammaticales ou le vocabulaire qui me donnent le plus de fil à retordre, mais le grand nombre de « bruitages » dont les Atamides ponctuent leurs phrases. Il est évident que certains de ceux que je n’arrive pas à reproduire changent parfois radicalement le sens des mots, ce qui pose souvent de graves problèmes de compréhension.

Alors que je m’apprête à prendre congé, le grand Yaze’er se penche vers moi et me glisse :

« Humain, j’apprécie les efforts que tu fais pour te montrer accueillant et je ne l’oublierai pas. Mais si jamais tout ceci n’est qu’un vaste piège, c’est toi que je tuerai le premier. »

D’autres membres de son espèce m’ont déjà tenu des propos similaires et je ne devrais pas y attacher d’importance, d’autant plus que j’ai la conscience tranquille. Néanmoins, qui peut s’habituer à entendre de telles menaces, proférées par de telles créatures ?

Je déglutis péniblement sans répondre, tandis qu’Ouz’ka sermonne le Yaze’er en le poussant vers l’intérieur de la salle, loin de moi.

En fin de compte, lorsque nous expliquâmes aux inermes que le Christ n’était pas le Fils de Dieu, ils réagirent plutôt bien.

Certes, la faible proportion de croyants que nous comptions dans nos rangs subit le même choc que celui qui avait secoué Tancrède ou Liétaud, mais la majorité d’entre eux ne fut guère plus surprise que je ne l’avais été moi-même. Finalement, je crois que la trahison d’Ignacio leur causa un bouleversement bien plus profond que la nature atamide du Christ.

Une fois cette révélation digérée, notre récit fut suivi d’une longue palabre au cours de laquelle l’on discuta du plan de Tancrède consistant à fédérer les innombrables tribus atamides afin de les aider à se dresser face à l’armée chrétienne, ainsi que de l’option que j’avais proposé de tenter de percer les défenses du Nod2 grâce aux capacités particulières des sages atamides. Le débat fut âpre et laborieux, chacun ayant un point de vue différent sur l’attitude à adopter face à ces nouvelles données ; les uns préconisant la neutralité, les autres la responsabilité.

Cependant, une fois tous les arguments évoqués, la grande majorité de l’assemblée admit qu’il était de notre devoir d’apporter notre aide aux Atamides. Je dois dire que ce fut un moment important pour notre communauté – qui me procura à titre personnel une grande émotion, teintée d’une certaine fierté – , les évadés inermes établissant sans ambiguïté la réalité de cette supériorité morale sur les soldats croisés dont ils se targuaient si souvent.

Depuis quatre jours, donc, des sages et des chefs guerriers de toutes les tribus se regroupaient dans nos cavernes. Étant donné que nous avions effacé celles-ci des cartes d’état-major de l’armée, c’était l’un des endroits les plus sûrs de toute la planète et ils seraient ici en sécurité comme nulle part ailleurs.

Les premiers temps, j’avais craint que les Atamides ne comptent sur nous pour la nourriture. Or, nous aurions été bien en peine de nourrir une telle quantité d’individus au-delà de quelques semaines. Heureusement, nous comprîmes rapidement que nos amis extra-terrestres n’appréciaient pas davantage la nourriture humaine que nous la leur. Conformément à leur mode de vie, ils se mirent à mener de rapides expéditions de chasse dans les failles forestières environnantes, subvenant ainsi eux-mêmes à leurs besoins.

Deux jours plus tôt, Tancrède avait commencé à réunir tous les chefs tribaux qui se trouvaient déjà parmi nous afin de leur exposer son plan, et ce matin, il répéta ses explications pour ceux arrivés après. Chez ce second groupe, comme chez le premier, la réaction dominante fut bien évidemment la défiance. Comment faire confiance à un individu dont les semblables étaient au même moment occupés à exterminer leur peuple ? Ce fut lors de ces réunions que je me rendis pleinement compte de l’ascendant considérable que Yus’sur avait sur les siens. Si le dernier des Anciens n’avait pas apporté son soutien total à Tancrède, je ne crois pas que la seule force de conviction de mon ami aurait suffi à emporter l’adhésion des Atamides.

En effet, dès que Yus’sur exprimait son opinion positive, ceux-ci manifestaient une confiance aveugle dans son jugement, ce qui ne finissait pas de me surprendre. Ainsi, à l’issue de ces deux rencontres, la plupart des Atamides présents avaient accepté de porter la parole de l’humain et de l’Ancien dans leurs tribus ou leurs familles, et ceux qui avaient refusé se comptaient sur les doigts de la main.

1 ... 123 124 125 126 127 128 129 130 131 ... 194
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)