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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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Il ne restait à la reine de Jérusalem que ses petits-fils, les fils d’Ochosias, Que fit-elle, pour les préserver de la fureur de Jéhu? Elle les égorgea elle-même.

«Athalie, mère d’Ochosias, ayant vu que l’on avait tué son fils, s’éleva à son tour et extermina toute la race royale.» (v. 1)

Il n’y a que dans la Bible que l’on trouve des vengeances de ce numéro-là! Ce qui fait dire à Voltaire «Athalie, grand’mère du petit Joas, assassine tous ses petits-fils dans Jérusalem, à ce que dit l’histoire sainte, à la réserve du petit Joas, qui échappe; elle avait près de cent ans, et n’avait, d’ailleurs, aucun intérêt à les égorger: elle ne commet tous ces prétendus assassinats que pour le plaisir de les commettre, et pour donner au grand-prêtre Joïada un prétexte de l’assassiner à son tour. Nous avons là, dans cette période des rois d’Israël et de Juda, des scènes de meurtre et de carnage, dont on ne pourrait trouver d’exemple que dans l’histoire des fouines, si quelque coq de basse-cour avait fait leur histoire.»

Au surplus, les invraisemblances sont toujours ce qui domine dans la Bible. Comment le plus jeune des fils d’Ochosias est-il sauvé du massacre général? Il est sauvé par sa tante Josabeth, qui le cache. Or, qui est cette Josabeth? Elle est sœur d’Ochosias et fille d’Athalie (2 Rois 11:2); elle est encore l’épouse du grand-prêtre Joïada (2 Chroniques 22:11). Ainsi, la reine Athalie, fameuse par son impiété, Athalie qui ne reconnaissait que Baal pour Dieu, avait marié sa fille au grand-prêtre de Jéhovah! Et le petit Joas fut élevé en secret dans le temple.

Pendant six années, Athalie régna seule (2 Rois 11:3), et elle ignora tout à fait ce complot permanent de son gendre. En la septième année, Joïada réunit des capitaines fidèles à Jéhovah, leur montra le jeune fils d’Ochosias, le proclama roi, et Athalie, qui était accourue pour voir ce qui se passait, fut égorgée «dans la rue qui conduisait aux écuries du palais de David» (v. 16). Par la même occasion, on massacra Mathan, le grand-prêtre de Baal, c’est-à-dire le concurrent de Joïada (v. 18).

Le chapitre 12 du second livre des Rois est consacré au règne de Joas, qui n’est pas des plus brillants. Tout ce qu’on y trouve d’intéressant, c’est la glorieuse invention de la tirelire par le grand-prêtre Joïada. Le temple ayant besoin de réparations, Joas avait dit que les prêtres s’en chargeraient, et que, pour cela, ils recevraient diverses sommes, soit de l’impôt du recensement, soit de la générosité des fidèles. A la vingt-troisième année du règne de Joas, aucune réparation n’avait encore été faite; mais les prêtres n’en avaient pas moins encaissé tout le temps (v. 6). Le roi, se décidant à mettre ordre à cet état de choses, décréta que les prêtres ne recevraient plus directement l’argent, et, par conséquent, qu’ils n’auraient pas la charge des réparations.

«Alors, le grand-prêtre Joïada prit un coffre bien fermé, fit une fente à son couvercle, et le plaça près de l’autel à main droite, à l’endroit par où l’on entrait dans la maison de l’Éternel; et tout l’argent qui était apporté au temple était mis dans ce coffre. Dès qu’on voyait que le coffre était plein, le secrétaire du roi et le grand-prêtre l’ouvraient ensemble, comptaient l’argent et le mettaient dans des sacs; ensuite, ils délivraient cet argent bien compté entre les mains de ceux qui avaient la charge de faire faire les réparations par les maçons et les charpentiers.» (v. 9-10)

On le voit, sans l’invention de la tirelire, le temple n’aurait jamais été réparé.

Du livre des Rois, il résulte que Joas fut un pieux monarque; mais, d’après le livre des Chroniques, il finit par mal tourner (livre 2, ch. 24): il restaura le culte des idoles des bocages et autres faux dieux, au grand scandale de Zacharie qui, à la mort de Joïada son père, était devenu grand-prêtre de Jéhovah. Joas, irrité des reproches de Zacharie, le fit assommer à coups de pierres, dans le parvis même du temple (12:21). A son tour, Joas fut égorgé par deux de ses domestiques, les sieurs Zabad et Jéhozabad (v. 26). Ce roi avait régné quarante ans. Son fils Amasias lui succéda.

En reprenant le livre des Rois, nous savons qu’en Israël le terrible Jéhu eut pour successeur son fils Joachaz, lequel se moqua de Jéhovah comme d’une guigne, pendant les dix-sept années de son règne; aussi, durant dix-sept ans, son royaume fut dévasté par les rois de Syrie, Hazaël, d’abord, et Bénadab, fils d’Hazaël, ensuite. Si les Israélites furent mis en capilotade, ce n’est rien de le dire! Qu’on en juge par ce verset:

«De tout le peuple de Joachaz il ne resta que cinquante cavaliers et dix mille fantassins, tant le roi de Syrie les détruisit et les rendit menus comme la poudre qu’on foule dans l’aire.» (2 Rois 13:7)

A Joachaz, succéda son fils Joas, qu’il ne faut pas confondre avec le Joas, roi de Juda. Le Joas d’Israël, petit-fils de Jéhu, fit la guerre à Amasias, fils du Joas de Juda, le battit à plates coutures à Bethsémès, fit aux remparts de Jérusalem une brèche de quatre cents coudées, et pilla tous les trésors du temple et de la maison royale.

C’est sous le règne du Joas d’Israël que le prophète Elisée mourut.

«Or, Elisée avait été malade; et Joas, roi d’Israël, étant venu le voir, ne put retenir ses larmes, qui coulèrent de ses yeux sur le visage du prophète. Et Joas s’écria: Mon père! mon père! chariot d’Israël et sa cavalerie!» (13:14)

Voilà la deuxième fois que nous trouvons dans la Bible cette bizarre exclamation; aucune explication n’en est donnée par l’auteur sacré; mais peu importe. Continuons.

«Élisée dit au roi Joas: Prends un arc et des flèches… Puis, il lui dit: Ouvre la fenêtre à l’orient; tire une flèche par la fenêtre. Et Joas tira. Alors Elisée s’écria: C’est la flèche de la délivrance de l’Éternel, et la flèche de la délivrance contre les Syriens. Tu frapperas donc les Syriens à Aphek, jusqu’à les consumer. Il lui dit encore: Prends de nouveau des flèches, et maintenant, au lieu de tirer en l’air, tire contre terre. Et Joas tira ainsi trois flèches; puis, il s’arrêta. Alors, Élisée se mit en colère, et lui dit: Roi imbécile, il fallait tirer au moins cinq ou six flèches; ainsi tu aurais frappé les Syriens jusqu’à les détruire; mais maintenant tu ne les battras que trois fois. Après avoir dit cela, Élisée mourut, et on l’ensevelit.» (v. 15-20)

On cherchera vainement à comprendre, croyons-nous, pourquoi le roi d’Israël, — dont les sujets mâles avaient été réduits à dix mille cinquante, sous le règne précédent, — aurait exterminé les Syriens, s’il avait tiré six flèches contre terre, au lieu de trois. Élisée savait donc non seulement ce qui devait arriver, mais encore ce qui ne devait pas arriver. C’est beau!

«L’année suivante, un fait merveilleux se produisit: des gens transportaient un homme mort pour l’ensevelir. Or, voici que ces gens s’effrayèrent en voyant venir une bande de voleurs, et ils jetèrent à la hâte leur cadavre dans un sépulcre qui était là, et ils s’enfuirent; c’était le tombeau d’Elisée. Alors, le cadavre, ayant roulé sur les ossements du prophète, tressaillit en les touchant, revint à la vie, et, s’étant levé sur ses pieds, se mit à courir.» (v. 21)

Evidemment, les voleurs eurent le trac, et se mirent à courir aussi. — Les critiques, jamais contents, font encore des objections. Ils demandent pourquoi Jéhovah ne ressuscita pas Élisée lui-même, au lieu de ressusciter un pékin quelconque, un personnage parfaitement inconnu et nullement intéressant, jeté par hasard dans la fosse du prophète. Ils demandent comment cette fosse se trouvait là ouverte, si à propos, au bout d’un an. Ils demandent ce que devint ce ressuscité et s’étonnent de ce que, dans sa seconde vie, après un événement aussi extraordinaire, il n’ait pas jugé utile de se faire connaître. Enfin, puisqu’une telle vertu secrète était attachée aux ossements d’Élisée, ils demandent comment on n’a plus songé à la mettre à profit; dire que, grâce à ce squelette, si l’opération s’était généralisée, nous serions tous immortels!

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