Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Серия: Le Seigneur des Anneaux #1
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois
- ISBN: 9782267027419
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
Gimli lui prit le bras et l’aida à s’asseoir dans les marches. « Que s’est-il passé là-haut à la porte ? demanda-t-il. Avez-vous rencontré le batteur de tambours ? »
« Je l’ignore, répondit Gandalf. Mais je me suis trouvé soudain confronté à quelque chose que je n’avais jamais rencontré. Je n’ai trouvé rien de mieux à faire que d’essayer de bloquer la porte avec un sort de fermeture. J’en connais plusieurs ; mais ce genre de chose demande du temps, si on veut qu’elle fonctionne, et la porte peut toujours être brisée par la force.
« Alors que je me tenais là, j’entendais des voix d’orques de l’autre côté : je craignais à tout moment qu’ils ne l’enfoncent. Je n’entendais pas ce qu’ils disaient ; ils semblaient parler dans leur horrible langue à eux. Je n’ai pu saisir qu’un seul mot, ghâsh, c’est-à-dire “feu”. Puis, quelque chose est entré dans la pièce – je l’ai senti à travers la porte, et les orques eux-mêmes ont eu peur et se sont tus. La chose s’est emparée de l’anneau de fer, et c’est alors qu’elle m’a perçu, moi et mon sort.
« Je ne saurais dire ce qu’elle était, mais jamais je n’ai ressenti pareil défi. Le contre-sort était terrifiant. J’ai failli en être brisé. Pendant un instant, la porte a échappé à mon pouvoir et s’est mise à s’ouvrir ! J’ai dû prononcer un mot de Commandement. Mais la tension était trop grande : la porte a volé en éclats. Quelque chose, comme un nuage noir, empêchait toute lumière de passer, et j’ai été jeté à la renverse dans les escaliers. Tout le mur a cédé, et le plafond de la chambre aussi, je crois.
« Je crains que Balin ne soit profondément enterré, et quelque chose d’autre y est peut-être enseveli aussi. Je ne saurais le dire. Mais au moins, le passage derrière nous est complètement bloqué. Ah ! Je ne me suis jamais senti aussi épuisé, mais c’est en train de passer. Et vous, Frodo ? Je n’avais pas le temps de vous le dire, mais je n’ai jamais été aussi heureux que quand vous avez parlé. Je craignais qu’Aragorn n’ait tenu dans ses bras un hobbit courageux, mais un hobbit mort. »
« Moi ? dit Frodo. Je suis vivant et en un morceau, il me semble. Je suis meurtri de partout, et j’ai mal, mais ç’aurait pu être pire. »
« Eh bien, dit Aragorn, tout ce que je puis dire, c’est que les hobbits sont d’une si forte trempe que je n’en ai jamais vu de pareille. Si j’avais su, j’aurais parlé moins fort à l’Auberge de Brie ! Ce coup de lance aurait pu embrocher un sanglier ! »
« Eh bien, il ne m’a pas embroché, heureusement, dit Frodo ; mais j’ai l’impression d’avoir été pris entre le marteau et l’enclume. » Il se tut. Respirer lui faisait mal.
« Vous tenez de Bilbo, dit Gandalf. Vous avez plus d’un tour dans votre sac, comme j’ai dit de lui il y a longtemps. » Frodo se demanda s’il n’y avait pas là quelque sous-entendu.
Ils se remirent en chemin. Gimli parla avant peu. Il avait des yeux perçants dans le noir. « Je crois qu’il y a une lumière devant nous, dit-il. Mais ce n’est pas la lumière du jour. Elle est rouge. Qu’est-ce que cela peut être ? »
« Ghâsh ! murmura Gandalf. Je me demande si c’est ce qu’ils voulaient dire, que les niveaux inférieurs sont en feu ? Qu’importe, nous ne pouvons que continuer. »
Bientôt, la lumière ne fit plus aucun doute et put être aperçue de tous. Elle dansait et rougeoyait sur les murs à l’autre bout du corridor. Ils voyaient maintenant où ils allaient : la route s’abaissait rapidement devant eux, et un peu plus loin se dressait une arche basse : la lumière grandissante en émanait. L’air devenait très chaud.
Quand ils arrivèrent au portail, Gandalf passa en dessous, leur faisant signe d’attendre. Alors qu’il se tenait un peu au-delà de l’ouverture, ils virent son visage éclairé d’une lueur rouge. Il revint d’un pas vif.
« Je sens ici quelque nouvelle diablerie, dit-il, préparée pour nous accueillir, sans doute. Mais je sais maintenant où nous sommes : nous avons atteint la Première Profondeur, le niveau directement au-dessous des Portes. Voici la Deuxième Salle de la Vieille Moria ; et les Portes ne sont pas loin : après la section est, sur notre gauche, à un quart de mille tout au plus. Passé le Pont, puis un vaste escalier et un large passage, à travers la Première Salle et nous voilà dehors ! Mais venez voir ! »
Ils regardèrent timidement à travers l’ouverture. Devant eux s’élevait une autre salle caverneuse. Elle était plus haute et beaucoup plus longue que celle où ils avaient dormi. Ils étaient près de son extrémité est ; du côté ouest, elle se perdait dans les ténèbres. En son centre s’alignaient deux rangées d’imposantes colonnes, sculptées comme les troncs d’arbres majestueux dont les branches soutenaient le plafond en un entrelacs de ramures de pierre. Leurs fûts étaient noirs et lisses, mais une lueur rouge miroitait sur les côtés. Sur toute la largeur du plancher, au pied de deux énormes colonnes, une grande faille s’était ouverte. Une terrible lueur rouge en sortait, et par moments, des flammes en léchaient le bord et s’enroulaient à la base des colonnes. Des rubans de fumée noire tremblotaient dans l’air chaud.
« Si nous étions descendus des salles supérieures par la route principale, nous aurions été pris au piège ici, dit Gandalf. Espérons que le feu se dresse maintenant entre nous et nos poursuivants. Venez ! Il n’y a pas de temps à perdre. »
À ces mots, le battement de tambour qui les pourchassait se fit entendre de nouveau : Poum, poum, poum. Des cris et des sonneries de cor montèrent des ombres à l’extrémité ouest de la salle. Poum, poum : les colonnes parurent trembler et les flammes vaciller.
« Allons-y pour la dernière course ! dit Gandalf. Si le soleil brille au-dehors, il est encore possible de nous échapper. Suivez-moi ! »
Tournant à gauche, il s’élança sur le sol lisse de la salle. Celle-ci était plus grande qu’elle ne l’avait paru. Dans leur course, ils entendaient le tumulte et l’écho de nombreux pieds se pressant derrière eux. S’éleva alors un cri strident : ils avaient été vus. Il y eut un tintement et un fracas d’acier. Une flèche siffla par-dessus la tête de Frodo.
Boromir rit. « Ils ne s’attendaient pas à cela, dit-il. Le feu leur a barré la route. Nous sommes du mauvais côté ! »
« Regardez devant vous ! cria Gandalf. Le Pont n’est pas loin. Il est étroit et dangereux. »
Soudain, Frodo se trouva devant un gouffre noir. Au fond de la salle, le plancher se dérobait tout à coup, plongeant à des profondeurs inconnues. La porte extérieure ne pouvait être gagnée qu’en traversant un frêle pont de pierre, sans bordure ni garde-corps, cambré au-dessus du gouffre en un arc de cinquante pieds. Il s’agissait d’une ancienne défense des nains contre tout envahisseur qui aurait pris la Première Salle et les passages extérieurs. Ils ne pouvaient passer autrement qu’à la file. Gandalf s’arrêta et les autres se massèrent derrière lui.
« Vous d’abord, Gimli ! dit-il. Pippin et Merry ensuite. Tout droit, et par l’escalier derrière la porte ! »
Des flèches tombaient autour d’eux. L’une d’entre elles atteignit Frodo et rebondit. Une autre transperça le chapeau de Gandalf et y resta fichée comme une plume noire. Frodo regarda en arrière. Une masse sombre et grouillante se voyait de l’autre côté de la faille : il semblait y avoir des centaines d’orques. Ils brandissaient des lances et des cimeterres qui, à la lueur du feu, jetaient des reflets rouge sang. Poum, poum roulaient les tambours, tonnant de plus en plus fort, poum, poum.
Legolas se retourna et encocha une flèche, quoique le tir fût plutôt long pour son petit arc. Il tendit la corde ; mais sa main retomba, et la flèche alla choir sur le sol. Il poussa un cri de peur et de désarroi. Deux grands trolls apparurent, portant de grandes dalles de pierre qu’ils jetèrent en travers de la faille pour servir de passerelles. Mais la terreur de l’Elfe n’était pas due aux trolls. Les orques avaient ouvert leurs rangs et s’écartaient en masse, comme si eux-mêmes étaient effrayés. Quelque chose venait derrière eux. On ne pouvait voir ce que c’était : comme une grande ombre avec, en son milieu, une silhouette noire, peut-être de forme humaine, mais plus haute ; et on eût dit qu’un pouvoir et une terreur étaient en elle et la précédaient.