Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Серия: Le Seigneur des Anneaux #1
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois
- ISBN: 9782267027419
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
Son tour de garde touchait à sa fin quand, au loin, là où devait se trouver le portail ouest, il s’imagina voir deux faibles points de lumière, presque comme des yeux lumineux. Il tressaillit. Son menton était tombé sur sa poitrine. « J’ai dû presque m’endormir au guet, se dit-il. J’étais à la limite du rêve. » Se levant, il se frotta les yeux et resta debout, scrutant l’obscurité, jusqu’à ce que Legolas vienne le relayer.
Après s’être couché, il sombra rapidement dans le sommeil, mais il lui sembla que son rêve se poursuivait : il entendait des murmures, et voyait les deux points de lumière s’approcher, lentement. Il se réveilla et s’aperçut que les autres discutaient à voix basse tout près de lui, et qu’une faible lumière tombait sur son visage. Loin au-dessus du portail est, à travers un puits un peu en deçà du plafond, descendait un long et pâle rayon ; et à l’autre bout de la salle, à travers le portail nord, venait également une lueur, faible et distante.
Frodo se dressa sur son séant. « Bonjour ! dit Gandalf. Car le jour est enfin revenu. J’avais raison, voyez-vous. Nous nous trouvons très haut du côté est de la Moria. Nous devrions atteindre les Grandes Portes avant la fin du jour, et voir les eaux du Miralonde au fond du Val de Ruisselombre. »
« J’en serai content, dit Gimli. J’ai contemplé la Moria, et sa splendeur est grande, mais c’est aujourd’hui un endroit sombre et sinistre ; et nous n’avons découvert aucune trace des miens. Je doute maintenant que Balin soit un jour venu ici. »
Après leur petit déjeuner, Gandalf décida de repartir sans attendre. « Nous sommes fatigués, mais il nous sera plus facile de fermer l’œil une fois dehors, dit-il. Aucun d’entre nous ne voudra passer une autre nuit en Moria, je pense bien. »
« Certes non ! dit Boromir. Quel chemin prendrons-nous ? Cette arche-ci à l’est ? »
« Peut-être, dit Gandalf. Mais je ne sais pas encore exactement où nous sommes. À moins que je ne me fourvoie complètement, nous devons être au-dessus et au nord des Grandes Portes ; et il pourrait être ardu de trouver le bon chemin pour y descendre. Il est probable que l’arche orientale se révèle la voie à suivre ; mais avant de prendre une décision, nous ferions bien de reconnaître les environs. Allons vers cette lumière qui paraît dans la porte nord. Si nous pouvions trouver une fenêtre, cela aiderait, mais je crains que la lumière n’entre ici que par des puits profonds. »
La Compagnie le suivit sous l’arche nord et se retrouva dans un large corridor. La lueur s’intensifia à mesure qu’ils avançaient, et ils constatèrent qu’elle venait d’une porte sur leur droite. Elle était haute et taillée à angles droits, et le battant de pierre tenait encore sur ses gonds, à demi entrouvert. Derrière se trouvait une grande pièce carrée. Elle était faiblement éclairée, mais pour eux, restés si longtemps dans le noir, elle paraissait luire d’un éclat aveuglant, et ils clignèrent des yeux en entrant.
Leurs pieds soulevèrent une épaisse couche de poussière au sol, trébuchant contre des objets qui jonchaient le pas de la porte et dont ils ne purent tout d’abord discerner les formes. La pièce était éclairée par un large puits, ménagé à bonne hauteur dans le mur du fond, à l’est : il montait en oblique, et, loin au-delà, donnait vue sur un petit carré de ciel bleu. Sa lumière tombait directement sur une table au centre de la pièce : un unique bloc de forme oblongue, d’environ deux pieds de haut, sur lequel reposait une grande dalle de pierre blanche.
« On dirait une tombe », murmura Frodo, et il se pencha en avant avec un curieux pressentiment, afin de l’observer de plus près. Gandalf vint rapidement à son côté. Sur la dalle, des runes étaient profondément gravées :
« Ce sont des Runes de Daeron, comme on s’en servait autrefois en Moria, dit Gandalf. Ici est écrit dans la langue des Hommes et des Nains :
BALIN FILS DE FUNDIN
SEIGNEUR DE MORIA. »
« Il est donc mort, dit Frodo. Je craignais qu’il n’en soit ainsi. » Gimli ramena son capuchon sur son visage.
5Le Pont de Khazad-dûm
La Compagnie de l’Anneau se tenait en silence devant la tombe de Balin. Frodo pensait à Bilbo, à sa longue amitié avec le nain et à la visite de Balin dans le Comté, longtemps auparavant. Dans cette chambre poussiéreuse au creux des montagnes, on eût dit que cela se passait mille ans plus tôt et à l’autre bout du monde.
Enfin, ils se secouèrent et relevèrent la tête ; et ils se mirent à la recherche de quelque indice qui pût les renseigner sur le sort de Balin, ou leur dire ce qu’il était advenu des siens. Il y avait une autre porte, plus petite, à l’autre extrémité de la pièce, sous le puits de jour. Devant chacune des portes, ils pouvaient à présent discerner de nombreux ossements au sol, et parmi ceux-ci, des épées brisées et des fers de haches, de même que des heaumes et des boucliers fendus. Quelques épées étaient de forme recourbée : des cimeterres d’orques aux lames noircies.
Aux quatre murs se voyaient de nombreuses niches taillées à même le roc, dans lesquelles se trouvaient de grands coffres de bois à armature de fer. Tous avaient été éventrés et pillés ; mais non loin du couvercle fracassé de l’un d’eux, gisaient les restes d’un livre. Tailladé, lardé de coups de couteau et partiellement brûlé, il était si souillé de noir et d’autres taches sombres, semblables à du sang séché, qu’il en devenait presque impossible à lire. Gandalf le ramassa avec précaution, mais les feuillets se craquelèrent et cassèrent quand il le déposa sur la dalle. Il l’étudia quelque temps sans mot dire. Debout à ses côtés, Frodo et Gimli purent voir, tandis qu’il tournait délicatement les pages, qu’elles étaient parcourues de maintes écritures différentes, en runes, tant de la Moria que du Val, et çà et là en lettres elfiques.
Enfin Gandalf leva les yeux. « On dirait là une chronique des heurs et malheurs des gens de Balin, dit-il. Je crois qu’elle a débuté dès leur venue au Val de Ruisselombre il y a près de trente ans : les pages portent des chiffres qui semblent se rapporter aux années écoulées depuis leur arrivée. La page du dessus est numérotée un – trois : il en manquerait donc au moins deux pour commencer. Écoutez bien !
« Nous avons chassé les orques de la grande porte et de la salle – je pense ; les mots qui suivent sont brouillés et brûlés, probablement de garde – nous en avons tué beaucoup sous le brillant – je crois – soleil du val. Flói a été tué dune flèche. Il a terrassé le grand. Puis il y a une tache, suivie de Flói sous lherbe près du Miralonde. Puis, une ou deux lignes que je suis incapable de lire. Ensuite : Nous avons élu domicile dans la vingt et unième salle de la section nord. Il y a je ne peux lire quoi. Il est fait mention d’un puits. Ensuite, Balin a établi son siège dans la Chambre de Mazarbul. »
« La Chambre des Archives, dit Gimli. Je suppose que c’est cette pièce où nous nous trouvons. »
« Eh bien, je ne puis lire rien d’autre pour un long bout, dit Gandalf, excepté le mot or, et la Hache de Durin et heaume quelque chose. Puis Balin est maintenant seigneur de Moria. Cela paraît clore un chapitre. Après quelques étoiles, quelqu’un d’autre prend la plume, et je puis voir les mots nous avons trouvé du vrai argent, et plus loin bien forgé, ensuite quelque chose… oui, voilà ! mithril ; et les deux dernières lignes, Óin doit chercher les arsenaux supérieurs de la Troisième Profondeur, quelque chose aller vers louest, une tache, vers la porte de Houssière. »