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READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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« Il devait y avoir toute une foule de nains ici à un moment donné, dit Sam, tous plus affairés que des blaireaux pendant au moins cinq cents ans pour creuser tout ça, en bonne partie dans le roc dur, qui plus est ! Mais pourquoi est-ce qu’ils ont fait tout ça ? Ils vivaient sûrement pas dans ces trous noirâtres ? »

« Ce ne sont pas des trous, dit Gimli. C’est ici la cité et le grand royaume de la Creusée des Nains. Et autrefois elle n’était pas noire, mais lumineuse et splendide, ainsi que nos chants le rappellent. »

Il se leva et, debout dans l’obscurité, se mit à chanter d’une voix profonde, tandis que les échos allaient se perdre au plafond.

Ah ! Le monde était jeune et les montagnes vertes,

La Lune de scories n’était encor couverte,

Nul mot n’était posé sur les rus et les pierres

Quand Durin s’éveilla, promeneur solitaire.

Il nomma les vallées et les monts innommés ;

Il but à des ruisseaux jusqu’alors non goûtés ;

Se penchant sur les eaux du lac de Miralonde,

Il vit alors surgir des étoiles dans l’ombre,

Comme un lacis d’argent semé de vives gemmes

Couronnant son reflet d’un brillant diadème.

Ah ! Le monde était beau et les montagnes fières,

Au temps des Jours Anciens, à l’époque première

Où tant de puissants rois demeuraient en ce monde

Siégeant à Gondolin, protégeant Nargothrond,

Avant de le quitter au jour de leur ruine ;

Le monde était splendide en l’Ère de Durin.

Longtemps il fut un roi sur un trône taillé,

Dans ses salles de pierre aux maints et maints piliers,

Aux plafonds couverts d’or et aux luisants pavés,

Des runes de puissance à sa porte gravées.

Le soleil et la lune et l’éclat des étoiles

Dans des lampes sculptées du plus parfait cristal

Libres de la nuée et de l’ombre de nuit

Inondaient son palais de rayons infinis.

Sous les coups du marteau, l’enclume résonnait,

Le ciseau ciselait, le burin écrivait ;

Battue était la lame et garnie la poignée ;

Creusaient et bâtissaient maçons et ouvriers.

Le béryl et la perle, et l’opale opaline,

Les métaux ouvragés en écailles marines,

Haches et boucliers, corselets et épées

Et lance étincelante y étaient amassés.

Le peuple de Durin n’était point encor las ;

La musique sourdait, sous terre, çà et là ;

On entendait la harpe et le chant des poètes,

Aux portes s’élevait la clameur des trompettes.

Hélas ! Le monde est gris et les montagnes vieilles,

À la forge, le feu jamais plus ne s’éveille ;

Aux mines esseulées, les marteaux se sont tus,

Aux salles de Durin, les harpes ne jouent plus ;

L’ombre s’est étendue dans son séjour funèbre ;

La Moria, Khazad-dûm, envahie de ténèbres.

Mais toujours peut-on voir ces étoiles profondes

Reflétées dans les eaux du calme Miralonde ;

Au fond gît sa couronne en éternel sommeil

Jusqu’au jour où Durin connaîtra son réveil.

« J’aime ça ! dit Sam. J’aimerais bien l’apprendre. La Moria, Khazad-dûm ! Mais ça rend les ténèbres plus pesantes, quand on pense à toutes ces lampes. Y a-t-il encore des tas de joyaux et d’or qui dorment ici un peu partout ? »

Gimli demeura silencieux. Ayant chanté sa chanson, il refusait d’en dire plus.

« Des tas de joyaux ? dit Gandalf. Non. Les Orques ont souvent pillé la Moria ; il ne reste plus rien dans les salles supérieures. Et depuis la fuite des nains, personne n’ose plus s’aventurer dans les puits et les trésoreries des profondeurs : ils sont noyés sous l’eau – ou dans une ombre de peur. »

« Alors pourquoi les nains veulent tant revenir ? » demanda Sam.

« Pour le mithril, répondit Gandalf. La richesse de la Moria ne résidait pas dans l’or et les pierres, les jouets des Nains ; ni dans le fer, leur serviteur. Et s’ils en trouvèrent ici, principalement du fer, il ne leur était pas nécessaire de creuser pour s’en procurer : tout ce qu’ils désiraient, ils pouvaient l’obtenir par le commerce. Car c’était ici le seul endroit au monde où se trouvait l’argent de Moria, ou vrai-argent, comme certains l’ont appelé : mithril est son nom elfique. Les Nains ont un nom qu’ils ne disent pas. Sa valeur était dix fois celle de l’or, et de nos jours elle est inestimable ; car il en reste peu à la surface de la terre, et même les Orques n’osent pas creuser ici pour en trouver. Les filons courent vers le nord, vers le Caradhras, et descendent dans les ténèbres. Les Nains n’en soufflent mot ; mais ainsi que le mithril fut à la source de leur richesse, il fut aussi leur perte : ils creusèrent trop avidement et trop profondément, et ils réveillèrent ce qui les mit en fuite, le Fléau de Durin. Ce qu’ils avaient mis au jour, les Orques s’en sont saisis en grande partie, et ils l’ont donné en tribut à Sauron, qui le convoite.

« Le mithril ! Tous les peuples le désiraient. Il pouvait être battu comme le cuivre et poli comme le verre ; et les Nains en faisaient un métal, léger mais plus dur néanmoins que l’acier trempé. Sa beauté était celle de l’argent commun, mais l’éclat du mithril ne se ternissait et ne se voilait jamais. Les Elfes le chérissaient plus que tout, et parmi de nombreux usages, ils en firent l’ithildin, l’étoile-lune, que vous avez pu voir sur les portes. Bilbo avait un corselet d’anneaux de mithril que Thorin lui avait offert. Je me demande ce qu’il est devenu. Toujours à Grande-Creusée, à prendre la poussière dans la Maison des Mathoms, je suppose. »

« Quoi ? s’écria Gimli, soudain tiré de son mutisme. Un corselet d’argent de Moria ? C’était un présent royal ! »

« Oui, dit Gandalf. Je ne le lui ai jamais dit, mais sa valeur était supérieure à celle du Comté en entier, et tout ce qu’il contient. »

Frodo ne dit rien, mais il passa la main sous sa tunique, effleurant les anneaux de sa chemise de mailles. Il était renversé à l’idée de s’être promené tout ce temps avec le prix du Comté sous sa veste. Bilbo avait-il su ? Il ne doutait pas que Bilbo le savait parfaitement. C’était assurément un présent royal. Mais voilà que ses pensées s’étaient transportées des sombres Mines, à Fendeval, à Bilbo et à Cul-de-Sac, du temps où Bilbo y vivait encore. De tout son cœur, il aurait voulu y être, dans ce temps-là, en train de tondre la pelouse ou de bricoler dans le jardin, et n’avoir jamais entendu parler de la Moria, du mithril – ou de l’Anneau.

Un profond silence tomba. Un à un, les autres s’endormirent. Frodo était de garde. Comme un souffle venu des profondeurs et s’immisçant par des portes invisibles, la terreur le saisit. Ses mains étaient froides et son front, moite. Il écoutait. Son esprit fut livré tout entier à l’écoute, pendant deux longues heures ; mais il n’entendit pas le moindre son, pas même l’écho imaginaire d’un bruit de pas.

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