Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Серия: Le Seigneur des Anneaux #1
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois
- ISBN: 9782267027419
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
Gandalf s’arrêta et mit quelques feuillets de côté. « Il y a plusieurs pages du même genre, assez rapidement griffonnées et très abîmées, dit-il ; mais je n’arrive pas à déchiffrer grand-chose dans cet éclairage. Ici, il doit manquer bien des pages, car le premier chiffre devient 5, la cinquième année de la colonie, je suppose. Voyons voir ! Non, elles sont trop souillées et tailladées ; je ne puis les lire. Nous y verrions sans doute plus mieux à la lumière du soleil. Attendez ! Voilà au moins quelque chose : une grande écriture vigoureuse en lettres elfiques. »
« Sans doute celle d’Ori, dit Gimli, regardant par-dessus le bras du magicien. Il écrivait vite et bien, et il se servait souvent des caractères elfiques. »
« Je crains qu’il n’ait eu de terribles nouvelles à rapporter d’une belle main, dit Gandalf. Le premier mot lisible est tristesse, mais le reste de la ligne est oblitéré, à moins qu’elle ne se termine par jour. Oui, ce doit être au jour dhier dixième de novembre Balin seigneur de Moria est tombé au Val de Ruisselombre. Il était parti seul regarder les eaux du Miralonde. un orque la tiré de derrière une pierre. nous avons tué lorque mais de nombreux autres … de lest remontant la rivière Argentine. Le reste est si oblitéré que j’arrive à peine à discerner quoi que ce soit, mais je pense pouvoir lire nous avons barré les portes, et puis pourrons les tenir longtemps si, et ensuite, peut-être, horrible et souffrir. Pauvre Balin ! Il semble avoir gardé moins de cinq ans le titre qu’il s’était donné. Je me demande ce qui est arrivé après ; mais ce serait trop long de déchiffrer les quelques dernières pages. Voici la toute dernière. » Il marqua une pause et soupira.
« C’est d’une lecture funeste, dit-il. Je crains que leur fin n’ait été cruelle. Écoutez ! Nous ne pouvons sortir. Nous ne pouvons sortir. Ils ont pris le Pont et la deuxième salle. Frár et Lóni et Náli y sont tombés. Puis, il y a quatre lignes barbouillées où je puis seulement lire parti il y a 5 jours. Les dernières lignes donnent : l’étang monte jusqu’au mur de la Porte Ouest. Le Guetteur des Eaux a pris Óin. Nous ne pouvons sortir. La fin approche, et puis des tambours, des tambours dans les profondeurs. Je me demande ce que cela signifie. La dernière chose est une série gribouillée de lettres elfiques : ils arrivent. Il n’y a plus rien. » Gandalf s’arrêta et se tint un moment silencieux et pensif.
La Compagnie fut saisie d’une terreur soudaine, et d’une horreur de la chambre. « Nous ne pouvons sortir, marmotta Gimli. Heureusement pour nous que l’étang avait baissé un peu, et que le Guetteur dormait du côté sud. »
Gandalf leva la tête et regarda alentour. « Ils semblent avoir livré un dernier combat entre les deux portes, dit-il ; mais à ce stade, ils ne devaient plus être nombreux. Ainsi prit fin la tentative de reprendre la Moria ! C’était courageux mais insensé. Le temps n’est pas encore venu. Maintenant, je crains qu’il ne soit temps de dire adieu à Balin fils de Fundin. Il devra reposer ici, dans les salles de ses pères. Nous emporterons ce livre, le Livre de Mazarbul ; nous l’examinerons de plus près à un autre moment. Vous feriez mieux de le conserver, Gimli, et de le remettre à Dáin, si vous en avez l’occasion. Cela l’intéressera, même s’il en sera profondément chagriné. Venez, partons ! La matinée est déjà bien avancée. »
« Par où irons-nous ? » demanda Boromir.
« Par où nous sommes venus, répondit Gandalf. Mais nous n’avons pas visité cette salle en vain. Je sais maintenant où nous sommes. Ce doit être ici, comme le dit Gimli, la Chambre de Mazarbul ; et la salle que nous avons quittée doit être la vingt et unième de la section nord. Ainsi nous devons sortir par la grande arche du côté est de la salle, prendre à droite et au sud, et descendre. La Vingt et Unième Salle doit être au Septième Niveau, soit six au-dessus du niveau des Portes. Allons ! Retournons à la salle ! »
À peine Gandalf eut-il prononcé ces mots qu’un grand bruit retentit : un boum grondant qui semblait venir des profondeurs, loin en bas, et faire trembler la pierre sous leurs pieds. Alarmés, ils se ruèrent vers la porte. Poum, poum entendit-on une nouvelle fois, comme si des mains géantes transformaient les cavernes mêmes de la Moria en un énorme tambour. Vint alors une sonnerie retentissante : un grand cor fit écho dans la salle, et d’autres cors et cris éraillés résonnèrent au loin. Il y eut un bruit de nombreux pas précipités.
« Ils arrivent ! » s’écria Legolas.
« Nous ne pouvons sortir », dit Gimli.
« Pris en souricière ! s’écria Gandalf. Pourquoi me suis-je attardé ? Nous voici piégés, exactement comme ils l’ont été. Mais je n’étais pas ici à ce moment-là. Nous verrons ce que… »
Poum, poum fit le battement de tambour, et les murs tremblèrent. « Fermez les portes et bloquez-les ! cria Aragorn. Et gardez votre chargement aussi longtemps que possible : nous pourrions encore avoir l’occasion de fuir. »
« Non ! dit Gandalf. Nous ne devons pas nous emprisonner. Gardez la porte de l’est entrouverte ! Nous nous sauverons par là, si l’occasion se présente. »
Une autre sonnerie de cor déchira l’air, accompagnée de cris stridents. Des pieds se bousculaient dans le corridor. Il y eut un tintement et un cliquetis d’épées tandis que la Compagnie dégainait. Glamdring brillait d’une pâle lumière, et les tranchants de Dard luisaient. Boromir appuya son épaule contre la porte ouest.
« Attendez un instant ! Ne la fermez pas tout de suite ! » dit Gandalf. Se précipitant au côté de Boromir, il se dressa de toute sa hauteur.
« Qui vient troubler céans le repos de Balin, Seigneur de Moria ? » cria-t-il d’une voix forte.
Il y eut un déluge de rires éraillés, comme une avalanche de pierres glissant dans une fosse ; au milieu des cris s’éleva une voix profonde, impérieuse. Poum, boum, poum firent les tambours dans les profondeurs.
D’un mouvement vif, Gandalf vint se placer devant l’entrebâillement de la porte et y passa son bâton. Il y eut un éclair éblouissant qui illumina la pièce, ainsi que le couloir derrière la porte. Le magicien jeta un rapide coup d’œil à travers l’ouverture. Des flèches crièrent et sifflèrent dans le corridor, et Gandalf se recula brusquement.
« Des Orques, dit-il, en très grand nombre. Et certains sont grands et mauvais : des Uruks noirs du Mordor. Pour le moment, ils restent en retrait, mais il y a là quelque chose d’autre. Un grand troll des cavernes, je pense, ou plusieurs. Il n’y a aucun espoir de s’échapper de ce côté. »
« Et aucun espoir du tout, s’ils viennent aussi à l’autre porte », dit Boromir.
« Il n’y a encore aucun son de ce côté-ci, dit Aragorn debout près de la porte est, l’oreille tendue. Cette issue plonge tout droit dans un escalier : elle ne mène visiblement pas à la salle. Mais rien ne sert de nous sauver par là en aveugle, alors que nous sommes talonnés. La porte ne peut être bloquée. La clef a disparu, la serrure est brisée, et elle s’ouvre vers l’intérieur. Il faut d’abord essayer de contrecarrer l’ennemi. Nous allons leur faire redouter la Chambre de Mazarbul ! » dit-il gravement, tâtant le fil de son épée, Andúril.