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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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«Si cette histoire était vraie, dit encore lord Bolingbroke, Élisée ressemblerait à un valet qui vient de faire fortune et qui fait punir quiconque lui rit au nez. Quoi! exécrable valet de prêtre, tu ferais dévorer par des ours quarante-deux enfants innocents, pour t’avoir appelé chauve! Heureusement, il n’y a aucune forêt aux environs de Béthel, et il n’y a pas d’ours en Palestine; ce pays est trop chaud. L’absurdité de ce conte en fait disparaître l’horreur.» On peut ajouter que, pour avoir dévoré vingt-et-un gamins en quelques bouchées, ces deux ours affamés sortaient, sans doute, sinon d’une forêt, du moins d’un bar hébreu où ils venaient d’ingurgiter un formidable apéritif.

Le chapitre 3 du second livre des Rois, après nous avoir représenté le bon roi Josaphat encore en vie, contrairement au dire du chapitre 1er, nous raconte que le sieur Mesçah, roi des Moabites, avait payé à Israël, jusqu’à la mort d’Achab, un tribut annuel de cent mille agneaux et cent mille moutons «avec leur laine». A l’avènement d’Ochosias, le sieur Mesçah jugea bon de ne plus s’acquitter de son tribut; mais Joram, en succédant à son frère sur le trône d’Israël, s’empressa de réclamer les agneaux et les moutons moabites. Refus de Mesçah, et voilà Joram ouvrant la campagne, appuyé par deux alliés, Josaphat, roi de Juda, et le roi d’Idumée.

«Mais après avoir fait route pendant sept jours, ils n’eurent plus d’eau ni pour leur armée ni pour leurs bêtes. Alors, le roi d’Israël, Joram, dit: Hélas! hélas! le Seigneur nous a réunis ici, trois rois ensemble, pour nous livrer entre les mains de Moab. Mais le roi Josaphat dit à son tour: N’y aurait-il point par ici quelque prophète d’Adonaï, afin que nous consultions Adonaï par lui? Un des serviteurs de Joram, répondit: Oui, il y a ici le bouvier Elisée, fils de Saphat lequel était valet d’Élie. Et Josaphat dit: Celui-là possède la parole de Jéhovah. Alors Joram, roi de Samarie, Josaphat, de Jérusalem, et le roi d’Idumée allèrent trouver Élisée.» (v. 9-12)

Notons que le fils d’Achab et le roi d’Idumée ne professaient pas le culte de Jéhovah; ce qui fait dire à lord Bolingbroke: «Si on voyait trois rois, l’un papiste et les deux autres protestants, aller ensemble chez un capucin pour obtenir de la pluie, que dirait-on d’une pareille imbécillité? Et si un frère capucin écrivait un pareil conte dans les annales de son ordre, ne conviendrait-on pas de la vérité du proverbe: Orgueilleux comme un capucin?»

«Élisée dit au roi d’Israëclass="underline" Qu’y a-t-il entre moi et toi? et pourquoi ne vas-tu pas consulter les prophètes de ta mère Jézabel? Joram répondit: Non, c’est de toi qu’il faut que je sache si Jéhovah, ton dieu, nous a réunis, nous trois rois, pour nous livrer entre les mains des Moabites. Alors, Élisée lui dit: Vive Adonaï-Sabaoth! si je n’avais pas grand respect pour la face du roi Josaphat, je ne t’aurais pas seulement écouté, et je n’aurais pas daigné te regarder. Maintenant, qu’on m’amène un musicien avec ses instruments de musique. Et, le musicien ayant fait sa musique, un esprit de prophétie, envoyé par Jéhovah, entra en Elisée.» (v. 13-15)

Il est fâcheux que l’auteur sacré ne nous dise pas quels étaient ces instruments dont la musique fut nécessaire pour permettre au successeur d’Élie de prophétiser.

«Alors, Elisée dit: De la part de Jéhovah, je vous annonce qu’il faut creuser tout de suite des fosses dans cette vallée; vous ne verrez ni vent ni pluie, et néanmoins cette vallée sera remplie d’eaux, dont vous boirez, vous et vos bêtes. Ce prodige coûtera peu de chose à Jéhovah; mais il fera plus encore pour vous: il vous livrera les Moabites. Et Jéhovah vous ordonne, par ma bouche, de détruire après la victoire toutes leurs villes fortes et toutes leurs villes principales; vous abattrez tous leurs arbres fruitiers, vous boucherez toutes leurs fontaines, et vous couvrirez de cailloux tous leurs champs.» (v. 16-19)

Dans ces conditions, spécifiées par papa Bon Dieu, on ne voit plus dès lors à quoi pouvait servir la victoire; car les Israélites avaient déclaré la guerre aux Moabites, uniquement pour les obliger à leur donner chaque année cent mille agneaux et cent mille moutons, comme par le passé. Le triomphe, en étant suivi d’une dévastation complète, les laissait donc à jamais privés du tribut convoité.

«Le lendemain de cette prophétie, il arriva, le matin, qu’on vit venir des eaux coulant sur le chemin d’Idumée, de sorte que toutes les fosses qu’on avait creusées furent remplies d’eaux.» (v. 20)

La seconde partie de la prophétie se réalisa comme la première: les Moabites, ayant donné l’assaut au camp d’Israël, furent battus honteusement.

«Les Moabites s’enfuirent, et les Israélites, les poursuivant, entrèrent dans leur pays et les tuèrent. Et ils détruisirent leurs villes; et chacun apportait des pierres et les jetait dans les meilleurs champs, de sorte qu’on ne voyait plus que des cailloux; et ils bouchèrent toutes les fontaines et abattirent tous les arbres fruitiers, jusqu’à ne laisser que les pierres à Kir-Haréseth, que les tireurs de fronde environnèrent et vainquirent. Le roi des Moabites vit alors qu’il n’était pas le plus fort; c’est pourquoi il choisit les sept cents de ses soldats qui maniaient le mieux l’épée, et, se mettant à leur tête, il voulut arriver jusqu’au roi de l’Idumée; mais il ne put pousser jusque-là. Alors, il dit à son fils aîné de monter sur le faîte d’une muraille; c’est ce fils aîné qui devait régner à sa place; et le roi Mesçah monta aussi sur la muraille, et là il se jeta sur son fils et l’égorgea. Cette action causa une telle horreur aux Israélites, qu’ils se retirèrent aussitôt du pays qu’ils avaient envahi et s’en retournèrent, les uns à Jérusalem, les autres à Samarie.» (3:24-27)

Comme histoire idiote, je crois que celle-ci peut être mise au premier rang; elle ne nécessite aucun commentaire.

Élisée nous est montré ensuite, rééditant les miracles d’Élie, avec de légères variantes. Ainsi, il rencontre (la Bible ne dit pas où) la veuve d’un fils de prophète, qui est désolée de ce que son défunt mari lui a laissé des dettes, et, comme elle ne peut pas les payer, les créanciers veulent lui prendre ses deux enfants et les vendre comme esclaves (4:1). Élisée demande à la veuve de lui déclarer ce qu’elle possède. La veuve répond: Ta servante n’a rien qu’un pot d’huile dans toute sa maison (v. 2). C’est tout ce qu’il faut à Élisée, il commande donc à la veuve d’aller emprunter à tous ses voisins leurs pots vides, quels qu’ils soient: puis, de se renfermer chez elle avec ses enfants et de verser l’huile de son pot dans les autres vases. On devine le miracle: le pot de la veuve devient inépuisable. La bonne femme, émerveillée, va retrouver Élisée, le remercier, et «l’homme de Dieu lui dit: Fais-toi marchande d’huile; car tu as maintenant de l’huile dont la vente te servira à payer ta dette, et même toi et tes fils vous vivrez du reste de cette huile jusqu’à la fin de vos jours.» Ce qu’il y a de plus remarquable dans ce miracle, ce n’est pas sa ressemblance avec celui d’Élie en faveur de la veuve de Sarepta; c’est qu’Élisée n’ait plus eu besoin de musique pour l’opérer.

«Un certain jour, Élisée, passant par le village de Sunam, y remarqua une femme, très riche propriétaire et fort prévenante; cette femme l’invita, avec les plus vives instances, à dîner chez elle; c’est pourquoi, chaque fois qu’Elisée venait à Sunam, il s’arrêtait chez cette femme pour y prendre son repas.

Or, la riche Sunamite était mariée, et elle dit à son époux: Je suis certaine que cet homme, qui accepte de manger chez nous, est un saint homme de Dieu. Donnons-lui, je t’en prie, une chambre à la maison, à l’étage d’en haut; nous lui mettrons un lit, une table, un siège et une lampe, afin qu’il puisse coucher sous notre toit lorsqu’il viendra désormais nous visiter.

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