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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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Il est donc impossible de concilier le chapitre 22 du premier livre des Rois avec le chapitre ier du second livre, puisque ici le verset 17 vient de nous dire: «Joram (frère et successeur d’Ochosias) monta sur le trône d’Israël, en la seconde année du règne de Joram, roi de Juda, fils de Josaphat.» Puisque Joram de Juda a succédé à son père Josaphat huit ans après la mort d’Achab (selon les versets 42, 51 et 52 du chap. 22), comment aurait-il pu avoir déjà deux années de règne, lorsque son beau-frère Joram d’Israël succéda à Ochosias, également son beau-frère?

Voilà déjà une contradiction stupéfiante. Mais attendez!… Un peu plus loin, le chapitre III de ce même second livre des Rois débute ainsi:

«En la dix-huitième année du règne de Josaphat, roi de Juda, Joram, second fils d’Achab, commença à régner sur Israël à Samarie, et il régna douze ans.» (v. 1)

Cette fois, il faut tirer l’échelle! La contradiction est triple. Ce nouveau verset réduit à une année le règne d’Ochosias, que le verset 52 du chapitre 22 (premier livre) fixait à deux ans; et la première contradiction (2 livre 1:17) avait, au contraire, allongé de huit ans ce règne du monarque fameux par sa chute inexpliquée d’une haute fenêtre!

Qu’on ne nous reproche pas de nous attarder à mettre en relief ces maladresses si grossières de l’écrivain sacré. Elles montrent le j’m’en-fichisme des prêtres qui ont fabriqué cette stupide, horrible et obscène Bible, et qui ne prenaient même pas la peine de se relire!

Cependant, un grand miracle était dans l’air.

«En ce temps-là, Jéhovah se préparait à enlever Élie dans un tourbillon; alors, Élie et Elisée venaient de Guilgal. Et Élie dit à Elisée: Reste ici, je t’en prie; car Dieu m’envoie jusqu’à Béthel. Mais Elisée répondit: Aussi vrai que Dieu est vivant et que ton âme n’est pas morte, je ne te quitterai point. Ainsi ils descendirent à Béthel. Il y avait là des fils de prophètes; ils vinrent vers Elisée et lui dirent: Ne sais-tu pas qu’aujourd’hui Jéhovah va enlever ton maître? Il répondit: Je le sais aussi bien que vous; mais n’en dites rien à personne. Alors, Élie lui dit: Elisée, je t’en prie, ne va pas plus loin; car il faut que je m’en aille à Jéricho où Dieu m’envoie. Élie répondit encore: Aussi vrai que Dieu est vivant, etc. Ils se rendirent donc à Jéricho. Là aussi il y avait des fils de prophètes; ils vinrent vers Elisée et lui dirent: Ne sais-tu pas qu’aujourd’hui (comme, ci-dessus; et même réponse d’Elisée). Alors, Elie lui dit: Accordez-moi cela, de rester ici; car Dieu m’envoie jusqu’au Jourdain. Elisée répondit: Aussi vrai que Dieu est vivant et que ton âme n’est pas morte, non, je ne te quitterai point. Ainsi, ils s’en allèrent plus loin, tous deux cheminant ensemble. Et cinquante hommes d’entre les fils des prophètes vinrent, et ils se tinrent vis-à-vis d’eux, au loin; et eux, ils s’arrêtèrent auprès du Jourdain.» (2:1-7)

«Alors, Élie prit son manteau et en frappa les eaux du fleuve; elles se partagèrent, et ils passèrent à pied sec.

Quand ils furent passés, Élie dit à Élisée: Demande-moi ce que tu voudras, avant que je sois enlevé d’avec toi. Elisée lui répondit: Eh bien! fais que j’aie de ton esprit autant que deux personnes pourraient en posséder. Élie reprit: Tu viens de demander quelque chose de très difficile; or donc, si quand je serai en l’air tu me vois, c’est que ta demande aura été satisfaite; mais, si tu ne me vois pas, c’est que ta demande n’aura pas été accueillie.

Or, comme ils continuaient leur route, tout en causant, voici qu’un chariot de feu parut, avec des chevaux également de feu. Ils se trouvèrent alors séparés l’un de l’autre. Et Élie monta au ciel dans un tourbillon.» (2:8-11)

«Et Elisée, le regardant monter, criait: Mon père! mon père! chariot d’Israël et sa cavalerie! Puis, il ne le vit plus; alors, prenant ses vêtements, il les déchira du haut en bas en deux morceaux. Après quoi, il se couvrit du manteau d’Élie, qui du ciel était tombé sur lui, et il s’en retourna vers le Jourdain.

Arrivé au bord du fleuve, il s’arrêta, et, se dévêtant du manteau d’Élie, il se mit à en frapper les eaux; mais elles ne se divisèrent pas. Alors Elisée dit: Eh bien, où est donc le dieu d’Élie, l’Éternel même? Et, ayant frappé une seconde fois les eaux, elles se divisèrent à droite et à gauche, et Élisée passa à pied sec.» (2:12-14)

Quelques questions se posent tout naturellement:

— Puisque Jéhovah avait résolu de prendre au ciel Élie tout vivant en chair et en os, comme il lit jadis pour Énoch, pourquoi lui imposer d’abord cette promenade, vide de toute action quelconque, de Guilgal à Béthel, de Béthel à Jéricho, et de Jéricho au Jourdain? pourquoi, en outre, lui faire passer le Jourdain? le char de feu, dans lequel Élie monta, ne pouvait-il pas l’enlever aussi bien sur la rive droite que sur la rive gauche du fleuve?

— Qu’est-ce que cette dose d’esprit d’Élie que demande Élisée? et finalement Élisée a-t-il eu ce qu’il demandait? car le texte dit bien qu’Élisée regarda d’abord Élie au moment de son départ dans les airs, mais il ajoute, aussitôt après ses cris bizarres, qu’il ne le vit plus; on n’est donc pas fixé.

— Puisque les théologiens nous représentent comme l’état parfait celui des purs esprits qui, selon eux, peuplent le royaume céleste, puisque rien n’est plus admirable qu’une âme vivant en paradis, dégagée de toute matière, le double cas d’Énoch et d’Élie ne contredit-il pas formellement cette thèse? et, d’ailleurs, à quoi leur corps matériel peut-il servir là-haut à ce patriarche et à ce prophète, dans le domaine de l’infini surnaturel et immatériel? en quoi la gloire d’Enoch et d’Élie est-elle, par ce fait, plus grande que celle des autres élus, puisque les habitants de l’autre monde ne s’en trouveraient pas mieux, qu’ils aient ou non une forme, un corps humain? Ainsi, maintenant, quand Élie et Moïse causent ensemble au ciel, c’est donc une conversation entre une âme sans corps, s’exprimant par la seule pensée, et un corps animé, parlant avec sa bouche, émettant des sons, tandis que son interlocuteur, pur esprit, n’en émet pas?

Enfin, ce char de lumière, ces chevaux de feu, ce tourbillon dans les airs, ce nom même d’Élie (hélios, soleil) ont fait penser à lord Bolingbroke et à Boulanger que l’aventure d’Élie n’est qu’une imitation de celle de Phaéton, qui s’assit dans le char du soleil. Or, la fable de Phaéton fut originairement égyptienne, et c’est du moins une fable morale qui montre les dangers de l’ambition. Mais que signifie le char d’Elie? Les écrivains juifs, dit lord Bolingbroke, ne sont jamais que des plagiaires grossiers et maladroits.

Voilà donc Élisée héritier du manteau d’Élie et d’une partie de son esprit, tout au moins, s’il n’a pas la double dose demandée. Les fils des prophètes se prosternent devant lui (2:15); à Jéricho, il assainit pour toujours les eaux de la ville, en y jetant une poignée de sel (v. 19-22).

Élisée devait encore se signaler davantage.

«De là il se rendit à Béthel, et, comme il gravissait le chemin qui était d’une montée rapide, des petits garçons se moquèrent de lui, lui criant: Monte, chauve! monte, chauve!

Élisée, se retournant, les maudit, au nom de Jéhovah. Alors, deux ours sortirent d’une forêt et dévorèrent quarante-deux de ces petits garçons.» (v. 23-24)

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