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Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]

Электронная книга - «Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]». Краткое содержание книги:

Voici venue l’heure des ultimes aventures de Manse Everard et ses collègues de la Patrouille du temps au service de l’Histoire… Des aventures qui conduiront nos héros depuis la préhistoire jusqu’à une étrange variante de notre XXe siècle, en passant par la Bactriane du IIIe siècle avant notre ère et le Moyen Âge italien. Car les Exhaltationnistes menacent toujours, sans parler d’un danger plus grand encore qui pourrait bien annihiler jusqu’à la Patrouille elle-même… et nous avec !
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— Écoute, Wanda. Il est trop dangereux. Ce n’est pas de sa faute, mais j’ai découvert à la cour de Frédéric que c’était lui le point focal de… du chaos. Il y a tellement de lignes de vie qui dépendent de lui que… que même son arrière-petit-fils a failli faire échouer notre mission. Seule l’intervention de Karel l’en a empêché. Lorenzo doit être éliminé, point final.

— C’est toi qui vas m’écouter, Manson Everard. Si tu veux le kidnapper ou quelque chose comme ça, d’accord…

— Quelles seraient les conséquences de sa disparition ? Je te le répète : l’avenir tout entier dépend de ce qui va se passer à Anagni ce mois-ci. Dépend de ce qu’il va faire, devrais-je dire. Comme j’ignorais son importance, je ne l’ai pas tué à Rignano, et regarde ce qui en a découlé. Nous n’avons plus le droit de courir des risques inutiles. Je l’aime bien, moi aussi, rappelle-toi. L’idée de le tuer me fait horreur.

— Tais-toi. Laisse-moi finir. Vu la position qui est la mienne, je peux t’aider à régler le problème en finesse. Sans moi, jamais tu ne t’en tireras. Et sois sûr d’une chose : jamais je n’accepterai d’être la complice d’un meurtre. Il… nous ne pouvons pas faire ça.

— Hé ! Wanda, ne pleure pas…

— Je ne pleure pas, bon sang ! Je… je… Okay, Ev… Everard. C’est à prendre ou à laisser. File-moi un blâme pour insubordination si ça te chante. Quel que soit mon châtiment, je devrais disposer de pas mal d’années pour cultiver le mépris que tu m’inspires.

— Manse ? Tu… tu es là ?

— Ouais. Je réfléchissais. Écoute, je ne suis pas une mauviette, j’ai les épaules assez larges pour soulever mon fardeau de culpabilité. Mais veux-tu me croire si je te dis qu’il m’aurait été plus facile de mourir aux côtés de Karel ? Si nous trouvons un moyen de régler le problème sans engendrer une troisième réalité aberrante, eh bien, je t’en serai redevable maintenant et à jamais, dans les siècles des siècles.

— Manse, Manse ! Je savais que tu serais d’accord !

— Du calme, ma douce. Je ne te promets rien, excepté de faire tout mon possible. On va voir ce qu’on peut trouver. Des suggestions ?

— Je vais y réfléchir. Euh… il faut savoir ce qui pourrait le faire changer d’avis, c’est ça ? Donc, se faire une idée de sa psychologie. Une question d’intuition. Mais je commence à bien le connaître.

— Ah bon ?

— Oui. Il me drague comme une bête. Jamais ma vertu n’a été aussi menacée.

— Hein ?

— Tu vois, c’est pour ça que je ne peux pas accepter que… Si ce n’était qu’un cliché ambulant, je me laisserais tenter. Mais il est réel. C’est un homme honnête, courageux, loyal, même si ses pré-requis sont totalement dingues ; il n’est guère évolué selon nos critères, mais jamais je n’ai rencontré un homme aussi vivant.

— Eh bien, voyons comment exploiter au mieux toutes ses qualités, et nous retrouver tous les deux le plus vite possible.

— Manse ! Est-ce que par hasard tu serais jaloux ? »

II.

Maître Emilius van Waterloo déclara qu’il se sentait barbouillé et préférait garder le lit. Il tenait à être en état d’assister à la cérémonie nuptiale et aux festivités, dans trois jours de cela. Sire Lorenzo trouva son épouse Walpurgis en larmes dans le solarium. « Pourquoi un tel chagrin, ma dame ? lui demanda-t-il. Votre époux ne souffre que d’une légère indisposition.

— Que Dieu vous entende ! soupira-t-elle. Mais… pardonnez mon audace… j’avais tellement envie de visiter la contrée comme vous nous y aviez invités.

— Je comprends. » Il la dévora des yeux. Sa robe au tissu grossier ne parvenait à dissimuler ni ses galbes ni sa souplesse. Sous sa coiffe perçaient des mèches blondes comme les blés. « Une jeune femme comme vous, qui a tant voyagé, doit se sentir cloîtrée entre ces murs, avec des commères stupides pour seule compagnie. J’éprouve souvent de tels sentiments, moi aussi, Walpurgis. »

Elle le gratifia d’un regard implorant. « Vous me comprenez bien, messire, bien mieux que le commun des guerriers comme vous. »

Il sourit. « Eh bien, je vous emmènerai en promenade, je m’y engage.

— Hélas ! ne vous engagez point à tenir de vaines promesses. Vous devez vous marier et songer avant tout à votre devoir, alors que nous… nous ne pouvons déranger votre père trop longtemps. Dès que les noces auront été célébrées, nous repartirons vers notre pays. » Tamberly baissa les yeux. « Jamais je ne vous oublierai.

— Hum, hum ! » Il s’éclaircit la gorge. « Ma dame, arrêtez-moi si je vais trop loin, mais… peut-être m’accorderez-vous le plaisir de vous escorter, demain par exemple ?

— Oh ! vous… Vous me bouleversez, messire. » Je n’en fais pas un peu trop, là ? Comment le saurais-je ? Ça n’a pas l’air de lui déplaire. « Votre temps est sûrement trop précieux pour… Non, je crois bien que j’ai appris à vous connaître. Vous dites toujours ce que vous pensez. Oui, je demanderai la permission à mon époux, et je pense qu’il sera ravi et honoré de votre proposition. Mais pas autant que moi. »

Lorenzo se fendit d’une révérence. « Tout le plaisir et tout l’honneur sont pour moi. »

Ils devisèrent gaiement jusqu’à la tombée du soir. Elle n’avait guère de peine à lui parler, bien qu’il lui posât quantité de questions sur sa prétendue patrie et sur les contrées qu’elle avait visitées. A l’instar de tous les hommes, il arrivait à parler de lui-même sans qu’on ait besoin de l’y encourager. Mais contrairement aux autres, il le faisait de façon intéressante.

Lorsqu’elle regagna enfin ses appartements, elle trouva Volstrup abîmé dans la contemplation du plafond, qu’une seule chandelle éclairait encore. « Comment ça va ? lui demanda-t-elle en temporel.

— Je m’ennuie comme un rat mort, répliqua-t-il. C’est la première fois que je mesure l’invention de l’imprimerie à sa juste valeur. Ah ! si seulement j’avais de quoi lire ! » Redevenant sérieux : « Enfin, il faut ce qu’il faut. Je peux toujours me réfugier dans mes pensées. » Il se redressa en position assise. « Qu’avez-vous à me dire ? » demanda-t-il avec impatience.

Elle s’esclaffa. « Tout se passe comme nous l’espérions. Il m’emmène promener dans les bois demain matin. Si vous n’y voyez pas d’objection, naturellement.

— Ça m’étonnerait qu’il attende un veto de ma part. De toute évidence, j’ai acquis la réputation d’un époux… hum… indulgent. » Le petit homme plissa le front. « Mais vous, vous ne craignez rien ? Soyez prudente. La situation risque de déraper.

— Ce n’est pas ça qui me fait le plus peur. »

Avait-il rougi ? Il n’y avait pas assez de lumière pour qu’elle en soit sûre. Fille de rien, voilà ce qu’il pense. Le pauvre. Je me demande s’il a bien vécu notre cohabitation placée sous le signe de la chasteté forcée. Enfin, dans un cas comme dans l’autre, on devrait en avoir fini dés demain. Tamberly sentit sa peau la picoter. Elle saisit son communicateur pour appeler Everard. Leur conversation fut brève et sans fioritures.

Elle s’endormit sans problème, ce qui n’alla pas sans l’étonner. Et, en dépit de rêves troublants, elle se réveilla à l’aube dans une forme éblouissante. « Ça va chier des bulles ! s’exclama-t-elle.

— Pardon ? fit Volstrup.

— Rien. Souhaitez-moi bonne chance. » Lorsqu’elle fut prête à partir, une impulsion la saisit. Elle se pencha sur son compagnon et lui effleura les lèvres. « Prenez soin de vous, mon cher. »

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