Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Le grand livre [Doomsday Book - fr]
Le grand livre [Doomsday Book - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le grand livre [Doomsday Book - fr]

Электронная книга - «Le grand livre [Doomsday Book - fr]». Краткое содержание книги:

Quoi de plus naturel, au XXIe siècle, que d’utiliser des transmetteurs temporels pour envoyer des historiens vérifier sur place l’idée qu’ils se font du passé ?
Kivrin Engle, elle, a choisi l’an 1320, afin d’étudier les us et coutumes de cette époque fascinante qu’aucun de ses contemporains n’a encore visitée : le Moyen Age.
Le grand jour est arrivé, tous sont venus assister au départ : Gilchrist, le directeur d’études de Kivrin ; l’archéologue Lupe Montoya, le docteur Ahrens ; sans oublier ce bon professeur Dunworthy, qui la trouve trop jeune et inexpérimentée pour se lancer dans pareille aventure et qui s’inquiète tant pour elle.
Ses craintes sont ridicules, le professeur Gilchrist a tout prévu ! Tout, mais pas le pire…
1 ... 109 110 111 112 113 114 115 116 117 ... 142
Перейти на страницу:

— Voulez-vous quelque chose ? demanda l’infirmière.

Elle emboîta une seringue dans le cathéter.

— Avez-vous des somnifères ?

— Oui.

— Ce sera parfait, dit-il en fermant les yeux.

Il dormit une minute, un jour, ou un mois. La clarté, la pluie, l’absence d’ombres… rien n’avait changé à son réveil. Assis à côté du lit, Colin lisait le livre qu’il lui avait offert pour Noël et suçait une sphère qui distendait sa joue. Il n’a pas dû s’écouler beaucoup de temps, pensa Dunworthy. Le gros bonbon est toujours parmi nous.

— Oh, super ! s’exclama Colin en refermant Le Temps des Chevaliers. La vieille chouette m’a autorisé à rester mais j’ai dû lui promettre de ne pas vous déranger. Vous lui direz que vous vous êtes réveillé tout seul, hein ?

Il cracha la confiserie, l’inspecta et la fit disparaître dans sa poche.

— Vous l’avez vue ? Elle a dû naître au Moyen Âge. Elle est presque aussi nécrotique que la Mégère.

Dunworthy le lorgna. Il portait une veste verte, et le cache-nez gris enroulé autour de son cou avait un aspect encore plus sinistre sur ce fond de verdure.

— Ohé, c’est moi. Colin. Vous me remettez ?

— Oui, bien sûr. Qu’as-tu fait de ton masque ?

Il sourit.

— Ces machins ne servent à rien. Et vous n’êtes plus contagieux, quoi qu’il en soit. Vous voulez vos lunettes ?

Dunworthy hocha la tête, lentement, pour ne pas relancer les maux de tête.

— Les fois précédentes, vous ne m’avez pas reconnu.

Il fouilla dans le tiroir de la table de chevet et lui tendit la paire de lunettes.

— Vous étiez vraiment en sale état. J’ai bien cru que vous aviez disjoncté. Vous m’appeliez Kivrin.

— Quel jour sommes-nous ?

— Le douze. Vous m’avez déjà posé cette question dans la matinée. Vous ne vous en souvenez pas ?

— Non, avoua Dunworthy en mettant ses lunettes.

— Vous avez tout oublié ?

Je me rappelle que j’ai manqué à tous mes devoirs envers Kivrin, pensa Dunworthy. Que je l’ai abandonnée en 1348.

Colin rapprocha la chaise et posa le livre sur le lit.

— La vieille chouette m’a dit que la fièvre avait cet effet sur les gens, précisa Colin avec irritation. Elle refusait de me laisser entrer et de me donner de vos nouvelles. Je trouvais ça injuste. Elle me faisait poireauter dans une salle d’attente et venait régulièrement me dire de retourner chez moi. Quand je lui posais des questions, elle répondait : « Le docteur passera vous voir dans un moment », et c’est tout. Elle me traitait comme un gosse. Où je veux en venir, c’est qu’il faut bien qu’on apprenne un jour la vérité, pas vrai ? Mais ils ne veulent rien dire. Vous connaissez sa dernière trouvaille ? Ce matin, elle m’a mis dehors en disant : « M. Dunworthy est très malade. Je ne voudrais pas que tu l’empêches de se rétablir. » Tu parles !

Il était indigné, mais également las et inquiet. Dunworthy se le représenta hantant les corridors ou les salles d’attente, dans l’espoir d’obtenir son bulletin de santé. Qu’il eût mûri n’avait rien d’étonnant.

— Finalement, même la Mégère s’en est mêlée. Elle m’a ordonné de ne vous communiquer que les informations réjouissantes, parce que les autres vous feraient rechuter et mourir, et que ce serait ma faute.

— Je constate que Mme Meager ne ménage toujours pas ses efforts pour remonter le moral des troupes. Je présume que le virus prendra bien soin de l’éviter.

Colin parut sidéré.

— Vous ne savez pas que l’épidémie est enrayée ? Ils ont levé la quarantaine la semaine dernière.

L’analogique était donc arrivé. Il se demanda s’ils l’avaient reçu à temps pour sauver Badri, puis quels étaient les faits qu’on voulait lui cacher. Je les connais déjà, se dit-il. Le relèvement a été effacé et Kivrin est en 1348.

— Alors, raconte-moi les bonnes nouvelles, dit-il.

— Éh bien, plus personne n’est tombé malade et nous avons été réapprovisionnés. Nous avons finalement pu manger autre chose que des choux de Bruxelles.

— Tu as également pu renouveler ta garde-robe, à ce que je vois.

Colin baissa les yeux sur sa veste.

— C’est un des cadeaux de ma mère. Je l’ai reçue après…

Il s’interrompit et fronça les sourcils.

— Avec des vids, et une pochette de tatouages.

Dunworthy se demanda si elle n’avait pas attendu la fin de l’épidémie pour être certaine que ce ne serait pas une dépense inutile. Il se demanda également quels trésors d’imagination Mary avait dû déployer pour le faire patienter.

— Regardez la fermeture automatique ! Il suffit d’effleurer le bouton, comme ça. Vous n’aurez plus à me rappeler à l’ordre.

L’entrée de la religieuse leur fut signalée par les bruissements de sa blouse empesée.

— Vous a-t-il réveillé ?

— Qu’est-ce que je disais ? grommela Colin. Non, ma sœur. M. Dunworthy ne m’a même pas entendu tourner les pages.

— Il m’a laissé dormir et n’a tenu que des propos réconfortants.

— M. Dunworthy a besoin de repos, décida-t-elle en suspendant une poche de sérum à la potence. Il est encore trop faible pour recevoir des visites.

Elle poussa Colin hors de la chambre.

— Vous feriez mieux d’empêcher Mme Meager de lui lire les Saintes Écritures, protesta-t-il. Ça, c’est un truc à rendre tout le monde malade.

Il s’arrêta net sur le seuil et adressa à la vieille femme un regard menaçant.

— Je reviendrai demain. Vous voulez quelque chose ?

— Savoir comment va Badri.

Dunworthy s’attendait au pire et il fut surpris de l’entendre répondre :

— Bien mieux. Il était presque sur pied quand il a fait une rechute. Il se remet, et veut vous voir.

L’infirmière le poussa dans le couloir et referma la porte.

« Ce n’est pas la faute de Badri », avait dit Mary. La désorientation était un des premiers symptômes de la grippe. Il se rappela qu’il n’avait pu composer le numéro d’Andrews, que Mme Piantini avait fait erreur sur erreur en balbutiant : « Désolée. »

— Désolé, murmura-t-il à son tour.

Le responsable de tout ceci n’était pas le tech mais lui-même. Il lui avait fait partager ses doutes sur les capacités du débutant engagé par Gilchrist, au point de l’inciter à tout reprendre à zéro.

Colin avait oublié son livre. Dunworthy le tira vers lui. Il était si lourd que son bras se mit à trembler lorsqu’il le tint ouvert. Il dut le caler contre le rail latéral de son lit pour tourner les pages. Vu sous cet angle le texte était pratiquement illisible mais il trouva malgré tout ce qu’il cherchait.

La peste noire avait atteint Oxford le jour de Noël. Les universités avaient fermé leurs portes et les habitants encore valides s’étaient enfuis vers les villages voisins en emportant les bacilles avec eux. Les autres étaient morts par milliers, en si grand nombre qu’il n’y avait « plus personne pour garder les biens ou enterrer les cadavres ». Les rares individus toujours présents se barricadaient dans les facultés et cherchaient des boucs émissaires à immoler.

Il s’endormit et s’éveilla en sentant qu’on lui retirait ses lunettes. Il ouvrit les yeux sur l’infirmière de William. Elle lui fit un large sourire.

— Désolée. Je ne pensais pas que votre sommeil était si léger.

1 ... 109 110 111 112 113 114 115 116 117 ... 142
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)