Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Le grand livre [Doomsday Book - fr]
Le grand livre [Doomsday Book - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le grand livre [Doomsday Book - fr]

Электронная книга - «Le grand livre [Doomsday Book - fr]». Краткое содержание книги:

Quoi de plus naturel, au XXIe siècle, que d’utiliser des transmetteurs temporels pour envoyer des historiens vérifier sur place l’idée qu’ils se font du passé ?
Kivrin Engle, elle, a choisi l’an 1320, afin d’étudier les us et coutumes de cette époque fascinante qu’aucun de ses contemporains n’a encore visitée : le Moyen Age.
Le grand jour est arrivé, tous sont venus assister au départ : Gilchrist, le directeur d’études de Kivrin ; l’archéologue Lupe Montoya, le docteur Ahrens ; sans oublier ce bon professeur Dunworthy, qui la trouve trop jeune et inexpérimentée pour se lancer dans pareille aventure et qui s’inquiète tant pour elle.
Ses craintes sont ridicules, le professeur Gilchrist a tout prévu ! Tout, mais pas le pire…
1 ... 105 106 107 108 109 110 111 112 113 ... 142
Перейти на страницу:

C’est le manque de sommeil qui émousse ma sensibilité, se dit-elle. Elle s’allongea près du feu et tenta de dormir. En vain. Elle avait dépassé le stade de la simple fatigue. Huit autres victimes, pensa-t-elle. La mère, la femme et les enfants du bailli. Restaient quatre. Faites que ce ne soit ni Agnès, ni Eliwys, ni le père Roche.

Au matin, le prêtre trouva la cuisinière qui gisait dans la neige, devant sa hutte, transie de froid et crachant du sang. Neuf, se dit Kivrin.

Cette femme était veuve et n’avait personne pour s’occuper d’elle. Ils l’amenèrent dans la grande salle et la couchèrent à côté du clerc qui se raccrochait toujours à la vie. L’hémorragie sous-cutanée avait gagné la totalité de son corps. Des marques violacées striaient sa poitrine et ses membres. Ses joues étaient sombres, sous sa barbe naissante.

Rosemonde, livide et muette, oscillait entre la vie et la mort. Eliwys la soignait avec maintes précautions, semblant croire qu’un mouvement un peu brusque romprait cet équilibre précaire et la ferait basculer dans l’au-delà. Kivrin se déplaçait sur la pointe des pieds entre les paillasses alors qu’Agnès, consciente de la tension ambiante, se tenait à l’écart.

Mais cela ne l’empêchait pas de geindre, de grimper sur la barricade pour demander à Kivrin de l’emmener voir son poney et la tombe de son chien, ou de lui raconter la fin de l’histoire de la belle demoiselle entêtée qui s’était aventurée dans les bois.

— Ça se termine comment ? pleurnicha-t-elle d’une voix qui fit crisser les dents de Kivrin. Le loup la mange ?

La quatrième fois qu’elle posa cette question, Kivrin lui répondit sèchement :

— Je ne le sais pas encore. Va t’asseoir à côté de ta grand-mère.

Agnès regarda Imeyne avec mépris. La vieille femme était toujours agenouillée dans un angle de la salle, leur tournant le dos. Elle avait prié toute la nuit.

— Elle refuse de jouer avec moi.

— Alors, va demander à Maisry.

La fillette harcela la servante pendant cinq minutes puis revint en hurlant que Maisry l’avait pincée.

— Je ne peux le lui reprocher, déclara Kivrin avant de les exiler dans la soupente.

Elle alla voir le garçon scorbutique. Son état s’était amélioré au point qu’il réussissait à s’asseoir. Lorsqu’elle revint de la hutte, Maisry dormait dans le grand siège.

— Où est Agnès ? voulut savoir Kivrin.

Eliwys se tourna vers elle.

— Je l’ignore. Je les croyais toutes les deux dans la soupente.

— Maisry ! Réveillez-vous. Où est Agnès ?

La servante ouvrit les yeux et cilla.

— Vous n’auriez pas dû la laisser seule !

Elle gravit l’échelle, mais la pièce était déserte. Elle alla voir dans la chambre. Agnès n’y était pas.

Lorsqu’elle redescendit, Maisry était allée s’accroupir contre le mur, terrifiée.

— Où est-elle ?

Maisry protégea ses oreilles et resta bouche bée.

— Tu as raison de trembler. Je vais te gifler tant que tu ne m’auras pas dit où elle est !

La fille enfouit son visage dans sa jupe.

Kivrin la saisit par le bras et l’obligea à se lever.

— Où ? Tu devais la surveiller. Elle était placée sous ta responsabilité !

Maisry se mit à hurler, tel un animal aux abois.

— Arrête ! Montre-moi où elle est allée !

Elle la poussa vers les paravents.

Le père Roche entra.

— Que se passe-t-il ?

— Agnès a disparu. Nous devons la retrouver. Peut-être est-elle dans le village ?

Il secoua la tête.

— J’en viens, et je ne l’ai pas vue. Elle doit être dans une des dépendances.

— Les écuries, fit Kivrin, soulagée. Elle voulait voir son poney.

Mais l’enfant n’était pas dans ce bâtiment.

— Agnès ! Agnès !

Le cheval hennit et voulut sortir de sa stalle. Kivrin se demanda quand on l’avait nourri pour la dernière fois et où étaient passés les chiens.

— Agnès !

Elle regarda dans chaque box et dans le râtelier, partout où une petite fille de cinq ans aurait pu se cacher. Ou s’endormir.

Dans la grange, peut-être ? Elle regagna la cour et protégea ses yeux de la luminosité soudaine. Roche émergeait des cuisines.

— Alors ?

Au lieu de répondre, il se tourna vers le portail et inclina la tête pour tendre l’oreille.

Kivrin n’entendait rien.

— Qu’y a-t-il ?

— C’est le Seigneur, répondit-il.

Il partit en courant vers la porte massive. Oh, non, pas lui ! se dit-elle en le suivant.

— Père Roche !

Puis elle remarqua un bruit de galopade et poussa un soupir de soulagement. Le prêtre ne s’était pas référé à Dieu mais au maître des lieux. Il croit que l’époux d’Eliwys est enfin de retour, se dit-elle. À moins que ce soit M. Dunworthy !

Le prêtre souleva la lourde barre et la fit glisser.

Il ira nous chercher de la streptomycine et des antiseptiques. Il emmènera Rosemonde avec lui. Elle a besoin d’une transfusion.

Roche poussa les battants.

Il nous faut également des vaccins, pensait Kivrin. Administrables par voie orale. Où est Agnès ? Il doit l’emmener loin d’ici au plus tôt.

Le cavalier atteignait le portail, lorsqu’elle reprit ses esprits.

— Non ! fit-elle.

Mais il était trop tard.

— Il faut l’arrêter, cria-t-elle à Roche. Il va contracter la peste !

Elle chercha du regard quelque chose qui lui permettrait de l’intimider, de lui faire rebrousser chemin. Elle vit la bêche qu’elle avait posée contre l’enclos des porcs après avoir enterré Blackie. Elle courut s’en emparer.

— Ne le laissez pas entrer !

Le prêtre leva les bras. Le visiteur était déjà dans la cour.

Roche baissa les mains.

— Gawyn ! dit-il.

Mais si l’étalon noir ressemblait à Gringolet, il était monté par un garçon guère plus âgé que Rosemonde. Son visage et ses habits étaient couverts de boue, tout comme l’animal qui soufflait et écumait. L’inconnu était également à bout de souffle et le froid avait rougi son nez et ses oreilles. Il alla pour mettre pied à terre, sans cesser de les observer avec méfiance.

— Restez en selle, lui ordonna Kivrin. La peste a atteint ce village.

Elle avait pris soin de parler très lentement, pour ne pas courir le risque de s’exprimer en anglais moderne.

Elle leva la bêche et la braqua sur lui, tel un fusil.

Il interrompit son mouvement et se rassit.

— La maladie bleue, précisa-t-elle au cas où il n’aurait pas compris.

Mais il hochait déjà la tête.

— Elle est partout, fit-il.

Il se tourna et chercha quelque chose dans sa sacoche.

— Je vous apporte un message.

Il tendit une pochette en cuir au père Roche. Le prêtre s’avança pour la prendre.

Kivrin s’interposa aussitôt.

— Non ! Jetez-la sur le sol ! Vous ne devez pas nous toucher.

Le garçon en sortit un rouleau de parchemin. Il le lança aux pieds du prêtre qui le ramassa et le déroula.

— Que dit cette missive ?

Et Kivrin se rappela qu’il ne savait pas lire.

— Je peux seulement vous dire qu’elle a été écrite par l’évêque de Bath et que je dois la communiquer à toutes les paroisses, répondit le messager.

— Voudriez-vous me la donner ? demanda-t-elle.

— Cela concerne peut-être Messire Guillaume, suggéra Roche. Il nous informe qu’il a été retardé.

Le texte était rédigé en latin et les lettres étaient si tarabiscotées qu’elle avait des difficultés à les reconnaître. Mais c’était sans importance. Elle l’avait déjà lu, à la bibliothèque Bodléienne.

1 ... 105 106 107 108 109 110 111 112 113 ... 142
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)