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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
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La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]

Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:

D’un trou noir dans les profondeurs de l’espace a jailli un rayon de lumière rubis cent fois plus brillant que la Lune.
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
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— Non, vous ne nous avez parlé d’aucune de vos guerres…

— En fait, c’était même pire qu’une guerre. Vous voyez le problème : qui devait se charger des lasers de lancement ? Tout maître ou coalition de décideurs utiliseraient un jour ou l’autre les lasers pour conquérir des terres pour son clan. Si les médiateurs dirigeaient l’installation, un maître quelconque aurait fini par la leur prendre.

— Ils l’auraient donnée au premier décideur venu ? demanda Whitbread, incrédule.

— Bon sang, Jonathan ! Non, bien sûr. Au départ, on leur aurait interdit de le faire. Mais les médiateurs sont mauvais tacticiens. Nous ne savons pas manipuler les bataillons de guerriers.

— Pourtant vous gouvernez la planète…

— Pour les maîtres. Nous y sommes forcés. Si nos chefs se rencontrent pour négocier personnellement, cela se termine toujours par une bagarre. Bref, finalement, on a donné la direction des lasers à une coalition de blancs et on a retenu leurs enfants en otage sur alpha du Grain. Ils étaient tous vieux et avaient une descendance importante. Les médiateurs leur ont menti sur la quantité de poussée qu’exigerait la sonde d’Eddie le Fou. Du point de vue des maîtres, les médiateurs déclenchèrent les lasers cinq ans trop tôt. Astucieux, non ? Mais même ainsi…

— Oui.

— La coalition réussit à récupérer deux des lasers. Ils avaient des bruns pour les aider. C’était obligatoire. Potter, vous venez du système vers lequel était dirigée la sonde, n’est-ce pas ? Vos ancêtres doivent avoir les archives décrivant l’énergie de ces lasers de lancement.

— Oui. Suffisamment de puissance pour éclipser l’Œil de Murcheson. Cela a même fait naître une nouvelle religion. À cette époque, nous subissions nos propres guerres…

— Ils étaient également assez puissants pour vaincre la civilisation d’alors. Le résultat en a été que la décadence est venue très tôt, cette fois-là, mais que nous ne sommes pas retombés en plein état de sauvagerie. Les médiateurs avaient dû le prévoir dès le début.

— Bon sang, grommela Whitbread. Vous travaillez toujours de cette façon-là ?

— Comment cela, Jonathan ?

— En vous attendant que tout s’effondre d’une minute à l’autre ? En utilisant ce fait.

— C’est ce que font les gens intelligents. Tous, sauf ceux qui sont fous comme Eddie. Je crois que le cas le plus classique du syndrome d’Eddie le Fou était représenté par une machine à remonter le temps. Vous l’avez vue, dans une de nos sculptures.

— Exact.

— Un certain historien avait décidé qu’un grand tournant de l’histoire avait eu lieu environ deux cents ans auparavant. S’il pouvait changer cet événement, toute l’histoire granéenne, à partir de cette époque et jusqu’à la fin des temps, serait pacifique et idyllique. Vous imaginez ? Et il pouvait le prouver. Il avait des dates, de vieux mémorandums, des traités secrets…

— Quel était l’événement concerné ?

— Il y avait une… impératrice, une maîtresse très puissante. Tous ses frères et sœurs étaient morts et elle avait hérité de la juridiction d’un immense territoire. Sa mère avait persuadé les médecins et les médiateurs de produire une hormone qui devait être l’équivalent de vos pilules contraceptives. Elle devait faire croire à l’organisme de la maîtresse qu’il était en état de grossesse. On lui en injecterait des doses massives, après quoi elle deviendrait mâle. Et stérile. Quand sa mère mourut, les médiateurs firent administrer cette hormone à l’impératrice.

— Mais alors, vous avez la “pilule” ! s’exclama Whitbread. Vous pourriez vous en servir pour limiter la natalité…

— C’était ce que cet Eddie le Fou pensait. Ainsi ils ont injecté l’hormone durant au moins trois générations, dans tout l’empire. Ça a bien stabilisé la population : plus beaucoup de maîtres, tout très tranquille et pendant ce temps-là, évidemment, l’explosion de population habituelle se produisait sur les autres continents. Les autres maîtres se regroupèrent et envahirent le territoire de l’impératrice. Notre explorateur temporel eut l’idée qu’il pourrait se débrouiller pour que l’impératrice contrôle toute la planète. » La Granéenne de Whitbread renifla de dédain. « Ça ne pouvait pas marcher : comment convaincre les maîtres de devenir des mâles stériles ? Cela arrive bien de temps en temps, mais qui voulez-vous qui s’y lance avant d’avoir des enfants ? C’est le seul moment où l’hormone agit.

— Ah.

— Comme vous dites. Même si l’impératrice avait conquis tout alpha du Grain et stabilisé la population – et si l’on y pense, Jonathan, le seul moyen de réussir cela serait que les chefs passent les commandes aux éleveurs sans jamais avoir d’enfants eux-mêmes – même si cela était arrivé, ils se seraient fait attaquer par les civilisations astéroïdiennes.

— Mais mon vieux, c’est un début ! dit Whitbread. Il doit exister un moyen…

— Je ne suis pas votre vieux et il n’y a pas de moyen. Et c’est une raison de plus pour que je ne souhaite pas la rencontre de votre espèce et de la mienne. Vous êtes tous des Eddie le Fou. Vous pensez que toute difficulté peut être surmontée.

— Tous les problèmes humains ont au moins une ultime solution, dit Gavin à voix basse.

— Pour vous, peut-être, dit l’extra-terrestre. Les Granéens ont-ils une âme ?

— Ce n’est pas à moi de le dire », répondit Potter. Il s’agita sur son siège. « Je ne suis pas le porte-parole du Seigneur.

— Et ce n’est pas non plus à vôtre aumônier de le dire. Comment pouvez-vous envisager de le savoir ? Cela demanderait des connaissances révélées – une inspiration divine, non ? Je doute qu’on vous la fournisse.

— N’avez-vous donc aucune religion ? dit Potter, incrédule.

— Nous en avons des milliers, Gavin. Les bruns et les autres classes semi-intelligentes ne modifient guère les leurs. Mais toute civilisation de maîtres produit la sienne propre. La plupart sont des variantes sur la transmigration de l’âme, avec l’accent sur l’immortalité à travers les enfants. Vous comprenez pourquoi.

— Et les médiateurs ? dit Whitbread.

— Je vous l’ai dit : nous n’avons pas d’enfants. Il y a des médiateurs qui acceptent l’idée de la métempsycose. La réincarnation dans la peau d’un maître. La chose la plus voisine chez vous serait le brahmanisme. J’en ai parlé à l’aumônier Hardy. Il dit que les brahmanes croient pouvoir un jour s’échapper de ce qu’ils appellent la roue de vie. Ça ressemble étonnamment aux Cycles granéens. Je ne sais pas, Jonathan. Jadis, j’acceptais l’idée de la réincarnation mais… on ne peut pas savoir, n’est-ce pas ?

— Et vous n’avez rien de tel que le christianisme ? demanda Potter.

— Non. Nous avons connu des prophéties annonçant qu’un Sauveur mettrait fin aux Cycles, mais, Gavin, nous avons tout connu. Et il est bien certain que le Messie n’est pas encore venu ici ! »

La cité indéfinie se déroulait sous leurs pieds. Bientôt Potter s’enfonça dans son fauteuil et commença à ronfloter. Whitbread en fut effaré.

« Vous aussi, vous devriez dormir, dit la Granéenne. Vous êtes debout depuis trop longtemps.

— J’ai trop peur. Vous vous fatiguez plus vite que nous – c’est vous qui devriez dormir.

— Moi aussi, j’ai trop peur.

— Maintenant j’ai vraiment peur, mon frère. » Est-ce que j’ai appelé ce type mon frère ? Non, je l’ai appelée comme ça, elle ! Et alors ? « Votre musée d’art en montrait plus que ce nous en avons compris, non ?

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