Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Ужасы » Magie et Cristal
Magie et Cristal - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Magie et Cristal

Электронная книга - «Magie et Cristal». Краткое содержание книги:

Prisonniers de Blaine, le monorail fou lancé à pleine vitesse, Roland et ses compagnons filent vers leur destin et, espèrent-ils, la Tour Sombre, leur but ultime. Les épreuves ne font pourtant que commencer pour eux, puisqu’ils devront déjouer les pièges du train infernal pour affronter le Mal aux multiples visages — jusque dans leurs souvenirs et dans leurs rêves, peuplés de signes et de messages qu’ils sont bien en peine de déchiffrer. Ils savent qu’ils doivent protéger la Rose, réceptacle de tout ce que le monde compte encore de magique et de pur, et combattre l’odieux Roi Cramoisi. Les pistoleros ne sont pas au bout de leur quête…
1 ... 109 110 111 112 113 114 115 116 117 ... 233
Перейти на страницу:

Rhéa assista à tout cela dans la boule de verre, ah, quelle vision intéressante, si fait, très intéressante. Mais elle avait déjà assisté à des parties de jambes en l’air, auparavant — parfois à trois ou quatre ou encore plus en même temps (quelquefois certains des partenaires n’étaient pas précisément vivants) —, et le radada ne présentait pas vraiment d’intérêt à son grand âge. Ce qui l’intéressait, par contre, c’était ce qui allait suivre le radada.

Notre affaire est finie ? lui avait demandé la fille.

Peut-être qu’il reste encore un tout petit rien, lui avait répondu Rhéa, avant de souffler à cette impudente dévergondée que faire.

Si fait, elle avait communiqué à cette fille des instructions très précises alors qu’elles se tenaient toutes deux sur le seuil de la masure et que la Lune des Baisers les baignait de sa clarté, tandis que Susan Delgado dormait de son étrange sommeil et que Rhéa lui caressait sa tresse en lui chuchotant ses directives à l’oreille. Maintenant allait venir l’apothéose de cet interlude… voilà ce qu’elle voulait voir, pas deux bébés en train de faire des galipettes comme s’ils étaient les deux premiers sur terre à découvrir comment il fallait s’y prendre.

Ils le firent deux fois avec à peine une pause entre, pour bavasser (elle aurait donné beaucoup aussi pour ouïr sur quoi roulait cette jactance). Rhéa n’était pas le moins du monde surprise ; étant à la fleur de son âge, elle supposait que le gamin avait assez de jute dans son sac pour lui garantir une semaine de double ration, et à en juger par la conduite de cette petite traînée, ça ne serait point pour lui déplaire. Certaines, en découvrant la chose, ne voulaient plus rien d’autre ; elle était de celles-là, songea Rhéa.

Mais on va voir si tu te sentiras aussi en rut dans quelques minutes, petite roulure, sale péronnelle, se dit-elle en se penchant plus près de la lumière rose qui puisait du cristal. Elle sentait parfois la lueur lui endolorir les os mêmes de la face… mais c’était une bonne douleur. Si fait, très très bonne.

Ils en avaient enfin fini… pour le moment, du moins. Se tenant par la main, ils glissèrent dans le sommeil.

— Maintenant, murmura Rhéa. Maintenant, ma toute petite. Sois une bonne fille et fais comme on t’a dit.

Comme si elle l’entendait, Susan rouvrit les yeux — mais vides de toute expression. Elle était à la fois éveillée et endormie. Rhéa la vit libérer doucement sa main de celle du garçon. Elle se redressa, seins nus contre cuisses nues, et regarda autour d’elle. Puis se leva…

Ce fut alors que Moisi, le chat à six pattes, sauta dans le giron de Rhéa, miaulant comme un perdu, en manque de nourriture ou d’affection. Surprise, la vieille femme poussa un cri d’orfraie et le cristal du magicien s’obscurcit aussitôt — soufflé telle la flamme d’une bougie par une bourrasque.

Rhéa se récria à nouveau, cette fois de rage, et s’empara du chat avant qu’il n’ait eu le temps de fuir. Elle le jeta à travers la pièce, directement dans l’âtre. Le foyer était aussi mort qu’il pouvait l’être en été, mais quand Rhéa agita une main osseuse et déformée dans cette direction, une flamme jaune s’éleva de l’unique bûche à moitié carbonisée qui s’y trouvait. Moisi vola hors de l’âtre en hurlant, les yeux écarquillés et sa queue fourchue fumant comme un cigare éteint avec négligence.

— Si fait, cours ! cracha Rhéa après lui. Va-t’en, vil barbot !

Elle revint au cristal au-dessus duquel elle étendit les mains, pouce contre pouce. Mais elle eut beau se concentrer puissamment, faire un effort de volonté tel que son cœur battit dans sa poitrine avec une fureur maladive, elle ne put rien obtenir de plus que la réapparition de la lumière rose, naturelle au cristal. Aucune image. C’était une amère déception, mais il n’y avait rien à faire. En temps voulu, elle pourrait voir, de ses yeux voir, le résultat de ses manigances, si elle daignait aller en ville dans ce but.

Tout le monde pourrait le voir.

Sa bonne humeur retrouvée, Rhéa remit la boule de verre dans sa cachette.

10

Quelques instants avant qu’il ne sombre trop profondément dans le sommeil pour l’entendre, une sonnette d’alarme se déclencha dans la tête de Roland. Peut-être fut-ce l’impression imperceptible que la main de Susan n’étreignait plus la sienne, peut-être de l’intuition pure et simple. Il aurait pu ignorer cette faible alarme, faillit d’ailleurs le faire, mais à la fin son entraînement fut le plus fort. Il revint du seuil du vrai sommeil, luttant pour récupérer sa clarté d’esprit comme un plongeur remonte à la surface d’une source avec force coups de talon. Ce fut dur au début, puis ça devint plus facile ; en approchant de l’éveil, son alarme grandit.

Ouvrant les yeux, il regarda à sa gauche. Susan n’y était plus. Il se redressa, regarda à droite et ne vit rien au-dessus du lit du ruisseau… cependant, il sentait qu’elle était par là, ou tout comme.

— Susan ?

Pas de réponse. Il se mit debout, cherchant de l’œil son pantalon, mais la voix bourrue de Cort — un visiteur dont il n’aurait jamais imaginé la présence dans une charmille aussi romantique — le morigénait déjà dans sa tête. T’as pas le temps, espèce d’asticot.

Toujours nu, il gagna le talus et regarda en contrebas. Susan était bien là, nue elle aussi, et lui tournait le dos. Elle avait dénoué ses cheveux qui tombaient, cascade d’or en liberté, jusqu’à la lyre de ses hanches. L’air glacé qui s’élevait du ruisseau en givrait les pointes de brume.

Elle se tenait au bord de l’eau, un genou posé à terre. Un bras plongé jusqu’au coude dans le courant, elle semblait chercher quelque chose.

— Susan !

Pas de réponse. Et soudain une pensée lui glaça le cœur : elle a été infectée par un démon. Pendant que je dormais, insouciant, à ses côtés, un démon l’a infectée. Cependant, il avait du mal à y croire. Si un démon avait rôdé aux abords de cette clairière, il l’aurait senti. Probablement qu’ils l’auraient senti tous deux ; de même que leurs chevaux. N’empêche que quelque chose clochait chez elle.

Elle pécha un objet dans le lit du cours d’eau et l’éleva à hauteur de ses yeux dans sa main ruisselante. Une pierre. Elle l’examina avant de la laisser retomber — flac. Elle replongea la main, tête baissée, ses cheveux éparpillés à la surface de l’eau comme deux gerbes de blé que le flot s’amusait à tirer dans le sens du courant.

— Susan !

Pas de réaction. Elle retira une autre pierre du ruisseau. Un éclat de quartz blanc triangulaire qui évoquait un fer de lance. Susan inclina la tête à gauche et prit en main une torsade de ses cheveux, comme une femme qui s’apprête à les démêler. Mais elle n’avait ni peigne ni démêloir, seulement cette pierre tranchante et, un instant encore, Roland demeura sur le talus, paralysé d’horreur, persuadé qu’elle entendait se trancher la gorge de honte et de culpabilité après ce qu’ils avaient fait. Lors des semaines qui suivraient, il serait hanté par cette idée aveuglante : si elle avait cherché à se trancher la gorge, il n’aurait pas eu le temps de l’en empêcher.

Puis il retrouva l’usage de ses mouvements et se précipita au bas du talus, sans prendre garde aux cailloux pointus qui lui entaillaient la plante des pieds. Avant qu’il ait pu l’atteindre, elle avait déjà sectionné une partie de la tresse dorée qu’elle tenait avec le morceau de quartz.

Roland la saisit par le poignet, tirant sa main en arrière. Il distinguait très nettement son visage à présent. Ce qu’il avait pu prendre pour de la sérénité du haut du talus se révélait maintenant dans toute sa nudité : c’était la vacuité, le vide qu’il y lisait.

1 ... 109 110 111 112 113 114 115 116 117 ... 233
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)