Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le soleil des rebelles - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le soleil des rebelles

Электронная книга - «Le soleil des rebelles». Краткое содержание книги:

Le nouveau Luca di Fulvio !
Le jeune prince Marcus est encore un enfant lorsqu'il assiste impuissant au massacre de toute sa famille.
Seul rescapé de cette boucherie ennemi héréditaire de la famille de Marcus qui va s'asseoir sur le trône, Marcus ne doit son salut qu'à la jeune Héloïse, fille d'Agnès, la lavandière du village qui l'accueillera sous son toit pour l'élever comme s'il était son fils.
1 ... 108 109 110 111 112 113 114 115 116 ... 157
Перейти на страницу:

— J’ai dû mal voir alors, hier soir, dit Berni d’une voix désolée. Il m’avait semblé que c’était vous qui ramassiez les pièces de monnaie par terre. »

Volod se raidit. « Ce sont des dons spontanés. Nous ne demandons rien.

— Celle de mon seigneur aussi est une donation spontanée.

— Pour l’exposer comme un phénomène de foire. »

Berni regarda autour de lui. « Certes, je vous comprends. Ici, c’est très différent.

— Va-t-en, l’estropié », dit Volod d’une voix dure.

Berni plongea dans une révérence. « Votre Intégrité, je vous salue bien. » Il s’éloigna, de sa démarche caracolante qui faisait tinter sa clarine.

Volod, le visage sombre, retourna dans la tente.

Mikael suivit des yeux le jongleur qui marchait péniblement dans la boue du campement, au milieu des risées de la foule. Puis il rentra à son tour dans la tente.

Emöke, dans un coin, les yeux fermés, parlait seule, dans son dialogue imaginaire avec Gregor. Volod s’était assis à une table improvisée sur deux tréteaux et se versait à boire.

Mikael le regarda. Volod avait changé, depuis qu’ils étaient à Constance. Il passait des heures sous la tente, à boire. Ses yeux de loup s’étaient voilés. Les hommes de la bande erraient dans le campement sans autre occupation que chercher la bagarre. Mikael sentait lui aussi un malaise chaque jour plus profond. Un malaise qui entretenait sa mauvaise humeur.

« Qu’est-ce qu’on fait ici ? demanda-t-il à Volod d’une voix maussade.

— Me casse pas les couilles, répondit celui-ci en se versant encore du vin.

— Tu avais dit qu’on chercherait des réponses, continua Mikael d’un ton accusateur. Au lieu de ça, tu passes tes journées à boire dans cette tente de merde.

— C’est pas ma faute s’ils ont arrêté le seul homme à qui je voulais parler.

— Non. Mais tu m’avais dit que le monde entier était ici. Et qu’on y serait nous aussi. Parce que c’était important. » Il écarta les bras, montrant l’intérieur sordide de la tente. « Regarde-nous ! Là-dedans, à respirer cet air vicié, à nous saouler comme à la taverne, à…

— Ta gueule ! » Volod tapa le cul de son verre sur la planche qui servait de table et se versa de nouveau à boire.

Mikael frémissait de colère. Il se sentait trahi. Il était à des centaines de lieues d’Eloisa, et il ne savait même plus pourquoi. « Moi, j’avais un rêve, ajouta-t-il sourdement. Toi aussi. On voulait que la justice règne sur notre terre.

— Tu peux pas changer le monde tout seul, paysan, dit Volod, la bouche pâteuse.

— Alors on n’a qu’à le changer tous ensemble ! », s’exclama Mikael. Volod fit une moue désabusée, avant de reprendre une gorgée de vin. « Les serfs n’attendent qu’une chose…

— Oui, oui, je sais. Tu n’arrêtes pas de répéter ça ! explosa Mikael. Ils attendent qu’on leur torche le cul parce qu’ils sont pas capables de se le torcher tout seuls.

— Exactement.

— Rentrons ! Apprenons-leur à torcher leur merde !

— Il serait plus facile à la Terre de tourner autour du Soleil, dit Volod.

— Alors je dirai au Soleil de s’arrêter et à la Terre de lui tourner autour, si c’est ça qu’il faut.

— T’es vraiment con, paysan », dit Volod ironiquement, en se versant un autre verre.

Mikael le regarda. « Il a raison, le bouffon, dit-il avec l’intention de blesser. On est là à vivre sur le dos d’Emöke, comme des parasites. »

Volod leva les yeux, le regard éteint. « Personne te retient. Tourne les talons quand tu veux, et va-t-en. »

Mikael serra les poings. « C’est bien ce que j’ai l’intention de faire, avant de devenir comme toi ! » Il sortit rageusement de la tente, repoussant l’un des hommes, qui rentrait saoul aux premières heures du matin.

Aussitôt qu’il fut dehors, une femme l’accosta. Elle tenait un fin bracelet d’argent avec un petit cœur de corail. « C’est pour la Sainte, lui dit-elle en lui tendant son bijou de pacotille. Pour qu’elle prie pour moi.

— L’homme qui tient la caisse est dans la tente », répondit abruptement Mikael.

Il s’éloigna d’un pas furieux, sans se soucier des flaques de boue. Près de la palissade qui délimitait leur campement, il vit un groupe de gamins avec des bâtons poursuivre une tache multicolore, qui claudiquait tant bien que mal pour leur échapper. Malgré le chahut des gamins, on entendait le son d’une clarine. Ils finirent par rattraper le bouffon, le jeter au sol et glisser leurs bâtons entre ses jambes estropiées. Il se débattait dans la boue, comme une sauterelle.

Mikael s’élança. « Laissez-le ! Laissez-le ! » Il tomba sur le premier qui lui passa sous la main et l’envoya valdinguer. Un autre brandit son bâton. Mikael esquiva le coup, tourna sur lui-même et déséquilibra son adversaire qu’il désarma avant de le frapper aux reins avec sa propre arme. Le garçon hurla de douleur et tomba à genoux. Mikael fit tournoyer le bâton et dispersa les autres. « Va-t-en ! », cria-t-il à la figure de celui qu’il avait frappé sur les reins. Celui-ci se leva, perclus de douleur, et s’enfuit.

Mikael tendit la main au bouffon pour l’aider à se relever.

Berni regardait son costume souillé. Il eut un demi-sourire. « À quoi sert un bouffon, sinon à amuser les enfants ?

— Ce sont des lâches ! dit Mikael, encore bouillant de colère.

— Et maintenant, je devrais te dire merci, c’est ça ? »

Berni avait abandonné son rôle de bouffon. Son visage était sérieux. Mikael le regarda mieux. Peut-être qu’il était seulement triste.

« Si tu t’avises de me plaindre, je retourne me faire bastonner, dit Berni d’un ton cynique. Je préfère. » Puis il s’adoucit et ajouta : « Au moins, j’ai l’habitude ».

Mikael le regardait sans répondre. Il se souvenait du temps où c’était lui le plus faible.

« Merci, en tout cas », siffla Berni entre ses dents.

Mikael haussa les épaules.

« Qu’est-ce que tu veux ? demanda Berni. Vous avez changé d’avis à propos de la Sainte ?

— Non, répondit Mikael, qui restait là à le fixer.

— Bon. Je t’ai dit merci. Pourquoi tu restes planté là ? On peut se saluer, non ?

— Oui… répondit Mikael, toujours immobile.

—Écoute, le baudet. Je mets le double de temps pour rentrer d’où je viens. Décide-toi à me dire ce que tu veux, sinon j’arriverai à la nuit tombée.

— Je t’accompagne, dit alors Mikael. Comme ça, je ne te ferai pas perdre de temps. »

Berni le regarda, sincèrement étonné. « Autrement dit, tu me sauves, et ensuite tu n’as pas honte de marcher dans les rues glauques de cette ville avec moi ? »

Mikael secoua la tête. « Pourquoi je devrais avoir honte ? »

Berni fronça les sourcils. « T’es bizarre, tu sais ? Peut-être que tu es encore plus baudet que je pensais.

— Baudet, c’est vraiment original comme surnom… mais tu peux aussi m’appeler imbécile, idiot, couillon ou benêt, et je promets que je te répondrai toujours, dit Mikael avec un petit sourire malin. Ou bien tu peux utiliser mon nom, Mikael. »

Berni sourit. « Tiens-toi à ma droite, Mikael le baudet, lui dit-il. Si tu marches à ma gauche, il faudra t’éloigner au moins d’un pas. Sinon je te donnerai sans arrêt des coups de tête. » Il se mit à rire.

Tous deux se frayèrent un passage vers la porte sud de Constance.

« Si un jour il me passait par la tête de tomber amoureux, et si je trouvais une femme qui réponde à mon amour, dit Berni en voyant un couple de jeunes gens échanger des baisers, sais-tu ce que je ferais ? »

1 ... 108 109 110 111 112 113 114 115 116 ... 157
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)