Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le soleil des rebelles - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le soleil des rebelles

Электронная книга - «Le soleil des rebelles». Краткое содержание книги:

Le nouveau Luca di Fulvio !
Le jeune prince Marcus est encore un enfant lorsqu'il assiste impuissant au massacre de toute sa famille.
Seul rescapé de cette boucherie ennemi héréditaire de la famille de Marcus qui va s'asseoir sur le trône, Marcus ne doit son salut qu'à la jeune Héloïse, fille d'Agnès, la lavandière du village qui l'accueillera sous son toit pour l'élever comme s'il était son fils.
1 ... 106 107 108 109 110 111 112 113 114 ... 157
Перейти на страницу:

— Vous ne voudriez pas dormir, vous aussi ?

— C’est bien ce que j’essaie de faire, grommela Agnete.

— Non, je voulais dire dormir… pour de vrai, dit Eloisa. Vous ne voulez pas vous coucher avec moi ? Le lit est assez grand pour deux.

— La musique de mon cul te manque ? », dit Agnete en riant. Eloisa rit aussi. « Venez, je veux que vous me preniez dans vos bras. »

Agnete se leva et se glissa sous les couvertures. Aussitôt qu’elle fut étendue, elle poussa un petit cri de plaisir. « Oh ! Mais quelle merveille ! », s’exclama-t-elle. Elle se tourna sur le côté. « Le Paradis terrestre ! » Elle se tourna de l’autre côté. « Quel délice ! » Elle se mit sur le dos. « Ah là là, quel prodige ! Quel…

— Mère !

— Tu sais quoi… C’est un vrai remède pour mes pauvres os ! Un vrai baume !

— Mère, si vous ne vous taisez pas, je vous renvoie sur votre couche. »

Agnete se tut, mais ne tint pas longtemps. « Ah ! Ça console de tout ! »

Eloisa s’endormit le sourire aux lèvres, les soupirs heureux de sa mère dans les oreilles. Elle gardait la main sur son ventre, où grandissait cet enfant qu’elle aimait déjà désespérément. Cette nuit-là, elle oublia la tristesse, la peur et l’angoisse.

Bientôt, Eloisa, qui se rétablissait et reprenait des forces, commença à se promener dans la cour aux heures chaudes, toujours escortée par deux gardes qui ne laissaient personne l’approcher.

« Je peux marcher avec toi ? », lui demanda Lukrécia un après-midi.

Eloisa haussa les épaules. « Est-ce que je peux vous en empêcher ? », répondit-elle agressivement.

Lukrécia marcha à côté d’elle, sans parler.

L’après-midi suivant, elle l’accompagna de nouveau dans sa promenade. Le lendemain aussi. Sans jamais lui adresser la parole.

Le quatrième jour, Eloisa lui demanda : « Qu’est-ce que vous me voulez ? » Elle inclina la tête vers elle, un sourire sarcastique aux lèvres. « À part mon enfant, bien sûr.

— Je ne sais pas, répondit simplement Lukrécia. Je suis toujours seule…

— Prenez un chien », dit âprement Eloisa.

Lukrécia eut un sourire triste. « Tu as raison. » Elle s’apprêtait à s’en aller.

« Attendez. Vous allez prendre mon fils, mais vous voulez aussi mon homme, c’est bien ça ? J’ai entendu votre père vous dire… »

Lukrécia lui fit signe de se taire. « Pas ici, chuchota-t-elle en tournant discrètement les yeux vers les gardes. Tu veux dîner avec moi ce soir ? Je répondrai à ta question. »

Ce soir-là, dans la chambre de la princesse, les deux jeunes filles étaient assises devant une table richement dressée, et mangeaient avec des couteaux d’argent dans des assiettes finement ciselées.

« Tu m’as demandé si je voulais ton homme », dit Lukrécia en grignotant sans envie une caille farcie de mie de pain, raisins secs et noix, accompagnée d’une sauce aigre-douce de pommes.

Eloisa, tendue, la regardait.

Lukrécia eut un sourire mélancolique. « J’ai eu deux hommes dans ma vie. » Elle se tut, fixant Eloisa sans baisser les yeux.

Eloisa lut dans ses yeux une profonde tristesse.

Les joues de Lukrécia s’empourprèrent, tandis qu’elle jouait nerveusement avec ce qu’il restait dans son assiette. Elle poussa un profond soupir. « Le premier a été mon père, quand j’étais un peu plus qu’une petite fille », dit-elle enfin.

Eloisa eut un coup au cœur.

« Le second est mon mari, continua Lukrécia, comme s’il lui était moins difficile de parler maintenant. Un sodomite qui me méprise et ne me prend que par derrière, comme une chienne. » Elle eut un sourire crâne.

Mais Eloisa put soudain voir combien elle était écrasée de douleur.

« Je hais les hommes, reprit Lukrécia. Ou plutôt non, j’en ai peur… » Elle posa la main sur le poignet d’Eloisa.

La peau de Lukrécia était douce et délicate.

« Tu peux être tranquille, conclut-elle. Je ne chercherai jamais à t’enlever ton homme.

— Mais alors, pourquoi votre père… ? demanda Eloisa, étonnée.

— C’est vrai que j’ai regardé Mikael avec intérêt, répondit Lukrécia. Mais mon père ne connaît que les sentiments répugnants… il croit que tout le monde est comme lui. » Elle serra plus fort le poignet d’Eloisa. « J’ai regardé ton Mikael parce qu’il soutenait le regard de mon père. Parce qu’il était prêt à le défier. » Ses yeux se remplirent de larmes. « J’ai éprouvé de l’envie, pas du désir. Parce qu’il est fort et que moi… » Sa voix se cassa. « … et que moi… je suis faible. »

Eloisa la regarda en silence, avec un profond chagrin. Mais son regard tomba sur le rembourrage de la robe de la princesse, et cette soudaine solidarité la révolta. La princesse allait lui voler son enfant. Elle posa les mains sur son propre ventre, sur l’enfant de Mikael. « Je dois y aller, dit-elle brusquement en se levant. Merci pour ce dîner. »

À partir de ce soir-là cependant, ses relations avec la princesse changèrent. Elle éprouvait toujours une bouffée de colère à la pensée que Lukrécia aurait son enfant. Mais elle n’arrivait plus à la voir uniquement comme une ennemie. La douleur et la tristesse qu’elle avait lues dans ses yeux, quand elle lui avait fait ces terribles confidences, avaient fissuré quelque chose, ouvert une brèche dans son âme. Lukrécia était une victime d’Ojsternig, elle aussi. De jour en jour, les deux jeunes filles commencèrent à se fréquenter de plus en plus souvent.

Au début, elles parlaient de tout et de rien, mais même dans leurs propos les plus sots et les plus superficiels, des liens se tissaient peu à peu. Eloisa voyait les yeux de la princesse éteints par le malheur. Et Lukrécia sentait tout le poids que supportait cette jeune mère à qui on allait prendre son enfant.

La grossesse d’Eloisa se déroulait sans difficulté sous le regard attentif d’Agnete. Grâce aux repas nourrissants et réguliers, elle semblait refleurir, malgré l’angoisse de sa situation. Ses seins avaient grossi. La peau de son visage était tendue et lumineuse. Son ventre commençait à devenir encombrant.

« J’ai calculé que ton fils devrait naître sous le signe des Gémeaux, lui dit un matin Lukrécia, comme elles étaient assises sur un banc de pierre dans la cour, sous le beau soleil tiède d’avril.

— Vous vous y connaissez en astres ? lui demanda Eloisa, admirative.

— Je ne m’y connais en rien du tout, répondit Lukrécia en haussant les épaules. Mais je n’ai rien d’intéressant à faire, sinon broder et lire.

— Moi, je ne sais pas lire, dit Eloisa en rougissant de honte.

— Veux-tu que je t’apprenne ? demanda spontanément Lukrécia.

— Vraiment, vous le feriez ? s’exclama Eloisa, les yeux écarquillés.

— Nous pourrions lire ensemble ce que les astres disent pour ton fils ! », dit Lukrécia, avec l’enthousiasme d’une enfant.

Les yeux d’Eloisa se voilèrent de larmes. « Vous êtes la seule à dire “ton fils”, dit-elle, pleine de gratitude. Pour les autres, il est “le fils de la princesse”.

— Mon fils, il est là », répondit Lukrécia avec un rire, en montrant le coussin qui rembourrait ses robes et auquel la couturière, de semaine en semaine, ajoutait une couche de toison de mouton.

Eloisa rit aussi, mais redevint bien vite triste. « À la fin, pourtant, vous aurez un fils en chair et en os. »

Lukrécia se fit sérieuse à son tour. « Parfois je repense à la prophétie faite par cette femme qui s’est enfuie. Tu te souviens ? “Tu auras un petit homme, m’a-t-elle dit. Mais il ne sera pas à toi”. » Elle s’interrompit, troublée. « Je suis désolée, ajouta-t-elle. Je lui donnerai tout l’amour que peut donner une femme qui ignore ce qu’est l’amour. » Elle tendit la main vers Eloisa et effleura sa robe. « Mais tu pourras le voir tous les jours. Et suppléer à mes manques. » Elle sourit.

1 ... 106 107 108 109 110 111 112 113 114 ... 157
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)