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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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« Eh bien, il dîne avec le Seigneur Jésus, ce soir, dit Big Jim. Rôti de bœuf, purée au jus, pommes au four en dessert. » Il dégustait lui-même un grand plat de fettucini Alfredo, grâce aux bons soins de la société Stouffer. Plein de cholestérol, soupçonnait-il, mais le Dr Haskell n’était plus là pour lui casser les pieds avec ça.

« Je t’aurai survécu, vieux chnoque », dit Big Jim à son bureau vide, partant d’un rire bon enfant. L’assiette de pâtes et le verre de lait (Big Jim ne buvait pas d’alcool) étaient posés sur le sous-main. Il mangeait souvent dans son bureau et ne voyait pas de raison de changer ses habitudes parce que le pasteur Coggins avait fini ses jours ici. Sans compter que la pièce avait été rangée et nettoyée de fond en comble. Oh, il ne doutait pas que l’une de ces équipes de techniciens de la police comme on en voyait à la télé trouverait plein d’éclaboussures de sang avec leur Luminol, leurs lumières spéciales et tout leur bazar, mais ce n’était pas demain la veille qu’ils envahiraient son bureau. Quant à Peter Randolph menant une enquête sur la question… rien que l’idée était une plaisanterie. Randolph était un idiot.

« Sauf que, déclara Big Jim à la pièce d’un ton docte, c’est mon idiot. »

Il engloutit les derniers serpentins de pâtes, essuya son imposant menton avec une serviette puis se remit à prendre des notes sur le bloc de papier brouillon posé à côté du sous-main. Il avait pris des tas de notes, depuis dimanche ; il y avait tant à faire. Et si le Dôme restait en place, il y en aurait encore plus.

Big Jim espérait, d’une certaine manière, qu’il resterait en place, du moins pour un moment. Le Dôme lançait des défis qu’il était certain de relever (avec l’aide de Dieu, bien sûr). Il devait en premier lieu renforcer son emprise sur la ville. Pour cela, il avait besoin d’autre chose que d’un simple bouc émissaire ; il avait besoin d’un Père Fouettard. Le choix évident était Dale Barbara, l’homme que le coco en chef du parti démocrate avait nommé à la place de James Rennie.

La porte du bureau s’ouvrit. Big Jim leva les yeux et vit son fils debout devant lui. Son visage était pâle et sans expression. Quelque chose n’allait pas très bien chez Junior, depuis quelque temps. Aussi occupé qu’il ait été par les affaires de la ville (sans parler de son autre entreprise, cela aussi l’avait bien occupé), il s’en était rendu compte. Mais il n’en avait pas moins confiance en son fils. D’ailleurs, même si Junior essayait de le lâcher, Big Jim était sûr de pouvoir contrôler la situation. Il avait passé toute sa vie à tailler sa route ; ça n’allait pas changer aujourd’hui.

Sans compter que le garçon s’était chargé de le débarrasser du cadavre. Du coup, il était devenu partie prenante dans l’histoire. C’était bien. En fait, c’était l’essence de la vie dans une petite ville. Dans une petite ville, tout le monde doit être impliqué partout. Comment disait cette chanson idiote, déjà ? Nous soutenons tous l’équipe.

« Fiston ? Ça va ?

— Ça va », répondit Junior.

Non, ça n’allait pas, mais il se sentait mieux, les restes de poison de sa dernière migraine se dissipaient. Le moment passé avec ses petites copines l’avait aidé, comme il l’avait prévu. L’arrière-cuisine des McCain commençait à ne plus sentir très bon, mais au bout d’un certain temps passé à leur tenir la main, il s’y était habitué. Il avait l’impression qu’il finirait par aimer cette odeur.

« Tu as trouvé quelque chose dans son appartement ?

— Oui, répondit Junior en lui tendant les plaques militaires.

— Excellent, fiston. Vraiment excellent. Et es-tu prêt à me dire où tu as mis… où tu l’as mis ? »

Junior secoua lentement la tête de droite à gauche, mais ses yeux restèrent braqués sur le même endroit. Sur le visage de son père. L’effet avait quelque chose d’un peu inquiétant. « Tu n’as pas besoin de le savoir. Je te l’ai déjà dit. L’endroit est sûr, c’est tout ce qui compte.

— Ainsi, c’est maintenant toi qui me dis ce que je dois savoir ? »

Il avait cependant parlé sans sa hargne habituelle.

« Cette fois, oui. »

Big Jim étudia plus attentivement son fils.

« Je te trouve bien pâle. Tu es sûr que tu vas bien ?

— Très bien. Rien qu’un mal de tête. C’est presque fini.

— Tu ne veux pas manger quelque chose ? Il reste encore des fettucini dans le congélateur et le micro-ondes fait un excellent boulot. (Il sourit.) Autant en profiter tant que c’est encore possible. »

Les yeux sombres à l’expression réfléchie s’abaissèrent quelques instants sur la flaque de sauce blanche qui restait dans l’assiette de Big Jim, puis remontèrent jusqu’au visage de son père. « J’ai pas faim. Quand faut-il que je découvre les corps ?

— Les corps ? s’étonna Big Jim, fronçant les sourcils. Comment ça, les corps ? »

Junior sourit, ses lèvres ne s’écartant que pour laisser voir un peu de ses dents. « T’occupe pas. Tu seras d’autant plus crédible si tu es surpris comme tout le monde. Pour le dire autrement, une fois qu’on aura allumé la mèche, la ville sera prête à pendre Baaarbie haut et court. Alors ? Quand on le fait ? Ce soir ? Parce que ça va marcher. »

Big Jim réfléchit. Il regarda son carnet. La page était couverte de notes (et de quelques taches de sauce Alfredo), mais une seule était entourée : la salope du journal.

« Non, pas ce soir. Nous pouvons même augmenter la mise, si nous jouons bien notre coup.

— Et si le Dôme disparaît pendant que tu fais des manières ?

— Tout va bien se passer, répondit Big Jim. Et si jamais Mr Barbara parvient à se dégager du traquenard — peu probable, mais les cafards ont l’art de trouver des fissures quand on allume la lumière —, il y a toujours toi. Toi, et ces autres cadavres. Et maintenant, va manger quelque chose, même si ce n’est qu’une salade. »

Mais Junior ne bougea pas. « N’attends pas trop longtemps, papa.

— T’inquiète pas. »

Junior considéra la réponse, le considéra, lui, de ses yeux sombres qui semblaient étranges, maintenant, puis parut perdre tout intérêt. Il bâilla. « Je vais juste aller me coucher. Je mangerai plus tard.

— N’oublie pas. Tu deviens trop maigre.

— C’est la mode, aujourd’hui », répliqua Junior, adressant à son père un sourire vide encore plus inquiétant que ses yeux. Un sourire de tête de mort, telle fut l’impression de Big Jim. Cela lui fit penser au type qui se faisait maintenant appeler le Chef — comme si sa vie antérieure sous le nom de Phil Bushey avait été annulée. Lorsque Junior quitta la pièce, Big Jim laissa échapper un soupir de soulagement sans même s’en rendre compte.

Il prit son stylo : tellement de choses à faire. Il allait les faire, et bien. Il n’était pas impossible que, lorsque l’affaire serait terminée, sa photo parût en couverture du Time.

4

Son générateur en état de marche — ce qui ne durerait pas bien longtemps si elle ne trouvait pas de bonbonnes de propane —, Brenda Perkins put allumer l’ordinateur de son mari et imprimer tout ce que contenait le dossier VADOR. L’incroyable liste de délits établie par Howie, lequel était sur le point d’entrer en action, apparemment, au moment de sa mort, lui semblait prendre plus de réalité sur du papier qu’à l’écran. Et plus elle les étudiait, plus ils lui paraissaient cadrer avec le Jim Rennie qu’elle connaissait depuis presque toujours. Elle avait toujours su que c’était un monstre ; à présent, elle savait à quel point il en était un.

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