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La Mythologie dans l'art ancien et moderne

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La Mythologie dans l'art ancien et moderne
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liiiii a leurs sourcils toi'tiunix. Ouaiid ils iiiaicheiit, les vents ailés soufflent contre leurs oreilles raidies et le lon^- de leurs joues velues ; une ([ucue de cheval s'étend sur leur dos, s'arrondit autour de loui's reins et se dresse. »

L'antiquité primitive représentait les salues sous des lornies grotcs-(jues ou effrayantes et se plaisait à se les figurer comme des ravisseurs de nym])lies. On continue toujours à faire de vieux satyres barbus ; mais l'art de la grande époque fit aussi des satyres plus jeunes, dans lesquels l'élégance de la tonne et une aimable espièglerie se trouvent associées au caractère [)iiniitif des compagnons de Bacchus. p]nfin, il y eut des

Fig. ôOô. — Bacchus conduit par un satyre (d'après une peinture de vase).

satyresses et des satyres enfants, toujours bien potelés, avec l'air malicieux, mais nullement méchants. Les satyres ont, comme signe distinclif de leur race, le nez canlard, les oreilles pointues, les yeux obliques, les cheveux hérissés, des cornes naissantes et deux petites loupes de chair sous le menton comme des chevreaux. Hésiode appelle les satyres une race propre à rien; l'épithète peut être juste, mais comme ils courent sans cesse après les nymphes, qu'ils poursuivent à travers les bocages, les peintres et les sculpteurs ont trouvé dans leurs mœurs les sujets d'une foule de compositions ravissantes.

C'est le sculpteur Praxitèle qui paraît aoir lié le l[)e des satyres tels que nous les voyons sur de nombreuv monuments antiques. Il avait fait un satyre en bronze qui avait acquis dans l'antiquité une telle réputation qu'à Athènes on ne l'appelait jamais autrement que le Célèbre. Parmi les autres représentations fameuses de satyres on citait celui de Protogène. C'est ce tableau que Protogène était en train de faire quand Démétrius vint assiéger Rhodes, où habitait lillustre artiste, dont le vainqueur ordonna de respecter la maison.

Nous avons dans nos musées |)lusieurs statues admirables do faunes

on (lesnhrcs. Le Fautif flùtnir {\[ Louvre est ic^aidé coniiiu' mio iini-lîitioM <riiiio sculpture (le PiaxitMc. Ce nom de Jaune llnteni' réi)on(l an reste à deux statues |>i'es(|ne analogues et sur lesquelles le eatalotine du musée donne la notice suiante : *< Ces deu charmantes statues i'e[)re-sentent des satyres adolescents, jonaiit de la llùte traversièrc (tig-. .iOT el 508). Les jambes croisées, ils s'appuient nonchalamment, le premiei-contre un cippe, le second contre un tronc d'arbre. Leurs pardalides en écharpe, attachées sur Tépaulc, recouvrent une partie de ces supports, placés sur le côté gauche. Le Satyre au repos, peint par Protogène, s'aj»-puyait penl-ètre aussi sur une colonuette. On admet généralenKMitffue le

l''ig. 500. — Faune et faunesso (d'après un buste antique, musée de Naplcs).

célèbre satyre de Praxitèle, connu sons le nom de Périboëtos (le Fameux.), a été Toriginal de nos statues, hypothèse d'autant plus vraisemblable, (|ue [nescpie tous les musées possèdent ce motif souvent répété. Le style et l'idée rappellent, en effet, les tendances de l'école de Praxitèle et la lloraison de la poésie bucolique ; mais le Périboëtos portait une coupe. Quant au travail, le jeune satyre au cip[te est bien su|iérienr a l'autre. »

Le Faune au repos du Vatican passe également et peuf-étre aec plus de raison pour une imitation du satyre de Praxitèle(fig. \^). Va' Faune dansant de la-galerie de Florence est un satyre moins jeune ({ue les précédents et dont les formes se rapprochent de l'âge viril. On peut en dire autant de la belle statue connue sous le nom du Faune jonant des cymbales (fig. 509), sur laquelle Clarac, dans son grand ouvrage sur les statues antiques de l'Europe, a fait la remarque suivante : « On voit ici une des

Fig. 507. — Faune llùteur au cippc (d'après une statue antique, musée du Louvre;

BACCHANTES Eï SATYRES.

ooi

|iliis belles slaiiics antiques. Elle est aussi précieuse parle savant travail <lc lai liste (pu^ par la connaissance qu'elle donne de rinstriiment attache à son pied droit. Cette machine était composée de deux petites crotales (aujoui-d'luii castagnettes) fixées à deux planches réunies par une espèce de charnière, de sorte qu'on pouvait les frapper l'une contre l'autre. Elle était appelée scabillum;o\ attachait le dessus de cette machine au pied comme on le voit à notre faune. On fra|)pait les castagnettes

Fig. 50^. — Faune flùtcui" au tronc darbre (d'après une statue antique^.

en cadence, soit pour marquer la mesure, lorsqu'il n'y avait qu'un scahillum dans un chœur de musiciens, soit pour accompagner les autres instruments, lorsqu'il y en avait plusieurs. J'ai appelé Faune cette statue avec les écrivains qui m'ont précédé, mais son véritable nom doit être Satyre. D'abord, on ne peut douter que Faune ne soit une divinité de la mythologie romaine seule, et ce beau marbre est indubitablement ou une statue grecque, ou la copie d'une statue grecque. Fnsuite les satyres, dans l'ancienne mythologie, avaient les formes humaines excepté les oreilles et la queue d'un cheval. Les faunes leur

î)o2 • UACCIIIS KT SUN COliTKd K.

r('SS(MVil)K'iviil. mais (l('|iiiis Zciixisoii Iciii-(l<iiiiia iiiic (|iictk'(l(' boiic. »

Les Faunes. — Le Nciilable Faune est piimitiveiiienl un dieu italien, (jue l'art a eontoiidn avee les satyres. Il est pirscnté ehez les aiieicMS auteurs aee tous les caiaetrivs d'un ciN ilisateur. (|ui adoiu'it

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Fig. :m. — F;iuiie jouant des cymbales (d'après une statue antique).

les mœurs nomades par la musique. 11 est l'inventeur du chalumeau. Lorsque le culte des Grecs se répandit en Italie, les rapports que Faune présentait aec Pan les firent confondre, malgré la diversité de leur légende. Comme tous les dieux primitifs de Fltalie, Faune veillait à la fécondité des troupeaux et recevait les hommages des hergers. Plusieurs belles statues antiques le représentent avec un caractère pastoral et portant un chevreau sur ses épaules (fig. 512).

l'ig. ôlO. — Faune au repos (d'après une statue antique, à Rome;

BACCHANTES ET SATYRES.

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Le brillant cortège de Bacchiis a fréquemment inspiré les artistes modernes; mais aucun ne s'est pénétré autant que le Poussin du caractère de la mylhologie grecque. Nous en avons de très-beaux exemples au musée du Louvre, à la Galerie Nationale de Londres, et dans plusieurs grandes collections de l'Europe. Il y a une ivresse et une gaieté charmantes chez ces satyres qui courent après les nymphes des bois, et aucun artiste n'a mieux compris ces types étranges. Qu'elle

Fig. r>ll. — Faune dan^^ant (d'après vino statue antique).

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