Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » La jeune fille et les clones
La jeune fille et les clones - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La jeune fille et les clones

Электронная книга - «La jeune fille et les clones». Краткое содержание книги:

Sur Stratos, les femmes se reproduisent l'hiver par clonage. En été, les hommes entrent en rut et il faut les enfermer dans les Sanctuaires. Mais quelques-uns échappent à la police sexuelle et s'accouplent, proti pudor ! avec les femmes. Les « vars » qui naissent de ces unions sont élevés jusqu'à la puberté puis chassés du clan ; à eux d'en fonder un autre, s'ils peuvent.
Maia et Leie, sa soeur jumelle, se voient ainsi, très jeunes, réduites à explorer ce monde pastoral et le trouvent plutôt compliqué. Il y a des radicales qui militent pour les droits des hommes ; des Perkinites qui au contraire, pour les éliminer, proposent la parthénogénèse ; et même un visiteur venu des étoiles pour proposer à Stratos de réintégrer le Phylum. Quoi, il y aurait eu sécession ? Pourquoi tous ces mystères : la Porte à Enigmes, le Mur d'Images, le Grand Modeleur ? Et comment faire bouger les choses ?
1 ... 101 102 103 104 105 106 107 108 109 ... 147
Перейти на страницу:

La clé résidait dans la communauté de pensée. Sur plusieurs générations, on ne pouvait se fier à la seule mémoire, mais on pouvait être sûre que si une femme fondait un clan, ses lointaines descendantes penseraient comme elle. C’est dans cette optique qu’elle avait reconsidéré le problème, après ses premiers échecs et après que les essais de Leie avec un petit vérin hydraulique eurent menacé de briser le mécanisme. Elle devait penser comme une Lamaï. Ce n’était pas si facile que ça.

Elle avait grandi parmi elles et connaissait les schémas qui régissaient chaque étape de leur vie : l’enthousiasme prudent des trois-ans qui cédait à quatre ans devant un masque de cynisme. L’explosion de romantisme de l’adolescence, puis le retrait dans sa tour d’ivoire et le mépris pour tout ce qui n’était pas lamaï – dédain proportionnel à l’honorabilité de l’élément étranger. Enfin, à l’âge mûr, un amollissement de la carapace permettant à la classe d’âge régnant de conclure des alliances avec l’extérieur. Fallait-il que la première var lamaï ait eu de la chance, ou qu’elle ait été intelligente, pour arriver seule à ce stade. Les choses avaient été plus simples par la suite, alors que les générations peaufinaient l’une après l’autre l’art d’être cette entité immanente, monolithique : la citadelle de Lamatie.

Maïa s’était aperçue qu’elle ignorait ce que ressentaient les Lamaïs, au fond. Elles devaient se regarder dans une glace en pensant à l’intégrité, à l’honneur, à la dignité. Elles ne se croyaient pas mesquines, capricieuses ou malveillantes, mais les autres leur inspiraient une méfiance fondamentale.

« La peur ! » Cette intuition fulgurante l’avait laissée sans voix. Son clan mère était motivé, plus que par la peur, par une angoisse que ni l’argent ni la sécurité n’apaiserait jamais car elle était inscrite dans les gènes, et renforcée par une éducation où le moi consolidait perpétuellement le moi.

Cela dit, il ne s’agissait pas d’une terreur paralysante, sinon les descendantes de la première var ne seraient jamais devenues une nation. Non, cette terreur, les Lamaïs la rationalisaient, l’utilisaient comme force motrice. Elles n’étaient pas heureuses, mais elles réussissaient. Elles élevaient plus que leur part de progéniture d’été, et avec succès.

« Il y a pire, s’était dit Maïa en pensant au jour où elle tournait la manivelle pour descendre le monte-charge dans la cave. Et qui suis-je pour dire ce qui est bon et ce qui ne l’est pas ? »

Maïa avait regardé le mur d’un œil neuf. « Les Lamaïs ont beau faire, elles ne seront jamais logiques. Je parie que cette séquence n’est pas rationnelle mais fondée sur l’émotion ! »

Voyons… étoiles et serpents, dragons et bols renversés. Le symbole de l’Homme. Le symbole de la Femme. La représentation de la Mort… « Imagine que tu viens ici chercher quelque chose. Tu es une Lamaï adulte, sûre d’elle-même, affairée. La fille d’un noble clan. Orgueilleuse, digne, impatiente.

« Que me manque-t-il ? Quels éléments sous-jacents ? Quelle strate cachée de terreur inarticulée…»

Un an plus tard, un quart de tour du monde plus loin, Maïa se remettait à la place d’un ou d’une autre. De celui ou celle qui avait laissé ce puzzle complexe de plaques hexagonales sur une paroi métallique. Une énigme qui s’interposait entre deux rescapés désespérés et leur seul espoir d’échapper à la mort.

— Cet endroit doit être très ancien, dit-elle tout bas.

— Ancien ! s’esclaffa Brod. C’était un autre monde ! Tu as vu les ruines. L’archipel entier n’était qu’un sanctuaire. Ce devait être le foyer de la Grande Défense. Peut-être le seul endroit de Stratos où les hommes ont jamais eu leur mot à dire. Et il a fallu que ces fanatiques de Rois prennent la grosse tête et fichent tout par terre.

— Une région tout entière dirigée par des hommes…

— C’est difficile à imaginer, hein ? L’Église et le Conseil n’ont pas eu de mal à en effacer jusqu’au souvenir.

Il avait raison. Malgré toutes les preuves qui l’entouraient, Maïa avait peine à accepter ce concept. Oh, on ne pouvait dénier une certaine intelligence aux mâles, mais on estimait généralement que même les plus brillants étaient incapables de faire des projets au-delà de la durée de vie humaine.

— Dans ce cas, cette énigme devait être résolue par des hommes, peut-être dans le but d’empêcher les femmes d’entrer.

— Possible. Écoute, on n’ira pas loin en restant plantés là. On va voir ce qui se passe si j’appuie sur un hexagone.

Maïa avait effleuré la surface curieusement froide et lisse mais s’était abstenue de faire bouger quoi que ce soit, préférant réfléchir avant. Elle faillit dire quelque chose, puis se ravisa. « La différence de personnalité, l’un apportant ce qui manque à l’autre. C’est ce qui faisait défaut au système clanique. » Maïa ne se sentait plus hérétique quand il lui venait une pensée critique envers Lysos, la Mère de Toute Chose.

Brod tenta de pousser une plaque isolée sur laquelle était tracé un cercle. Une pression directe ne donna rien, mais la plaque consentit à glisser sur la paroi, comme si elle se déplaçait sur un liquide incroyablement visqueux. Et quand Brod cessa sa pression, elle poursuivit son mouvement pendant plusieurs secondes avant de s’immobiliser. Puis, alors que Maïa n’était pas encore revenue de sa surprise, l’hexagone reprit tout aussi lentement sa place.

— Eh bé ! commenta le jeune homme. Je ne vois pas très bien où ça va nous mener, mais enfin…

Un tiers environ des hexagones se déplaçaient ainsi, dans un seul des six axes perpendiculaires à leurs côtés. On ne voyait pas comment ; aucun système de rail n’était apparent. Leur étonnant comportement devait relever d’une force qui dépassait tout ce que Maïa avait appris en physique.

« Ce n’est pas de la magie », se dit Maïa avec un frisson, non de crainte, mais presque de jalousie. La beauté des interactions entre la matière et le mouvement lui inspirait un sentiment voisin de la souffrance. Elle était dévorée d’envie de comprendre comment et pourquoi cela marchait.

« Renna dit que les Savantes de Caria connaissent ce genre de technologies, mais qu’elles refusent de les diffuser, de crainte de « déstabiliser une culture pastorale ». »

Si ce qu’elle avait sous les yeux était une utilisation anodine de la technologie qui avait carbonisé la moitié de l’archipel, Maïa comprenait que Lysos et les Fondatrices aient choisi cette voie. Peut-être sa curiosité dévastatrice était-elle une manifestation de la folie que Renna avait qualifiée de « moteur de l’ère scientifique ». Elle avait été frappée par la nostalgie avec lequel il évoquait ce genre d’époques, rares selon lui dans l’histoire humaine. Elle eut un coup au cœur en pensant à ce qu’elle avait manqué et ne connaîtrait jamais.

— Les plaques reviennent toujours à leur point de départ, fit Brod. Et si on essayait d’en pousser deux à la fois ?

— D’accord, soupira Maïa. Je vais essayer celle avec le cheval, là. Prêt ? On y va…

D’abord, elle crut que l’hexagone était de ceux qui ne bougeaient pas, puis il obéit à la pression et prit de l’élan. Elle le lâcha alors qu’il avait parcouru trois fois son propre diamètre, mais il ne s’arrêta qu’après avoir heurté celui orné d’un voilier que Brod avait poussé. Les deux plaques rebondirent l’une sur l’autre, repartirent dans une nouvelle direction et s’immobilisèrent. Puis elles refirent le même chemin en sens inverse, rejouèrent la collision à l’envers et reprirent leur position initiale. Deux minutes après le début de l’expérience, le mur avait retrouvé son aspect primitif : une série d’hexagones répartis selon un ordre apparemment aléatoire. Maïa inspira profondément. « Il doit y avoir une logique là-dessous. Un objectif. Le jeu de la Vie aussi ressemble à un tas de pièces qui vont dans tous les sens de façon erratique, tant qu’on n’a pas perçu leur logique interne.

1 ... 101 102 103 104 105 106 107 108 109 ... 147
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)