La Bible amusante
- Автор: Таксиль Лео
- Год: 1904
- Язык: французский
- Жанр: Прочее юмористическое
Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:
L’Ecclésiaste, que l’on met encore sur le compte de Salomon, est d’un ordre et d’un goût tout différents. Celui qui parle dans cet ouvrage semble être détrompé des illusions de la grandeur, lassé des plaisirs et dégoûté de la science. On l’a pris pour un épicurien qui répète à chaque page que le juste et l’impie sont soumis aux mêmes accidents, que l’homme n’a rien de plus que la bête, qu’il vaut mieux n’être pas né que d’exister, qu’il n’y a point d’autre vie, et qu’il n’y a rien de bon et de raisonnable que de jouir en paix du fruit de ses travaux avec la femme qu’on aime. — Il se pourrait faire que Salomon eût tenu de tels discours à quelques-unes de ses femmes: on prétend que ce sont des objections qu’il se fait; mais ces maximes, qui ont l’air un peu libertin, ne ressemblent pas du tout à des objections, et c’est se moquer du monde d’entendre dans un auteur le contraire de ce qu’il dit. (Voltaire, Dictionnaire philosophique)
Quant au Cantique des Cantiques, en huit chapitres, il vaut la peine d’être reproduit tout au long.
«Chap. 1er. — 1. Ceci est le Cantique des Cantiques, qui est de Salomon. — 2. Baise-moi d’un baiser de ta bouche, car tes amours sont plus agréables que le vin. — 3. A cause de l’odeur de tes excellents parfums, ton nom est comme un parfum répandu, et c’est pour cela que les filles t’ont aimé. — 4. Tire-moi, que nous courions après toi. Lorsque le roi t’aura introduite dans ses cabinets, nous nous égayerons et nous jouirons en toi: nous célébrerons tes amours plus que le vin. — Les hommes qui sont toujours droits m’ont aimée. — 5. Oh! filles de Jérusalem, ma peau est brune; mais je suis belle comme les tentes de Kédar et comme les pavillons de Salomon. — 6. Ne considérez pas que je suis brune, parce que le soleil m’a regardée; les enfants de ma mère se sont irrités contre moi; ils m’ont mise à garder les vignes, et je n’ai point gardé ma propre vigne. — 7. Dis-moi, ô toi qu’aime mon âme, où pâture ton troupeau et où tu le fais reposer à midi; car pourquoi serais-je comme une femme errante autour des troupeaux de tes compagnons? — 8. Si tu ne le sais pas, ô toi la plus belle de toutes les femmes, sors, suis les traces du troupeau, et fais paître tes petites chèvres auprès des cabanes des bergers. — 9. Ma grande amie, je te compare à mes chevaux qui sont attelés aux chariots du Pharaon. — 10. Tes joues ont bonne grâce avec tes atours, et ton cou avec les colliers. — 11. Nous te ferons des atours d’or avec des boutons d’argent. — 12. Tandis que le roi a été assis à ma table, mon aspic a rendu son odeur. — 13. Mon bien-aimé est sur moi comme un sachet de myrrhe; il passera la nuit entre mes tétons. — 14. Mon bien-aimé est comme une grappe de troëne dans les vignes d’Engaddi; je l’introduirai dans ma vigne. — 15. Te voilà belle, ma grande amie, te voilà belle; tes yeux sont comme ceux des colombes. — 16. Te voilà beau, mon bien-aimé; oh! que de jouissances tu me donnes! Aussi notre couche est-elle verdoyante! — 17. Les poutres de nos maisons sont de cèdre, et nos soliveaux sont de sapin.
Chap. 2. — 1. Je suis la rose de Sçaron et le muguet des valé es. — 2. Tel est le muguet entre les épines, telle est ma grande amie entre les filles. — 3. Tel qu’est le pommier entre les arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé entre les jeunes hommes. J’ai désiré être couverte par lui et je me suis couchée sous son ombrage; et son fruit a été doux à ma bouche. — 4. Il m’a menée dans la salle du festin et s’est étendu sur moi; c’est l’amour! — 5. Faites-moi revenir des forces avec du bon vin, faites-moi une couche de pommes; car je me meurs d’amour. — 6. Que sa main gauche soit sous ma tête, et que sa main droite me caresse tout le long du corps. — 7. Filles de Jérusalem, je vous adjure, par les chevreuils et les biches de nos campagnes, que vous n’éveilliez point ni ne réveilliez celle que j’aime, jusqu’à ce qu’elle le veuille. — 8. Ah! j’entends la voix de mon bien-aimé; le voici qui vient sautant sur les montagnes et bondissant sur les coteaux. — 9. Mon bien-aimé est semblable au chevreuil ou au faon des biches; le voilà qui se tient derrière nos murailles; il regarde par les fenêtres, il s’avance par les treillis. — 10. Mon bienaimé a pris la parole et m’a dit: Lève-toi, ma grande amie, ma toute belle, et viens-t’en. — 11. Car voici, l’hiver est passé, la pluie est passée et s’en est allée. — 12. Les fleurs paraissent sur la terre, le temps des chansons est venu, et la voix de la tourterelle a déjà été entendue dans notre contrée. — 13. Le figuier a jeté ses premières figues, et les vignes ont des grappes et rendent de l’odeur. Lève-toi, ma grande amie, ma toute belle, et viens-t’en. — 14. Ma colombe, qui te tiens dans les fentes du rocher, dans les cachettes des endroits escarpés, fais-moi voir ton regard et fais-moi entendre ta voix; car ta voix est douce et ton regard est gracieux. — 15. Prenez-nous les renards et les petits renards qui fort des dégâts dans les vignes, depuis que les vignes ont des grappes. — 16. Mon bien-aimé est à moi, et je suis toute à lui; il fait paître son troupeau au milieu de mon muguet. — 17. Avant que le vent du jour souffle et que les ombres s’enfuient, reviens, mon bien-aimé, comme le chevreuil ou le faon des biches, sur les montagnes entrecoupées.
Chap. 3. — 1. J’ai cherché pendant la nuit, sur mon lit, celui qu’aime mon âme; je l’ai cherché, mais je ne l’ai plus trouvé! — 2. Je me lèverai maintenant et je ferai le tour de la ville, par les carrefours et par les places, et je chercherai celui qu’aime mon âme. Je l’ai cherché, mais je ne l’ai point trouvé! — 3. Le guet, qui faisait la ronde pendant la nuit, m’a trouvée. N’avez-vous point vu, leur ai-je dit, celui qu’aime mon âme? — 4. A peine les avais-je passés, que je trouvais celui qu’aime mon âme; je l’ai pris, et je ne le lâcherai point que je ne l’ai emmené à la maison de ma mère et dans la chambre de celle qui m’a conçue. — 5. Filles de Jérusalem, je vous adjure, par les chevreuils et par les biches de nos campagnes, que vous n’éveilliez point ni ne réveilliez celle que j’aime, jusqu’à ce qu’elle le veuille. — 6. Qui est celle-ci, qui monte du désert comme des colonnes de fumée, en forme de palmes, parfumée de myrrhe et d’encens, et de toutes sortes de poudres de parfumeur? — 7. Voici le lit de Salomon, autour duquel il y a soixante vaillants hommes, des plus vaillants d’Israël. — 8. Tous maniant l’épée et très bien dressés à la guerre, ayant chacun son épée sur la cuisse, à cause des frayeurs de la nuit. — 9. Le roi Salomon s’est fait un lit de bois du Liban. — 10. II a fait ses piliers d’argent et son lit d’or, son ciel d’écarlate et le dedans garni d’amour par les filles de Jérusalem. — 11. Sortez, filles de Sion, et regardez le roi Salomon avec la couronne dont sa mère l’a couronné au jour de son mariage et au jour de la joie de son cœur.
Chap. 4. — 1. Te voilà belle, ma grande amie! Tes yeux sont comme ceux des colombes, et les tresses de tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres des montagnes de Galaad, qu’on a tondues. — 2. Toutes tes dents sont comme de blanches brebis tondues qui remontent du lavoir, deux par deux, et dont il n’y a pas une qui soit stérile. — 3. Tes lèvres sont comme un fil teint en écarlate; ton parler est gracieux. Ta tempe est comme une pomme de grenade sous tes tresses. — 4. Ton cou est comme la tour de David, bâtie à créneaux, et à laquelle pendent mille boucliers et tous les écus des vaillants hommes. — 5. Tes deux tétons sont comme les faons jumeaux d’une biche, qui paissent parmi le muguet. — 6. Avant que le vent du jour souffle et que les ombres s’enfuient, je m’en irai à la montagne de myrrhe et au coteau d’encens. — 7. Tu es toute belle, ma grande amie, et il n’y a point de tache en toi. — 8. Viens du Liban avec moi, mon épouse, viens du Liban avec moi; regarde du sommet d’Amana, du sommet de Sçénir et de Hermon, des repaires des lions et des montagnes des léopards. — 9. Tu m’as ravi le cœur, ma sœur; tu m’as ravi le cœur par l’un de tes yeux et par l’un des colliers de ton cou. — 10 Que tes amours sont voluptueuses, ma sœur, mon épouse! que tes amours sont meilleures que le meilleur vin, et l’odeur de tes parfums qu’aucune plante aromatique! — 11. Tes lèvres, mon épouse, distillent des rayons de miel; quand je passe ma langue autour de la tienne, je lui trouve un goût de lait et de mieclass="underline" et l’odeur de tes vêtements est Comme l’odeur du Liban — 12. Ma sœur, ma femme, tu es un jardin fermé, une source close, une fontaine cachetée. — 13. Les poils qui poussent sur toi embaument comme un verger planté de grenadiers, comme un jardin où sont des fruits délicieux de troène et l’aspic au doux parfum. — 14. L’aspic et le safran, le roseau odorant et le cinna mome, avec toutes sortes d’arbres d’encens, la myrrhe et l’aloès, avec les principales plantes aromatiques. — 15. O fontaine des jardins! ô puits d’eau vive et ruisseaux découlants du Liban! — 16. Lève-toi, bise, et toi, vent du midi, souffle à travers mon jardin, afin que l’odeur voluptueuse qui s’en exhale enivre mon bien-aimé. Que mon bien-aimé y pose ses lèvres, et qu’il mange de mon fruit!