La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
- Автор: Нивен Ларриё, Пурнель Джерри
- Год: 1981
- Язык: французский
- Год: Albin Michel
- ISBN: 2-226-01315-6
- Переводчик: Eric Cowen
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
C’était une bulle de verre, de deux mètres de large et de plusieurs de haut, reposant sur un cadre de forme indéfinie d’un métal presque jaune. Le verre et son support avaient tous deux l’air neuf. Sur le cadre se trouvait une plaque. À l’intérieur du verre, était déposée une boîte de bois, aux sculptures très fines, de la taille d’un cercueil, blanchie par le temps et fermée par un couvercle de grillage rouillé portant lui-même une plaque. Sous la grille s’alignaient des poteries aux formes merveilleuses et à la finesse extrême, certaines intactes, d’autres brisées. Chaque objet du lot avait une étiquette datée. « Une pièce de musée, dans une autre, dans une autre », dit Whitbread.
Potter ne rit pas. « Mais c’est parfaitement exact. Regardez, là. La bulle a environ deux mille ans… C’est impossible, non ?
— Si, à moins que… » Whitbread frotta sa chevalière contre le verre. « Ils se rayent l’un l’autre. Ce doit être du saphir artificiel. »
Il refit l’expérience sur le métal, qui, lui, raya le brillant. « Va pour deux mille ans.
— La botte, quant à elle, date d’environ deux mille quatre cents ans et la poterie va de trois mille à des temps plus anciens. Regardez comme les styles changent. Ce doit être la description de l’histoire d’un style particulier.
— Pensez-vous que la châsse en bois vienne d’un autre musée ?
— Oui. »
Whitbread sourit. Ils continuèrent leur visite. Bientôt Jonathan désigna un objet et dit : « Tenez, c’est le même métal, non ? » La petite arme à deux poignées – ce devait en être une – portait la même date que la bulle de saphir.
Plus loin, ils trouvèrent une étrange structure, près du mur du grand dôme. Elle était constituée d’un réseau vertical d’hexagones, chacun formé de barres d’acier longues de deux mètres, portant pour certaines, des plaques de plastique et pour d’autres, des débris cassés de cette même matière.
Potter fit remarquer la douce courbure de la structure.
« C’était un autre dôme. Parfaitement hémisphérique et doté d’un ancrage géodésique. Il n’en reste pas grand-chose et, d’ailleurs, il n’aurait pas couvert tout le musée.
— Exact. Mais pourtant ce n’est pas le temps qui l’a usé. Regardez comme les barres externes sont tordues. Une tornade peut-être ? Le pays est assez plat pour cela. »
Il fallut à Potter un moment pour comprendre. Il n’existait jamais de tornades sur la rude Néo-Écosse terraformée. Il se souvint de ses leçons de météorologie et hocha la tête. « Oui. Peut-être. Peut-être. » Au-delà des fragments du cône d’origine, Potter trouva un assemblage de métal en pleine décomposition, à l’intérieur de ce qui aurait pu être une coque de plastique qui était elle-même frêle et érodée. Sur la plaque qui accompagnait cet « objet », on lisait deux nombres de cinq chiffres. Le schéma qui l’illustrait montrait une étroite automobile, à l’air primitif, dotée de trois sièges. Le capot du moteur était ouvert.
« Combustion interne, dit Potter. Je pensais bien qu’alpha du Grain manquait de combustibles fossiles.
— Sally également. La civilisation a dû piquer du nez après que les Granéens eurent consommé toutes ces matières premières. »
C’est derrière une grande baie panoramique qu’ils découvrirent le clou de l’exposition : ils se retrouvèrent en face d’un immense « clocher », à regarder au-delà d’une antique plaque de bronze finement ciselée, qui portait elle-même une plaque plus petite.
À l’intérieur du clocher se dressait une fusée. Malgré les trous qu’elle portait sur ses flancs et la rouille qui l’envahissait, elle avait encore sa forme d’origine : un long réservoir cylindrique, aux parois très minces, terminé par une cabine surmontée d’un nez pointu.
Ils se dirigèrent vers les escaliers. Il devait y avoir une fenêtre au rez-de-chaussée…
Ils en trouvèrent bien une. Ils s’agenouillèrent pour explorer l’intérieur du moteur, Potter dit : « Je ne vois pas tout à fait…
— Type NERVA », dit Whitbread. Il murmurait presque. « Atomique. Très ancien. Ça envoie un combustible inerte dans un noyau d’uranium ou de plutonium. Pile à fission, anté-fusion…
— Êtes-vous sûr ? »
Whitbread hocha la tête.
La fission avait été inventée après la combustion interne mais cette dernière servait encore sur certains des mondes membres de l’Empire. L’énergie de fission était presque devenue un mythe et, en regardant cette vieille fusée, ils sentaient l’âge du lieu leur tomber sur les épaules comme une chape et les entourer silencieusement.
L’avion atterrit à côté des lambeaux orange d’un parachute et des restes d’un cône dont la porte bâillait d’un air accusateur.
La Granéenne de Whitbread sauta à terre et fonça vers le cône. Elle gazouilla et le pilote bondit de l’appareil pour la rejoindre. « Ils l’ont ouverte, dit la Granéenne. Je n’aurais jamais pensé que Jonathan réussirait seul. Ce doit être Potter. Horst, se peut-il encore qu’ils ne soient pas entrés ? »
Staley secoua la tête.
La Granéenne siffla à l’intention de la brune, « Surveillez le ciel, Horst. Cherchez les avions », dit la Granéenne de Whitbread. Elle parla à l’autre brun-et-blanc, qui quitta l’avion et sonda les nuages des yeux.
La Granéenne brune ramassa la combinaison de Whitbread et son armure. Elle se mit rapidement au travail, remodelant quelque chose pour lui donner la forme du casque et reformant le col du vêtement. Puis, elle remania le régénérateur d’air grâce à des outils tirés de sa ceinture. La combinaison se gonfla et tint debout sans soutien. La créature brune referma le volet d’inspection du scaphandre. Elle enroula une corde autour des épaules du vêtement pour les serrer et perça un trou à chaque poignet.
L’ « homme » vide leva les bras au son de l’air qui sifflait en s’échappant des poignets. La pression chuta et les bras tombèrent. On entendit un autre sifflement et les bras se relevèrent…
« Ça devrait suffire, dit la Granéenne de Whitbread. Nous avons maquillé votre combinaison de la même façon après en avoir fait monter la température à 37°C. Avec un peu de chance, ils la détruiront sans même vérifier si vous êtes dedans.
— Quoi ?
— Mais on ne peut pas en être sûr. J’aurais aimé qu’on puisse la faire tirer sur les avions… »
Staley secoua l’épaule de la Granéenne. Le brun resta à les regarder avec un demi-sourire qui ne voulait rien dire. Le soleil équatorial était haut dans le ciel. « Pourquoi voudrait-on nous tuer ? demanda Staley.
— Vous êtes tous condamnés à mort, Horst.
— Mais pourquoi ? Est-ce le dôme ? Y a-t-il un tabou ?
— C’est le dôme. Il n’y a pas de tabou. Pour qui nous prenez-vous, pour des primitifs ? Vous en savez trop, c’est tout. Les morts ne parlent plus. Maintenant venez, nous devons les retrouver et filer au plus vite. »
La Granéenne de Whitbread se courba pour passer sous la porte. C’était inutile, mais Whitbread l’aurait fait. L’autre brun-et-blanc suivit silencieusement, laissant la Granéenne marron debout à l’extérieur, le visage souriant doucement.