Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
Le lendemain matin, lord Ramsay dépêcha trois cavaliers le long du passage pour prévenir le seigneur son père que la voie était libre. L’écorché de la maison Bolton fut hissé au-dessus de la tour du Concierge, où Schlingue avait amené la seiche dorée de Pyke. Le long de la route en planches pourries, on planta profondément dans le sol spongieux des poteaux de bois, où se putréfièrent les cadavres, rouges et saignants. Soixante-trois, il le savait, ils sont soixante-trois. À l’un manquait la moitié d’un bras. Un autre avait un parchemin coincé entre les dents, son sceau de cire encore intact.
Trois jours plus tard, l’avant-garde de l’ost de Roose Bolton serpenta entre les ruines et remonta l’enfilade des terribles sentinelles – quatre cents Frey à cheval, vêtus en bleu et gris, la pointe de leurs lances scintillant à chaque fois que le soleil crevait les nuages. Deux des fils du vieux lord Walder menaient le détachement. L’un, vigoureux, avait la mâchoire massive et proéminente et des bras aux muscles épais. L’autre avait des yeux affamés rapprochés au-dessus d’un nez pointu, une fine barbe brune qui ne masquait pas tout à fait le menton fuyant au-dessous, un crâne chauve. Hosteen et Aenys. Il s’en souvenait, du temps antérieur à la connaissance de son nom. Hosteen était un taureau, lent à se mettre en colère, mais implacable une fois en rage, et, de réputation, le plus féroce combattant de toute la portée de lord Walder. Aenys était plus âgé, plus cruel, plus intelligent – un commandant, pas un bretteur. Tous deux étaient des soldats aguerris.
Les Nordiens suivaient de près leur avant-garde, leurs bannières en loques filant au vent. Schlingue les regarda passer. La plupart allaient à pied, et ils étaient si peu nombreux. Il se souvenait du grand ost qui avait marché vers le sud avec le Jeune Loup, sous le loup-garou de Winterfell. Vingt mille épées et lances étaient parties en guerre avec Robb, ou si près de ce compte que la différence était négligeable, mais un sur dix revenait, seulement, et pour la majorité, c’étaient des hommes de Fort-Terreur.
Au centre de la colonne, à l’endroit où les soldats se pressaient le plus, chevauchait un homme revêtu d’une armure de plates gris sombre sur un gambison de cuir rouge sang. Ses rondelles ouvragées figuraient des têtes humaines, dont les bouches béantes hurlaient de douleur. De ses épaules tombait un manteau de laine rose brodé de gouttelettes de sang. De longs serpents de soie rouge voletaient en cimier sur son heaume fermé. Nul homme des tourbières ne pourra occire Roose Bolton d’une flèche empoisonnée, songea Schlingue, lorsqu’il le vit tout d’abord. Un chariot fermé grinçait à sa suite, halé par six lourds chevaux de trait et défendu par des arbalétriers, à l’avant et à l’arrière. Des tentures de velours bleu sombre cachaient les occupants du chariot aux yeux des observateurs.
Plus loin derrière venait le train des équipages – de lentes charrettes chargées de provisions et de butin pris au cours de la guerre, et des carrioles encombrées de blessés et d’estropiés. Et en arrière-garde, d’autres Frey. Un millier au moins, peut-être plus : archers, piqueurs, paysans armés de faux et de bâtons pointus, francs coureurs et archers montés, et une autre centaine de chevaliers pour les garder en formation.
Avec son collier, ses chaînes et le retour de ses guenilles, Schlingue suivit, avec les autres chiens, sur les talons de lord Ramsay quand Sa Seigneurie s’avança pour recevoir son père. Lorsque le cavalier en armure sombre retira son heaume, cependant, le visage qui parut était inconnu de Schlingue. Le sourire de Ramsay se flétrit à cette vue, et la colère fulgura sur sa figure. « Qu’est-ce donc ? Une plaisanterie ?
— Simple précaution », chuchota Roose Bolton, en émergeant de derrière les tentures du chariot clos.
Le lord de Fort-Terreur ne ressemblait guère à son fils bâtard. Il avait un visage glabre, lisse, ordinaire, ni séduisant ni vraiment quelconque. Malgré les batailles que Roose avait traversées, il ne montrait aucune cicatrice. Quoiqu’il eût largement dépassé quarante ans, il ne portait pas encore de rides, et pas une ligne ou presque qui montrât le passage du temps. Ses lèvres étaient si minces que, lorsqu’il les pinçait, elles semblaient disparaître totalement. Il paraissait n’avoir pas d’âge, ni d’élans ; sur le visage de Roose Bolton, la rage et la joie se ressemblaient beaucoup. Pour seul point commun avec Ramsay, il avait les yeux. Ses yeux sont de glace. Schlingue se demanda si Roose Bolton pleurait jamais. Et en ce cas, les larmes sont-elles froides sur ses joues ?
Un jour, un garçonnet du nom de Theon Greyjoy avait aimé taquiner Bolton tandis qu’ils siégeaient au conseil avec Robb Stark, en se moquant de sa voix douce et en plaisantant sur les sangsues. Il devait être fou. Ce n’est pas un homme de qui l’on se gausse. Il suffisait de regarder Bolton pour comprendre qu’il avait plus de cruauté dans son petit orteil que tous les Frey combinés.
« Père. » Lord Ramsay s’agenouilla devant son géniteur.
Lord Roose l’étudia un moment. « Tu peux te relever. » Il se tourna pour aider deux jeunes femmes à descendre du chariot.
La première était courte et plantureuse, avec un visage rond et rougeaud, et un triple menton qui ballottait sous le capuchon d’hermine. « Ma nouvelle épouse, annonça Roose Bolton. Lady Walda, voici mon fils naturel. Baisez la main de votre belle-mère, Ramsay. » Celui-ci obéit. « Et je suis sûr que vous vous souvenez de lady Arya. Votre promise. »
La fillette était mince, et plus grande que dans son souvenir, mais c’était bien naturel. Les filles grandissent vite, à cet âge. Sa robe en laine grise se bordait de satin blanc. Par-dessus, elle portait un manteau d’hermine, fermé par une tête de loup d’argent. Des cheveux brun sombre lui tombaient au milieu du dos. Et ses yeux…
Ce n’est pas la fille de lord Eddard.
Arya avait les yeux de son père, les yeux gris des Stark. Une fille de son âge pouvait se laisser pousser les cheveux, prendre quelques pouces de taille, voir sa poitrine gonfler, mais elle ne pouvait altérer le coloris de ses yeux. C’est la petite camarade de Sansa, la fille de l’intendant. Jeyne, voilà son nom. Jeyne Poole.
« Lord Ramsay. » La fillette fit une révérence devant lui. Cela non plus ne correspondait pas. La véritable Arya Stark lui aurait craché au visage. « Je prie d’être pour vous une bonne épouse et de vous donner des fils robustes pour prendre votre succession.
— Vous le ferez, lui promit Ramsay, et sans tarder. »
Jon
Sa chandelle avait rendu l’âme dans une flaque de cire, mais la lumière du matin brillait à travers les volets de sa fenêtre. Jon s’était endormi à son travail, une fois encore. Des livres couvraient sa table, en hautes piles. Il les avait lui-même ramenés, après avoir passé la moitié de la nuit à fouiller des caves poussiéreuses à la lueur de sa lanterne. Sam avait raison, les livres avaient terriblement besoin d’être triés, catalogués et classés, mais ce n’était pas une tâche à la portée d’intendants qui ne savaient ni lire ni écrire. Cela devrait attendre le retour de Sam.
S’il revient. Jon s’inquiétait pour Sam et mestre Aemon. De Fort-Levant, Cotter Pyke lui avait écrit pour rapporter que le Corbeau des tempêtes avait signalé l’épave d’une galère sur la côte de Skagos. Si le navire brisé était le Merle, un des navires à la solde de Stannis Baratheon, ou un marchand de passage, l’équipage du Corbeau des tempêtes n’avait pas réussi à le déterminer. J’avais l’intention de mettre Vère et l’enfant en sécurité. Les ai-je en fait envoyés à leur perte ?