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READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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« “Gandalf ! s’écria-t-il. Je te cherchais. Mais je suis un étranger dans ces terres. Tout ce qu’on m’a dit, c’est que je te trouverais peut-être dans une région sauvage au nom improbable de Comté.”

« “On t’a bien renseigné, dis-je. Mais n’en parle pas de cette façon en présence de ses habitants. Tu te trouves en ce moment près des frontières du Comté. Et qu’as-tu à faire avec moi ? Ce doit être bien pressant. Tu n’as jamais été un grand voyageur, sauf quand le besoin est impérieux.”

« “J’ai été chargé d’une urgente mission, dit-il. Mes nouvelles sont fort mauvaises.” Puis il regarda autour de lui comme si les buissons avaient des oreilles. “Nazgûl, murmura-t-il. Les Neuf ont été vus de par le monde. Ils ont franchi secrètement le Fleuve et se dirigent vers l’ouest. Ils ont pris l’aspect de noirs cavaliers.”

« Je sus alors ce que j’avais redouté sans le savoir.

« “L’Ennemi doit avoir quelque grand besoin ou dessein, dit Radagast, mais je ne puis imaginer ce qui l’amène à se tourner vers ces contrées lointaines et désolées.”

« “Qu’entends-tu par là ?” dis-je.

« “On m’a dit que, partout où ils vont, les Cavaliers demandent des nouvelles d’un pays appelé Comté.”

« “Le Comté”, dis-je ; mais mon cœur se serra. Car même les Sages peuvent craindre de s’opposer aux Neuf, quand ils sont réunis autour de leur terrible chef. Il fut jadis un grand roi et un puissant sorcier, et il exerce aujourd’hui une peur mortelle. “Qui te l’a dit, et qui t’envoie ?” demandai-je.

« “Saruman le Blanc, répondit Radagast. Et il m’a demandé de te dire que, si tu en ressens la nécessité, il t’aidera ; mais tu dois tout de suite chercher assistance, autrement il sera trop tard.”

« Et ce message m’apporta de l’espoir. Car Saruman le Blanc est le plus éminent de mon ordre. Radagast est bien sûr un Magicien de mérite, un maître des formes et des changements de couleur ; sa science des herbes et des bêtes est considérable, et les oiseaux sont particulièrement ses amis. Mais Saruman a longuement étudié les artifices de l’Ennemi lui-même, ce qui maintes fois nous a permis de le contrecarrer. C’est grâce aux procédés de Saruman que nous parvînmes à le chasser de Dol Guldur. Or, il pouvait avoir trouvé des armes capables de repousser les Neuf.

« “J’irai voir Saruman”, dis-je.

« “Alors tu dois y aller maintenant, dit Radagast ; car j’ai perdu des jours à te chercher, et le temps commence à manquer. J’ai reçu ordre de te trouver avant la Mi-Été, et nous y voici. Même si tu pars sur-le-champ, tu auras peine à être chez lui avant que les Neuf ne découvrent le pays qu’ils cherchent. Je vais moi-même rebrousser chemin sans plus attendre.” Sur quoi, il se mit en selle et serait reparti incontinent si je ne lui avais fait signe.

« “Attends un peu ! dis-je. Nous aurons besoin de ton aide, et de celle de toutes créatures qui veulent bien en fournir. Envoie des messages à tous les oiseaux et les bêtes qui sont tes amis. Dis-leur de transmettre, à Saruman et à Gandalf, toute nouvelle ayant trait à cette affaire. Que leurs messages soient portés à Orthanc.”

« “Je n’y manquerai pas”, dit-il, et il s’en fut chevauchant comme si les Neuf étaient à ses trousses.

« Je ne pouvais le suivre séance tenante. J’avais déjà longuement chevauché ce jour-là, et j’étais tout aussi fourbu que mon cheval ; de plus, il me fallait réfléchir. Je passai la nuit à Brie, et je décidai que je n’avais pas le temps de retourner dans le Comté. Jamais je ne commis d’erreur plus grave !

« Toutefois, j’écrivis un message à Frodo, m’en remettant à mon bon ami l’aubergiste pour le lui envoyer. Je chevauchai à l’aube ; et je finis par arriver enfin à la demeure de Saruman. Elle se trouve loin dans le sud, à Isengard, à l’extrémité des Montagnes de Brume, non loin de la Brèche du Rohan. Et Boromir vous dira qu’il s’agit là d’une grande vallée ouverte, entre les Montagnes de Brume et les contreforts les plus au nord des Ered Nimrais, les Montagnes Blanches de son pays. Mais Isengard est un cercle de rochers abrupts qui se dressent comme un mur tout autour d’une vallée, et au milieu de cette vallée s’élève une tour de pierre appelée Orthanc. Elle ne fut pas bâtie par Saruman, mais par les Hommes de Númenor, il y a longtemps. Très haute, elle recèle de nombreux secrets, mais elle n’a pas l’aspect d’une construction. Nul ne peut l’atteindre sans passer le cercle d’Isengard ; et ce cercle ne compte qu’une seule porte.

« Tard un soir, j’arrivai à la porte, semblable à grande arche dans la muraille rocheuse ; et elle était fortement gardée. Mais les gardiens guettaient mon arrivée, et ils me dirent que Saruman m’attendait. Je passai sous l’arche. Le portail se referma silencieusement derrière moi, et je ressentis une peur soudaine, sans que j’en sache la raison.

« Je chevauchai tout de même jusqu’au pied d’Orthanc, parvenant à l’escalier de Saruman ; et là, il vint à ma rencontre et me fit monter jusqu’à sa chambre haute. Il portait un anneau au doigt.

« “Ainsi, tu es venu, Gandalf ”, me dit-il d’un ton grave ; mais je crus voir dans ses yeux une lueur blanche, comme s’il cachait dans son cœur un rire froid.

« “Oui, je suis venu, dis-je. Je suis venu requérir ton aide, Saruman le Blanc.” Et ce titre parut l’irriter.

« “Vraiment, Gandalf le Gris ! dit-il avec moquerie. De l’aide ? Rarement a-t-on entendu dire que Gandalf le Gris cherchait de l’aide, lui, si rusé et si sage, errant par les terres et se mêlant de toutes les affaires, qu’elles soient ou non de son ressort.”

« Je le regardai, songeur. “Mais si je ne m’abuse, dis-je, des choses se sont mises en branle qui requerront l’union de toutes nos forces.”

« “Peut-être bien, dit-il, mais tu as mis du temps à t’en rendre compte. Dis-moi, combien de temps m’as-tu caché, à moi, le chef du Conseil, une information de la plus haute importance ? Qu’est-ce qui te pousse maintenant à sortir de ta cachette dans le Comté ?”

« “Les Neuf sont ressortis, ai-je répondu. Ils ont traversé le Fleuve. C’est ce que m’a dit Radagast.”

« “Radagast le Brun ! s’esclaffa Saruman, sans plus cacher son mépris. Radagast le Dresseur d’Oiseaux ! Radagast le Simple ! Radagast le Niais ! Mais il eut tout juste les facultés nécessaires pour jouer le rôle que je lui ai confié. Car tu es venu, et c’était toute la raison de mon message. Et ici tu resteras, Gandalf le Gris, et te reposeras de tes voyages. Car je suis Saruman le Sage, Saruman le Créateur d’Anneaux, Saruman aux Multiples Couleurs !”

« Je remarquai alors que sa toge, qui m’avait paru blanche, ne l’était pas, mais qu’elle était tissée de toutes les couleurs ; et s’il bougeait, elle changeait de teinte et chatoyait de manière à tromper l’œil.

« “Je préférais le blanc”, dis-je.

« “Le blanc ! ricana-t-il. Le blanc sert pour commencer. Un tissu blanc peut être teint. La page blanche peut être couverte d’encre ; et la lumière blanche peut être brisée.”

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