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READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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Défiant les charmes morgulides.

Un signe sera mis au jour

Que le Destin est imminent :

Luira le Fléau d’Isildur,

Le Demi-Homme se levant.

« De ces mots, nous ne comprîmes que peu de chose, et nous en parlâmes à notre père, Denethor, Seigneur de Minas Tirith, versé dans la tradition du Gondor. Il ne voulut nous dire qu’une seule chose : qu’Imladris était autrefois le nom que les Elfes donnaient à une lointaine vallée du Nord, où demeurait Elrond le Semi-Elfe, le plus grand des maîtres en tradition. Ainsi mon frère, devant la gravité de notre péril, fut désireux de suivre l’injonction du rêve, et de chercher Imladris ; mais comme la route était semée d’incertitudes et de dangers, je crus bon d’entreprendre moi-même ce voyage. Mon père me laissa partir à son corps défendant, et longtemps ai-je erré par des chemins oubliés, cherchant la maison d’Elrond que beaucoup connaissaient, mais dont bien peu savaient l’emplacement. »

« Et ici, dans la maison d’Elrond, d’autres éclaircissements vous seront apportés », dit Aragorn, se levant. Il jeta son épée sur la table posée devant Elrond, et la lame était en deux morceaux. « Voici l’Épée qui fut Brisée ! » dit-il.

« Et qui êtes-vous, et qu’avez-vous à faire avec Minas Tirith ? » demanda Boromir, levant des yeux ébahis sur le fin visage du Coureur et sur sa cape défraîchie.

« Son nom est Aragorn fils d’Arathorn, dit Elrond ; et à travers maints pères, il est issu d’Isildur fils d’Elendil de Minas Ithil. C’est le Chef des Dúnedain dans le Nord, un peuple aujourd’hui fort peu nombreux. »

« C’est donc à vous qu’il appartient, et non à moi ! » s’écria Frodo avec stupéfaction, sautant sur pied, comme si l’Anneau devait lui être réclamé sur-le-champ.

« Il n’appartient à aucun de nous deux, dit Aragorn ; mais il a été décrété que vous le conserviez pour un temps. »

« Montrez l’Anneau, Frodo ! dit Gandalf d’un ton solennel. L’heure est venue. Tenez-le bien haut ; Boromir comprendra alors le reste de son énigme. »

Il y eut un silence, et tous les regards se tournèrent vers Frodo. Un soudain tremblement de peur et de honte le saisit ; il ressentit une grande hésitation à révéler l’Anneau, et il lui répugnait de devoir y toucher. Il aurait voulu être loin, très loin. L’Anneau brilla et clignota tandis qu’il l’élevait dans sa main tremblotante.

« Voyez le Fléau d’Isildur ! » dit Elrond.

Une lueur parut dans les yeux de Boromir tandis qu’il contemplait l’anneau d’or. « Le Demi-Homme ! » murmura-t-il. Le destin de Minas Tirith est-il donc enfin venu ? Mais pourquoi devrions-nous alors chercher une épée brisée ? »

« Les mots n’étaient pas le destin de Minas Tirith, dit Aragorn. Mais l’heure fatidique, celle des hauts faits, est en effet imminente. Car l’Épée qui fut Brisée est l’Épée d’Elendil qui se brisa sous lui à la male heure. Elle fut précieusement conservée par ses héritiers alors que tout autre héritage était perdu ; car nous avions coutume de dire autrefois qu’elle serait refaite quand l’Anneau, le Fléau d’Isildur, serait retrouvé. Maintenant que l’épée que vous cherchiez vous a été montrée, que demanderez-vous ? Souhaitez-vous que la Maison d’Elendil retourne au Pays de Gondor ? »

« Je n’ai été envoyé en quête d’aucune faveur, seulement pour chercher le sens d’une énigme, répondit Boromir avec fierté. Néanmoins, nous sommes en grande difficulté, et l’Épée d’Elendil serait un secours comme nous n’en attendions plus – à supposer qu’une telle chose puisse ainsi resurgir des ombres du passé. » Il considéra de nouveau Aragorn ; le doute se lisait dans ses yeux.

Frodo sentit Bilbo remuer avec impatience à ses côtés. Manifestement, il était ennuyé pour son ami. Se levant soudain, il s’écria :

Tout ce qui est or ne brille pas,

Ne sont pas perdus tous ceux qui vagabondent ;

Ce qui est vieux mais fort ne se flétrit pas,

Le gel n’atteint pas les racines profondes.

Des cendres, un feu sera attisé,

Une lueur des ombres surgira ;

Reforgée sera l’épée qui fut brisée :

Le sans-couronne redeviendra roi.

« Sans doute pas fameux, mais on ne peut plus clair – au cas où la parole d’Elrond ne vous suffirait pas. S’il valait la peine de voyager cent dix jours pour l’entendre, vous feriez mieux de l’écouter. » Il se rassit avec un grognement.

« J’ai composé ça moi-même, murmura-t-il à l’oreille de Frodo, pour le Dúnadan, il y a longtemps, la première fois qu’il m’a parlé de lui. Je voudrais presque que mes aventures ne soient pas terminées, pour pouvoir aller avec lui quand son jour viendra. »

Aragorn lui sourit ; puis il se tourna de nouveau vers Boromir. « Pour ma part, je vous pardonne votre doute, dit-il. Je ne ressemble en rien aux images d’Elendil et d’Isildur telles qu’elles apparaissent dans les salles de Denethor, sculptées dans toute leur majesté. Je ne suis que l’héritier d’Isildur, non Isildur lui-même. Ma vie a été dure, et combien longue ; et les lieues qui s’étendent d’ici au Gondor ne comptent que pour une petite partie de mes voyages. J’ai franchi bien des montagnes et des rivières, et foulé de nombreuses plaines, et ce, jusque dans les lointaines contrées du Rhûn et du Harad, où les étoiles sont étranges.

« Mais ma demeure, si tant est que j’en aie une, est dans le Nord. Car c’est ici qu’ont toujours vécu les héritiers de Valandil en une longue lignée ininterrompue, de père en fils sur maintes générations. Nos jours se sont assombris et notre nombre a diminué ; mais jamais l’Épée n’a manqué de trouver un nouveau gardien. Et je vous dirai ceci, Boromir, avant de conclure. Nous sommes des gens solitaires, nous les Coureurs des terres sauvages, les chasseurs ; mais ce sont les serviteurs de l’Ennemi que nous chassons sans relâche, car on les trouve en maint endroit, non seulement au Mordor.

« Si le Gondor a été une tour inébranlable, Boromir, nous avons joué un autre rôle. Il est bien des êtres malveillants que vos hautes murailles et vos brillantes épées n’arrêtent pas. Vous savez peu de chose des terres au-delà de vos bornes. La paix et la liberté, dites-vous ? Le Nord n’aurait connu ni l’une ni l’autre si nous n’avions été là. La peur les aurait anéanties. Mais quand de sombres créatures descendent des collines sans asile, ou surgissent de forêts sans soleil, elles fuient devant nous. Quelles routes oserait-on prendre, que resterait-il de quiétude dans les terres paisibles, et dans les maisons des simples hommes à la nuit close, si les Dúnedain étaient assoupis, ou tous descendus dans la tombe ?

« Et pourtant, on nous montre moins de gratitude qu’à vous. Les voyageurs nous toisent avec dédain, et les paysans nous donnent des noms méprisants. Aussi me nommé-je “l’Arpenteur” pour un gros bonhomme qui vit à une journée de marche d’ennemis qui lui glaceraient le cœur, ou qui mettrait tout son village en ruine, s’il n’était constamment surveillé. Mais nous ne voudrions pas qu’il en soit autrement. Tant que les gens simples seront préservés du souci et de la peur, ils resteront simples ; mais pour cela, il nous faut agir en secret. Telle aura été la mission de mon peuple, à mesure que les ans s’allongeaient et que l’herbe poussait.

« Mais voilà que le monde change de nouveau. Une nouvelle heure approche. Le Fléau d’Isildur est retrouvé. La guerre est imminente. L’Épée sera reforgée. J’irai à Minas Tirith. »

« Le Fléau d’Isildur est retrouvé, dites-vous, rétorqua Boromir. J’ai vu dans la main du Demi-Homme un brillant anneau ; mais Isildur a péri avant le commencement de cet âge du monde, dit-on. Comment les Sages savent-ils qu’il s’agit là de son anneau ? Et comment a-t-il traversé les siècles, pour être apporté ici par cet étrange messager ? »

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