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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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— Regarde-les ! dit-elle à Boldirinthe qui venait de la rejoindre. Je n’ai jamais vu Torlyri aussi gaie depuis plusieurs mois !

— Tu crois qu’elle parle leur langue ? demanda Boldirinthe.

— Non, répondit Koshmar en riant, je ne pense pas qu’ils aient ni l’un, ni l’autre la moindre idée de ce qu’ils essaient de se dire. Mais ce qui compte, c’est que Torlyri s’amuse. Cela me fait plaisir. J’aime tellement la voir heureuse.

— En aidant les autres, on se change les idées, dit Boldirinthe. On en oublie ses propres problèmes.

— C’est vrai, dit Koshmar.

Elle n’avait jamais vu cet Homme au Casque. Mince et robuste, il lui rappelait l’espion qu’ils avaient capturé. Peut-être était-ce son frère. Il avait sur l’épaule droite une longue cicatrice qui se prolongeait autour de son cou, comme s’il avait reçu une affreuse blessure. Son casque n’était pas des plus effrayants. Il n’avait ni cornes, ni lames de métal, ni image de monstre hideux. C’était une simple calotte de métal doré couverte de minces plaques rouges en forme de feuilles lobées.

Koshmar les observa pendant quelques instants, puis elle se détourna.

Encore une fois et sans rien pouvoir y faire, elle entendit Harruel déclarant d’une voix de stentor : C’en est fini de la domination des femmes. A compter de ce jour, je suis roi ! Qui veut se joindre à moi pour fonder un grand royaume loin d’ici ? Qui ? Qui ?

Je crois que je vais me retirer dans ma chapelle, songea Koshmar. Je vais faire brûler des herbes aromatiques et m’entretenir avec Thekmur ou Niali.

C’est grâce au Barak Dayir que la communication put véritablement s’établir entre Hresh et Noum om Beng.

A l’évidence, le vieux Beng avait su au premier regard ce dont il s’agissait. La brusque animation qu’il avait manifestée pour la première fois depuis que Hresh le connaissait en était la preuve flagrante. Pour le vieil Homme au Casque, la Pierre des Miracles était un don des dieux, un objet de caractère divin. Il se prosterna longuement devant le talisman avant de tourner vers Hresh un regard interrogateur dont la signification était limpide : Sais-tu comment utiliser cette pierre ?

Hresh lui expliqua avec force gestes qu’il fallait enrouler son organe sensoriel autour d’elle et que ce contact produisait une éruption d’énergie et une amplification des perceptions. Noum om Beng lui signifia d’en faire la démonstration. Après un moment d’hésitation, Hresh enroula la pointe recourbée de son organe sensoriel autour du Barak Dayir et il sentit aussitôt le pouvoir de la pierre envahir son esprit.

Quelques instants plus tard, Noum om Beng approcha son propre organe sensoriel tout près de celui de Hresh, sans le toucher, mais si près que l’intervalle entre les deux était infime, et il se produisit une fusion de leurs esprits.

C’était différent de la seconde vue, différent du couplage, différent de tout ce que Hresh avait expérimenté avec la Pierre des Miracles. L’esprit de Noum om Beng ne s’ouvrit pas au sien, mais il était capable de regarder en lui, comme on contemple de l’extérieur un trésor enfermé dans une salle. Hresh crut distinguer dans l’esprit du vieux sage des sortes de compartiments et des paquets soigneusements clos, méticuleusement disposés à l’intérieur de ces compartiments. Il savait qu’il ne s’agissait pas de véritables compartiments, ni de véritables paquets, mais seulement d’images mentales, d’équivalences.

Un vent glacé soufflait de l’esprit de Noum om Beng. C’était un lieu où régnait un froid comparable à celui des galeries ténébreuses qui s’entrecroisaient sous le cocon tribal et que Hresh avait eu l’occasion de parcourir à plusieurs reprises en compagnie de Thaggoran.

— Tiens, dit Noum om Beng, c’est pour toi.

Et il lui tendit avec gravité l’un des plus petits paquets soigneusement enveloppés, qu’il sortit de l’un des compartiments.

— Ouvre-le, dit Noum om Beng ! Vas-y ! Ouvre-le ! Ouvre-le !

Les doigts tremblants, Hresh entreprit de développer le paquet.

A l’intérieur se trouvait une boîte taillée dans une pierre précieuse verte et translucide. Noum om Beng l’invita vivement à l’ouvrir et Hresh souleva le couvercle.

La pierre précieuse, le paquet, la salle du trésor et tout le reste s’évanouirent instantanément et Hresh se retrouva accroupi dans l’obscurité, ne sachant plus où il en était. Son organe sensoriel était encore enroulé autour du Barak Dayir et le serrait fermement. Au bout d’un certain temps, il se rendit compte que Noum om Beng était tranquillement assis à l’autre bout de la pièce et qu’il l’observait.

— Lâche l’amplificateur, lui dit le vieillard décharné. Il risque de te faire du mal si tu continues à le tenir.

— Quel amplificateur ?

— Ce que tu appelles le Barak Dayir. Lâche-le ! Déroule cette queue stupide !

La voix de Noum om Beng, sèche et nasillarde, claquait comme un coup de fouet. Hresh obéit immédiatement ; il déroula son organe sensoriel et lâcha le Barak Dayir qui rebondit sur le sol.

— Ramasse-le, mon garçon ! Remets-le dans sa bourse !

C’est à ce moment-là que Hresh se rendit compte que le vieillard lui parlait en Beng et qu’il comprenait ce qu’il lui disait sans l’aide de la Pierre des Miracles.

Il comprenait le sens des mots et il savait comment chaque mot prononcé par le vieux sage était lié à ceux qui le précédaient et le suivaient.

Noum om Beng avait réussi à projeter d’un seul coup la langue du Peuple aux Casques dans le cerveau de Hresh. Le chroniqueur rangea le talisman en tremblant. Le vieillard continuait de fixer sur lui le regard froid, impassible et grave de ses yeux rouges étincelants. Il n’y a pas d’amour en lui, songea Hresh. Ni pour moi, ni pour quiconque. Pas même pour sa propre personne.

— Tu as appelé la pierre un amplificateur ? demanda Hresh à qui les mots de Beng montaient spontanément aux lèvres. Je n’ai jamais entendu ce mot. Que signifie-t-il. Et qu’est donc notre Pierre des Miracles ? D’où vient-elle et à quoi doit-elle servir ?

— Tu m’appelleras Père.

— Comment pourrais-je vous appeler Père. Je suis le fils de Samnibolon.

— C’est exact. Mais tu m’appelleras Père, Hresh-qui-a-les-réponses. C’est bien ainsi qu’on te surnomme, non ? Je trouve pourtant, mon garçon, qu’il y a dans ta tête beaucoup plus de questions que de réponses.

— On m’appelait Hresh-le-questionneur quand j’étais plus jeune.

— C’est un surnom que tu portes encore bien. Viens ici. Approche-toi.

Hresh alla s’asseoir aux pieds du vieillard et Noum om Beng l’observa longuement en silence. Puis, brusquement, il leva une main décharnée aux doigts recourbés comme des griffes et l’abattit sur la joue de Hresh, exactement comme l’avait fait Harruel le Jour de la Séparation. Le coup, totalement inattendu, fut porté avec une force étonnante. La tête de Hresh se trouva violemment projetée en arrière. Les larmes lui montèrent aussitôt aux yeux, mais elles furent suivies d’une flambée de colère si brutale qu’il eut toutes les peines du monde à se retenir de rendre sa gifle au vieux Beng. Il serra les poings, il serra les mâchoires, il serra les genoux jusqu’à ce que sa colère commence à retomber.

Jamais je ne dois le frapper, se dit Hresh, même s’il me provoque de la sorte. Si je le frappais comme il vient de le faire, je le tuerais. Sa nuque se briserait comme une branche morte.

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