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READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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« Tu as bien raison, Sam ! dit Bilbo en riant. Va donc dire à Gandalf qu’il est parti se coucher. Bonne nuit, Frodo ! Bon sang, que je suis content de t’avoir revu ! Il n’y a finalement qu’entre hobbits qu’on peut avoir une vraie bonne discussion. Je me fais très vieux, et je commençais à me demander si je vivrais assez longtemps pour voir tes chapitres de notre histoire. Bonne nuit ! Je vais aller me promener, je pense, et admirer les étoiles d’Elbereth dans le jardin. Dors bien ! »

2Le Conseil d’Elrond

Frodo se réveilla tôt le lendemain, revigoré et en pleine forme. Marchant le long des terrasses qui dominaient la tumultueuse Bruinen, il regarda le soleil se lever, pâle et frais, au-dessus des lointaines montagnes, et darder ses rayons obliques à travers un fin voile de brume argentée ; la rosée perlait sur les feuilles jaunes, et tous les buissons étincelaient des réseaux de filandres. Sam marchait à ses côtés sans rien dire, mais humant l’air, et levant de temps à autre un regard impressionné vers les hauteurs de l’Est. La neige était blanche sur les cimes.

À un tournant du sentier, sur un banc taillé à même la pierre, ils trouvèrent Bilbo et Gandalf assis en grande conversation. « Bien le bonjour ! dit Bilbo. Prêt pour le grand conseil ? »

« Je me sens prêt à tout, répondit Frodo. Mais ce qui me plairait par-dessus tout aujourd’hui, c’est d’aller en promenade pour explorer la vallée. J’aimerais monter là-haut, dans ces pinèdes. » Il désigna au loin un endroit, tout en haut du versant nord de Fendeval.

« Vous en aurez peut-être l’occasion un peu plus tard, dit Gandalf. Mais nous ne pouvons rien planifier pour l’instant. Maintes choses sont aujourd’hui à entendre et à décider. »

Soudain, comme ils parlaient, le son clair d’une unique cloche se fit entendre. « C’est le signal nous appelant au Conseil d’Elrond, s’écria Gandalf. Allons, dépêchons ! Bilbo et vous êtes tous deux demandés. »

Frodo et Bilbo suivirent vivement le magicien le long du sentier sinueux qui conduisait à la maison ; Sam, non invité, mais oublié pour le moment, trottait derrière eux.

Gandalf les mena au portique où Frodo avait retrouvé ses amis la veille au soir. La lumière d’un clair matin d’automne inondait à présent la vallée. Un bruissement d’eaux bouillonnantes montait du lit écumeux de la rivière. Des oiseaux chantaient, et une saine paix régnait sur le pays. Dans l’esprit de Frodo, sa dangereuse fuite, et les rumeurs de ténèbres grandissantes dans le monde extérieur, ne semblaient déjà plus qu’un mauvais rêve à demi effacé ; cependant, les visages qui se tournèrent vers eux à leur arrivée étaient graves.

Elrond se trouvait là, et plusieurs autres siégeaient en silence autour de lui. Frodo reconnut Glorfindel et Glóin ; tandis que l’Arpenteur était assis seul dans un coin, ayant de nouveau revêtu ses vieux habits fatigués par le voyage. Elrond invita Frodo à prendre place à côté de lui, puis il le présenta à la compagnie en ces mots :

« Mes amis, dit-il, voici le hobbit, Frodo fils de Drogo. Rares sont ceux qui ont gagné cette vallée dans un péril plus grand ou avec une mission plus urgente. »

Il désigna alors les personnes que Frodo n’avait pas encore rencontrées et les lui présenta. À côté de Glóin était assis un nain plus jeune : son fils Gimli. Près de Glorfindel se trouvaient plusieurs autres conseillers de la maisonnée d’Elrond, dont Erestor était le plus éminent ; et auprès de lui était Galdor, un Elfe des Havres Gris délégué par Círdan le Constructeur de Navires. Il y avait aussi un Elfe d’allure étrange, vêtu de vert et de marron, Legolas, messager de son père Thranduil, le Roi des Elfes du nord de Grand’Peur. Et assis un peu à l’écart se trouvait un homme de haute stature, beau de visage et noble de traits, les cheveux bruns et les yeux gris, le regard fier et sévère.

Il portait une cape et des bottes, comme pour un long périple à cheval ; et bien que ses vêtements fussent somptueux et sa cape bordée de fourrure, ils étaient fort salis par le voyage. Il avait au cou un cercle d’argent dans lequel était sertie une unique pierre blanche ; sa chevelure lui tombait aux épaules. Il portait, suspendu à son baudrier, un grand cor à embouchure d’argent qui reposait sur ses genoux. Il posa sur Bilbo et Frodo un regard soudainement ébahi.

« Voici Boromir, dit Elrond, se tournant alors vers Gandalf. Un homme du Sud. Il est arrivé au gris de l’aurore, et il vient chercher conseil. Je l’ai prié de se joindre à nous, car il trouvera ici réponse à ses questions. »

Il n’est nul besoin de rapporter tout ce qui fut évoqué et débattu au Conseil. On parla longuement des événements du monde extérieur, en particulier dans le Sud, et dans les vastes terres à l’est des Montagnes. Frodo avait déjà entendu bien des rumeurs à ce sujet ; mais le récit de Glóin lui était entièrement nouveau, et il écouta attentivement tout ce que le nain avait à dire. Il apparaissait que, malgré la splendeur des œuvres qu’ils menaient à bien, les cœurs des Nains de la Montagne Solitaire étaient profondément troublés.

« Il y a de cela maintes années, dit Glóin, qu’une ombre d’inquiétude a gagné notre peuple. Nous n’en perçûmes pas d’emblée la provenance. Des murmures commencèrent à s’élever en secret, disant que nous étions pris à l’étroit, que de plus grandes splendeurs et richesses nous attendaient dans un monde plus vaste. D’aucuns parlaient de la Moria, le grand-œuvre de nos pères que l’on nomme dans notre langue Khazad-dûm, et ils professaient que nous avions enfin la force et le nombre requis pour y retourner. »

Glóin soupira. « Ah ! La Moria ! Merveille du monde septentrional ! Trop profond y avons-nous creusé, éveillant la terreur sans nom. Ses vastes palais sont longtemps restés vides depuis que les enfants de Durin ont fui. Mais voilà que nous en parlions de nouveau avec concupiscence, et aussi avec effroi ; car aucun nain n’a osé passer les portes de Khazad-dûm de la vie de maints rois, Thrór excepté, et il a péri. Mais enfin, Balin prêta l’oreille aux murmures et résolut de s’y rendre ; et quoique Dáin ne le lui permît pas de son plein gré, il emmena avec lui Ori et Óin, ainsi que bon nombre des nôtres, et ils partirent vers le sud.

« Cela se passait il y a près de trente ans. Nous reçûmes un temps des nouvelles, et elles parurent bonnes : des messages nous signalant qu’on était entré en Moria et qu’un grand ouvrage y était entrepris. Ensuite, ce fut le silence, et aucune nouvelle n’est venue de la Moria depuis.

« Puis, il y a environ un an, un messager se présenta à Dáin – non de la Moria, mais du Mordor : un cavalier surgi dans la nuit, appelant Dáin aux portes de son palais. Le seigneur Sauron le Grand, comme il le dit, souhaitait notre amitié. Afin d’en disposer, il offrirait des anneaux, ainsi qu’il en avait offert jadis. Et l’envoyé s’enquit instamment au sujet des hobbits : de quel genre ils étaient, et où ils habitaient. “Car Sauron sait”, dit-il, “que l’un d’entre eux vous était connu, il fut un temps.”

« À ces mots, nous fûmes grandement troublés, et nous ne fîmes aucune réponse. Alors il baissa sa voix maudite ; et il l’eût rendue plus mielleuse s’il en avait été capable. “En témoignage de votre amitié, Sauron ne demande de vous que ceci”, dit-il : “que vous trouviez ce voleur” – ce fut le mot qu’il employa – “et que vous lui preniez, de gré ou de force, un petit anneau, le moindre des anneaux, qu’il a volé autrefois. Il ne s’agit que d’un colifichet dont Sauron s’est entiché – tout au plus un gage de votre bonne volonté. Trouvez-le, et trois des anneaux que possédaient les aïeux des Nains au temps jadis vous seront rendus, et le royaume de Moria sera pour toujours entre vos mains. Trouvez seulement des nouvelles du voleur, s’il vit encore et à quel endroit, et vous aurez droit à une récompense considérable, de même qu’à l’amitié indéfectible du Seigneur. Refusez, et les circonstances ne paraîtront pas si favorables. Refusez-vous ?”

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