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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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L’un des harponneurs s’avance alors avec une arme longue et tranchante qu’on appelle sabre d’abordage et, au moment propice, découpe adroitement un grand trou dans la partie inférieure de cette bande qui se balance, passe l’estrope de l’autre caliorne dans ce trou assurant ainsi une prise dans le lard pour la suite des opérations. Cela fait, notre épéiste, avertissant chacun de s’écarter, et d’un mouvement savamment porté, après quelques entailles obliques, sépare tout à fait cette bande en deux, de sorte que si la partie inférieure plus courte reste fixe, la longue partie supérieure se libère et se trouve prête à tomber dans l’entrepont. Au guindeau les hommes reprennent désormais leur chant et cependant qu’on vire sur la caliorne qui arrache et hisse une seconde bande de lard, l’autre est manœuvrée perpendiculairement au-dessus de la grande écoutille où la première bande descend dans un salon non meublé, appelé parc au gras. Dans cet appartement crépusculaire, de nombreuses et adroites mains enroulent la longue enveloppe comme si elle était un immense entrelacs de serpents vivants. Ainsi se poursuit le travail, les deux caliornes s’élèvent et s’abaissent simultanément, la baleine et le guindeau virent, les hommes chantent, ces messieurs du parc à gras enroulent, les seconds tailladent, le navire peine et tout l’équipage jure à l’occasion pour détendre la tension générale.

CHAPITRE LXVIII La couverture

Je n’ai pas peu accordé d’attention à la peau de la baleine, ce sujet souvent débattu. J’en ai discuté, en mer, avec des baleiniers expérimentés, à terre avec de savants naturalistes. Mon opinion première reste inchangée mais ce n’est qu’une opinion.

La question est la suivante: qu’est-ce que la peau de la baleine et où se situe-t-elle? Vous savez déjà ce qu’est son lard. Il a la consistance ferme, à grain serré, en plus dur, du bœuf; il est plus élastique, plus dense et varie d’une épaisseur de huit ou douze jusqu’à quinze pouces.

Pour absurde qu’il semble de prime abord de parler de peau à propos d’une masse offrant une pareille résistance et d’un pareil volume, on ne peut alléguer aucun argument contre cette dénomination, car l’on ne peut peler la baleine d’aucune enveloppe autre que de ce lard, et l’enveloppe extérieure d’un animal quel qu’il soit, si elle présente un tant soit peu d’épaisseur, peut-elle être autre chose que sa peau? En vérité, lorsque le corps de la baleine est encore intact, vous pouvez y gratter du doigt une matière infiniment mince, transparente, semblable, aux plus fines lamelle de mica, encore qu’elle ait la douceur et la souplesse du satin avant qu’elle ait séché, car alors elle se resserre, s’épaissit et devient plutôt dure et cassante. J’en ai plusieurs morceaux secs dont je me sers pour marquer les pages de mes livres se rapportant aux baleines. Comme je viens de le dire, c’est une matière transparente et, quand elle est posée sur la page imprimée, je me suis souvent plu à lui découvrir un pouvoir grossissant. Quoi qu’il en soit, c’est charmant de lire des histoires de baleines avec leurs propres lunettes, si l’on ose dire. Mais voici où je veux en venir. Cette pellicule, pareille à un mica extrêmement mince recouvre, je le reconnais, le corps entier de la baleine, mais on ne doit point tant le considérer comme sa peau que comme la peau de la peau, pour ainsi dire. Car il serait tout simplement ridicule d’affirmer que la vraie peau de la colossale baleine est plus fine et plus délicate que celle d’un nouveau-né. Mais en voilà assez sur ce thème!

En admettant que le lard soit la peau du cétacé, lorsque celle-ci, comme c’est le cas pour les grands cachalots, donnera cent barils d’huile et lorsqu’on considère qu’en quantité, ou plutôt en poids cette huile, pour parler en chiffres, ne représente que les trois quarts et non la totalité de l’enveloppe, on peut se faire une idée de l’énormité d’une masse vivante dont le simple tégument fournit un pareil lac de liquide. Si l’on compte dix barils à la tonne, on obtient dix tonnes, poids net, avec les trois quarts seulement de la peau de la baleine.

Ce n’est pas la moindre des merveilles offertes par le cachalot que la vue de sa peau quand il est vivant. Presque toujours, elle est sillonnée de toutes parts et en tout sens de lignes obliques sans nombre, droites et serrées comme celles des plus belles gravures italiennes. Mais ces cannelures ne semblent pas imprimées sur la matière transparente dont je viens de parler mais elles paraissent plutôt vues à travers elle, taillées à même le corps. Et ce n’est pas tout. En certains cas, pour un œil prompt et observateur, ces hachures, tout comme dans les véritables gravures, ne sont que le fond de bien d’autres dessins. Ce sont des hiéroglyphes, si vous appelez ainsi les signes mystérieux inscrits sur les pyramides. Ma mémoire sûre revoit les hiéroglyphes d’un cachalot, en particulier, sur lequel je fus très frappé de retrouver les mêmes caractères indiens que ceux des célèbres parois qui bordent le Mississipi supérieur. Les signes mystiques de la baleine demeurent tout aussi indéchiffrables que ceux de ces pierres mystérieuses et cette allusion aux roches des Indiens me rappelle autre chose… Entre autres phénomènes présentés par l’extérieur du cachalot, il n’est pas rare que les stries parallèles de son dos, et plus spécialement de ses flancs, soient à demi brouillées par des éraflures profondes, irrégulières et comme tracées au hasard. Je dirai que ces rocs de la Nouvelle Angleterre dont Agassiz pense qu’ils portent les marques du puissant raclement que leur faisaient subir les icebergs en dérive, j’oserais dire que ces rochers ne sont pas sans ressembler au cachalot sur ce point. Je pense aussi que ces stries doivent être les traces des combats que se livrent les cétacés, car je les ai remarquées, la plupart du temps, sur les grands mâles adultes.

Encore un ou deux mots au sujet de cette peau, ou de ce lard, de la baleine. Comme nous l’avons dit, il est pelé en longues bandes, appelées morceaux de couverture. Comme la plupart des termes marins, celui-ci est d’un choix heureux et imagé, car la baleine est en vérité enveloppée dans son lard comme dans une vraie couverture ou courtepointe, mieux encore comme dans un poncho indien qui passerait par-dessus sa tête pour s’allonger jusqu’à sa queue. C’est grâce à cette douillette que la baleine jouit d’un égal confort sous tous les climats, dans toutes les mers, en tout temps et à toutes les profondeurs. Que deviendrait la baleine du Groenland par exemple dans le frisson glacial de ces mers arctiques, si elle n’était pas pourvue de cet agréable pardessus? Sans aucun doute, on trouve d’autres poissons tout à fait pleins d’entrain dans ces eaux hyperboréennes, soulignons toutefois que ce sont vos poissons à sang froid, sans poumons, dont les entrailles sont des frigorifiques, des créatures qui se chauffent à l’abri d’une banquise comme un voyageur lézarde un jour d’hiver au coin d’une cheminée d’auberge. Tandis que la baleine tout comme l’homme, a des poumons et le sang chaud. Gelez son sang, elle meurt. Aussi quelle merveille – sauf après qu’on en ait fourni l’explication – que ce monstre énorme à qui la chaleur corporelle est aussi indispensable qu’elle l’est à l’homme, quelle merveille qu’elle soit dans son élément, immergée jusqu’aux lèvres sa vie durant dans les eaux de l’Arctique, alors que les marins tombés par-dessus bord sont parfois retrouvés des mois plus tard, raides au cœur des glaces comme mouches dans l’ambre. Il est plus étonnant encore d’apprendre, l’expérience l’a prouvé, que la baleine du pôle a le sang plus chaud qu’un nègre de Bornéo en été.

Il me semble qu’ici se manifeste la rare vertu d’une forte vitalité individuelle, la rare vertu de murs épais, et la rare vertu de l’espace intérieur. Ô homme, admire la baleine, prends modèle sur elle! Toi aussi, conserve ta chaleur au sein des glaces. Toi aussi, sache vivre en ce monde sans être de ce monde. Garde ta fraîcheur sous l’Équateur et la vivacité de ton sang au Pôle. Comme le grand dôme de St-Pierre, et comme la grande baleine, ô homme, sauve la température propre en toutes saisons.

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