Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
– Domi bientôt, marmotta-t-il, à demi détourné.
– Baste! Virez! Je veux dire quand vous mourrez, coq. C’est une question atroce. Et quelle est votre réponse?
– Losque ce vieux homme noici moua, répondit lentement le nègre, en changeant tout à fait d’attitude et de ton, de lui-même y ia nulle pat, mais un anze béni vienda le checher.
– Le chercher? Comment? Dans un carrosse à quatre chevaux, comme on est venu chercher Élie? Et où le chercher?
– Là-haut, dit Toison en élevant ses pincettes droit au-dessus de sa tête et en les y maintenant avec solennité.
– Ainsi, quand vous serez mort, vous espérez monter dans notre grand-hune, vraiment, coq? Mais ne savez-vous pas que plus on monte plus il fait froid? Dans la grand-hune, hein?
– Zamais dit ça, répondit Toison, à nouveau boudeur.
– Vous avez bien dit là-haut, n’est-ce pas? Regardez bien où vous pointez vos pincettes. Mais peut-être que vous espérez aller au ciel en grimpant par le trou du chat, coq, mais non, non vous n’y arriverez pas sans passer par la voie régulière qui contourne le gréement. C’est une affaire scabreuse, mais il faut en passer par là, il n’y a pas d’autre moyen. Mais nul d’entre nous n’est encore au ciel. Abaissez vos pincettes et écoutez mes ordres, coq. Vous m’entendez? Prenez votre chapeau dans une main et serrez l’autre sur votre cœur lorsque je donne des ordres, coq! Comment! C’est là qu’est votre cœur? Ça, c’est votre gésier. Plus haut! plus haut! ça y est, vous y êtes. Serrez-la bien, à présent et soyez toute attention!
– Tout’o’eilles, répondit le vieux Noir les deux mains dans la position demandée et tordant sa tête grise comme pour amener vainement ses deux oreilles en avant.
– Eh bien, coq, vous voyez, votre fameux steak de baleine était si affreusement mauvais que je l’ai fait disparaître au plus vite, vous le constatez, n’est-ce pas? Alors, à l’avenir quand vous cuirez une autre tranche pour ma table personnelle, ici sur le cabestan, je vais vous indiquer comment vous y prendre pour qu’elle ne soit pas trop cuite. Tenez la tranche d’une main et de l’autre montrez-lui un tison ardent, ceci fait, elle est prête servez-la. Vous m’entendez? Et à présent, quand demain nous ferons le dépeçage du gibier, ne manquez pas d’être prêt à prendre l’extrémité des nageoires et mettez-les mariner. Quant aux extrémités de la queue, mettez-les en saumure, coq. C’est tout, vous pouvez aller.
Mais Toison n’avait pas fait trois pas qu’il était rappelé:
– Coq, demain au quart de minuit, servez-moi des croquettes pour mon souper. Vous m’avez entendu? Alors, mettez les voiles! Holà, un instant! Faites une courbette avant de partir! Un instant! Et des boulettes de baleine pour le petit déjeuner, n’oubliez pas!
– Pa Dieu! je voudais que la baleine le manze plutôt que lui manze la baleine. Ze veux ben ête pendu si n’est pas pu equin que missié Equin lui-même, grommela le vieil homme en boitant et sur cette sage pensée il regagna son hamac.
CHAPITRE LXV La baleine en tant que mets
Qu’un mortel se nourrisse de l’animal qui alimente sa lampe et que, comme Stubb il le mange à la lumière qu’il donne, pour ainsi dire, paraît chose si incongrue qu’il convient d’entrer un peu dans l’histoire et la philosophie de la question.
Selon la chronique, il y a trois siècles, la langue de la baleine franche était considérée en France comme un mets délicat et elle y atteignait des prix élevés. De même, au temps d’Henri VIII, un certain cuisinier de la cour obtint une belle récompense pour la création d’une sauce merveilleuse destinée à accompagner, rôtis tout entiers, des marsouins, lesquels, vous vous en souvenez, sont des espèces de baleines. En vérité, de nos jours encore, le marsouin est estimé. On en fait des croquettes rondes, à peu près de la dimension de boules de billard et, bien assaisonnées et épicées, on les prendrait pour un hachis de tortue ou de veau. Les anciens moines de Dunfermline en étaient très friands. La Couronne leur accorda une grande concession de marsouins.
Le fait est que, aux yeux de leurs chasseurs tout au moins, les cétacés seraient considérés comme un plat noble, n’était son excessive abondance. Lorsque vous vous asseyez devant un pâté de viande de près de cent pieds de long, cela vous coupe l’appétit. Seuls des hommes absolument détachés de tout préjugé, comme Stubb, mangent de la baleine cuite, mais les Esquimaux ne sont pas si difficiles. Nous savons tous qu’ils tirent leur subsistance de la baleine et qu’ils ont de vieux crus précieux thran. Zograndan, l’un de leurs plus célèbres médecins, préconise, pour les enfants, le lard de baleine comme étant extrêmement juteux et nourrissant. Cela me remémore que certains Anglais, accidentellement abandonnés il y a longtemps au Groenland par un navire baleinier, vécurent, des mois durant, de déchets moisis de baleine qui avaient été laissés à terre après la fonte de la graisse. Les pêcheurs hollandais les appellent des beignets, auxquels, en vérité, ils ressemblent fort, étant dorés et croustillants et, lorsqu’ils sont frais, leur odeur rappelle celle des pets-de-nonne que font les ménagères d’Amsterdam. Ils sont si appétissants que l’étranger le plus frugal a peine à se retenir d’y toucher.
Mais ce qui déprécie le plus la baleine dans notre cuisine de civilisés, c’est qu’elle est une nourriture trop riche. Elle est l’énorme bœuf gras de l’Océan, trop gras pour être délicieux. Prenez sa bosse par exemple, qui pourrait être un plat aussi excellent que l’est celle du bison (mets rare et recherché), n’était la pyramide de graisse consistante qu’elle forme. Le spermaceti même, si suave et crémeux, pareil à la chair transparente et à demi solide d’une noix de coco au troisième mois de sa croissance, est bien trop riche pour remplacer le beurre. Néanmoins, bien des baleiniers en mangent en le mêlant à quelque autre aliment. Lors des longs quarts de nuit, au cours de la fonte, les matelots plongent, fréquemment, leurs biscuits de mer dans les énormes chaudrons de graisse et les y laissent frire un moment. J’ai ainsi fait plus d’un bon souper.
En ce qui concerne un petit cachalot, sa cervelle est considérée comme un plat fin. La boîte crânienne est ouverte à la hache et l’on en retire les deux lobes dodus et blanchâtres (ressemblant très exactement à deux gros puddings), on les mélange alors à de la farine, on les cuit et c’est un mets tout à fait délicieux, dont le goût rappelle celui de la tête de veau appréciée de certains gastronomes. Et tout un chacun sait que quelques jeunes dandies parmi les gourmets, en se nourrissant sans cesse de cervelles de veau, finissent par acquérir assez de cervelle eux-mêmes pour distinguer leurs propres têtes d’une tête de veau, la distinction réclamant d’ailleurs une perspicacité peu commune. C’est pourquoi un jeune dandy, attablé devant une tête de veau qui a l’air intelligente, est l’un des plus tristes spectacles que l’on puisse voir. Cette tête le contemple avec une sorte de reproche et une expression signifiant un «Tu quoque, Brutus».
Ce n’est peut-être pas seulement à cause de sa trop grande onctuosité que les terriens paraissent avoir de l’aversion à consommer de la baleine, il semble que ce soit une conséquence des raisons dont nous avons précédemment parlé, à savoir cette obligation pour un homme de consommer une créature marine fraîchement assassinée à la lumière qu’elle lui fournit. Il ne fait pas de doute que le premier homme qui tua un bœuf fut considéré comme un meurtrier, peut-être fut-il pendu, et s’il avait passé en jugement devant un tribunal bovin, il l’aurait certainement été, et si un assassin mérite ce sort, il coule de source qu’il le mérite aussi. Allez aux halles des viandes un samedi soir et regardez la foule de ces bipèdes vivants regardant fixement les longs alignements de quadrupèdes morts. Cette vision n’enlève-t-elle pas une dent à la mâchoire du cannibale? Les cannibales? Qui n’est pas un cannibale? Je vous le dis: au jour du Jugement, le Fidjien qui a mis au saloir un maigre missionnaire pour les jours de famine, ce prévoyant Fidjien suscitera plus d’indulgence que toi, gourmet conscient et civilisé, qui a cloué au sol des oies et festoyé de leurs foies hypertrophiés sous forme de pâtés.