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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Qui plus est, il faut savoir que, lorsque ce second harpon a été jeté par-dessus bord, il devient une épée de Damoclès, terreur acérée qui se balance fantasquement entre la pirogue et le gibier, emmêlant les lignes ou les tranchant, semant l’émotion dans toutes les directions. En général, il est impossible de s’en rendre maître à nouveau avant que la baleine soit morte.

Songez, dès lors, à ce qu’est la situation lorsque quatre pirogues sont engagées ensemble sur un poisson particulièrement fort, agile et rusé, lorsque, outre ces dangers provoqués par ses qualités mêmes ajoutés à ceux que comporte cette entreprise audacieuse, huit ou dix seconds fers viennent à tournoyer autour de la bête. Car, bien entendu, chaque pirogue a plusieurs harpons fixés sur la ligne pour le cas où le premier, lancé inefficacement, ne pourrait être récupéré. Tous ces détails sont fidèlement rapportés ici, car ils ne manqueront pas d’éclaircir plusieurs passages très importants et compliqués des scènes suivantes.

CHAPITRE LXIV Le souper de Stubb

Le cachalot de Stubb avait été tué à bonne distance du navire. Nous étions dans un calme, de sorte qu’attelant les trois pirogues en flèche, nous entreprîmes le lent travail de remorquer le trophée jusqu’au Péquod. Et tandis que les dix-huit hommes que nous étions avec nos trente-six bras, nos cent quatre-vingts doigts, pouces y compris, nous peinions heure après heure à tirer ce corps inerte et pesant qui semblait à peine bouger, nous eûmes ainsi une excellente preuve de l’énormité de la masse que nous déplacions. Sur le grand canal de Hanachow, quel que soit le nom qu’on lui donne, quatre ou cinq hommes, sur le sentier de halage, tireront une jonque lourdement frétée à la vitesse d’un mille à l’heure, mais cette grandiose caraque que nous remorquions lourdement semblait lestée de saumons de plomb.

La nuit tomba, mais trois feux dans le gréement du Péquod nous indiquaient faiblement notre route et en nous rapprochant nous vîmes Achab élever hors de la rambarde l’un des falots supplémentaires. Il regarda un instant d’un air absent la baleine qui flottait, donna les ordres habituels d’arrimage pour la nuit puis, tendant son falot à un matelot, il se dirigea vers sa cabine et ne reparut plus jusqu’au matin.

Bien que le capitaine Achab, en surveillant la chasse de ce cachalot, eût fait preuve de son activité habituelle, si l’on peut dire, maintenant qu’il était mort, quelque insatisfaction vague, ou quelque impatience, ou le désespoir semblaient le tenailler, comme si la vue de ce cadavre lui rappelait que Moby Dick était encore à mettre à mort et que quand bien même des milliers d’autres baleines seraient remorquées jusqu’à son navire, cela ne le distrairait en rien de son obsession unique. Bientôt on aurait pu croire, au bruit qui régnait sur le pont du Péquod, que l’équipage s’apprêtait à mouiller l’ancre en plein Océan. De lourdes chaînes étaient halées sur le pont et jaillissaient des sabords de charge avec fracas. Mais c’était l’immense cadavre, et non le navire, que ces chaînes cliquetantes amarraient. Liée par la tête à la poupe, par la queue à la proue, la baleine appuyait sa coque noire contre celle du navire et, entrevue dans les ténèbres qui dissimulaient la mâture et le gréement sur le ciel, on eût dit un attelage de bœufs géants dont l’un se serait couché et dont l’autre serait resté debout [14].

Si le sombre Achab, pour autant qu’on pouvait le présumer, était maintenant au repos, Stubb, son second, enfiévré par sa victoire, montrait une animation inhabituelle mais toujours empreinte de bonhomie. Il déployait une activité si peu coutumière que son supérieur, le posé Starbuck, lui abandonna pour le moment avec tranquillité la direction des opérations. Une petite raison stimulait la pétulance de Stubb et se révéla bientôt étrangement. Amateur de bonne chère, Stubb avait une prédilection immodérée pour la baleine considérée comme un mets savoureux.

– Une tranche, une tranche, avant que j’aille dormir! Vous, Daggoo!… par-dessus la rambarde et coupez-m’en une dans le small!

Sachez qu’en général ces sauvages pêcheurs ne font pas, selon l’usage militaire, payer à l’ennemi les frais de la guerre (du moins pas avant la réalisation des bénéfices de la campagne), mais de temps à autre certains de ces Nantuckais font leurs délices de ce morceau du cachalot désigné par Stubb et qui se trouve à l’extrémité fuselée du corps.

Vers minuit, ce steak était coupé et, à la lueur de deux falots où brûlait de l’huile de cachalot, Stubb prit vaillamment son repas de cachalot debout au chapeau de cabestan comme si c’eût été un buffet. Il ne fut pas le seul à festoyer de chair de baleine cette nuit-là. Mêlant leurs mâchonnements à sa mastication, des milliers de requins, en essaims autour du léviathan mort, faisaient entendre les clappements du banquet qu’ils faisaient de sa graisse. En bas, les rares hommes au repos sursautaient souvent aux vigoureux claquements de leurs queues frappant la coque du navire à quelques pouces de leurs cœurs de dormeurs. En se penchant par-dessus bord on pouvait les voir (de même qu’auparavant on les avait entendus), se vautrant dans les eaux mornes et noires, se tournant sur le dos pour creuser dans la baleine des trous ronds de la grosseur d’une tête d’homme. Cet exploit du requin semble quasiment miraculeux; comment arrive-t-il, dans une surface apparemment si inattaquable, à arracher des bouchées aussi symétriques? Cela fait partie de l’universel mystère. La marque qu’il laisse ainsi sur la baleine ne saurait être mieux comparée qu’au forage que fait un menuisier pour noyer la tête d’une vis.

Bien que dans la fumée et la diabolique horreur d’un combat naval, on puisse voir les requins fixer avec convoitise le pont des navires, – tels des chiens affamés autour de la table sur laquelle on découpe une viande saignante, – prêts à avaler avidement tout homme tué jeté jusqu’à eux, et bien que sur le pont les vaillants bouchers tranchent dans la chair humaine comme des cannibales, avec des lames dorées et parées de glands, les requins, eux aussi, avec leurs mâchoires ornant la garde de leurs poignards se disputent sous la table, taillant dans la chair morte, et bien que vous retourniez ce problème en tous sens, il reste que le résultat est joliment le même, c’est-à-dire que c’est une scandaleuse affaire de requins de part et d’autre. Les requins sont aussi les piqueurs immanquables de tous les négriers qui traversent l’Atlantique, trottant systématiquement à leurs côtés afin d’être disponibles dans le cas où il y aurait un colis à transporter où que ce soit ou un esclave à ensevelir décemment. Et bien qu’on puisse donner encore un ou deux exemples, relatifs au temps, au lieu et aux circonstances où les requins se réunissent fort amicalement et festoyent on ne peut plus joyeusement, il n’est cependant pas de moment ni de circonstance imaginables où on les trouvera en société aussi innombrable, animée d’une plus joviale gaieté qu’autour d’un cachalot mort, amarré de nuit au flanc d’un baleinier en pleine mer. Si vous n’avez jamais contemplé pareil spectacle, alors réservez votre jugement quant à l’opportunité d’adorer le diable et à l’à-propos de se le concilier.

Mais de même que jusqu’alors Stubb n’avait pas prêté attention au bruit de mâchoires du banquet qui avait lieu si près de lui, de même les requins n’avaient pas remarqué qu’il faisait claquer ses lèvres gourmandes:

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[14] Notons un petit détaiclass="underline" la prise la plus solide et la plus sûre que le cétacé offre au navire lorsque celui-ci est amarré à son flanc, c’est sa queue. Étant donné que la caudale est la partie la plus musclée du corps, c’est aussi la plus lourde, les nageoires pectorales exceptées. Sa souplesse, qu’elle conserve dans la mort, l’entraîne bien au-dessous de la surface de sorte qu’on ne peut pas la capeler depuis la pirogue, étant donné qu’il est impossible de le faire à la main. Cette difficulté a été résolue avec ingéniosité: une petite ligne résistante munie d’un flotteur de bois à un bout, d’un poids en son milieu, est assurée au navire à son autre extrémité. Le flotteur est adroitement amené de l’autre côté de la masse de manière à encercler le cétacé, la chaîne suit facilement et, glissée le long du corps, elle est amarrée à la partie la plus étroite de la caudale, à l’endroit où elle diverge en larges palmes ou ailerons.

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