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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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– Je ne redoute pas votre épidémie, camarade, dit le capitaine Achab penché sur la rambarde, au capitaine Mayhew debout à la poupe de sa pirogue, montez à bord!

Mais Gabriel avait bondi sur ses pieds:

– Songe, songe aux fièvres, jaunes et bilieuses! Craignez la peste horrible!

– Gabriel, Gabriel! s’écria le capitaine Mayhew, tu dois ou…

Mais au même instant une vague impétueuse lança la pirogue en avant et ses bouillonnements noyèrent tout discours.

– As-tu vu la Baleine blanche? demanda Achab lorsque la baleinière revint à portée.

– Songe, songe à ton navire défoncé, sombrant! Crains l’horrible queue!

– Je te répète, Gabriel, que… mais la pirogue fut à nouveau arrachée vers l’avant, comme tirée par des démons. Un silence se fit, tandis que se pressaient des vagues tumultueuses, qui selon un caprice occasionnel de la mer, moutonnaient sans s’élever. Cependant la tête suspendue du cachalot était violemment secouée et Gabriel la lorgnait avec plus d’appréhension que ne l’eût justifié sa nature d’archange.

Lorsque cet intermède eut pris fin, le capitaine Mayhew entama une sombre histoire au sujet de Moby Dick, non sans être fréquemment interrompu par Gabriel, chaque fois que ce nom revenait, et par la mer qui semblait avoir partie liée avec lui.

Il en ressortait que le Jéroboam n’était pas en mer depuis longtemps lorsque au cours d’une gamme avec un autre navire baleinier, son équipage apprit l’existence de Moby Dick et les ravages qu’il avait exercés. Savourant avec gourmandise cette information, Gabriel avertit solennellement le capitaine de ne pas attaquer au cas où le monstre viendrait à être rencontré; dans sa folie idiote, il affirma que la Baleine blanche n’était rien moins que l’incarnation du Dieu Trembleur, les trembleurs admettant la Bible. Mais lorsque, quelque deux ans plus tard, les hommes en vigie signalèrent Moby Dick, Macey le premier second, fut dévoré du désir de l’affronter, et le capitaine lui-même ne s’opposait pas à lui en laisser l’occasion, malgré toutes les prédictions et tous les avertissements de l’archange; Macey réussit à persuader cinq hommes d’armer sa baleinière. Il poussa au large avec eux et, après une nage longue et fatigante, bien des tentatives dangereuses et inefficaces, il réussit enfin à planter un fer. Pendant ce temps, Gabriel était monté à la tête du grand mât et agitait frénétiquement un bras, hurlant à pleins poumons, prophétisant la perte rapide des agresseurs sacrilèges de sa divinité. Macey, le second, debout à l’avant de sa baleinière, avec toute l’énergie téméraire de sa race, invectivait la baleine à cris sauvages, tout en guettant l’instant propice pour jeter la lance qu’il tenait en position, mais voilà qu’une large ombre blanche monta de la mer dont l’éventail rapide coupa momentanément le souffle aux canotiers. L’instant suivant, le malheureux second, si débordant de vie, fut lancé en l’air, et, après avoir décrit une longue courbe, il retomba à une cinquantaine de mètres de là. La pirogue n’eut pas une égratignure, pas un cheveu des hommes ne fut effleuré, mais le second sombra pour toujours.

Il convient d’ajouter entre parenthèses que, dans la chasse au cachalot, ce genre d’accident mortel est peut-être aussi fréquent que n’importe quel autre. Parfois, comme dans ce cas particulier, un homme est anéanti alors que rien n’est endommagé, plus souvent l’avant de la baleinière est arraché, à moins que le bordé de cuisse où se tient le chef, soit enlevé avec l’homme. Mais le plus étrange est qu’à plus d’une reprise on repêcha le corps qui ne portait aucune trace de violence, l’homme ayant été foudroyé.

La scène de la catastrophe, la chute de Macey, avait été clairement vue du navire. Poussant un cri perçant: «La fiole! la fiole!» Gabriel détourna l’équipage frappé de terreur de poursuivre la baleine. Cette terrible aventure revêtit l’archange d’un surcroît de prestige car ses disciples crédules crurent qu’il avait annoncé cet événement particulier et non fait une prophétie d’ordre général, que n’importe qui aurait pu faire avec une large marge de chances de tomber juste. Il devint une terreur sans nom à bord.

Mayhew ayant terminé son récit, Achab lui posa de telles questions que le capitaine étranger ne put s’empêcher de lui demander s’il avait l’intention de chasser la Baleine blanche si l’occasion s’en présentait. À quoi Achab répondit affirmativement. Aussitôt Gabriel bondit à nouveau sur ses pieds, jeta un regard flamboyant sur le vieil homme et s’écria avec véhémence, pointant un index vers l’eau:

– Pense, pense au blasphémateur qui gît mort, là au fond! Crains la fin des blasphémateurs!

Achab se détourna, impassible, puis s’adressant à Mayhew:

– Capitaine, je pense à mon sac à lettres, si je ne me trompe il y a une lettre pour un de tes officiers. Starbuck, jetez un coup d’œil dans le sac.

Tout navire baleinier emporte un bon nombre de lettres destinées à divers navires et dont la délivrance dépend de la seule chance des rencontres dans l’un des quatre océans. Aussi la plupart ne leur parviennent-elles jamais, et nombre d’entre elles arrivent à qui de droit au bout de deux ou trois ans sinon davantage.

Starbuck revint bientôt avec une enveloppe à la main. Elle était piteusement chiffonnée, détrempée, couverte de tristes taches de moisissure verte, attestant un long séjour dans un placard sombre de la cabine. De pareille lettre, la Mort en personne eût pu être le facteur.

– Tu n’arrives pas à la lire? s’enquit Achab, passe-la moi, camarade. Oui, oui, ce n’est qu’un vague gribouillage… mais qu’est-ce cela? Tandis qu’il l’examinait, Starbuck fendait de son couteau le manche d’une pelle à trancher juste assez pour y introduire la lettre et la tendre jusqu’à la pirogue, sans qu’elle ait besoin de s’approcher davantage du navire.

Cependant Achab, tenant toujours la lettre, murmura: M. Har… oui Harry… (une fine écriture de femme, son épouse, j’imagine). Oui. M. Harry Macey, à bord du Jéroboam ; mais c’est pour Macey et il est mort!

– Pauvre diable! pauvre diable! et elle est de sa femme, soupira Mayhew mais passez-la moi.

– Non, garde-la toi-même, cria Gabriel à Achab, tu suivras bientôt le même chemin.

– Que le diable t’étrangle! hurla Achab, capitaine Mayhew, préparez-vous à la recevoir et, prenant des mains de Starbuck la missive fatale, il l’inséra dans la fente du manche et la tendit vers la pirogue. Mais les canotiers avaient, dans cette attente, cessé de nager, la baleinière dériva légèrement vers la poupe du navire de sorte que, comme par magie, l’enveloppe se trouva devant la main de Gabriel qui s’en saisit, empoigna le couteau de pirogue, y ficha le lettre et l’expédia ainsi lestée sur le navire. Elle tomba aux pieds d’Achab, Gabriel cria à ses camarades de scier et cette baleinière de mutins s’éloigna rapidement du Péquod.

Lorsque après cet intermède, les matelots reprirent leur travail sur la robe du cachalot, bien des propos étranges circulèrent au sujet de cette ténébreuse affaire.

CHAPITRE LXXII La corde à singe

Affairé à la besogne du dépeçage, l’équipage s’agite dans un va-et-vient incessant. On a besoin des hommes ici, on a besoin d’eux ailleurs. Personne ne peut rester à une place car il faut être partout à la fois, tout devant être fait partout à la fois. Il en va joliment de même pour qui veut décrire la scène, et nous devons revenir quelque peu en arrière. Dès qu’on descend sur le dos de la baleine, le croc à lard est inséré dans le trou préparé par les pelles des seconds. Mais comment ce même crochet a-t-il été fixé dans une masse si incommode et si pesante? C’était l’affaire du harponneur, aussi fut-ce mon ami Queequeg qui descendit sur le dos du monstre. Souvent, les circonstances réclament que le harponneur reste sur le dos de l’animal jusqu’à ce que l’opération du dépeçage soit complètement terminée. Soulignons que le gibier est presque entièrement immergé sauf la partie sur laquelle on œuvre, aussi, à quelque dix pieds en dessous du niveau du pont, le malheureux harponneur patauge, à moitié sur la baleine, à moitié dans l’eau, cependant que, sous lui, l’énorme masse roule comme une roue de potier. En l’occurrence, Queequeg s’y trouvait vêtu à l’écossaise – en chemise et chaussettes – tenue qui, à mes yeux du moins, le faisait paraître particulièrement à son avantage, et personne plus que moi, on va le voir, n’était mieux placé pour l’observer.

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