Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Le compagnon [Alvin Journeyman - fr]
Le compagnon [Alvin Journeyman - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le compagnon [Alvin Journeyman - fr]

Электронная книга - «Le compagnon [Alvin Journeyman - fr]». Краткое содержание книги:

Compagnon forgeron, compagnon Faiseur, Alvin est de retour chez les siens. Mais quelle est sa tâche aujourd’hui ? « Je ne peux pas apprendre aux gens comment bâtir la Cité de Cristal si je ne sais pas moi-même de quoi il s’agit. »
La Cité de Cristal : la vision dans la tornade du lac Mizogan, en compagnie du prophète des Rouges. Si peu des chemins de sa vie y conduisent ; Peggy Larner — Peggy la torche — le sait bien.
Et l’ennemi de toujours choisit à présent des voies plus subtiles pour le détruire. Pièges, fuite, menaces, mensonges, délation, prison, tribunal, Alvin n’est-il pas condamné au renoncement ? Et le pire danger viendra peut-être de son frère Calvin, qui le jalouse au point de bientôt lui vouer une haine amère et décide de s’expatrier vers l’Ancien Monde afin de rencontrer Napoléon dont on sait le pouvoir redoutable
L’Amérique n’est-elle pas trop petite pour deux hommes aux talents en puissance si formidables ?
1 ... 88 89 90 91 92 93 94 95 96 ... 113
Перейти на страницу:

Webster se leva de toute sa hauteur, se coinça son sac sous le bras et, sans un autre mot, enfila l’allée à grands pas et sortit de la salle d’audience.

Au passage, il croisa une femme dans la cinquantaine, aux cheveux poivre et sel, qui se dirigeait d’un air décidé vers le banc du juge. Non, vers la barre du témoin ; elle entra alors dans le box, passa le bras autour des épaules de Vialatte Franker et aida la femme en pleurs à se mettre debout. « Allons, Vialatte, vous avez été très courageuse, vous avez bien agi, on est joliment fiers de vous.

— Dame Trader, murmura Vialatte, j’ai tellement honte.

— Vous racontez des bêtises. On veut toutes être belles, et pour tout dire, j’crois que vous l’êtes toujours. Mais… plus mûre, voilà tout. »

Les spectateurs regardèrent en silence Dame Trader conduire sa rivale d’autrefois hors du tribunal.

« Votre Honneur, fit En-Vérité, tout le monde comprend, je pense, qu’il est temps de revenir au cas qui intéresse la cour. Nous avons été distraits par des témoins sans rapport avec l’affaire, laquelle se réduit désormais à Conciliant Smith et Hank Dowser d’un côté, et Alvin Smith de l’autre. Leur parole contre la sienne. À moins que l’accusation ait d’autres témoins à citer, je voudrais commencer ma défense en laissant Alvin donner sa version des faits, ainsi les jurés pourront-ils juger enfin par eux-mêmes.

— Bien dit, maître Cooper, fit Marty Laws. Voilà la véritable affaire, et je regrette de m’en être écarté. L’accusation en reste là, et je crois que nous aimerions tous entendre le défendeur. Je suis heureux qu’il parle en son nom, même si la constitution des États-Unis l’autorise à refuser de témoigner sans préjudice.

— Un noble sentiment, fit le juge. Monsieur Smith, veuillez vous lever et prêter serment. »

Alvin se pencha, ramassa le sac contenant le soc et se le hissa par-dessus l’épaule aussi facilement que s’il s’agissait d’une miche de pain ou d’un sac de plumes. Il s’avança jusqu’à l’huissier, posa une main sur la Bible et leva l’autre avec le sac et le reste. « Je jure solennellement devant Dieu de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, dit-il.

— Alvin, fit son avocat, racontez-nous comment est né ce soc. »

Alvin hocha la tête. « J’ai pris l’fer que mon patron m’avait donné – Conciliant, quoi, c’était lui mon maître à l’époque – et j’l’ai fait fondre à la bonne chaleur. J’avais déjà préparé l’moule de mon soc, alors j’l’ai plongé d’dans, j’ai laissé tout ça r’froidir assez pour pouvoir casser l’moule, et après j’ai taillé, martelé et gratté tous les défauts, jusqu’à tant que j’trouve que ça ressemblait à un soc aussi parfait que j’pouvais l’faire.

— Vous êtes-vous servi de votre talent de Faiseur pour le fabriquer ? demanda En-Vérité.

— Non, m’sieur, dit Alvin. Ç’aurait pas été juste. J’voulais gagner l’droit d’être un compagnon forgeron. Je m’suis servi d’ma bestiole pour inspecter l’soc, mais j’y ai rien changé sauf avec mes outils et mes deux mains. »

De nombreux spectateurs approuvèrent de la tête. Ils savaient ce que c’était que vouloir fabriquer un objet de leurs mains sans recourir aux talents extraordinaires si courants dans le village depuis quelque temps.

« Et en fin de compte, qu’avez-vous obtenu ?

— Un soc, répondit Alvin. Tout en fer, bien façonné et bien trempé. D’la bonne ouvrage pour passer compagnon.

— Ce soc, à qui appartenait-il ? poursuivit En-Vérité. Je ne vous le demande pas comme à un expert en droit, mais comme à l’apprenti que vous étiez à l’époque où vous l’avez réalisé. Était-il à vous ?

— Il était à moi par rapport que c’est moi qui l’avais fait, et à lui par rapport que c’était son fer. C’est la coutume que l’compagnon emporte son ouvrage d’admission, mais j’connaissais que Conciliant avait l’droit de l’garder s’il voulait.

— Et vous avez alors décidé de changer le fer, semble-t-il. »

Alvin fit oui de la tête.

« Pouvez-vous expliquer à la cour votre raisonnement à cet égard ?

— J’connais pas si on peut appeler ça un raisonnement, par le fait. C’était pas rationnel, comme aurait dit m’zelle Larner. J’connaissais seulement ce que j’voulais qu’il soye, voilà. Ç’avait rien à voir avec mon passage d’apprenti à compagnon forgeron. Plutôt avec mon passage d’apprenti à compagnon Faiseur, et j’avais pas d’maître pour juger mon ouvrage, ou alors, si y en a un, c’est qu’il s’est pas ’core fait connaître.

— Donc vous avez décidé de changer le fer en or. »

Alvin chassa cette idée d’un geste de la main. « Oh, dites, ça s’rait pas dur, ça, j’connais comment changer un métal en un autre depuis longtemps – c’est plus facile avec les métaux, c’est des p’tits morceaux bien alignés et tout. C’est dur de changer l’air, mais facile de changer le métal.

— Vous dites que vous auriez pu changer le fer en or n’importe quand ? demanda En-Vérité. Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ?

— M’est avis qu’y a tout c’qu’y faut comme or dans l’monde, et tout c’qu’y faut comme fer. On a pas b’soin d’faire des marteaux, des scies, des haches et des socs de charrue en or – faut du fer pour ça. L’or, c’est pour les affaires qu’ont besoin de métal mou.

— Mais l’or aurait fait de vous un homme riche », observa En-Vérité.

Alvin secoua la tête. « L’or m’aurait rendu célèbre. Il aurait attiré des tas d’voleurs autour de moi. Et ça m’aurait pas du tout aidé à apprendre comment dev’nir un bon Faiseur.

— Vous voulez nous faire croire que l’or ne vous intéresse pas ?

— Non, m’sieur. J’ai besoin d’argent comme tout l’monde. À ce moment-là, j’espérais me marier et j’avais même pas un sou à moi, ce qu’était pas beaucoup pour démarrer dans la vie. Mais pour la plupart des genses, l’or, ça représente leur ouvrage, et j’voyais pas comment j’pourrais posséder de l’or qui viendrait pas aussi d’mon ouvrage. Ça s’rait pas juste, y aurait pas d’équilibre, et je s’rais pas un bon Faiseur, si vous m’comprenez.

— Et pourtant vous avez bel et bien transformé le soc en or, non ?

— C’était qu’une étape, dit Alvin.

— Une étape vers quoi ?

— Ben, vous connaissez. Vers c’que les témoins ont tous dit qu’ils ont vu. Ce soc-là, c’est pas de l’or ordinaire. Ça bouge. Ça agit. C’est vivant.

— Et c’est ce que vous vouliez faire ?

— Le feu d’la vie. Pas seulement le feu d’la forge.

— Comment vous y êtes-vous pris ?

— C’est dur d’expliquer aux genses qui connaissent pas ce que c’est une bestiole qui va dedans les affaires. J’ai pas créé la vie dans l’soc, elle y était déjà. Les p’tits morceaux d’or voulaient garder la forme que j’leur avais donnée, la forme du soc, alors ils ont lutté contre l’feu qui voulait les fondre, mais ils avaient pas la force pour ça. Ils connaissaient pas leur propre force. Et moi, j’pouvais pas leur apprendre. Alors, tout d’un coup, j’ai eu l’idée d’mettre mes mains dans l’feu et d’montrer à l’or comment se faire vivant, tout comme moi j’l’étais.

— De mettre vos mains dans le feu ? » demanda En-Vérité.

Alvin hocha la tête. « Ça fait un mal affreux, moi j’vous l’dis…

— Mais vous n’en gardez aucune trace, fit l’avocat.

— C’était chaud, mais vous voyez, c’était un feu d’Faiseur, et j’ai finalement compris ce que j’aurais tout l’temps dû connaître, qu’un Faiseur fait partie de ce qu’il Fait. Fallait que j’soye dans l’feu avec le soc pour y montrer comment vivre, pour l’aider à trouver sa propre flamme de vie. Si j’connaissais exactement comment ça marche, j’l’apprendrais sûrement mieux aux genses. Dieu connaît que j’ai essayé, mais y a ’core personne qui y arrive, sauf p’t-être un couple ou deux qui s’y mettent p’tit à p’tit. En tout cas, l’soc, il a commencé à vivre dans l’feu.

1 ... 88 89 90 91 92 93 94 95 96 ... 113
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)