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READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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Soudain, Bilbo leva les yeux. « Ah, te voilà enfin, Dúnadan ! » s’exclama-t-il.

« L’Arpenteur ! dit Frodo. Vous semblez avoir bien des noms. »

« L’Arpenteur en est un que je n’avais encore jamais entendu, dit Bilbo. Pourquoi l’appelles-tu comme ça ? »

« C’est ainsi qu’on m’appelle à Brie, dit l’Arpenteur en riant, et on m’a présenté à lui de cette manière. »

« Et pourquoi l’appelles-tu Dúnadan ? » demanda Frodo.

« Le Dúnadan, dit Bilbo. On l’appelle souvent comme ça, ici. Je pensais que tu connaissais assez d’elfique pour comprendre au moins dún-adan : Homme de l’Ouest, Númenóréen. Mais ce n’est pas le temps des leçons ! » Il se tourna vers l’Arpenteur. « Cher ami, où étais-tu ? Pourquoi ne pas être allé au festin ? La dame Arwen y était. »

L’Arpenteur regarda Bilbo d’un air grave. « Je sais, dit-il. Mais souvent, je dois laisser les réjouissances de côté. Elladan et Elrohir sont revenus de la Sauvagerie à l’improviste, et ils avaient des nouvelles dont je souhaitais m’informer sur-le-champ. »

« Eh bien, mon cher ami, dit Bilbo, maintenant que tu es informé, aurais-tu une minute à me consacrer ? J’ai besoin de ton aide pour une urgence. Elrond me demande de terminer cette chanson avant la fin de la soirée, et je suis bloqué. Retirons-nous dans un coin pour la peaufiner ! »

L’Arpenteur sourit. « Allons, dans ce cas ! dit-il. Faites-la-moi entendre ! »

Frodo fut un moment laissé à lui-même, car Sam s’était endormi. Il était seul et se sentait plutôt délaissé, bien que la maisonnée de Fendeval fût assemblée tout autour de lui. Mais ceux qui se trouvaient près de lui étaient silencieux, attentifs à la musique des voix et des instruments, qui les accaparait entièrement. Frodo se mit à écouter.

Au début, la beauté des mélodies et des mots entremêlés en langues elfiques, même s’il les comprenait très peu, l’envoûta, dès qu’il commença à leur prêter attention. Il lui semblait presque voir les mots prendre forme, et que se déployait devant lui une vision de contrées éloignées et de lumineux paysages qu’il n’avait encore jamais imaginés ; que la salle, à la lueur du feu, se muait en une brume dorée sur des mers d’écume soupirant à la lisière du monde. Puis, le charme se fit de plus en plus semblable à un rêve, et il sentit qu’une rivière infinie d’argent et d’or déferlait sur lui et l’engouffrait, trop incommensurable pour qu’il soit à même d’en saisir la trame ; elle devint partie intégrante de l’air vibrant qui l’entourait, et il en fut trempé, et bientôt, noyé. Il sombra rapidement sous son poids coruscant, dans de profondes sphères de sommeil.

Il erra longuement dans un songe musical qui se transposa en eau courante, puis soudain, en une voix. On eût dit la voix de Bilbo récitant des vers. D’abord indistincts, plus clairs ensuite, se succédaient les mots.

Eärendil le marinier,

attardé en Arvernien,

bâtit un grand bateau de bois

à Nimbrethil, forêt ancienne :

sa voilure il cousit d’argent

et fit argentés ses fanaux,

façonnant sa proue comme un cygne,

hissant insignes et drapeaux.

De la panoplie d’anciens rois

il fit le choix de son armure,

son bouclier gravé de runes

le gardant de toute blessure ;

son arc en corne de dragon,

ses flèches taillées dans l’ébène ;

était d’argent son haubergeon

son long fourreau de calcédoine ;

son épée d’un vaillant acier,

de diamant son casque clair,

deux plumes d’aigle à son cimier,

à son collier un béryl vert.

Il navigua delà les brumes

sous la Lune et sous les étoiles ;

perdu sur des voies enchantées,

par-delà le jour il fit voile.

Des rigueurs du Détroit de Glace

où l’ombre étreint les monts gelés,

des déserts brûlants du midi

il repartit sans s’attarder ;

errant sur des eaux sans étoiles

il vint enfin à la Nuit Noire,

sans chercher jamais la lumière,

ni rive claire apercevoir.

Le vent du courroux le saisit

et il s’enfuit sur les embruns,

et d’ouest en est, inattendu,

sans autre but il s’en revint.

Lors vint Elwing volant à lui,

un feu dans la nuit s’allumant ;

le Silmaril à son collier

plus brillant que le diamant.

Ce joyau elle lui donna,

le couronna de sa lumière ;

lui, vivant reflet sur sa joue,

tourna sa proue ; et d’outre Mer,

de l’Autre-monde une tempête,

un vent puissant du Tarmenel,

se déclara dans les ténèbres ;

sur des voies fermées aux mortels,

elle l’emporta, souffle mordant,

force de mort, sur les flots gris

abandonnés et en détresse ;

et d’est en ouest il se fondit.

Repassant la Nuit Éternelle

par de longues lieues oubliées

et des rivages disparus,

noyés avant les Jours premiers,

il entendit le long soupir

des eaux sur les plages perlées

roulant sur les confins du monde

l’or jaune et les joyaux nacrés.

Il vit se dresser la Montagne

sur les genoux crépusculaires

du Valinor, et Eldamar

il contempla depuis la mer.

Vagabond sorti de la nuit,

il vint enfin au havre blanc,

à la verte Patrie des Elfes

où souffle un air vivifiant :

là-bas sous le mont Ilmarin,

nichées dans une vaste combe,

les hautes tours de Tirion

se mirent dans le Lac aux Ombres.

Il délaissa là son errance.

Des harpes d’or on lui tendit,

des mélodies et des merveilles

à son oreille on répandit.

De blanc elfique on l’habilla,

et sept lumières devant lui,

il passa le Calacirya

et pénétra dans le pays.

Il vint aux palais hors du temps

où choient les années innombrables

à Ilmarin sur la Montagne

où règne le Roi Vénérable ;

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