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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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Pareille beauté chez un être vivant, Frodo n’en avait jamais vue ou imaginée auparavant ; et il fut en même temps surpris et confus de se trouver assis à la table d’Elrond, au milieu de gens d’une telle grâce et d’une telle dignité. Même doté d’un fauteuil adapté et rehaussé de nombreux coussins, Frodo se sentait minuscule, et pas du tout à sa place ; mais cette impression se dissipa très vite. Le festin était des plus joyeux et la nourriture n’aurait pu mieux assouvir sa faim. Il se passa un certain temps avant qu’il regarde de nouveau autour de lui ou même vers ses voisins.

Il chercha d’abord ses amis. Sam, qui avait supplié qu’on lui permette de servir son maître, s’était fait répondre que pour cette fois, il était un invité d’honneur. Frodo l’apercevait à présent, assis avec Pippin et Merry au bout d’une des tables latérales, tout près de l’estrade. Il ne voyait aucun signe de l’Arpenteur.

À la droite de Frodo était assis un nain d’allure importante, richement vêtu. Sa barbe, très longue et fourchue, était blanche – presque aussi blanche que l’étoffe, blanche comme neige, de son vêtement. Il portait une ceinture argentée, et à son cou pendait une chaîne d’argent et de diamants. Frodo s’arrêta de manger pour le regarder.

« Heureux de vous accueillir et pareillement de vous rencontrer ! » dit le nain en se tournant vers lui. Puis, sous le regard confus de Frodo, il se leva et s’inclina. « Glóin, à votre service », dit-il, s’inclinant plus profondément encore.

« Frodo Bessac, à votre service et à celui de votre famille, répondit Frodo suivant l’usage, se levant avec surprise et faisant tomber ses coussins. Ai-je raison de supposer que vous êtes le Glóin, l’un des douze compagnons du grand Thorin Lécudechesne ? »

« Lui-même, répondit le nain, ramassant les coussins avec courtoisie et aidant Frodo à se rasseoir. Et je ne vous le demande pas, car on m’a déjà informé que vous êtes le parent et l’héritier adoptif de notre ami Bilbo le Renommé. Permettez-moi de vous féliciter de ce prompt rétablissement. »

« Merci infiniment », dit Frodo.

« Il vous est arrivé de très étranges aventures, à ce que j’entends, dit Glóin. Je me demande fort ce qui a pu amener quatre hobbits à entreprendre un si long voyage. Rien de semblable ne s’est produit depuis que Bilbo est venu avec nous. Mais je ferais peut-être mieux de ne pas m’enquérir de trop près, attendu qu’Elrond et Gandalf ne semblent pas disposés à en parler ? »

« Nous n’en parlerons pas, je pense, du moins pas tout de suite », répondit poliment Frodo. Il se doutait bien que l’Anneau, même dans la maison d’Elrond, n’était pas matière à causerie ; et de toute manière, il souhaitait pour un temps oublier ses ennuis. « Mais je suis moi-même curieux d’apprendre, reprit-il, ce qui peut bien amener un nain de votre importance aussi loin de la Montagne Solitaire. »

Glóin le dévisagea. « Si vous n’en avez pas entendu parler, je pense que nous n’en discuterons pas non plus. Maître Elrond nous convoquera tous avant peu, je crois bien, et nous apprendrons alors beaucoup de choses. Mais il y en a bien d’autres qu’il est permis de raconter. »

Ils s’entretinrent ensemble pendant tout le reste du repas, mais Frodo écouta plus qu’il ne parla ; car les nouvelles du Comté, mis à part l’Anneau, paraissaient lointaines et sans grande importance, tandis que Glóin en avait long à dire sur ce qui se passait dans le nord de la Contrée Sauvage. Frodo apprit que Grimbeorn le Vieux, fils de Beorn, était désormais le seigneur de nombreux hommes robustes, et que dans leur pays, entre les Montagnes et Grand’Peur, ni orque ni loup n’osait entrer.

« D’ailleurs, dit Glóin, n’étaient les Béorniens, il serait depuis longtemps impossible de venir jusqu’ici à partir du Val. Ce sont de vaillants hommes, et ils gardent le Haut Col et le Gué du Carroc. Mais leurs péages sont élevés, ajouta-t-il avec un hochement de tête réprobateur ; et comme Beorn autrefois, ils n’aiment pas tellement les nains. Ils sont néanmoins fiables, ce qui est beaucoup de nos jours. Mais les plus aimables avec nous sont sans conteste les Hommes du Val. Ce sont de braves gens, les Bardiens. Leur chef est le petit-fils de Bard l’Archer, Brand fils de Bain fils de Bard. C’est un roi fort, et son royaume s’étend à présent loin au sud et à l’est d’Esgaroth. »

« Et qu’en est-il de vos propres gens ? » demanda Frodo.

« Il y en a long à dire, du bon comme du mauvais, répondit Glóin ; mais du bon, principalement : la fortune nous a favorisés jusqu’ici, même si nous n’échappons pas à la noirceur de cette époque. Si vraiment vous souhaitez entendre parler de nous, je vous dirai de nos nouvelles avec plaisir. Mais arrêtez-moi si je commence à vous fatiguer ! La langue des nains ne s’arrête jamais quand ils parlent de leur œuvre, dit-on. »

Et sur ce, Glóin se lança dans un long récit des faits et gestes du Royaume des Nains. Il était ravi d’avoir trouvé un auditeur aussi poli ; car Frodo ne montra aucun signe de fatigue et ne chercha pas une seule fois à changer de sujet, bien qu’en réalité, il n’ait pas tardé à se perdre parmi les noms de personnes et de lieux, tous plus étranges les uns que les autres et qui ne lui disaient absolument rien. Il trouva néanmoins intéressant d’apprendre que Dáin était encore Roi sous la Montagne et qu’il était devenu vieux (ayant passé sa deux cent cinquantième année), vénérable et fabuleusement riche. Des dix compagnons qui avaient survécu à la Bataille des Cinq Armées, sept étaient encore à ses côtés : Dwalin, Glóin, Dori, Nori, Bifur, Bofur et Bombur. Bombur était devenu si gros qu’il lui était à présent impossible de se mouvoir de sa couche à sa table ; et il fallait six jeunes nains pour le soulever.

« Et que sont devenus Balin et Ori et Óin ? » demanda Frodo.

Une ombre passa sur le visage de Glóin. « Nous n’en savons rien, répondit-il. C’est en grande partie à cause de Balin que je suis venu demander conseil auprès de ceux qui demeurent à Fendeval. Mais ce soir, parlons donc de choses plus joyeuses ! »

Glóin se mit alors à évoquer les ouvrages de son peuple, racontant les grands travaux réalisés au Val et sous la Montagne. « Nous n’avons pas chômé, dit-il. Mais dans le travail des métaux, nous ne pouvons rivaliser avec nos pères, dont bien des secrets ont été perdus. Nous fabriquons de bonnes armures, et des épées tranchantes, mais aucune maille ou lame de notre façon ne peut égaler celles qui ont été faites avant la venue du dragon. Ce n’est que dans l’art d’excaver et de construire que nous avons surpassé les maîtres d’autrefois. Vous devriez voir les canaux du Val, Frodo, et les fontaines, et les pièces d’eau ! Vous devriez voir les routes pavées de pierres de toutes les couleurs ! Et les salles et les vastes rues souterraines aux arches sculptées comme des arbres ; et les terrasses et les tours sur les flancs de la Montagne ! Alors vous verriez que nous ne sommes pas restés oisifs. »

« J’irai les voir, si jamais je le peux, dit Frodo. Bilbo aurait été bien surpris de voir tous ces changements dans la Désolation de Smaug ! »

Glóin regarda Frodo et lui sourit. « Vous étiez très attaché à Bilbo, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Oui, répondit Frodo. Je préférerais le voir, lui, que toutes les tours et tous les palais du monde. »

Le festin s’acheva enfin. Elrond et Arwen se levèrent et traversèrent la salle ; la compagnie les suivit dans l’ordre voulu. Les portes furent grandes ouvertes et, traversant un large couloir, ils passèrent de nouvelles portes et entrèrent dans une autre salle. Il n’y avait à l’intérieur pas de tables, mais un feu brûlait vivement dans un grand âtre, entre les piliers sculptés qui se dressaient de part et d’autre.

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