Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «La victoire d'Angélique». Краткое содержание книги:

La victoire d'Angélique
1 ... 86 87 88 89 90 91 92 93 94 ... 156
Перейти на страницу:

Elle ne craignait pas les traversées. Et peu lui importait de commencer par la province de Canada, comme l'y obligeait son nouveau titre de femme de gouverneur. La première fois, elle était une Bienfaitrice, et libre de se rendre où elle voulait. Mais cette fois, il lui fallait passer par Québec, et à l'avance elle s'était armée de patience et avait préparé son sourire le plus suave.

Mais... qu'est-ce qu'ils s'imaginaient, tous ?...

Son but était autre que de se faire encenser par ces « ploucs » de coloniaux.

Elle n'avait jamais eu l'intention de moisir à Québec, une ville des antipodes glacées, qui avait encore la prétention de se faire passer pour une capitale. Un « petit Versailles », disait ce ridicule Ville-d'Avray. Et Frontenac, ce bouffon, y croyait.

Mais leur nouvelle fonction l'obligeait à y descendre, à s'y faire recevoir, et acclamer s'il le fallait, et d'autre part, ce n'était pas inutile, car elle comptait bien y régler certains contentieux avec ceux qui lui seraient désignés comme ayant plébiscité ses pires ennemis : Joffrey et Angélique de Peyrac, et ayant réclamé la disgrâce du Père Sébastien d'Orgeval. L'annonce de la mort de celui-ci l'avait aiguillonnée.

« Plus tard, Gouldsboro, s'était-elle dit. Patientons le temps qu'il faut... »

Elle avait eu raison.

Dès les premiers jours de navigation sur le Saint-Laurent, le présent lui livrait des visages du passé. Et déjà étaient morts ceux qui devaient mourir. Ah ! Combien elle s'était réjouie en voyant se balancer, pendu aux vergues de son navire-amiral, le lieutenant de Barssempuy qui la haïssait parce qu'elle avait fait exécuter Marie-la-douce, son amie.

– Ce sont des Anglais ! avait-elle réussi à convaincre son époux, le nouveau gouverneur. De traîtres ennemis qui ont réussi à pénétrer dans l'estuaire du Saint-Laurent... Exécutez-le pour montrer que vous n'êtes pas comme le gouverneur Frontenac, indulgents à ces ennemis de la France et aux huguenots français renégats qui s'allient à eux.

Dommage que, par la faute du brouillard, on n'ait pu capturer tout l'équipage du petit yacht qui naviguait en arborant le pavillon de franchise du comte de Peyrac.

Et à Québec, se sentant reconnue ou soupçonnée en certains regards, elle avait promptement fait justice.

Malheureusement, cette sotte de Delphine et la grosse tenancière du Navire de France, dont elle avait perçu l'antipathie, lui avaient filé entre les doigts... Pourquoi ? Comment ?... Elle s'inquiétait, sentant vaciller l'infaillibilité de ses ruses.

Elle avait considéré comme enfin un retour de sa chance et de la protection occulte sur laquelle elle commençait de douter, d'apprendre que la fille du comte et de la comtesse de Peyrac – la petite fille pour laquelle Angélique ramassait des améthystes sur les rivages de Gouldsboro – était pensionnaire chez les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, à Montréal.

Le hasard lui livrait l'enfant de ses ennemis. À l'avance, elle s'en pourléchait. Le Diable, cette fois, était pour elle. L'île de Montréal en amont du fleuve, était loin, mais les plaisirs qu'elle se promettait de cette capture et des souffrances qu'elle infligerait à la petite victime, valaient bien les ennuis de ces voyages fluviaux parmi les hommages qu'elle sentait faux et dangereux de ces colons-paysans grossiers qui voulaient qu'on les appelât « habitants » et qui se considéraient comme des seigneurs parce qu'on leur avait donné les droits de chasse et de pêche.

Mais plus elle les détestait et plus elle se réjouissait car elle aurait bien des occasions plus tard de leur faire payer leur arrogance. Et elle commençait à accepter, à la rigueur, une saison d'hiver dans les glaces a la petite cour de Québec, puisqu'on lui annonçait qu'on ne pouvait faire autrement.

« Plus tard, Gouldsboro !... Tu peux attendre. Gouldsboro, je te retrouverai ! La vengeance est un plat qui se mange froid. »

Et en se répétant le dicton, elle éclatait d'un rire strident.

« Très froid !... »

Elle pouvait attendre ce plat de résistance après s'être offert à Montréal celui d'enlever la petite Honorine, de la torturer à mort, et d'en envoyer une à une les preuves à son ennemie tant haïe, tant désirée, tant maudite, Angélique, à l'étonnante beauté, à l'incompréhensible pouvoir de séduction, Angélique, la mère de cette enfant.

– Vivement, partons pour Montréal, avait-elle dit à son époux, il faut que nous connaissions tous nos administrés avant l'hiver, et que nous effacions en chacun d'eux le souvenir du gouverneur précédent, M. de Frontenac.

Oui, tout avait bien marché jusque-là. Jusqu'à l'instant où elle s'était trouvée devant cette petite enragée qui s'était mise à hurler en la traitant d'empoisonneuse :

– C'est dame Lombarde ! C'est dame Lombarde, l'empoisonneuse...

Que de patience encore et d'abnégation apparente à déployer pour effacer la mauvaise impression de la scène. Ces gens de Canada avaient une propension ridicule à adorer leurs enfants et à leur donner raison en tout.

Elle avait réussi à écarter Mère Bourgeoys en la faisant convoquer par l'évêque à Québec, à écarter aussi son oncle et sa tante, car c'est avec déplaisir qu'elle apprenait que se trouvait dans les parages un frère d'Angélique, et tout cela était extrêmement contrariant, car il faut se méfier de la coalition occulte des membres d'une même famille, car il se crée entre eux, même entre ceux qui se connaissent peu et ne s'entendent pas, une complicité de nature, d'une sorte mal connue, mais aux ondes puissantes.

Elle avait donc réussi à écarter de l'enfant ses protecteurs importants, et venant la chercher au couvent et apprenant que la petite s'était enfuie, elle avait même réussi à la rattraper. Et puis, à nouveau, un inexplicable revers. Sa proie disparaissait. S'évanouissait serait plus juste. Toutes les recherches, une fortune distribuée, avaient été vaines.

Ambroisine voyait clair maintenant. Ce n'était pas par la faute d'un affaiblissement personnel de ses facultés qu'avait altérées une trop longue inertie pendant ces années de relégation en la France provinciale, ce n'était pas par la perte de la protection satanique dont elle n'avait jamais manqué, ce n'était même pas parce que les Français et les Indiens de Canada se révélaient moins malléables, moins faciles à duper que les humains de l'ancien monde, qu'Ambroisine-la-Démone se voyait tenue en échec. Mais parce qu'une fois de plus, elle s'était attaquée à « eux ». Et il lui fallait donc conclure que la petite était aussi dangereuse que sa mère.

Pire encore !...

Qu'y avait-il donc dans cette famille qui lui était si contraire ?...

Elle dispersa devant elle, sur sa coiffeuse, le contenu des deux coffrets trouvés dans le havresac de l'enfant.

Et devant ces objets hétéroclites d'inégale valeur, une turquoise, par exemple, et des plumes, des coquillages, une dent de cachalot gravée, elle devinait que certains avaient dû appartenir à Angélique avant qu'elle les eût donnés à sa fille.

Traînait par là, floconneuse, une mèche de longs cheveux roux qu'elle avait elle-même arrachée à la tête de la fillette, en la malmenant dans sa rage. Elle prit cette mèche entre le pouce et l'index, et la fit glisser dans son autre main.

Où était-elle maintenant, la petite misérable ? Comment l'atteindre ? Lui porter malheur ?

« On peut faire beaucoup de choses avec des cheveux... »

À Paris, elle aurait eu pléthore d'utiles adresses, de noms de devins et de devineresses à visiter en leurs bouges. Mais ici ?...

« J'aurais dû m'assurer les services d'un magicien. »

L'aurait-elle pu, sans attirer sur elle l'attention de la police et entraîner à sa suite soupçons et enquête ?

1 ... 86 87 88 89 90 91 92 93 94 ... 156
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)