La Bible amusante
- Автор: Таксиль Лео
- Год: 1904
- Язык: французский
- Жанр: Прочее юмористическое
Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:
Ce Livre des Justes, que la Bible nomme à plusieurs reprises, a été supprimé par les prêtres; ils l’ont fait disparaître et disent que c’est un document malheureusement perdu. Son existence laissait trop bien voir que l’Ancien Testament n’a pas été écrit, au fur et à mesure, par les Moïse, Samuel, David, etc., relatant fidèlement les événements dont ils furent les contemporains. Mais on ne pense pas à tout: les deux versets bibliques, que je viens de reproduire parallèlement, montrent le bout de l’oreille, donnent la preuve certaine de la supercherie sacerdotale.
David, donc, qui avait été sacré par Samuel, ne se considéra comme vraiment roi qu’à la mort de Saül; c’est alors seulement qu’il fit acte de souverain. Il consulta d’abord Jéhovah pour savoir quelle ville serait la capitale de son royaume, et papa Bon Dieu lui désigna Hébron (2:1). Puis, il fit appel au peuple; mais, seuls, les chefs de la tribu de Juda vinrent le reconnaître, «et là, à Hébron, ils oignirent David pour roi sur la maison de Juda» (v. 4). Le fils d’Isaï fut ainsi oint deux fois; ce qui revient à dire que l’onction de Samuel ne comptait pas. Après quoi, il installa à Hébron ses femmes Abigaïl et Achinoam, et, pour se consoler de l’absence de Mical, sa première épouse, fille de Saül, il la remplaça par quatre nouvelles femmes: Aggith, Abital et Eglé, dont l’auteur sacré néglige de nous faire connaître la famille, et Mahaca, fille de S.M. Talmaï, roi de Gessur. Ces six épouses paraissent avoir fait ensemble assez bon ménage.
Il fallait un général en chef à David. On n’a pas oublié cet Abisçaï, qui fut son compagnon lorsqu’il pénétra de nuit au camp d’Hakila, et qui chipa à Saül son pot de chambre, tandis que David emportait sa hallebarde. Abisçaï, fils de Tséruja, avait deux frères, nommés Joab et Hasaël; ce fut Joab que David plaça à la tête de son armée, et nous le verrons jouer un rôle important pendant tout le règne.
«Le nombre des jours que David régna à Hébron sur la tribu de Juda fut de sept ans et six mois.» (v. 11)
D’autre part, Abner, général en chef de Saül, ne reconnut pas l’élu de Juda. Il présenta au peuple Isboseth, le plus jeune des fils de Saül, et celui-ci, acclamé par les onze autres tribus, prit le titre de roi d’Israël et fixa sa cour à Mahanajim; son règne ne dura que deux ans.
Il y eut donc guerre civile. Au début, les armées d’Israël et de Juda s’étant rencontrées auprès de l’étang de Gabaon, Abner proposa à Joab de faire lutter douze jeunes gens de la tribu de Benjamin contre douze jeunes partisans de David. Joab accepta.
«Alors, chacun des douze de chaque côté se mit en face de son adversaire et lui passa son épée à travers le corps, de sorte qu’ils tombèrent tous ensemble, s’étant mutuellement transpercés; et l’on nomma l’endroit Helkath-Hatzurim» (v. 16)
Là-dessus, une mêlée générale s’engagea; les partisans de David mirent en déroute ceux d’Isboseth.
Abner avait pris la fuite, quand il vit la bataille perdue.
«Il courait à toutes jambes, poursuivi par le frère de Joab, Hasaël, qui était aussi léger du pied qu’un chevreuil dans la campagne. Et Hasaël poursuivait Abner, sans se détourner ni à droite ni à gauche, mais n’en voulant qu’à Abner. Or, celui-ci, dans sa course, regarda derrière lui et dit: Ne serais-tu pas Hasaël? — Oui, c’est bien moi, répondit Hasaël. Alors, Abner lui dit, toujours en courant: Cesse de me poursuivre, et cours plutôt après l’un des jeunes gens de mon armée; tue-le, et je reconnais ton droit sur sa dépouille. Mais Hasaël s’obstinait à courir après le général. Abner lui dit encore: Vraiment, tu as tort de me poursuivre; car je n’aurais qu’à me retourner et à te tuer; et je t’assure que j’aurais du chagrin à te mettre à mort, parce qu’après cela je n’oserais jamais plus paraître devant Joab, ton frère. Et voici qu’Hasaël ne voulut pas entendre raison, et il poursuivait de plus belle Abner qui fuyait. Alors, Abner se retourna tout à coup, et il le frappa, à la cinquième côte, du bout de la hampe de sa hallebarde, de sorte que sa hallebarde le traversa et lui sortit par le derrière. Hasaël tomba mort sur place; et les autres fuyards qui arrivaient ensuite s’arrêtaient un moment pour le regarder gisant par terre.» (2:18-23)
«Alors, Joab et Abisçaï s’élancèrent à la poursuite d’Abner, et ils coururent si longtemps que le soleil se couchait, quand ils arrivèrent au coteau d’Amma, vis-à-vis de Gujah. Cette fois, les fuyards et les poursuivants s’arrêtèrent. Les Benjamites se rangèrent autour d’Abner, au sommet du côteau, et de là Abner cria à Joab ces paroles: L’épée dévorera-t-elle sans cesse? ne sais-tu pas qu’il y a de l’amertume dans une telle guerre? Dis donc bien vite à tes hommes de ne plus poursuivre leurs frères. Joab répondit: Dieu m’est témoin que, si tu avais parlé ainsi ce matin, les miens se seraient déjà retirés, chacun ayant du chagrin à combattre ses frères. Joab donc sonna de la trompette, tous les soldats de Juda s’arrêtèrent, ils ne poursuivirent plus ceux d’Israël. Ainsi, Abner, sain et sauf, passa le Jourdain et se rendit à Mahanajim; d’autre part, Joab fit le compte de son armée et vit que dix-neuf partisans de David manquaient en tout, en sus d’Hasaël. Au contraire, l’armée d’Abner avait perdu trois cent soixante hommes. Et le jour commençait à poindre, lorsque Joab et ses troupes arrivèrent à Hébron.» (2:24-32)
Il eût été dommage de ne pas reproduire le récit de cette fameuse bataille; car, ceci étant de l’histoire sainte, dictée par la divinité elle-même, les âneries comme celles qu’on vient de lire méritent d’être signalées. Nous ne devons jamais perdre de vue que c’est au nom de ces stupidités, déclarées sublimes, que des prêtres sont fonctionnaires dans l’État, y ont des privilèges, et que l’argent des contribuables sert à entretenir leur caste, comme s’ils étaient docteurs des plus nobles sciences et professeurs des plus admirables vérités.
Tandis que onze tribus refusaient de reconnaître sa royauté, David «fortifiait sa maison en faisant des enfants». L’oint chéri ne perdait pas son temps, oh! non.
«D’Achinoam, il eut Amnon, pour premier-né; d’Abigaïl, il eut Kiléab; de Mahaca, il eut Absalon; dAggith, il eut Adonias; d’Abital, il eut Scéphatja; d’Eglé, il eut Jéthraam. Ces six fils de David naquirent à Hébron.» (3:2-5)
Une histoire de femme devait, peu après, faire passer Abner dans le parti de David. Voici, textuellement, l’anecdote:
«Or, Saül avait eu une concubine, nommée Ritspa, fille d’Aja. Et Isboseth dit un jour à Abner: Pourquoi as-tu couché avec la concubine de mon père? Abner, très irrité, lui répondit: Ai-je donc une tête de chien, pour que tu me reproches de m’être adjugé une femme, moi qui t’ai soutenu contre la tribu de Juda après la mort de ton père et de tes frères? Puisqu’il en est ainsi, que Dieu appesantisse sa main la plus sévère sur moi, si je ne donne à David ton trône, comme Jéhovah a juré de le lui donner, et si je ne transfère la royauté de la maison de Saül à celle de David, depuis Dan jusqu’à Beer-Scébah!… Isboseth, qui craignait Abner, n’osa pas lui répondre un mot. Abner envoya donc des députés à David, pour lui dire: Traite avec moi, et je réunirai sous ton sceptre tout Israël. David répondit: Soit, je traiterai avec loi, à une seule condition: c’est que nous ne conférerons pas ensemble avant que tu ne me ramènes ma chère Mical, fille de Saül. Et, d’autre part, David envoya des députés à Isboseth, avec ce message: Qu’on me rende immédiatement Mical, ma première femme, que j’ai épousée pour deux cents prépuces de Philistins! Isboseth envoya quérir sa sœur et l’ôta à son mari Phalti, fils de Laïs. Et jusqu’à Bahurim, le second mari de Mical, Phalti, la suivit, et il pleurait à chaudes larmes, en marchant derrière elle. Alors, Abner dit à Phalti: Maintenant, marche en arrière, et va-t’en tout seul. Phalti s’en retourna.» (3:7-16)