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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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Enfin, voici ce qui pourrait bien simplifier toutes ces questions si complexes: est-on bien sûr qu’il y ait jamais eu un Saül et un Samuel, et toute leur histoire ne serait-elle pas une nouvelle mystification de l’auteur de la Bible? En effet, les incrédules font remarquer qu’il n’y a que les livres juifs qui mentionnent ce roi et ce prophète, et que les annales de Tyr, qui ont parlé de Salomon, n’ont jamais dit un mot de David… Dame! il existe comme ça pas mal de gens qui s’etonnent du silence des contemporains de tous ces personnages mis en scène par l’écrivain sacré, et qui ont de la peine à digérer: 1° le combat du gosse David contre Goliath, géant haut de plus de quatre mètres, géant cavalier, c’est-à-dire monté sur un cheval proportionnellement gigantesque; 2° l’histoire d’Agag coupé subitement en morceaux par un prêtre âgé d’environ cent ans; 3° la dot de deux cents prépuces philistins tranchés par David et bien comptés par Saül, lui donnant sa fille en remerciement de ce présent magnifique; 4°, etc. Si la pythonisse d’Endor arrive encore par là-dessus, la digestion devient de plus en plus pénible… Esprit-Saint, descendez en nous! ça ne passe pas!…

Cependant, David était toujours dans l’armée philistine; il avait choisi sa place «à l’arrière-garde». Le chapitre 29 nous fait savoir que les gouverneurs du camp d’Aphek ne le virent pas de bon œil dans leurs rangs et exigèrent du roi Akis son renvoi. Durant ces préliminaires, les Amalécites pillèrent et brûlèrent Ciceleg, la ville de résidence de l’oint chéri; à leur retour du camp philistin, David et ses six cents flibustiers ne trouvèrent plus leurs femmes ni leurs enfants; les Amalécites les avaient emmenés prisonniers (30:1-3); ce qui prouve tout au moins une chose, c’est que ces ennemis des Juifs n’avaient pas leur barbarie, n’étaient pas des massacreurs. Les deux épouses Abigaïl et Achinoam étaient au nombre des captives. David se mit à la poursuite des Amalécites, les rejoignit et les égorgea, après leur avoir repris les prisonniers et prisonnières.

Le premier livre de Samuel se termine par un récit de la mort de Saül, laquelle sera présentée d’une façon toute différente dans le livre second dès son premier chapitre.

Saül livra donc la bataille de Gelboé, et l’armée d’Israël fut battue dès les premiers engagements.

«Et les Philistins atteignirent Saül et ses fils; et ils tuèrent Jonathan, Abinadad et Malchisua, fils de Saül. Or, tout l’effort du combat se porta contre le roi, et les archers le blessèrent de leurs flèches. Alors, Saül dit à son écuyer; Tire ton épée, et passe-la-moi au travers du corps, de peur que ces incirconcis ne viennent et ne me transpercent en insultant à mon malheur. Mais son écuyer, épouvanté de ces tristes ordres, ne voulut pas les exécuter. Saül, donc, prit son épée et se jeta dessus. Alors l’écuyer, ayant vu son maître mort, se jeta aussi sur son épée et mourut avec lui.» (31:2-5)

«Les Israélites qui habitaient au delà de la vallée où se livra la bataille, ayant vu la déroute de l’armée juive et ayant appris la mort de Saül et de ses fils, abandonnèrent leurs villes; de sorte que les Philistins y entrèrent et s’y établirent. Et, dès le lendemain de la bataille, les Philistins vinrent dépouiller les cadavres. Ayant trouvé ceux de Saül et de ses trois fils, ils coupèrent la tête du roi et firent un trophée de ses armes, qu’ils promenèrent dans tous les environs et dans leur pays, afin que le résultat de la guerre fût connu partout. Ils placèrent enfin ses armes dans le temple d’Astaroth et pendirent son corps aux murailles de Betsam. Or, les habitants de Jabès, ayant connu ces outrages infligés au cadavre de Saül, se levèrent, firent une marche qui dura toute une nuit, décrochèrent le corps du roi des murailles de Betsam, et le ramenèrent dans leur ville, où ils le brûlèrent avec ceux de ses fils. Puis, ils ensevelirent les ossements sous un chêne, près de Jabès, et ils jeûnèrent sept jours en signe de deuil.» (31:6-13)

Le second livre de Samuel s’ouvre par un récit, tout différent, de la mort de Saül. La contradiction est si flagrante, qu’elle mérite d’être mise en relief; elle montre bien avec quel sans-gêne l’auteur sacré se moque des croyants.

«Après que Saül fut mort, David, qui venait de battre les Amalécites, demeura deux jours à Ciceleg.»

L’auteur a déjà oublié que cette ville avait été totalement détruite par l’incendie, quelques jours auparavant.

«Le troisième jour, on vit paraître un homme, qui revenait du camp de Saül; cet homme avait ses vêtements déchirés et sa tête couverte de terre, et, étant venu vers David, il se prosterna devant lui. David lui ayant demandé d’où il venait, il répondit: Je suis échappé du camp d’Israël. David l’interrogea encore: Qu’est-il arrivé? Je t’en prie, raconte-le-moi. Cet homme dit: Les Israélites ont lâché pied dans le combat; le nombre des tués est considérable, et Saül et ses fils sont parmi les morts. Alors, David dit à ce jeune homme: Comment sais-tu que le roi et Jonathan soient morts? Le jeune homme fit le récit: Je me trouvais par hasard sur la montagne de Gelboé. Et voici que je vis Saül qui se tenait penché sur sa hallebarde; quelques cavaliers philistins étaient sur le point de l’atteindre. Comme il regardait derrière lui, il me vit et m’appela Qui es-tu? me demanda-t-il. Je suis amalécite, répondis-je.

Tiens-toi ferme sur moi, reprit-il, et fais-moi mourir; car je suis dans l’angoisse, et même ma vie est encore toute en moi. Je lui ai donc obéi et j’ai fait mourir. J’ai pris la couronne qu’il avait sur sa tête et le bracelet qu’il portait à son bras, el je te les apporte. Alors, David déchira tous ses vêtements; tous les hommes qui étaient autour de lui l’imitèrent. Il y eut deuil général et un jeûne d’un jour. Alors, David lui dit: Comment as-tu eu l’audace d’avancer ta main pour occire un oint du Seigneur? Puis, il appela l’un de ses gens et lui commanda de se jeter sur le porteur de nouvelles; celui-ci fut aussitôt frappé, et il mourut.» (1:1-15)

Après quoi, David composa une complainte — la Bible la donne — sur la triste fin de Saül et de Jonathan, Je n’en détacherai que ce passage:

«O Jonathan, mon frère! oh! que je suis en angoisse, à cause de toi; tu faisais tout mon plaisir; l’amour que j’éprouvais pour toi était plus grand que celui que j’ai pour les femmes!» (v. 26)

Nous avons vu, dès le début de cet ouvrage, que la plupart des livres qui composent la Bible sont contestés à divers titres par les savants. Ainsi, l’Église prétend que ces livres ont été écrits par tels personnages qui y racontent les événements de leur temps: le Pentateuque serait l’œuvre de Moïse; Josué serait l’auteur du livre de Josué; Samuel, l’auteur des deux livres de Samuel. Le but de l’Église, en imposant cette croyance à ses fidèles, est de donner à ces livres un plus fort caractère de véracité; et nous avons vu que les théologiens, Bossuet en tête, se fâchent tout rouge, quand on leur dit que tout cela a été fabriqué après coup, en grande partie par Esdras, postérieurement à la captivité de Babylone.

A l’appui de l’opinion des savants incrédules, il convient de noter ici, an passage, une simple phrase du chapitra 1er du livre 2 de Samuel, qui permet de constater la supercherie des fabricants d’Écriture sainte. «Cette complainte de David sur Saül et Jonathan, est-il dit au verset 18, se trouve écrite aussi dans le Livre des Justes.» Or, ce même Livre des Justes a été mentionné dans le livre de Josué, à propos du miracle du soleil et de la lune arrêtés par le successeur de Moïse: «Et le soleil s’arrêta, et la lune aussi, jusqu’à ce que le peuple eût achevé le carnage. Ceci est écrit aussi dans le Livre des Justes.» (Josué 10:13) Si Josué n’est pas un mythe, son miracle eut lieu cinq siècles environ avant le règne de David. Il est, par conséquent, matériellement impossible que Josué ait pu citer, dans un livre écrit par lui, un autre livre qui, d’après le soi-disant Samuel, reproduit aussi la complainte de David sur Saül et Jonathan.

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