Ensemble, c’est tout
- Автор: Гавальда Анна
- Год: 2004
- Язык: французский
- ISBN: 2842630858
- Жанр: Современная русская и зарубежная проза
Электронная книга - «Ensemble, c’est tout». Краткое содержание книги:
histoire de torchons et de serviettes... Ce qui empêche les gens de vivre
ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences... Camille dessine.
Dessinais plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo
pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l'existence tourne autour
des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe
beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l'idée de mourir loin de son jardin. Ces
quatre là n'auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop
cabossés... Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l'amour -appelez
ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire,
c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils
s'aident à se relever.
Franck hocha la tte et ils en restrent l. En allant plus loin, ils auraient t obligs de parler du futur au conditionnel (Et s'ils se marient, o vont-ils vivre ? Et nous, o allons-nous vivre ? etc.) et ils n'taient pas prts pour ce genre de discussion... Trop risque... Trop casse-gueule...
Franck paya madame Perreira pendant que Camille racontait la nouvelle Paulette puis ils mangrent un morceau dans le salon en coutant de la techno supportable.
C'est pas de la techno, c'est de l'lectro.
Ah, excuse...
En effet, Philibert ne revint pas cette nuit-l et l'appartement leur sembla affreusement vide... Ils taient heureux pour lui et malheureux pour eux... Un vieil arrire-got d'abandon leur remontait en bouche...
Philou...
Ils n'eurent pas besoin de s'pancher pour se dire leur dsarroi. Pour le coup, ils se recevaient cinq sur cinq.
Ils prirent le mariage de leur ami comme prtexte pour taper dans les alcools forts et trinqurent la sant de tous les orphelins du monde. Il y en avait tant et tellement qu'ils conclurent cette soire mouvemente par une cuite magistrale.
Magistrale et amre.
12
Marquet de la Durbellire, Philibert, Jehan, Louis-Marie, Georges, n le 27 septembre 1967 La Roche-sur-Yon (Vende), pousa Martin, Suzy, ne le 5 janvier 1980 Montreuil (Seine-Saint-Denis) la mairie du XXe arrondissement de Paris le premier lundi du mois de juin 2004 sous l'il mu de ses tmoins Lestafier, Franck, Germain, Maurice, n le 8 aot 1970 Tours (Indre-et-Loire) et Fauque, Camille, Marie, Elisabeth ne le 17 fvrier 1977 Meudon (Hauts-de-Seine) et en prsence de Lestafier Paulette qui refuse de dire son ge.
taient aussi prsents les parents de la marie ainsi que son meilleur ami, un grand garon aux cheveux jaunes peine plus discret qu'elle...
Philibert portait un costume en lin blanc magnifique avec une pochette rose pois verts.
Suzy portait une minijupe rose pois verts magnifique avec un faux cul et une trane de plus de deux mtres de long. Mon rve ! rptait-elle en riant.
Elle riait tout le temps.
Franck portait le mme costume que Philibert en plus caramel. Paulette portait un chapeau confectionn par Camille. Une sorte de petit bibi-nid avec des oiseaux et des plumes dans tous les sens et Camille portait l'une des chemises de smoking blanches du grand-pre de Philibert qui lui descendait jusqu'aux genoux. Elle avait nou une cravate autour de sa taille et trennait d'adorables sandales rouges. C'tait la premire fois qu'elle se mettait en jupe depuis... Pff plus que a encore...
Ensuite tout ce beau monde alla pique-niquer dans les jardins des Buttes-Chaumont avec le grand panier de la Durbellire comme traiteur et en rusant pour ne pas se faire voir des gardiens.
Philibert dmnagea 1/100 000e de ses livres dans le petit deux-pices de son pouse qui n'imagina pas une seconde quitter son quartier ador pour un enterrement de premire classe de l'autre ct de la Seine...
C'est dire si elle tait dsintresse et c'est dire s'il l'aimait...
Il avait gard sa chambre cependant et ils y dormaient chaque fois qu'ils venaient dner. Philibert en profitait pour ramener des livres et en prendre d'autres et Camille en profitait pour continuer le portrait de Suzy.
Elle ne le sentait pas... Encore une qui ne se laisserait pas prendre... H ! Les risques du mtier...
Philibert ne bgayait plus mais cessait de respirer ds qu'elle sortait de son punctum.
Et quand Camille s'tonnait de la rapidit avec laquelle ils s'taient engags, ils la regardaient bizarrement. Attendre quoi ? Pourquoi perdre du temps sur le bonheur ? C'est compltement idiot ce que tu dis l...
Elle secouait la tte, dubitative et attendrie, pendant que Franck la regardait en tapinois...
Laisse tomber, tu peux pas comprendre, toi... Tu peux pas comprendre a... T'es tout en nuds... Y a que tes dessins qui sont beaux... T'es toute rtracte l'intrieur de toi... Quand je pense que j'ai cru que t'tais vivante... Putain, fallait vraiment que je sois accro ce soir-l pour me foutre le doigt dans l'il ce point... Je croyais que t'tais venue me faire l'amour alors que t'tais juste affame... Quel gros niais, je te jure...
Tu sais c'qu'y faudrait ? Y faudrait te purger la tte comme on vide un poulet et te sortir toute la merde que t'as l-dedans une bonne fois pour toutes. Y sera fortiche, le mec qu'arrivera te dplier... Pas sr qu'il existe d'ailleurs... Philou me dit que c'est parce que t'es comme a que tu dessines bien, eh ben putain, c'est cher pay...
Alors mon Franck ? le secouait Philibert, tu as l'air tout chose prsent...
Fatigu...
Allez... C'est bientt les vacances...
Pff... Encore tout le mois de juillet tirer... D'ailleurs je vais aller me coucher parce que je me lve tt demain : je mets ces dames au vert...
Aller passer l't la campagne... C'tait une ide de Camille et Paulette n'y voyait pas d'inconvnients... Pas plus excite que a, la mm... Mais partante. Partante pour tout du moment qu'on ne la forait rien...
Quand elle lui annona son plan, Franck commena enfin se faire une raison.
Elle pouvait vivre loin de lui. Elle n'tait pas amoureuse et ne le serait jamais. Elle l'avait prvenu en plus : Merci Franck. Moi non plus. Aprs c'tait son problme s'il s'tait cru plus fort qu'elle et plus fort que le monde entier. Eh, non, mon gars, t'es pas le plus fort... Eh non... C'est pas faute de te l'avoir fait comprendre pourtant, hein ? Mais t'es tellement ttu, tellement faraud...
T'tais pas encore n que c'tait dj du n'importe quoi ta vie alors pourquoi a changerait maintenant ?
Qu'est-ce que tu croyais ? Que parce que tu la sautais de tout ton cur et que t'tais gentil avec elle, a te tomberait tout cuit dans le bec, le bonheur... Pff... Quelle piti... Regarde-le un peu, tu l'as vu ton jeu ? O tu comptais aller avec a, dis-moi ? O tu comptais aller ? Franchement ?
Elle posa son sac et la valise de Paulette dans l'entre et vint le rejoindre dans la cuisine.
J'ai soif.
- ...
Tu fais la gueule ? a t'ennuie qu'on parte ?
Pas du tout ! Je vais pouvoir m'amuser un peu...
Elle se leva et le prit par la main :
Allez, viens...
O a ?
Te coucher.
Avec toi ?
Ben oui !
Non.
Pourquoi ?
J'ai pu envie... T'es tendre que si t'as un coup dans le nez... Tu fais que tricher avec moi, j'en ai marre...
Bon...
Tu souffles le chaud et le froid....C'est dgueulasse comme faon de faire...
- ...
C'est dgueulasse...
Mais moi je suis bien avec toi...
Mais moi je suis bien avec toi... reprit-il d'une voix niaiseuse. J'en ai rien foutre que tu sois bien avec moi. Moi je voulais que tu sois avec moi, point. Le reste, l... Tes nuances, ton flou artistique, tes petits arrangements avec ton cul et ta conscience, tu te les gardes pour un autre nigaud. Cui-ci, il a tout rendu. T'en tireras rien de plus prsent et tu peux laisser tomber l'affaire, princesse...
T'es tomb amoureux, c'est a ?
Oh, tu fais chier, Camille ! C'est a ! Parle-moi comme si j'tais un grand malade maintenant ! Putain un peu de pudeur, merde ! Un peu de dcence ! Je mrite pas a'quand mme ! Allez... Tu vas te barrer et a va me faire du bien... Qu'est-ce que je fous aussi me laisser emmerder par une nana qui mouille l'ide de passer deux mois dans un trou paum toute seule avec une vioque ? T'es pas normale comme fille et si t'tais un minimum honnte, t'irais te faire soigner avant d'agripper le premier couillon qui passe.
Paulette a raison. C'est incroyable ce que tu es grossier...
Le trajet, le lendemain matin, parut hum... assez long.
Il leur laissa la voiture et repartit sur sa vieille ptrolette.
Tu reviendras samedi prochain ?
Pour quoi faire ?
Euh... Pour te reposer...
On verra...
Je te le demande...